SPASME DE LA GLOTTE
Mais il est permis de se demander si c*est à la convulsion des muscles kinngrs ou bieo à leur paralysie qu'il faut imputer ces phénomènes «i>spnéiques si remarquables. Cette question peut et doit être posée, car on sait que la paralysie dont il s'agit, en donnant lieu à l'occlusion du Linmàchaque inspiration, peutdéterminer une dyspnéeafTreuse promp- I meut suivie d'asphyxie. D'ailleurs, l'ouvrage de Ilugh Leigh (1), la tlièse de llom-mann (où se trouvent exposées les opinions de P. Bérard) e( d autres travaux estimables, montrent par quels arguments spécieux peut être soutenue l'idée d'un état paralytique du larynx dans l'affeclioo que nous étudions. Nous renvoyons particulièrement à la thèse it M. Bacquias le lecteur désireux de trouver une discussion approfondie et la réfutation de cette hypothèse. Il nous sufGra ici d'insister 5ur les considérations suivantes :
n. L'intermittence est un phénomène aussi rare dans les paralysies ^ail est fréquent dans les spasmes ; or c'est à une dyspnée intermittente ]ue nous avons aflaire.
A. L'ûge auquel cette dyspnée se montre le plus souvent, et aussi la >i ipart des autres circonstances étiologiques, sont très propices au déitf'uppement d'une affection convulsive, et très peu favorables à l'appavÂou et aux retours d'une paralysie du genre de celles qu'on nomme ^^'*nt telles.
'. Pour ce qui est d'une paralysie symplomaliqtie, qui serait consétiû>e au gonflement des ganglions bronchiques et à la compression du KT\ récurrent ou du tronc de la huitième paire, une semblable paralysie *-■ siurait être admise dans la plupart des cas, la lésion à laquelle on atii ibue étant le plus souvent absente.
(/. Au surplus, quand cette lésion existe, l'action que subissent les tik Je la part des ganglions tuméfiés, ne pourrait-elle pas consister bM bien en une stimulation de ces nerfs qu'en une perte de leur acti-
**. Les rapports si frappants et si variés de la dyspnée, soit avec l'é- ^psie, soit avec la contracture des extrémités, paraissent inintelliblt^s si l'on envisage cette dyspnée comme le résultat non d'un spasme, ii> d'une paralysie.
/. Enfin les engorgements inflammatoires ou tuberculeux des ganm^ (lervicaux et thoraciques manifestent leur présence et leur action f les nerfs par un ensemble de phénomènes notablement différents de |tt qne nous avons décrits plus haut. Voici ce qu'on observe alors : liés de dyspnée survenant seulement quand les malades se livrent à quel- 1 effort ou essayent de faire une inspiration très profonde ; respiration
■itueUement accompagnée d'un sifflement laryngien ; voix enrouée ou
)\ Am Etmt cm ike Utrpigismun ttridufus. London, 1836, in-8.
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éteinte; divers signes indiquant soit la compression des vaisseaux parles tumeurs ganglionnaires: œdème, lividité des téguments, etc. ; soit Texistcnee d'une maladie dialhésique et cachectique, et principalement delà tuberculisalion. Comme on le voit, on se trouve alors eu face d'une maladie chronique et exacerbante, et nullement d'une affection aiguë paroxysmale.
B. La dénomination de spasme de la glotte étant ainsi, nous semblet-il, suffisamment justifiée, essayons maintenant de saisir le mode do production de ce phénomène convulsif. El d'abord la contraction morbide des muscles constricteurs de la glotte, considérée comme élément morbide, comme le signe commun d'un certain nombre d'affections, st.* présente à nous dans trois catégories de faits bien distincts :
l"* Le spasme de la glotte parait se produire, dans certains cas, à la suite d'une excitation directe des nerfs moteurs laryngés. C'est du moiib le mécanisme par lequel on cherche à se rendre compte des faits où c spasme accompagne la présence de tumeurs ganglionnaires ou aulrr< placées sur le trajet des nerfs pneumogastriques ou récurrents.
S"* Le spasme de la glotte survient par action réflexe locale, à la suite d'une excitation insolite, accidentelle ou morbide, de la muqueuse iv<piratoire : c'est ce qui arrive dans ces laryngites qui doivent à la présence du spasme le nom de striduleuses ou spasmodiquesj dans la laniigite sous-muqueuse, dite œdème de la glotte; c'est également ce qui a lieu dans la coqueluche, dans le cas de corps étrangers des voio> aériennes, peut-être aussi dans le croup.
3" Le môme phénomène convulsif peut résulter d'une excitation morbide du centre nerveux (bulbe rachidien) dans lequel s'implantent lc> filets d'origine des nerfs inusculaiies du larynx (pneumogastrique i: spinal). Reste seulement à distinguer les cas où l'excitation s'engemip' primitivement dans ce centre nerveux (spasme idioi)athique)y et ciuv où elle se produit consécutivement à quelque affection périphérique, siégeant partout ailleurs qu'au l'iXr)'n\ {s\)aisme sympathique^ se rattachant, par exemple, à une évolution dentaire laborieuse).
C'est, à n'en pas douter, dans un état morbide du centre neneuv que git la cause organique de la variété de spasme dont nous nous occupons. Tout nous invite à le penser: d'abord, dans une foule de *a>. l'irritation des nerfs par des tumeurs situées sur leur trajet ne sauri:: même pas être allégué à titre d'hypothèse; en second lieu, l'inteni-rtence franche des accès dyspnéiques nous oblige à écarter jusqu'à l'iild'une lésion localisée dans le larynx.
C'en est assez pour que des trois mécanismes possibles du spasiut' .; la glotte, indiqués plus haut, nous ne puissions admettre dans Vsl^û/m de Kopp qu'un seul comme vraisemblable, et justement ce uiécauis!