‹ Traité des névrosesChapitre 56 sur 89 · SPASME DE LA GLOTTE · texte numérisé non relu

SPASME DE LA GLOTTE

esiaassi celai qui rend mieux compte de Tenscmbie de la maladie. Il y a d'abord un fait considérable, c'est la coïncidence du spasme laryngé avec d'autres convulsions. Vainement objecterait-on que le spasme de la flotte est quelquefois solitaire^ et que Tabsencc d'autres phénomènes convulsifs concomitants invite alors à rejeter l'idée d'une stimulation palhologique des centres nerveux; aux faits de cette catégorie, on oppose avec raison ceux en bien plus grand nombre où le spasme glottique est accompagné ou suivi de convulsions plus ou moins générales.

Dira-t-on que celles-ci sont la conséquence pure et simple du trouble derhémalose déterminé par l'occlusion du larynx? Mais, sans vouloir nier rinflucnce possible de l'asphyxie, nous rappelerons ces observations où réclampsie et la conirsLCiure précédent le spasme glottique, au lieu de lui être consécutives. Le spasme laryngé au milieu de ces convulsions généralisées n'est, eu réalité, que l'un des éléments, ou si Ton veut, l'une des localisations du mal, à peu près comme le Irismus dans le tétanos.

Etant admise la stimulation motrice du bulbe rachidien comme fait primordial, on comprend aisément que, suivant la diffusion plus ou moins étendue de cet état morbide, le spasme tantôt restera borné aux seules origines des nerfs du larynx {laryng isme pur)^ et tantôt s'étendra aux foyers de motricité voisins; de là, coïncidence d'une convulsion du diaphragme (phréno-glottisme), d'une contracture des membres, de l'éc/ampsie, avec la constriction de la glotte.

L'excitabilité excessive une fois produite, ne nous étonnons pas de voiries impressions les plus différentes la mettre facilement en jeu et ramener à tout propos les accès de dyspnée, soit qu'elles intéressent d^emblée le Sensorium (colère, frayeur, etc.), soit qu'elles s'adressent primitivement aux extrémités nerveuses (nerfs sensoriaux, cutanés, etc.); d'autres fois enfin, grâce à cette association synergique de contractions musculaires dont on retrouve à chaque instant des exemples en pathologie, ce seront les mouvements de diverses parties, et plus particulièrement ceux qui se passent dans le larynx ou à son voisinage, qui détermineront les retours du spasme laryngé (rire, mouvements de déglutition, etc.).

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur ces particularités que nous avons déjà eu l'occasion d'indiquer en parlant d'autres affections convulsives.

DIAGNOSTIC. — a. Les accès de spasme de la glotte sont quelquefois si fugitifs, ils se déclarent si inopinément et laissent après eux si peu do traces, qu'ils peuvent passer inaperçus et qu'on est exposé à les méconnaître. Cela soit dit pour prémunir contre la sécurité trompeuse que

pourraient inspirer le calme et l'apparence de parfaite sanlé pendant les inlermissions de la dyspnée.

b. Quand le médecin assiste au paroxysme, l'erreur n'est guère possible. Un mot cependant des affections qui offrent avec celle dont nous nous occupons quelques traits de ressemblance.

Ce sonl: la laryngite stridulcuse, l'œdème de la glotte, le croup, la coqueluche. Remarquons tout de suite que ces différentes maladies, dans lesquelles d'ailleurs il est incontestable que des phénomènes de spasme laryngé peuvent exister, ont pour caractère commun une toux plus ou moins fréquente; or ce signe fait constamment défaut dans le spasme de la glotte tel que nous l'avons défmi.

A quoi nous ajouterons que dans aucune de ces maladies, on m^ trouve, avec une dyspnée excessive pendant l'accès, une absence aussi complète, durant l'intermittence, de toute modification des fonction^ respiratoires, de tout bruit appréciable par l'auscultation.

Indépendamment de ces deux caractères généraux (toux nulle, nettel'' de l'intermittence), nous pourrions citer encore un grand nombre d'autres signes différentiels. Mais il nous paraît superflu de les énumêrer en détail; nous nous bornerons en conséquence à la comparaison du spasme de la glotte avec une maladie que l'on a longtemps confondu avec lui, à savoir la laryngite striduleuse. Celte laryngite est très raiv au-dessus de l'Age d'un an, et s'observe souvent après deux ans, contrairement à ce qui a lieu pour l'asthme de Kopp. Dans la laryngite, les accès de suffocation débutent souvent la nuit et ne sont pas en générai très nombreux; leur durée est assez longue; il y a de l'enrouemeni. une toux rauque et bruyante, du catarrhe nasal, de la fièvre; — dans le spasme de la glotte, les paroxysmes surviennent indifféremment le ji^ui et la nuit, et sont souvent très nombreux et très courts; les autres si^'U'S qui viennent d'être mentionnés font défaut; par contre, on con.Mal' cette inspiration saccadée, sonore et sibilante, que nous avons indiqu *•' comme caractéristique. La complication d'éclampsie ou de contracture d»'^ membres est rare dans la laryngite striduleuse, fréquente dans le spasme.

Pour le diagnostic de la paralysie des muscles laryngés nous renvoyons à ce qui a été dit plus haut.

Pronostic. — Affection très grave, souvent mortelle, le spasme do Li glotte est surtout redoutable chez les enfants débiles ; Fintensité projrressivement croissante des accès, leur durée de plus en plus longue et, même en dehors de ces circonstances, l'altération rapide de Télat jr-'iiéral doivent faire présager une mort prochaine.

On regarde comme des conditions relativement favorables: riiy*téric (1), une constitution forte, une bonne hygiène antérieiuv, ftii-

ri) Voyez plus loin, article hystérie.

SPASME DE LA GliOTTË. 535

gnement) la brièveté et le peu de violence des accès dyspnéiques, etc.

Traitement. — Il convient de distinguer les moyens qui doivent êlrc rais en usage pendant les paroxysmes, et ceux qui sont employés pendant rintermittence.

1" Traitement de Vaccès. — Lorsque plusieurs accès surviennent coup sur coup, on se hâtera de lever les enfants s'il sont couchés, afin de faciliter la respiration; on projettera de Teau fraîche sur la figure, cataplasmes chauds, sinapismes aux pieds; les frictions avec un Uniment ammoniacal sur les membres inférieurs, Turtication, la flagellation, l'excitation électrique, peuvent également être utiles comme révulsifs. Oo a vanté les inhalations d'éther etde chloroforme, agents dont l'emploi, dans ce cas surtout, exige une extrême prudence; Marshall-Hall a conseillé la trachéotomie, mais MM. Rilliet et Barthez repoussent cette opé^ ration, en faisant observer qu'elle ne peut remédier qu'aux effets de la constriclion glottique, et n'a aucune prise sur les convulsions des autres muscles respiratoires. En réservant la trachéotomie pour les cas exempts de complication, notamment pour ceux où le diaphragme n'est pas convulsé, où le spasme n'existe pas plus bas, c'est-à-dire dans la ti*achéo et les bronches, il nous semble qu'elle est bien rarement indiquée, et Ton peut même citer comme de graves erreurs thérapeutiques les trachéotomies pratiquées par Michon et Velpeau pour des spasmes glottiques d'origine hystérique.

^ Dans Vintervalle des accès. — a. Régime approprié; éloigner tout ce qui peut exciter chez les enfans la colère, la frayeur, la jalousie; éviter toute impression sensorielle un peu vive; séjour dans une atmosphère chaude et sèche; allaitement ou alimentation réparatrice, secondée par l'emploi de quelques toniques ; les mouvements précipités de déglutition devenant souvent l'occasion d'un accès, empocher les petits malades de boire avec trop d'avidité, et remplacer les boissons par des potages épais, des panades qui risquent moins de s'engager dans les voies aériennes, etc.

h. Médication antispasmodique et narcotique. L'opium est dangereux à Fâge où se montre le plus communément le spasme de la glotte; on donnera donc la préférence à la belladone, à l'asa fœtida, à l'eau de laurier-cerise, etc.; on doit encore avoir recours au chloral, au bromure de potassium (1) à la dose de 0,10 à 0,25 centigr. pour un enfant d'un an ; bains tièdes prolongés; éméto-catharliques si l'indication s'en présente.

