TIC GONVULSIF DE U FACE
chute sur la tète au niveau du pariétal droit, lut affecté d*un tic convulsif du côté gauche intéressant les muscles de Torbiculaire des paupières et les muscles zygomatiqueSy et consécutif très-probablement à une lésion de la partie postérieure du pli courbe, c'est-à-dire de la région renfermant, d'après Ferrier, les centres moteurs de l'œil et de la paupière.
Il CD résuite donc que le siège du tic convulsif peut être central ou périphérique; question d'étiologie et de diagnostic extrêmement importante puisque, dans le premier cas, le traitement par la névrotomie no peut assurément produire aucun résultat.
L'hérédité parait dans certains cas exercer une certaine influent e sur la production de la maladie, et M. Gintrac (1) cite un exemple où deux frères étaient atteints de cette même alTection, en le rapprochant de ceux qui ont été signalés par Blache, qui observa trois enfants de la même famille présentant cet état morbide, par Piédagnel, qui put la constater chez la mère et la fille, et par Delasiauvequi la vit chez le frùn» et la sœur.]
Une émotion morale vive est souvent la seule cause appréciable du tic, etc«lui-ci apparaît alors comme une sorte de chorée très-limitée; du reste, la chorée générale mal guérie peut laisser après elle, comme vestige indéfiniment persistant, des contractions involontaires dans les muscles de la face.
Cette affection se rattache quelquefois à l'habitude de certaines grimaces contractées dans le jeune âge, et l'on admet que l'imitation n'est pas étrangère à son développement. Le plus souvent, il faut en convenir, rorigine du nnal reste complètement inconnue.
Il se rencontre à tous les âges, excepté la première enfance ; on le dit plus fréquent chez l'homme que chez la femme (2), mais il ne faut pas oublier que son étiologie a été confondue à une certaine époque avuc celle de la névralgie faciale ou tic douloureux.
Quant aux circonstances qui ramènent les convulsions ou qui en au)rmenleul l'intensité, ce sont surtout, comme nous l'avons dit, les excitations sensorielles, les émotions, l'embarras que les malades éprouvent en se voyant un objet de curiosité, etc.
Physiologie pathologique. — a. Il s'agit évidemment ici d'un étal morbide du nerf facial ou des portions de Vencéplhale qui correspondent à Forigine de ce nerf. Ce que le tic douloureux est pour le trijumo.n:, le tic non douloureux l'est pour le facial; la stimulation morbide du l'un ou l'autre de ces nerfs détermine des effets en rapport avec les attributions ou sensitives ou motrices qui sont dévolues à chacun d'eux.
(1) Article FACE du Nouveau Dict. de méd, et de ckir. pra<., t. XIV, p. 424. («) D'après Debron, au contraire, rafTeclion est plus fréquente chez la femme que chez l'homme (toc. cit.).
478 NÉVROSES DE LA liOTILITÉ.
n serait inutile aujourd'hui d'insister plus longuement sur un semblable parallèle; faisons seulement observer qu'en présence de tics trèsintenses, quoique nullement douloureux, il semble y avoir quelque invraisemblance à regarder le nerf facial comme le siège de la douleur dans certaines prosopalgies.
6. L'affection que nous venons de décrire n'est pas sans analogie avec la chorée : même importance reconnue aux causes de l'ordre moral; même contraste entre la faiblesse de la contractilité volontaire et Tintensilé des contractions involontaires; l'intervention de la volonté, i<i comme dans la chorée, impuissante à maîtriser la con\iilsion, ou même agissant à l'égal des émotions pour déterminer le retour du mouveinenl morbide ou pour en exagérer la force; enfin, comme dans la chorée, le sommeil amenant souvent la cessation des spasmes.
