‹ Traité des névrosesChapitre 46 sur 89 · TIC CONVULSIF DE LA FACE · texte numérisé non relu

TIC CONVULSIF DE LA FACE

[Ces convulsions reyiennent par accès séparés par des intervalles plus ou moins rapprochés de repos complet; chaque accès est composé d'une série de secousses dont la durée peut être d'une seconde à plusieurs minutes.

Ordinairement aucune douleur ne les accompagne, excepté parfois au début même de Taffection; mais dans tous les cas la douleur est à peine appréciable, ne suivant pas régulièrement le trajet des filets du trijumeau et jouant toujours un rôle très-effaré et très-secondaire, caractères des plus importants, qui distinguent le tic convulsifde la face du tic douloureux ou névralgique.

De Graefe a noté que la pression en certains points, variables pour les sujets, parvenait parfois à suspendre un accès de convulsions. Celles-ci ont une tendance à s'étendre : après avoir affecté seulement quelques filets du facial (et ordinairement ce sont les filets frontaux et orbitaires qiii sont les premiers pris), elles finissent par envahir tout le territoire du facial ou atteindre encore les muscles innervés par d'autres nerfs ; ainsi l'on observe parfois des convulsions de la mâchoire, de la langue, du trapèze et du stemo-mastoldien, ce qui prouve que les nerfs masticateurs, hypoglosse, spinal sont intéressés.]

Ces contractions involontaires, au lieu d'occuper une moitié latérale du visage, ou même toute la région faciale, peuvent être bornées à un petit nombre de muscles : c'est ce qui constitue les tics partielSy parmi lesquels on distingue : lecIignemeDtconvuIsifdes paupières; le rire grimaçant, désigné sous les noms de sardonique, canin, spasme cynique, etc. Les muscles auriculaires eux-mêmes, si peu contractiles dans l'espèce humaifle, sont quelquefois convulsés : Romberg en cite nn exemple.

Marche. Durée. Terxihaison. — Il existe ordinairement au début quelques douleurs Êiciales, puis elles se dissipent, et les contractions involontaires qui se manifestent ne sont pas même senties par le malade ; dans certains cas il y a obtusion de la sensibilité cutanée.

Le développement de la maladie est le plus souvent graduel ; une fois établie, elle a une grande tendance à persister toute la vie; sa marche est essentiellement chronique, et l'on voit les contractions morbides se succéder presque sans relâche : le sommeil même ne les interrompt pas toujours (Graves, François).

[M. Debrou cite un cas de tic convulsif de la face de nature rhumatismale qui disparut spontanément an bout de quelques semaines.]

CoxpLiCATiONS. — Lorsque des mouvements convulsifs de la face accompagnent la névralgie de la cinquième paire, leur réunion constitue ce qu'on appelle à proprement parler le tic doxdoureux; dans un cas cité par Bérard (art. face du Diction, en 30 vol.), les convulsions

iTG NÉVROSES DE 1.A MOTIUTÉ.

occupaient l'une des moitiés du visage, tandis que l'autre était envalikpar la douleur névralgique.

Les muscles agités de mouvements convulsifs peuvent d'ailleurs être à l'état sain, ou présenter une diminution ou même une annihilation (le leur contractilité volontaire.

Les convulsions de la face coexistent assez souvent avec quelques mouvements choréiformes dans d'autres parties du corps.

Causes. — Si nous éliminons, comme il convient de le faire, les lésions cérébrales et méningées, qui, parmi leurs symptômes, peuvent offrir des mouvements convulsifs de la face ; si nous faisons également abstraction de l'influence, d'ailleurs contestée, que les lésions du diaphrafjme exerceraient sur la production de semblables mouvements, il ne nous restera à noter qu'un bien petit nombre de causes dont l'adion soit bien démontrée.

[Telle est l'impression de l'air froid sur le visage, ou l'irritation du nerf facial par des tumeurs placées à son voisinage, par la tuméfaction des p:anglions pré-auriculaires, par des plaies, des contusions intéressant surtout la région orbitaire; telle est encore l'irritation réflox»^ du nerf facial par la carie dentaire, l'ulcération des cavités buccale et pharyngée d'après de Graefe, ou encore par une affection d'un oi-gane bien plus éloigné, comme l'utérus et rintestin(maladie de matrice, ver> intestinaux, par exemple).

Ces dernières causes agissent suivant le mécanisme des actes réflexes. Lorsque le tic convulsif survient à la suite d'une plaie faite à la b v (après l'ablation d'une tumeur de l'angle interne de l'œil droit, apr'> une incision d'un abcès de la région parotidienne au niveau de ranjrl-* de la niAchoire (d'après les exemples cités par Debrou), peut-on admetln^ la même pathogénie? Nous ne le pensons pas. Car, dans les cas cités, b lésion traumatique des filets du trijumeau, qi^el'on pourrait suppô>.T être l'origine de l'acte réflexe, ne s'est manifest^ie par aucun phénomène douloureux, et il est bien plus simple de supposer une irritation d'irccw du nerf facial par suite de la section de quelques-uns de ses filets.

Si le froid exerce une influence étiologique sur cette affection, il en est de même de la diathèse rhumatismale, d'après les exemples cités par Debrou; enfin le tic de la face peut aussi dans quelques cas être un symptôme d'hystérie.

Ouelques exemples montrent la transformation possible d'un tic nevralp:ique en tic 'convulsif non douloureux (Jaccoud).

Knfin, le tic convulsif peut être consécutif à un traumatisme ajon: intéressé un point déterminé des centres moteurs corticaux de IVn- •*'• phale. Un fait à peu près unique dans la science a été cité à ce pro^-s tout dernièrement par M. Féré; il s'agit d'un homme qui, après une

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