Comme le gonflement et la douleur qui accompagnent le travail de la

(1) Voyez un travail réceot de M. JofTroy sur l'emploi du hromurt de potastium dans le spasme de la glotte s'opposani à Vablation de la canule cliei les enfants trachéotomisés {Heu. mewf. deméd et chir., p. 812, 1879).

dentition jouent dans Tétiologie de la maladie un rôle d*une certaine importance, on a proposé (ce que Ton pratique trop souvent sans indicalioD bien précise) la scarification plus ou moins profonde des gencives. Malheureusement cette opération est loin d'avoir donné, dans la plupart des cas, les résultats qu'on s'est cru en droit d'en attendre.

Vn. — Palpitations nerveuses du cœnr.

Biiiii««rApUe. Un chapitre est consacré aux Palpitations dans tous les ouvra;r«->

sur les aflections nerveuses, ainsi que dans les livres sur les maladies du cœur,

Vauscullation, etc.

Heine. — De puisât ione abdominali (Berolini, 1826).

Il}iiBAUM Karl. — Ueber die Pulsationen in der Oberbauchgegend als begUft Symptom des Indigestion, 1836.

Allans Burns. — Observations on some diseases of the heari and pretematurnl pulsation in the epigastric région. Edinburgh, 1809.

J.-A. Albers. — Ueber Pulsationen im Unterleibe. Bremen et Leipzig, 1803.

Macario et Saxdras.— Pulsations abdominales idiopathigues {Union méd., \KjÎ).

LiÉdEY. — Obs. de pulsations abdominales survenant après une hémorragie utérine abondante (Union médicale, 1852).

LiTON. — Arlicle Aorte {Battements aortiques, p. 792 du Dict. de méd, et ckir, pratiques, t. II, 1865).

Viola. — liapport à V Académie de méd. sur le mémoire de Macario sur ki pulsations abdominales idiopathigues (iS6S).

SrHLNG. — Palpitations, in Traité des accidents morbides, t. !, 1868, 1871

L. Sergeant. — Des palpitations artérielles idiopathiques de V abdomen (Tliès».* de Paris, 1874).

Macario. — Des pulsations abdominales idiopathiques {Gaz. méd. de Paris, 1874 cl 1877).

VuLPiAN. — Leçons sur l'appareil vaso-moteur (Paris, 1875).

G. Sée. — Leçons cliniques sur les palpitations (France méd., 1875).

J.-M. FoTHERGiLL. — Des palpitations. Leurs variétés et leur traitement {PhiliMphia med. Times, 1876).

AxENFELD. — Article Pulsations abdominales in Dict, ency. des Se. médicnlr t. I, p. 136.

IL Huciiard. — Angine de poitrine, etc. Remarques sur les synergies morbide du pneumogastrique {Un. méd., sept. 1879).

P. Heynier. — Des nerfs du cœur; anatomie et physiologie (Thèse d'agrég. Paris. 1880).

Voyez aussi Laennec. -— Traité de l'auscultation médiate, 2« édition, l. Il, p. '''>

Synonymie. — Palpitations idiopathiques; alaxie^ ataxo-odynaini' (lu cœur (BouilIaiul); maladie du rœnr des étudiants.

Définition. — On désigne d'une manière générale sous le nom J«' alpitation, un trouble fonctionnel du cœur dont les mouvcmeni*

devieojient plus foiis, plus nombreux qu'à Tétat normal et en même temps irréguHerSy tumultueui ; à quoi il faut ajouter avec Laennec qu'ils sont alors sensibles et incommodes pour le malade.

Les palpitations accompagnent très fréquemment les lésions organiques du cœur (p^lpiMions symptomatiques); mais elles peuvent se produire aussi en Tabsence de toute altération appréciable de cet organe ou de tout autre viscère, et constituer à elles seules toute la maladie (palpitations nerveuses idiopalhiqnes). Dans d'autres cas, elles se montrent comme phénomène sympathique dans le cours de maladies localisées dans quelque organe autre que le cœur (palpitations nerveuses sympathiques). Enfin elles peuvent se rattacher à des états morbides généraux, caractérisés prhicipalement par des altérations diverses du sang.

Symptômes. — a. Quelquefois les palpitations nerveuses consistent simplement dans l'augmentation du nombre des mouvements cardiaques qui s'élève i 100 et davantage par minute; le malade a conscience que son cœur bat plus souvent, il éprouve un sentiment de gène et de malaise à la région précordiale, et cependant ni la vue ni la palpation ne font constater la moindre altération dans la force ou le rhytme des battements.

Le plus souvent l'impulsion en même temps devient plus vive; on voit les espaces intercostaux et Tépigastre se soulever, et la main appliquée sur la région précordiale perçoit une force évidemment exagérée des battements, toutefois sans qu'il y ait toujours un rapport exact entre cet accroissement d'énergie et les sensations éprouvées parle malade. Celui-ci, en effet, sent quelquefois son cœur battre à lui rompre la poitrine, alors que l'impulsion soulève à peine les doigts ou l'oreille de l'observateur.

Dans certains cas, les mouvements du cœur conservent leur rhytme habituel ; dans d'autres, beaucoup plus fréquents, l'irrégularité constitue un des caractères les plus marqués des palpitations nerveuses : il y a des variations dans la fréquence des mouvements et aussi dans la force et la durée des contractions. Tantôt, dans un très court espace de temps, après une série de battements plus forts, plus nombreux qu'à l'état normal, mais réguliers, il se produit plusieurs contractions plus lentes, plus courtes, et cette irrégularité se produit systématiquement pendant un certain temps. Tantôt au contraire, la fréquence, la durée, la force df's contractions cardiaques varient à tout instant, il y a une véritable incohérence; d'autres fois la contraction semble s'arrêter à mi-chemin, et l'on dirait que le cœur hésite; elle peut enfin quelquefois ne s'achever qu'après plusieurs de ces hésitations très rapprochées, sorte de convulsions cloniques analogues à celles qu'on observe dans les muscles de

538 >ÉVE;0SES de la MOTIUTÉ.

la vie derelalioDy et dont quelques auteurs ont assez heureusement rendu le caractère en les désignant sous le nom de chorée du cœur.

b. Par Tauscultation, on distin^e très nettement les deux imiils du cœur devenus plus forts, plus éclatants qu*à l'état normal; le premier bruit offre même parfois ce timbre clair qu'on désigne sous le nom d^ tintement métallique et qui est attribué au choc énergique de la pointe du cœur contre le thorax ; il s'entend d'autant plus facilement que le> parois pectorales sont minces.

Les bruits du cœur dans quelques cas sont assez forts pour être perçus à dislance. Le malade est-il debout, il les entend lui-même, et mieui encore s'il est couché sur le côté gauche; d'autres fois, bien qu'il ail conscience de ses palpitations, il n'en a aucune sensation acoustique, mais alors il suffit qu'il se couche sur le côté gauche pour distinguer nettement les bruits cardiaques.

Quelquefois on conslate au premier temps un bruit de sooflle qui disparait en même temps que la palpitation; ce souffle cependant persiste si la palpitation nerveuse est liée à un état chloro-anéniique ou cachectique.

