C. WooD. — On epilepsy (Phil. med. Times
fl. Obersteiner. — Ueber den status epilepticus (Wiener med. Wochensc., 1873). OsTERNANN. — Obs. d'épHepsie d'origine traumatique (Psych. Centralblatt, 1873). W.Sander. — De Vépilepsie au point de vue médico-légal (Berl. Klin. Woch.,
im).
Jakcbowicz. — Epilepsie et démence développées chez les jeunes chiens à la suit' de V empoisonnement aigu et chronique par la quinine {Nouvelliste méd. de Saint-Pétersbourg, 1873).
WiLHELM. — Traitement de Vépilepsie par la galvanisation du grand sympathique (Pester med. chir. Presse, 1873).
Otto. — Ueber bromkalium als mittel gegen epilepsie (Arch. f. Psych. n. Nervenk., yol. V, 1873).
Bartolow. — Expérimental investigation ifUo the functions of the human brain (The american Journal of the med. science, avril 1874).
Féréol. — Vertiges épileptiques et attaque épilepliforme chez un individu atteint de iœnia, etc. (Bull, et Mem. de laSoc. méd. deshôp., I874,p.l72,et discussio:) sur Vépilepsie vermineuse, par Bucquoy, Delasiauve, Guyot, Homolle, p. 171).
Lande. — Epilepsie consécutive à la lésion du\nerf médian droit par une balle résection du nerf. Guérison (Bordeaux médical, 29 mars 1874).
11. GuEENE. — Epilepsy and megrim {Journal of mental se, 1871).
I. W. Ogle. — Case of epilepsy presenting features of unusual interesl; With commenté (Lançât, mai 1874).
)RorET. — Recherches sur Vépilepsie alcoolique (Ann. méd.-psych., 18i4).
iizouY. L'épilepsic larvée devant la juridiction criminelle (Arch. méd.-
psych., 1873).
A>.F.rFEI.O
RussEL. — A case illustrating the slate of mental automatism Which occm n
epilepsy {Brit. med. Joum., 1874).
Glouston. — Deux observations d'épilepsie avec lésion des circonvolulions (Mental science, 1875).
Lapargue et RuLARD. — Épilepsie larvée; assassinai {Bord.méd,, 1875). R. Janmn. - • De f épilepsie larvée (Thèse in. Paris, 1875). Leidesdorf. — État mental des épileptiqaes {Stricker*s Jahrb. p. 157, 1875i. -
Die épileptische Geistesstôrung (Leçon clini(iue in Wiener med, Wochm.,
VuLPiAN. — Epilepsie chez un cochon d'Inde qui avait subi la section dnn dff
nerfs sciatique$(Arch. dephys.y p. 297, 1869). — Leçons sur Tappared vaso-wr
teur, t. II, p. 10-2 à lU, 1875).
J. S. Jewell. — Pathology of epilepsy (Chicago Journ. ofnerv. and meni.df
seaseSy 1875, vol. Il, p. 1).
Preuss (de Dantzig). — Obsei-vation de manie épileptique{VierteljcUirs. f. gcrid'
med. u. œff, Sanil., 1875, p. 20).
H. WiLHELM. — Formes de Vépilepsie (Pester med. chir. Press, XI, 1875). Berliner (de Johaunisburg). — Obs. de manie transitoire épileptique {infaniicidf
(Vierleljahrs. f. gericht. med, u, œff. Sanit,, p. 30, 1875). G. Yeates Hunter. — Influence étiologique des passions tristes sur Vépikpù*
(The Lancet, ip. 789,1875).
Wm. L. Lane. — Palpitations du cœur de cause épileptique (Brit, med.JoHn,,
FouRNiER. — De Vépilepsie syphilitique tertiaire (Un. méd.y 1875). — Affection
syphilitiques des nerfs (Mouvement méd., 1875-76). — Syphilis du ctrrfûH,
Paris, 1880. — De Vépilepsie syphilitique secondaire (Ann. de dermatologie ^^i
de syphiliographie , 1 880).
H. DE WiTT. — Albuminuria as a symptom of the epil., paroxysm (Avur.
Journ.y ofmed. se, 1875).
PiETRO Albertoni. — Influence du cerveau sur la production de Vépilepsie (Renéh
condito délie ricerche sperimentali eseguite net gabinetto di fUiologia dilh
R, Universita di Siena. Milan, 1876, et analyse in Arch, de phys., 1876). L. Richard. — Rapports de Valcoolisme et de Vépilepsie (Thèse in. de Paris, 1876* HuGON. — Recherches sur les causes de Vépilepsie (Thèse in. Paris, 1876). Lewes. — On thermal changes in epilepsy and the status epilepticus(Med,Tiw'^
and Gaz., mai 1876) Wille. — Psychoses épileptiques (Soc, méd. de Bâte, 1876). Benedikt. — Nature et traitement de Vépilepsie (Wien, med. Prest, 1876). Dresghfeld. — De Vépilepsie syphilitique (The British, med.joum,, 1876). PiviON. — Etude sur les troubles de Vintelligence , des penchants, de iasensitiltif^
de la motilité chez les épileptiques (Thèse in. Paris, 1876). Streets. — Sur un cas de catalepsie traumatique suivi d*épUepsiê {Amrrtrsk
Jonrn. ofmed. science, 1876).