A d'autres égards, le tic de la face se rapproche de l'épilepsie, en ce sens que, comme celte névrose, il peut avoir pour point de départ un état morbide des nerfs sensilifs et se développer par le mécanisme d'> actions réflexes; de plus on trouve quelque ressemblance entre la réapparition fréquente, soudaine, paroxystique des convulsions faciales et le retour des accès d'épilepsie; mais lik doit s'arrêter la coroparaisoD, car la consenation de la connaissance dans ce cas, son anéantissement dans l'autre, tracent entre les deux maladies une limite infranchissable. Nous ne parlons pas, bien entendu, des cas assez rares du reste où les attaques épileptiques ne sont accompagnées que de quelques grimaces convulsives, ni des faits d'épilepsie où quelques mouvements des yeui ou des lèvres, la distorsion des traits du visage, ouvrent seulement h scène ou prédominent pendant la durée de l'accès, etc.
c. Parmi les causes dos convulsions faciales, il en est une sur laquelle nous croyons devoir insister : c'est l'excitation des filets de la cinquième paire, pouvant déterminer des mouvements réflexes dans le domaine <le la septième. L'étroite sympathie de ces deux nerfs éclate à l'état physiologique par une foule de phénomènes bien connus. A l'état morbide, les mouvements convulsfs qui accompagnent la prosopalgic intense nous fournissent une nouvelle démonstration de ce consensus; enfin lesc«nvulsions suscitées par une affection non douloureuse de la cinquitMin paire en sont encore une preuve évidente. Seulement, tandis que les effets de la prosopalgie sont perçus, c'est-à-dire qu'ils produisent dan^ le sensorium une impression pénible accusée par le malade, l'état iiM^rbide non douloureux du trijumeau passe silencieusement à travers l'S centres et se réfléchit vers le facial sans s'être converti en percei>ti«'C distincte; et cependant, entre l'affection morbide du nerf centripète et celle du nerf centrifuge, il existe une relation si intime qu'il
TIC «WVaLSIP DE L\ FACE. 479
suflk de sapprim^ Tune pour que Vaulrc cesse d'elle-même (1).
Diifinosnc — Le de non douloiiretiE ne pesl 6tre oonfonda ni avec ]6 tic d(Niiottreiix — le mom néoie de ces deux affections dit assez eo quoi elles diArenI Tone de Taotre — ni avec la paralysie de la sqptièioe paâre^ {misqa'il consiste en un excès de mouvement.
Ob pourrait pmdre pour un tic de la &ce une dionée qui débute ; on méooQBaitrait alors la généralité de raffection névro-musculaire, ce qui conduirait à une erreur quant i la marche probable des accidents et à romission d'une médicati<m convenable; mais cette confusion, peu ^ve d'ailleurs, ne larderait pas i se dissiper par les progrès ulténeors deladiorée.
Lae attaque d'épllqpsie pourra-t-elk être prise pour un simple tic de la ltce?Noa» à Ton accorde toute l'attention qu'il mérite au phénomène es>enliel de l'attaque, qui est la perte de connaissance, très courte parMs, omis presque Umjonrs profonde.
La conlraclure permanente d'une moitié du visage diffère du véritable tic de la face en ce que la contraction musculaire est continue dans l'une e( intermittente dans l'autre.
Pronostic. — Sans danger pour la vie, les convulsions faciales constituent néanmoins une affection des plus fâcheuses au point de vne des n[»ports socîanx, désolanle i raison de son incurabiliié i peu près
absolue.