On a signalé aussi chez certains indivirluF la production d'un bruit vi: et superficiel dû au froltemenl des deux feuilleUs du péricarde; mais il > a lieu de se demander si en pareil cas la séreuse du cœur est bien complètement saine.

c. Le pouls est tantôt petit et serré, tantôt raide et vibrant; il est accéléré et bat quelquefois régulièrement, d'autres fois avec l'incohérenc»' el les hésitations que nous avons signalées dans les mouvemenU du cœur; il peut y avoir en outre des intermittences véritables, répondant à des arrêts momentanés dans les battements du cœur; mais beaucou[' plus souvent, les intermittences du poulscoïncidentavec des contractions venlriculaires trop faibles seulement pour chasser l'ondée sanguine jasqu'à l'extrémité des artères.

Les mouvements respiratoires sont accélérés, mais rarement la gèn» de la respiration acquiert une grande intensité. Absence de fièvre; à la suite des palpitations les urines sont rendues claires et aqueuses.

MAncHE, DURÉE ETTERMiNAisoN. — Lcs palpitations nerveuses débul'^n'. quelquefois brusquement, sans prodromes, au milieu d'une santé l'jrfaite, lo plus souvent à l'occasion d'une émotion. Quelquefois anssi 1* malade éprouve d'abord un malaise indéfmiâsable , un sentiment i' gène à la région précordiale, de la dyspnée; des bouffées de chaleur u montent à la face, il ressent un léger étourdissement, et c'est alar> qu*débute l'accès. Celui-ci peut consister en une contraction unique, uu\

forte, comparable à un coup de marteau ; un peu d'étonnement, une sensation de contusion à la région précordiale, et tout rentre dans l'ordre. Chez d'autres, on voit les palpitations se prolonger pendant cinq à vingt minutes et se reproduire, avec des intervalles irréguliers, à plusieurs reprises dans la même journée. Quand elles sont liées à la chlorose, à Tanémie, à un état cachectique ou ;\ une névrose générale, elles peuvent se renouveler indéfiniment, à l'occasion du plus léger exercice, soit parce que les contractions musculaires des membres refoulent le sang de la périphérie vers le centre circulatoire , soit parce qu'une synergie s'établit entre les muscles des membres et le muscle cardiaque (i. Huiler).

[Il est généralement admis que, sous l'influence des palpitations, des altérations organiques du cœur (hypertrophie, dilatation) peuvent se développer à la longue. Néanmoins, nous pensons que Teiagération de fonction, en ce qui concerne le cœur, est rarement capable de produire une exagération de nutrition de cet organe. En Allemagne et en Amérique, il s'est trouvé des auteurs qui ont admis que les grands exercices musculaires, que les marches forcées, que les efforts répétés et prolongés, etc. , étaient capables de déterminer des hypertrophies cardiaques (1 ); mais sans se livrer sur ce point à une discussion que ne comporte pas celle étude, combien sont rares ces affections cardiaques sans lésions valvulaires et survenant par le fait d'une sorte de surmènement du cœur chez les ouvriers? Et si, à la suite de certaines guerres, on a pu voir se développer chez quelques soldats,* des affections cardiaques que l'on a voulu attribuer à la dilatation, puis à l'hypertrophie du cœur par surmènement de l'organe après des marches forcées, n'est-il pas plus vraisemblable aussi de faire jouer le principal rôle aux conditions hygiéniques mauvaises dans lesquelles vivent les soldats en campagne, au froid humide, aux intempéries, aux changements brusques de température, etc. ; n'esl-il pas plus probable que chez la plupart d'entre eux, il existait une afTection valvulaire à l'état latent, qui a trouvé dans les conditions cidessus énoncées, des causes suffisantes de développement? De même a-t-on vu souvent cette hypertrophie du cœur chez les hystériques incessamment tourmentées par des palpitations nei*veuses les plus violentes? Dans les affections organiques du cœur, celui-ci se dilate, s'hypertro-< phie, en vertu et en raison même de Tobstacle au cours du sang; mais dans les palpitations purement nerveuses, l'obstacle fait défaut, le muscle cardiaque n'a aucune lutte à soutenir, il se contracte librement et no s'hypertrophie pas. Par conséquent, il faut admettre avec les plus grandes

'l)Yoyezàce sujet le travail suivant qui rôbunic bien la question : i^ te ueber aMtrungung desHer^em êedis abhandlungen, von ClifTort Albutt. Da Costa, Myers, Seitz, Tliurn heraus- ^geben von J. Seitz (BerUn 1875).

Voyez encore la thèse înaug. de Lévy sur le cceur forcé (Nancy 1875) et les leçons de clinique de Bernheim (!877).

5i0 NÉVROSES DE LA MOTILITÉ.

réserves les dilatations et les hypertrophies du cœur survenant à la suite d'un simple excès de fonctionnement de cet organe (palpitations nerveuses des hystériques, des anémiques, etc).

Néanmoins, lorsque l'innervation centrale du cœur est troublée dans le cas de lésions de la partie supérieure de la moelle, dans les maladies intéressant le bulbe primitivement ou consécutivement comme dans toutes les paralysies bulbaires, on a trouvé, parfois à la suite de palpitations avec phénomènes asystoliques, le cœuraugmenté de volum«\ et ses cavités dilatées (1). Mais c'est là une question encore à Tétudo et dont la démonstration n'est pas scientifiquement établie. On peut toujours se demander, dans ce cas, s'il n'existail pas primitivement une altération des fibres musculaires du myocarde, altération graisseus».* par exemple, qui aurait pu singulièrement favoriser la dilatation des cavités de l'organe].

Quand les accès sont fréquents c\ rapprochés, les malades conservent de la douleur précordiale, de la difficulté de respirer, et une sorte ik malaise qui affecte leur moral au point de les rendre impatients, irritables et très souvent nosomaniaques ; car voulant, à toute force, nillacher un symptôme aussi persistant à une cause anatomique, ils on viennent à admettre des lésions imaginaires, qu'ils choisissent d'habitude parmi les plus graves altérations de texture.

A une période avancée de certaines maladies cachectiques, Tintensilé et la continuité des palpitations peuvent amener, pendant un accès, une syncope, et celle-ci la mort.

Etiologie. — Le tempérament nerveux, une constitution faible et le sexe féminin, sont les causes prédisposantes, par excellence, des palpitations nerveuses simples. Même en dehors de tout état morbide, 1^? causes occasionnelles des palpitations sont nombreuses et toutes sont de nature à déterminer une surexcitation physique ou morale.

L'influence des affections vives de l'âme (joie, peur, colère, amour» tristesse), pour faire battre tumultueusement le cœur, est trop connue, du vulgaire, pour qu'il soit nécessaire d'y insister. La crainte même dVlre atteint d'une lésion cardiaque peut être rangée dans le même ordre do causes, et les médecins d'Edimbourg donnent aux palpitations nerveuse? le nom de maladie du cœur des é^wdmn^s, parce que peu d'élèves en wdecine échappent à cette crainte; un illustre professeur (P. Franck) nonapprend que lui aussi a payé son tribut à cette terreur de Tanévrisme. à la suite d'un cours consacré aux affections du cœur; mais les palpitations si communes chez les étudiants ne sont-elles pas la conséqueno*

Voyez les exemples du ce genre cilés dans \cs leçons de clinique mérf. de Beinv"^ rt ^02; cl le fait de M. Raymund rapporté (p. 71) dan» la Uicse d*agr<^{(alioD de M '"i'^' I hypertrophies et dilalations cardiaques indépendantes des lésions valvulaires(Vàni i>''^

sur les hypertrophie

d'excès de ti^vail ou autres, de fatigues de tout genre, d'un état chloloauéinique, fréquent à l'âge où Ton commence les études médicales, plutôt que l'effet de la cause morale à laquelle on les a attribuées?

Indépendamment des émotions, les écarts de régime, l'abus des alcooliques, les veilles, les excès vénériens, la masturbation, en un mot lout ce qui surexcite directement le système nerveux, devient une cause de palpitations.

Quant aux états morbides qui s'accompagnent le plus ordinairement de ce trouble fonctionnel, ils sont presque tous caractérisés par une débilité plus ou moins profonde ; tels sont : la chlorose si commune à l'âge de la puberté, l'anémie et tous les états de souffrance générale de Técooomie dans lesquels il y a appauvrissement du sang, diminution des globules (cachexies tuberculeuse, saturnine, palustre, etc.); déperditions abondantes (hémorragies, spermatorrbée, leucorrhée, sialorrhée, etc.); maladies diver^es se traduisant par la dissolution du sang (scorbut, purpura). Cependant il faut reconnaître que dans des conditions toutes différentes, chez les pléthoriques par exemple, les palpitations ne sont pas rares non plus.

Le même phénomène s'observe en quelque sorte banalement dans les cas de névroses générales ou localisées : dyspepsie, vésanie, hystérie, cliorée, névralgies diverses et particulièrement névralgie intercostale.

Certains organes semblent, lorsqu'ils sont frappés de quelque lésion aiguë ou chronique, exercer une action sympathique toute particulière sur les contractions du cœur : ainsi les maladies de l'estomac, de l'utérus, des reins, excitent très souvent des palpitations. Il en est de même de la présence de vers dans le tube digestif, de l'inflammation du péritoine, des douleurs rhumatismales erratiques.

[Les affections du système nerveux central de l'encéphale et de la moelle donnent rarement lieu aux palpitations ; il faut en excepter les affections bulbaires dans lesquelles les noyaux du nerf pneumogastrique sont envahis assez fréquemment par la lésion; il en résulte des troubles cardiaques, des syncopes, des palpitations qui souvent se terminent par la mort.

11 convient de noter aussi certaines palpitations très violentes qui surviennent parfois chez les épileptiques au moment de leur accès et qui constituent comme une espèce d'aura cardiaque.

Les altérations du sang, les diverses anémies, la chlorose sont capables, on le sait depuis bien longtemps, de donner lieu à des palpitations ; par conséquent on est amené à se demander si, à côté de ces altérations quantitatives, les altérations qualitatives du liquide nourricier ne peuvent pas à leur tour produire cet accident, et si les diathèses ou les maladies constitutionnelles ne doivent pas- a\issi jouer le rôle de causes prédisposantes. On sait que Rouillaud a admis l'existence de palpitations

5ii NÉVKOSES bE U MOTIUTÉ.

rhumatismales, suiTeaant sous l'influence seule de la diatbèse, el en labs^^nce de loule lésion valvulaire. Oiie hypothèse est loin dVirc d'> montrée pour les palpitations rhumatismales ou goutteuses. Enefld, dans le rliumatir^mey il faut attacher, pour Texplicalion du phénomène, une grande importance i l'anémie, à certaines afifections valvnlaires [>eu accusées et qui ne se révèlent que par des symplômi^s physiqu»*> encore douteux. Dans la {routle, le cœur peut être hypertrophié en Tabsence de toute lésion valvulaire par le seul fait de l'eiislence d*uoe néphrite interstitielle (gouty kydney des Anglaise, et l'on observe aussi très souvent des fausses palpitations par suite de la dyspepsie Dutulente à laquelle les goutteux sont si fréquemment exposés.

Ces cas rentrent dans les faits de palpitations d'origine gastrique, el il n'est pas nécessaire d'insister plus longtemps sur Texemple cité par Chomel, et relatif à une dyspepsie qui ne se révélait que par des palpitations très violentes sunenant pendant le travail de la digestion. Dn reste, nous avons démontré tout dernièrement (!) qu'en raison de la facile irritabilité du nerf pneumogastrique, l'irritation des filets de l'uo des trois territoires nerveux du nerf vague peut retentir sur les deux autres et « que sous l'action de certaines conditions difficiles encore à préciser, les aifections du cœur, de l'estomac, des poumons, s'inQuencent réciproquement. Reliés entre eux par une innervation commune, ces organes s'unissent souvent dans leurs souffrances ; la douleur de rim devient la douleur de l'autre, et c'est ainsi que sont constitués les synergies morbides du piieumogasiriqne^ le trépied morbide du pneumogastrique. > Chez les phtisiques el les dyspeptiques, en dehors même des palpitations causées par l'anémie, il en existe d'autres qui sont dues à l'irritation propagée des filets nerveux pulmonaires et gastriques aus filets cardiaques.

Nous avons démontré également que dans l'angine de poitrine, Fexcitation douloureuse du pneumogastrique, analogue à une excitation électrique violente, pouvait déterminer une sorte d'épuisement ou d'état parétique de ce nerf pendant lequel les battements du cœur acquièrent parfois une précipitation extrême.

D'autre paît, il résulte des observations récentes de MM. Peler el Lelulle (2) que, dans le cours du rhumatisme articulaire aigu,il peut survenir du côté du cœur des symptômes rappelant absolument ceux de Tangiue de poitrine, et donnant lieu promptement aux graves accidents île Tasystolie aiguë (Rhumatisme asystoliqué). Dans ce cas, le rhumatisme a

(1) Henri Huchard, Angine de poitrùié cardiaque et pulmonaire, Remarqmet iW lettfnergies morbidet du pneumogastrique {Union médicale, 1879).

(i) LetuUe, Contribution à Vhittoire du rhumatisme viscéral. Sur certotnet eompiuétioM cardiaqueê du rhumatisme aigu (Rhumatisme du cœur et de son plexus). {Arch. et medeant, 1880.)

PALPITATIONS NEhVKHSES. 543

porté son action nocive sar les nerfs du plexus cardiaque au lieu d'atteindre, comme c'est la règle les séreuses du cœur. Les malades se plaignentd'angoisse précordiale avec irradiations douloureuses vers l'épaule gauche et le bras, de palpitations très pénibles, et ils présentent une congeslioD pulmonaire, d'origine nerveuse, puisqu'elle est due à l'état parétique du nerf vague (1).

Tous ces faits sembleraient donc contredire ce que nous disions plus haut au sujet des palpitations purement rhumatismales de Bouilkud. Mais comme il est utile de le faire remarquer, celles dont nous parlons en ce moment, n'ont existé qu'à titre d'épiphénomène du syndrome connu sous le nom d'angine de poitrine.

M.Foumier(3)a décrit chez les femmes syphilitiques, à la période secondaire de la diathèse, des palpitations dont il a établi la valeur pathogéoique. Elles ne sont pas le résultat d'une affection cardiaque, ni d'une anémie, puisqu'on ne constate ni une affection organique, ni uo souffle anémique au cœur ou dans les vaisseaux, ni aucun signe d'hypog^obulie. Elles apparaissent -pour la première fois dans le cours de ia période secondaire, s'associent chronologiquement à des manifestations purement spéciGques ; elles récidivent à l'occasion de poussées successives et diminuent sous Tinfluence des agents antidiathésiques. Pour toutes ces raisons donc, elles sont d'essence syphilitique. Du reste la syphilis impressionne diversement le système nerveux ; et, sans parler des cas bien ctmnus où elle donne lieu à des lésions plus ou moins profondes, ne sait-on pas qu'elle provoque l'apparition de cer* taines névroses, qu'elle peut développer aussi un état nerveux particulier, des phénomènes d'hystéricisme pendant la période secondaire? Si la diathèse syphilitique exerce une action stimulante sur les névroses qui Tont précédée et principalement sur l'hystérie et Tépilepsie, on comprend bien qu'elle puisse porter son action sur l'innervation cardiaque comme tout à l'heure la diathèse rhumatismale, et donner lieu à des palpitations d'origine et de nature purement diathésique.]