i\) Entre beaucoup d'observations propres à mettra en cvidenoe ce rAle pathogénique des nerf^ ^ensitifo daas la production des convulsions dites réflexes, nous rapporterons le Tait snraotreeaeyii par Wiebdâ {ÊM.-àkir. TnmêÊCtimu, Locidon, 18(3, t. IV, p. 25) : «Une femme i^ée de fingwaiitr aot fui prisa iawt à coup, dana la face ai ia langue, de maaiemeoLi conndsiis qui, au bout de quinze jours, s'étendirent au cou. L'accès débutait par un '<'r> liaient de fûblesse et de pression dans la région précordiale et par des douleurs violentes, triTmiflt la pastrine da stennim vers la oaloana vertébrale et s'élavant par degré ia9q«*à la bague, qui devenait raide comme un morooaM de bois et teurnaii sa peinte vers la voAle paLitine à gauche; il survenait un engourdissement du cdlé gauche du nés et du menton; b commissore labiale gandie était ouverte et distordue, les dents pressées Tortement les ne» eoÊân les aulras; toua lea muscles en visage entraient en une centraction fixe : le net éiik tiré vers ia gmiKhe, le front et les aourcils froncés par le spasme dca muscles occipil»frinui et sourciller. Les muscles du cou tournaient la tôle vers l'épaule gauche, le bras gau'he s'étendait, et un sentiment d'engourdissement se propageait en droite ligne depuis le ou jusqu'au pouce et l'index; connaiuance coruervée, cœur et poumon à l'état normal. Au bout de trois raiauies, la résolution arrivait; elle était précédée d'un tremblement de tous lf£ muscles affectés. Les accès se répétaient le jour et la nuit à dos intervalles de deux minute». Le traitement étant resté sans succès, un nouveau médecin fut consulté qui avait vu piêrir ua cas •toah^h^ de spamae de la face et de la langue par Textraclian d'une deni canée. Les mâcboires furent alors examinées avec soin, et quoique la malade n'accusât paa de douleurs, la partie gauche de l'arcade dentaire supérieure fut trouvée altérée et sensible au contart de nmiruraent exp/loratenr ; les gencives enflammées, avec écoulement d'une ma^ lière tttide. Aprts rcxtractioo dHme molaire et la scarification do U gencive, lea accès oomiQêncèrent par perdre de leur violence, revinrent moins souvent, et ils Unirent par complètement après l'ablation de toutes les dents cariées. •
Traitement. — L'obscurité de l'étîologie se traduit ici par touli?s le> incertitudes d'un traitement purement symptomalique. Agir sur le neii facial lui-même de manière à diminuer Texcitation morbide, c'est li . e qu'on essaie de faire en mettant en usage des calmants, des révulsils, n un mot un ensemble de moyens fort analogues à ceux qu'on dirige habituellement contre la névralgie faciale. La guérison de cette affedion rebelle s'obtient bien rarement par ces moyens; aussi a-t-on sonj;é à couper le nerf malade ; mais une semblable opération, qui certainen)eo< abolirait tout mouvement convulsif, ne pourrait atteindre ce but (ju an prix d'une paralysie irrémédiable du mouvement volontaire. C'est itiur éviter cette fâcheuse conséquence que Dieffenbach avait imaginé de faire la division sous-cutanée des muscles convulsés, tentative qui a été sui\ie d'un succès presque complet. — Quelques chirurgiens, ne connaissant pas bien les attributions différentes des deux nerfs de la face, ont proposé aussi de couper les branches du trijumeau. D'après ce qui a étô Ai\ plus haut, on conçoit que l'opération ait pu réussir dans une ctrt nn-j catégorie de faits.
n. — Contracture de la face.
Symptômes. — Cette curieuse affection est assez rare. Elle consiMn ra une contraction musculaire ionique et permanente de l'une des muiti-f du visage. Suivant que tels ou tels muscles y participent, la déforiii:iii 'S de la face se présente avec des apparences variées : une occlusion pl'i^ ou moins complète des paupières, ou plutôt l'ouverture permanent'.- «1 l'œil, une déviation de l'aile du nez, de la commissure labiale, qui t>t relevée ou abaissée, voilà les phénomènes qu'on observe le plus -«.jvenl; les traits sont comme ramassés, les saillies exagérées, les siil -> plus profonds qu'à l'état normal ; de sorte que l'une des moitiés laid ù^ ^ du visage paraît plus petite que l'autre.
[On senties muscles faire saillie sous les téguments, et l'on consti' qu'ils sont parfois animés de mouvements fibrillaires. La mastication ^<^ ce côté est complètement impossible, et la prononciation des mois:?. parfois inintelligible.]
Marche. Durée. Terminaison. — [Cette contracture survient surtt.- ■. la suite de la paralysie faciale ; elle se montre d'abord lentement dan.-' cas, sans prendre tous les muscles en masse, mais plutôt en all^-'i j' individuellement chaque muscle. D'abord celui-ci devient plus exrit.ii. il se contracte plus lacilement sous l'influence d'une excitation i ^ légère, puis il est animé de quelques contractions fibrillaires, et eniui
sle contracture. Aussi chaque muscle, se prenant pour ainsi diiv l'un