Physiologie pathologique. — a. Le cœur d'un animal vivant, arraché de la poitrine, continue à battre, et s* il s'arrête, on peut encore ranimer

1} Cette hypérémie du poumon a été notée parfois, comme compagne des accès angineux et elle formait un élément très important dans notre observation sur un cas d'angine de poitrine cardiaque et pulmonaire. Du reste, celle-ci eu dehors même des attaques de rhuma* tifoie articulaire aigu, peut être 1« seule manifestation de la diathèse rhumatismale et nous en avons pour notre part observé deux cas remarquables par la fréquence de ces palpitations, l'cucerbalion des douleurs toujours nocturnes et par leur guérison absolue au moyen du lalicylate de soude administré à faibles deses (deux grammes par jour) pendant un ou deux mois.

<2) Voyez Uçont tur la tffphilii étudiée plut tpécialcmtnt chci la femme^ p. 8U1. Paris

5i4 NEVROSES DE lA MOTILITE.

ses contractions en Texcitant directement. Celle expérience célèbre, fondement de la doctrine de VIrrilabUiié hallérienne^ tend i nous représenter le C4JBur comme ne puisant qu'en lui-même le principe de ses mouvements et comme jouissant d'une indépendance compK-te vis-à-vis du svstème nerveux.

La conclusion est-elle légitime? Ne voyons-nous pas robservalioo la contredire à chaque instant de la manière la plus formelle? Telle est même Tinfluence de l'innervation sur les pulsations cardiaques que l'idée est tout naturellement venue aux anciens de placer dans le coîur le siège des facultés affectives. Conception erronée, qui (soit dit en passant) ne méritait guère que Bichat.lui prêtât l'appui de son éloquence; si nous la mentionnons, c'estuniquement pour mieux faire ressortir Topposition complète qui existe entre les résultats de l'expérimentation et les faits les plus vulgaires, les mieux démontrés.

Comment on a tenté de concilier les uns avec les autres? peu importe d'ailleurs ; ce n'est pas ici le lieu d'examiner tous les éléments de cette question difficile, d'apprécier, par exemple, la valeur des gangliom nerveux (ganglions de Remak) où l'on suppose qu'une certaine quantité d'innervation peut se trouver comme emmagasinée, etc. 11 nous suffit de reconnaître que le pathologiste ne trouve peut-être pas dans l'économie un seul organe dont l'action soit plus prochainement que celle du cœur subordonnée à l'action du système nerveux et plus exactement réglée sur elle. Et, sans sortir de notre sujet, nous n'avons qu'à rappeler ici, comme preuve, le rôle considérable que jouent les causes de l'ordre moral dans l'étiologie des palpitations; celles-ci ne semblent pour ainsi dire que la perpétuation, a l'état d'affection morbide habituelle, chronique, des effets ordinaires de toutes les émotions. Malheureusement il ne nous est guère permis d'aller au delà de ces notions vagues et populaires. Quel est, dans les centres nerveux, cérébro-rachidien ou ganglionnaire, le véritable foyer de l'innervation motrice du cœur ; comment s'établissent lesconnexions entre ce foyer et les autres parties des mêmes centres; par quelle voie enfin, deccs centres l'impulsion au raouvemeni est-elle transmise vers le cœur; autant de questions dont la solution définitive a pu longtemps rester douteuse.

b. Laissons de côté pour un moment l'influence que les unsattrihuenU les autres dénient absolument au cerveau, à la moelle, aux ganglioni sympathiques, en tant que présidant aux mouvements du cœur; bornonsnous à examiner le lôle des nerfs qui se rendent à cet organe.

Tout le monde sait que les nerfs viennent, les uns du pneumop^ trique, les autres des ganglions sympathiques. Longtemps on a admi> que celte double source d'innervation avait pour seul usage de mitu^ assurer l'intégrité d'une fonction essentielle à la vie, etc. Mais les tia-

PALPITATIONS NERVEUSES. 5i5

vaiii de Cl. Bernard, des frères Weber, de Budge et de plusieurs autres physiologistes ont introduit dans la science une donnée nouvelle et bien imprévue: qu'on électrise le nerf pneumogastrique, le cœur s'arrêtera, et cela, non point pendant une contraction (comme un muscle ordinaire dont on stimulerait le nerf moteur), mais bien en état de flaccidité, de diastole. Le même phénomène s'observera encore si Ton agit sur la portion du bulbe qui correspond à l'origine de la huitième paire. De là, on a voulu tirer cette conséquence que le pneumogastrique préside au repos du cœui\ tandis que les filets sympathiques lui apporteraient l'excitafionà se mouvoir; les contractions rythmiques de l'organe (alternatives régulières de mouvements et de repos), recevaient de la sorte une eiplication ingénieuse, mais, disons-le, prématurée, car le fait dont il s'agit est diversement interprété; de plus il n'est pas général, et sur «ertaines espèces animales les expérimentateurs ne l'ont pas constaté (1). Ces raisons suffisent pour que nous ne hasardions aucune application de cette donnée à la pathologie ; avant de discuter dans quelles circonslances précises intei^vient, chez l'homme, ou l'action motrice des filets du grand sympathique, ou l'action dite stcspensive ou paralysante de la huitième paire, il faudrait que la base physiologique sur laquelle reposerait une pareille discussion se fût elle-même aifeimie. Aussi nous contenterons-nous de rappeler les faits généraux suivants :

i^ Les contractions spasmodiques du cœur peuvent se produire à l'occasion de divers états morbides ayant dans cet organe même leur siège anatomique ; cela est de toute évidence quand il s'agit des palpitations qui accompagnent la péricardite,rcndocardile, les lésions valvulaires; on peut encore l'admettre pour certains faits de dilatation, d'hypertrophie simple et d'autres altérations trophiqnes des parois du cœur (bien qu'à vrai dire, quelques-unes de ces lésions puissent aussi être envisagées fomme consécutives au trouble survenu dans la motilité de l'organe). Enfin, il est permis de supposer que bien des palpitations nerveuses ^ont véritablement idiopaihiques en ce sens que leur raison d'être, d'ailleurs inconnue, se trouve dans le cœur lui-même.

Dans tous ces cas, l'état spasmodique est-il primitif et doit-on l'attribuer à l'excitation directe de la fibre charnue ou du filet moteur? est-il réflexe, c'est-à-dire consécutif à Taffection des filets nerveux centripètes? Ceux-ci à la vérité jouissent d'une sensibilité si faible qu'elle a pu ('Ire niée. Mais, dût-on même repousser la possibilité d'une douleur cardiaque (voyez à ce sujet l'article Angine de poitrine), il ne s'ensuivrait pas encore que des impressions sensitives non perçues, transmises silencieusement aux centres moteurs par les nerfs centripètes du cœur, ne pussent donner lieu à un spasme par action réflexe.

■V) Comptes rendus hMamadaires de V Académie dex sàences, 1861. JinUot.

AXXKFELO. 35

5ir. NKVnCKK^ HK LA MOÎIIJTK.

i' Nivj^ avonsia^-nliniin'' pins Inul ri.vtlii.-noe in« nnlv>>ta}»!»"* fpjr** !''!:•: des fondions enc*'phaliqiip? exerrc sur I»\= riKMiv-iî.enls <li «Mur. Lpalpitations qui accompnjrnent les émotions vive'î, on qui ti:rur»='nl [• '\/ les s)Tnplônr)esdesn«'vropatlii<^sjrénrraIi^é»^sJan^l»*^qu»'IIes uDeaiT--. li : des centres nerveux existe manifestem»'nt, ••^•n>îiliu*nt un»- deux:»!^variét»' qu'on pourrait d»>i?ner>ous len^^m d»* palpitations dedans*? w-ntrique ou psychique. A celte o^<"a<ion nous croyons devoir indiqu» r 1point de vue nouveau atiquel M. Marey envisnc:e la question : selon i-ii. Taction nerveuse qui pn'«ipite les ballemenls du copur s'exerrcra-t n»n sur le cœur lui-mcme, mais -ur lesysl'^me capillaire; quand ce sy?» msedilatedans une portion notable d»' son /^tendii»^, il en résulte un<» j»i»^sion moindre du sang dans les arlcrcs et, par suite, un accroisMrrn^rii dans la fréquence des contractions ventriculaires. Mais nous nôu> deir. tndons si Ton peut interpréter de la même façon c^ qui se passe ilans le ra^ de palpiLations, où, comm^* on sait, la fréquence plus g^nuid»* coîn« îJavec l'inégalité, rinlermiltenc*' des pulsations, etc.

[Sans aucun doute, les (•au>e> mécanique^ jouent un certain rôle danla production des palpitations survenant au cours de l'anémie; et si !•• coeur se contracte plus vivement, plus fréquemment, en vertu do la moindre quantité du >anpr à mouvoir dans riiypo<:Iobulie (Marey>, on doit aussi admettre que la diminution des ^dobules, que roxyg«''natk«n moindre et progressive du sang peut à la longue déterminer quelqii«'s phénomènes d'ischémie bulbaire; et alors le nerf pneumoi:astrique nt" recevant plus une quantité de sang nécessaire à ^^on fonctionnement »*>t dans un état de subparalysie qui retentit sur le < «eur pour pioduire «l-^ palpitations d'origine paralytique. Or, comme dans l'hystérie, il e\\^k souvent des [ibénomènes de chlorose ou plutôt d'anémie, il en résiil'' que les palpitations sont très fréquemment j^roduites par le mécanisiii'* que nous venons d'invoquer.]

3" Tous les médecins savent qu'à l'occasion de certaines modification? morbides sunenanl loin du cœur, cet organe éprouve fréquemment un trouble dans ses mouvements (palpitations sf/mj^ilhlques propreiih^m dites); mais ce n'est qu'en accumulant les hypothèses que nous pani»ndrions à suivre l'enchaînement des actes organiques depuis Timpre^'^i"'^ sensitive initiale, jusqu'à la contraction pathologique du co^urquien»'^î le résultat éloigné. Entre autres (lifficultés, nous rencontrerions cell«*«i' décider si les ganglions du grand sympathique sont devrais foyers d':''neiTation, et s'ils peuvent agir dans la production des mouvements rilexes sans le concours du bulbe ou d'autres parties de l'encéphale.

Nous croyons devoir faire, en terminant, encore une remarque : cV*^' tort, selon nous, qu'on assimile aux palpitations sympathiques Tao •' ration des battements du conir dans la fièvre (1). 11 nous semble y ;'^ ■

(\) BÉRARD, Court de physiologie, t. Ul. p. ^93 <^t <i74.

PALPITATIONS NEIIVEUSES. 547

quant au mécanisme du phénomène dans les deux cas, une dilTérence importante : lorsqu'une afleclion morbide est iï»brile, dès avant, ou tout au moins en même temps qu'elle influence le co^ur, il se produit aussi me adion générale dont il serait irrationnel de ne pas tenir compte : la maladie est-elle apyrétique, au contraire, il ne semble y avoir rien d'intermédiaire entre Torgane primitivement aiïecté et le cœur, siège du désordre^ sympathique (rien, si ce n'est bien entendu les centres nei*veux où se réfléchit l'action de l'un sur l'autre). Quant «à préciser en quoi consiste ce stimulant intermédiaire qui, dans la fièvre, acctélère les battements du cœur, cela est difficile ; peul-èlre faut-il considérer comme tel rélal du centre cérébro-spinal qu'on désigne vaguement sous le nom d créthisme ; peut-être doit-on invoquer l'excitation du cœur par un 5an^ modifié dans sa composition ; enfin, si Ton envisage l'arxroissement de la chaleur animale comme le fait essentiel de la fièvre, peut-être faudra-t-il attribuer la fréquence des contractions cardiaques à la température plus élevée du sang, etc., etc. (1).

Diagnostic. — a. La percussion et l'auscultation ont rendu d'immenses services au diagnostic des palpitations nei^veuses. C'est en se fondant sur les résultats négatifs de l'exploration physique que l'on peut affirmer raljsence de toute altération matérielle du cœur. II reste néanmoins dos l'as où l'hésitation est permise ; mais la marche et la durée des accidents suriiroct le plus souvent pour dissiper tous les doutes.

h. Dans certains faits dont l'interprétation laisse beaucoup à désirer, des palpitations souvent répétées sont le phénomène précurseur d'une hypertrophie ou d'une dilatation cardiaque : en pareil cas les accès sont longs et se reproduisent à de courts int«'rvalles ; vainement on ^n cherche la cause, soit dans l'état général de l'économie, soit dans un Hat morbide appréciable de l'organe central de la circulation. Est-ce à des palpitations nerveuses que l'on a alors aflaire? Le plus sage est de réserver le diagnostic aussi longtemps que des signes certains ne sont pas là pour prouver qu'il existe quelque chose de plus qu'un trouble fonctionnel du cœur, et tant que le volume de l'organe n'est pas notablement augmenté. D'ailleurs (qu'on la considère comme primitive ou secondaire), la lésion cardiaque une fois bien établie, on voit l'intensité et la fréquence des palpitations augmenter d'une manière sensible.

c. In bruit de souflle doux à la base du cœur, persistant même après l'accès et se prolongeant souvent avec un timbre ronflant ou musical dans les gros vaisseaux; la présence d'autres symptômes de chlorose;

(1) Comparez les recherches de CALLierncÈs (Cl. Bernard, Leçons sur la phtjsioiogie et la patkologie du système nerveux. PaHs, 1858, in-^*, t. Il, p. 895).

5iH NÉVROSES DE L\ MOTIUTÉ.

les nombreux symptômes des états cachectiques dans lesquels le sang j perdu une partie de ses globules ou de sa fibrine, permettront le plu^ souvent de remonter à la cause des palpitations anémiques, etc.

d. Le rhumatisme, si communément suivi de lésions cardiaques, est en même temps Tune des affeclions qui déterminent le plus rapide appauvrissement du sang ; Texamen du cœur, chez les rhumatisants^ réclame pour cette raison une attention toute particulière, car il ne s'a^iil rien moins que de porter un pronostic léger ou grave, et d'opter entre des médications différentes ou même opposées. C'est alors surtout que les bruits anormaux devront être étudiés avec grand soin, et qu*il faudra s'attachera en bien apprécier le timbre, le siège, la force, l'étendue; que les résultats de la percussion, que la durée, l'intensité, la fréquent v des palpitations, devront être mis en regard des signes qui peuvent indiquer un embarras de la circulation intra-cardiaque ; et c'est seulement après avoir examiné attentivement tous ces éléments du problème qu'on pourra se prononcer sur la présence ou l'absence d'une lésion organique.

[e. Mais le diagnostic, dans certains cas, peut encore se compliquer. Il s'agit de savoir souvent si l'on a affaire à des palpitations vraies ou à de fausses palpitations. Ainsi, par exemple, si chez les personnes atteintes de nervosisme ou d'hystérie, les palpitations neigeuses existent bi 'D réellement, il peut se faire aussi qu'elles soient fausses, cas auxquels la conduite thérapeutique doit nécessairement varier. Certaines hyv tériques ont, par le fait ou même en l'absence d'une névralgie intercostale, une hyperesthésie de la paroi thoracique telle qu'elles sentent battre leur cœur; mais dans ce cas, les contractions cardiaques ne s«'nt ni plus fortes ni plus fréquentes qu'à l'état normal, et les fausses palpitations disparaissent nécessairement dès que l'iiyperesthésie cutanée do la paroi précordiale a elle-même cessé. — Dans d'autres cas, il exista' des palpitations d'origine mécanique chez les hystériques, par le fait d'une tympanite intestinale, d'une dyspepsie llatulenle, etc. — C !* revient donc à dire que l'existence de palpitations chez les hvîîtériqn' s n'indique pas forcément leur nature nerveuse; elles peuvent être du»*5 :t diverses causes qu'il est de la plus grande importance pratique de chercher attentivement.

Il en est de même dans d'autres états morbides : chez les hémorrli»!daires par exemple, les palpitations peuvent être de cause anémiqu'*. surtout lorsque les héniorrhoïdesdonnenllieuà des pertes sanguines aisez abondantes ; elles peuvent être dues à cet état nerveux tout partîcuii •: qui se remarque si souvent chez les héinorrhoïdairesdiathésiqueselq':' retentit si fréquemment sur les fonctions digestives. Cette dernière eipl»-

cation est bien préférable à la singulière théorie émise dernièrement pai'un auteur qui prétend attribuer toujours les palpitations des hémorrhoidaires à une influence mécanique, à la tympanite et à la constipation provoquées par le bourrelet hémorrhoidal !

/. Enfin, il faut savoir aussi que, chez certains individus, il existe des palpitations purement subjectives, mais que le médecin ne peut percevoir. S'agit-il là d'une ébauche d'angine de poitrine nerveuse, ou de névralgie du cœur, ou bien d'un de ces cas de fausses palpitations dues à rhyperestbésie précordiale? La chose est possible à la rigueur et mérite une discussion sérieuse.

Mais on devra écarter l'idée d'angor pectoris dans les cas surtout où ces palpitations ne s'accompagnent pas de cette sensation particulière d'angoisse qui caractérise cette dernière aflcction.

g. Ajoutons encore, pour terminer, qu'il faut établir une distinction capitale entre les vraies palpitations et les battements de cœur tumultueux, rapides, qui suivent une course plus ou moins vive. Il s'agit, dans ce cas, comme l'a bien établi Pigeaux par un mot qui rend la chose bien plus compréhensible, d'une agitation du cœur, et non d'une palpitation.]

Pronostic. — Les palpitations qui dépendent d'une excitation passagère du système nerveux sont les moins graves de toutes.

Celles qui accompagnent la chloro-anémie, diverses névroses, n'ont pas plus d'importance par elles-mêmes, à moins qu'elles ne se répètent souvent et que les accès ne se prolongent.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit au sujet du rapport qu'on admet entre les palpitations et certains changements dans la nutrition des parois cardiaques.

Traitement. — Dans les cas de palpitations nerveuses simples, provoquées par quelque émotion, on voit le calme de l'esprit ramener promptement les choses à leur état normal.

Chez les individus nerveux, facilement excitables, sujetsaux palpitations dece genre, on aura recours auxantispasmodiques, aux calmants: quel- ([ues gouttes d'éther, des potions avec le sirop d'éther ou l'eau de lauriercerise, etc. Dans certaines circonstances, on y joindra l'usage des préparations de digitale (qui toutefois sont loin d'offrir ici les avantages qu'on en retire dans le traitement des affections organiques du cœur); régime doux, bains tièdes, etc.

[Il faudra aussi avoir recours au bromure de potassium qui, par son action sédative sur les centres nerveux et surtout sur le pouvoir ré-

5îiO .NÉVHubErs DE LA MulILJTÉ.

Ilexe «le larnooll»\ jm^uI contribuer pour une jrrnn«le parlànuMli'nr, à guéririiiAme certaines palpitations d'oritrine réflexe. Les ferru^neux, les arsenicaux, elc.,<onviendrunlanssi danstous les cas où Tétai nenvux se complique d'anémie ou de chlorose. Les eaux minérales deNéris produiront aussi de bons résultats; il en est de même de l'hydrothérapie. Mais il ne finit pas oublier cependant que, dans certains cas, celle-ci est mal supportée par les malades et qu'elle peut même contribuer à augmenter les palpitations. C'est dans ces cas rebelles que les bains prolongés, les bains de tilleul, etc., sont surtout indiqués.

Chez certaines femmes, il faut se rappeler que les battements de cœur sont presque toujours précipités et que les pulsations radiale> sont très fréquentes même à l'état normal. Si tous les moyens cités prérédemment échouent, on pourrait alors avoir recours aux préparation^ de vératrine qui ont une action si salutaire dans la maladie de Basedow, et même à la morphine (en injection sous-cutanée) qui, d'après des expériences physiolo<riques récentes, exerce une influence réelle sur Tinnervation du cœur. Si la dijiilale n'ajrit pas ordinairement dans les palpitations nerveuses, c'est que celles-ci sont souvent d'origrine paralytique et que celte substance excite le système nerveux frénateur du cœur (G. Sée). 11 en est de même de l'aconit, des cyaniques, de la belladone, qui ont paru augmenter plutôt que diminuer les palpitations paralytiques; ce qui se comprend aisém»Mil pui>que la hrlladone, par exemple, paralyse les ganglions modérateurs intra-cardiaques.|

Quant aux palpitations qui se rattachent à Tune de ces altérations du sang ou de ces névroses générales dont nous avons parlé, il est iniitiie de dire qu'on ne devra s'en occuper que d'une façon secondaire, pour s'adresser prompteinent à Tétat général et y opposer un traitement aj»proi)rié. C'est souvent aux reconstituants et aux toniques que Ton aura le plus utilement recours; l'hydrothérapie rendra dans bien des cas de grands services.

11 en est de même des palpitations sympathiques. Ajoutons cependant que, vu Tincurabilité de certaines aiTections qui agissent indirecleraenl sur le cœur, le médecin se verra quelquefois forcé des'occupi^r deceli'* complication pour en atténuer au moins les inconvénients; en pareil)^ circonstance, le traitement conseillé pour les pal|)itations sûnpies sera encore le plus convenable.

Les palpitations dues à la pléthore vraie sont assez rares pour qu'«»n doive, en llièse générale, ùlre sobre d'émissions sanguines. Ceci >'a|'j>lique tout particulièrement à ce qu'on observe pendant la grossesse, où les palpitations sont presque toujours liées non à une prétendue richesse excessive du sang, mais à Thydrémie qui existe, à titre de cootx^mitance quasi physiologique, pendant la gestation.

[Enfin, dans le irailemenl des pal|Hlations en apparence lesplusn^

PALPITATJONS AKTÉKIELLES. 55i

belles iifaut toujours se préoccuper de la cause. C'esl ainsi que chez les l)>$(ériques, les fausses palpitations dues à la tympanite intestinale, à riiyperesthésie précordiale, à un état dyspeptique, etc. , ne seront nullement modifiées, comme on le comprend, par les antispasmodiques, etc. auvent dans ces ras, les absorbants, les eupeptiques, les préparations de noix vomique, etc., pourront, par une voie détournée, faire cesser des palpitations en apparence les plus rebelles. Il faut donc, avant tout» se préoccuper plus de la cause du mal que du mal lui-même, pour la guérison d'un grand nombre d'accidents morbides. ]

viJLX. — Palpitations artérielles.

On observe quelquefois dans les artères, et Ton a plus spécialement si^'nalé dans Taorte abdominale, des battements d'une énergie insolite, avocintégrité des parois vasculaires, et sans qu'il existe nécessairement au( un trouble coïncidant dans Faction du cœur lui-même. C'est ce phénomène qu'on <lésigne sous le nom de battements nerveux, pulsations idiuiKithiqu^s des artères, etc.

Imporlaotes à connaître, surtout au point de vue du diagnostic des an«'vrysmes, <'<'S sortes dii palpitations artérielles (et nous ne parlerons i'i que des palpitations aortiques) se montrent presque exclusivement liiez des sujets jeunes, doués d'un tempérament nerveux, anémiques, l'Hirinentés dejxiis pins ou moins longtemps par d'autres névropathies, paiiiciilièremont chez les hystériques et les hypochondriaques. Elles sont péniblement ressenties par les malades et souvent appréciables à la vue elau loucher, (jui perniellent de constater dans les régions épigastrique » Ivenlrale de fortes pulsations isochrones au pouls.

I Diaprés une slatisliciue relevée par Macario, l'Age le pins favorable au tli'veloppemenl des pulsations aortiques est compris entre dix-huit et 5ni\anle ans. Autant dire que l'influence de l'âge est presque nulle.]

La marche de cette affeclioa est essentiellement intermittente : les l» itleinents apparaissent, augmentent on cessent capricieusement, au gré «rune foule de circon>tances diverses : nous devons citer surtout les uouhles des fonelions digestiv«*s (constipation, embarras gastrique, gasif-'i^^ie, entéralgie, pneumalose intestinale), l'apparition des règles, la disparition d'un flux habituel, les émotions morales et les préoccupalions de l'esprit, eomme propres à provoquer le retour du phénomène oui en accroître Tinlensité.

[Chez certams malades cités par Laennec et Macario, les pulsations succédaient à des aceés de flèvre inlerrnitt(uile; chez une malade d'Albers, elles se renouvelaient à chaque gestation.]

Soâ NÉVROSES DE LA MOTIIJTÉ.

Diagnostic. — Lorsqu'en même temps que toutes ces parlicularités, on aura constaté divers autres accidents nerveux, on sera tout d'abordporlp à écarter la supposition d'une tumeur et surtout d'un anévrysine de l'aorte ; mais les signes négatifs fournis par l'exploration physique, permettront seuls d'arriver à cet égard à une certitude complète : ainî^i, malgré l'intensité quelquefois considérable de Timpulsion, le palper el la percussion ne feront pas reconnaître un élargissement notable du vaisseau ; — le choc sera perçu non point dans une région circonscrile, mais dans tout l'espace compris entre l'épigastre et la bifurcation dt? l'aorte en iliaques primitives; — au lieu 3es bruits prolongés et \A\i> nu moins râpeux que l'auscultation révèle au niveau d'un sac anévrysinal, on trouvera tout au plus un souffle court et léger.

Pronostic — Les palpitations artérielles ont une durée variable, quelquefois éphémère, mais pouvant atteindre, dans certains cas, plusieurs semaines ou même plusieurs mois (sauf les rémissions et les disparitions déjà mentionnnées).

[Le pronostic des pulsations artérielles en général, et des pulsations abdominales en particulier, n'est pas grave; et cette aflection ne peul certainement jamais menacer l'existence. Néanmoins, lorsqu'elles durent longtemps, elles finissent par affecter le malade, et deviennent une des causes les plus puissantes d'hypochondrie. Ils ne mangent plus,rapp<^lil se perd, le sommeil devient agité par des rêves, les troubles gastro-inlestinaux qui avaient pu donner lieu à des battements, deviennent plus intenses, et contribuent encore pour leur part à augmenter les accidents, de sorte que les pauvres malades tournent dans un véritable cenlr vicieux morbide.

Quelquefois même, ces pulsations, lorsqu'elles se prolongent, peuveiil conduire de l'hypochondrie àla lypémanie, engendrer même des idées «I suicide (Macario),

On peut se demander, comme plus haut pour les palpitations cardiaques, si les palpitations artérielles peuvent donner lieu par leur 1od|:uo durée à une lésion organique. La réponse a cette question ne panîi pas douteuse, et doit être absolument négative. Les cas cités de lésion? d'anévrysmes succédant à des pulsations artérielles sont des erreurs »)•• diagnostic ou d'interprétation; et tous ces exemples concernent d«*s «^^ de dilatations anévrysmales méconnues à leur première période.]'

Traitement. — Le traitement qu'elles réclament, outre l'indiaiiioii des calmants (bains, régime doux, antispasmodiques divers, etc.), ct^in* prend surtout celle d'opposer à l'étiit général du sujet une médicaliiD suivie, dans laquelle les toniques el les reconstituants occupent le pre mier rang.

L'étude de raflection dont nous nous occupons conduit h Texamen de plusieurs questions intéressantes de physiolo(jie pathologique. Disons d'abord que si les palpitations artérielles se trouvent ici décrites immédiatement après les palpitations du cœur, et si en elTet d'assez nombreuses analogies existent entre les unes et les autres, ce n'est pas qu'elles ne présentent aussi entre elles quelques différences dont il importe de tenir compte.

Dans les palpitations proprement dites, il y a systole (cardiaque) trop énergique, trop répétée, irrégulière; dans les pulsations artérielles, ('est la diastole (des artères) qui éprouve une exagération morbide. Les premières peuvent être assimilées aux spasmes; les secondes doiventelles être placées au nombre des paralysies? Cela est moins certain. On connaît les belles expériences de M. Cl. Bernard sur les cordons et ganglions du grand sympathique au cou ; la section de ces organes provoque un état de vascularité et notamment de distension artérielle dans la moitié correspondante de la tête. Eh bien ! quelques physiologistes attribuent ce résultat à une paralysie de la tunique contractile des artèi es, au défaut d'action vaso-motrice du grand sympathique; mais, selon M. Cl. Bernard, il y a loin de Tétat d*ampliation artérielle et de turj^escence active qui se produit alors à un état paralytique, et Tafllux sanguin noté dans ces expériences se rapprocherait plutôt de ce qu'on voit dans une glande en plein travail de sécrétion.

Les mêmes considérations nous paraissent applicables aux palpitations artérielles, soit pour les faits spécifiés dans cet article, soit pour d'autres plus ou moins analogues qu'il nous suffira de rappeler : telles sont, par exemple, les pulsations qu'on remarque dans les membres affectés de phlegmon, ou au voisinage des jointures frappées d'arthrite rhumatismale (1); tels paraissent être également les battements artériels qui caractérisent l'affection singulière décrite sous le nom de cachexie exophthalmique.

Quel que soit d'ailleurs le caractère de cette exagération morbide de la diastole artérielle, qu'on l'envisage comme active ou passive, toujours est-il que l'affection qui nous occupe est une preuve à ajouter à beaucoup d'autres en faveur de celte vérité physiologique, à savoir, que la contraction cardiaque ne régit pas seule la dilatation des artères: indépendamment de toute perturbation dans l'acte do l'organe central, certaines influences peuvent faire varier localement l'état dans lequel lo cœur lance le sang à chacune de ses systoles. Toutefois, celte indépendance, qui entraîne un désaccord si frappant entre Véticrgie des pulsa-

'1) W. Stokes {ùiagnoiiic of aneurism, m Dublin Journal of med, icience, 1" série, t. V, 1835) signaift Texistence de pulsations abdominales symptomatiques de Vinflammation du péritoine ou de Cintettin; il les compare aux battements des radiales dans les cas de panaris, à ceux des carotides chex les malades atteints d>ncéphalite, etc.

ô:>i .NÉVROSES DE LA MOTIIJTÉ.

lions rardiaquos el celle des ballcmcnts artériels, pciil-elle aller jn^quà (lélriiire Visochronisnte dtis, uns cl des autres? Nous devous dire quVtn

cite Morgagni, Albersel d'autres observateurs dignes de foi comme ayant constaté une inégale fréquence des battements cardiaques et aortiques. [Les battements nerveux des artères peuvent se montrer dans tous k> points de Téconomie ;(|uand ils son! gféwera/iV.s, ils indiquenlle plus^ouvent rexistenced'un goitre exoplilbalmique,en l'absence même du goîtic et de rexoplitlialmie ; dans les allections aiguës du péricarde, dansTinsufiîsance aortique, on observe assez souvent des battements partiels dans les artères du cou. Mais, le plus ordinairement ces derniers ont pour siège les artères de Tabdomen, le tronc cœliaque, l'aorte abdominale, et cette fréquence s'explique sans doute par les rapports très nombreux et intimes qui existent entre les vaisseauxabdominaux et les plexus cervcux très ricbcs venant du grand sym|)atliique. j

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