Walcher. — Un cas d*empyème avec convulsions épileptiformes et parùiysi^ a«
suite d'injections pleurales (Gaz. méd. de Strasbourg, n" 1, 1876). Gharpignon (d'Orléans). Épilepsie par action réflexe de calculs bronchiques l'à:
des hop., p. 506, 1876).
GoRNELL. — Causes et traitement de Vépilepsie (Boston med, and surg. Jour.. \^'' G. BusEY. — Convulsions épileptiformes survenant après la suppreuiam hn^**-'
de V administration habituelle de V opium (Philadelphia med, Times, iHl^*. K. TuTscHEK. — Cas d' epilepsie réflexe guérie par rextension du ner/ i*
Dissert, Munich, 1876).
.Nothnagel. — Hemmung epileptischer Anfdlle (Berl. KL Wock., 1876). Neftel. — Ein Bcitrag zur Aetiologie der epilepsie (Arch. f. Psych, n. -V/r-
venk,, 1877).
Blanchet. — Thérapeutique de Vépilepsie (Tiése in. Paris, 1877).
ÉPILEPSiE. 771
Brauwell.— Cas ffépQepiie traumatique {Brit. m$d. Joum., 1877).
Emiue Bowell. -- lie quelquêê accidents de répilepsie et de VhyitérO'épilepeie (Thèse in. Paris, 1877).
A. RoBBRTSON. — De Vauiomatieme chez les épileptiques (Gaz. méd» deParis, p. 357, 1877).
De Hanse. — Le substratumanatomiquede Vépilepeie {Gaz.méd., p. 241, 1877).
Cbargot. — De l'épilepiie partielle syphilitique {Progrès méd., p. 21» 61, 1877, et Leçons sur les mal. du syst. nerveux^ 1877, t. 11, p. 342).
Delasiauvb. — Meurtre commis par un épileptique (Progrès méd. ^ p. 444, 1877).
Weiss.— Êpilepsie partielle d^ongine syphilitique{Bull. de la Soc. clinique de PariSj p. 82, 1877).
L. ïimhRb. ^ Rapport de Talcoolisme et de répilepsie (Thèse, Paris, 1877).
N. GciLLBXiN. — Etude sur Vépilepsie alcoolique (Thèse in. Paris, 1877).
BoLCHUT. — De Vépilepsie chez les enfants et des vertiges épileptiques (Gaz. des hop., 1877).
Passauer. — Contribution à Vétude de Vépilepsie (actes violents^ question de responsabilité de Vinculpé) (Viert. f. gericht. med. u. off. Sanit., p. 301, 1877).
Westphal. ^ Êpilepsie larvée (Sert. klin. Wochens.,p» 121, 1877).
C. Lasègue. — Êpilepsie par malformation du crâne (Arch. de méd., 1877).
ËNRico voftseixi. — Pathogénie de Vépilepsie. Accès épikptiformes consécutifs aux
lésions traumatiques des circonvolutions antérieures du cerveau (Lo sperimentaie, 1877).
J. GoATs. — Étude sur deux cas remarquables d^ êpilepsie (Brit. med. journal,
Sydney Ringbr. — Hypothèse au sujet de la condition des centres nerveux dans la migraine, Vépilepsie et autres névroses procédant par attaques (The Lancet,
Memmsl. — Troubles psychiques dans Vépilepsie (Deutsche Zeitsch. fur pvakt. Med.,
n« 27 et 28, 1877).
H.deBoyer. — Epilepsiechez un enfantde quatorze ans, mort en étatdemal:vMte
plaque jaune occupant toute la face inférieure du lobe sphéno-occipital gauche
{Bull. Soc. anat., p. 612, 1877).
U. Mart]K. — De la mortalitédes enfants des épileptiques (Ann. méd.'psych.,iSlH). Taxburini. — Vamnesia non e carattere costante de Vepilessia larvata (Rivista
iperim. di freniatria e di med. légale, 1878). E. Briand. — Epilepsie traumatique (Thèse in. Paris, 1878). — J. Brousses. De
C êpilepsie. et du traumatisme dans leurs rapports réciproques (Thèse in.
Paris, 1878).
J-Gahel. — Recherches cliniques et statistiques sur la valeur de V asymétrie feu: iale
dans le diagnostic de Vépilepsie (Lyon m^'cl., 1878). DEâFossÉs. — Essai sur les troubles des senset de V intelligence causés par Vépilepsie
(Thèse de Paris, 1878).
Kemak. — Troubles moteurs limités aux extrémités des membres gauches ressemblant à Vathétose et dépendant de Vépilepsie (Berl. klin. Woch., 1878, et Revue
des se. méd., t. XIll, p 541).
Vielle. — Quelques considérations sur Vépilepsie et plus spécialement sur Vépilep-
sie associée à de certaines malformations du corps en général et de la tète en
parliculier (Thèse in. Paris, 1878).
Uoux. — Êpilepsie larvée (Mém. de m"d. et chir. mihtaires de 1878). Haxilton. — A contribution to thestudy of auditory epilepsy (Tr. med. Soc. New- York, 1878.
UciANi. — SuUa patogenen delta epilessia (lUv. sper. di frenial. Reggw Emilin,
Myrtle. — A case of confirmed epilepsy, with vregular and pain fui metistniU'
lion, successfully treated by Leclanche's continuons carrent (Brit. med. Journal. London, 1878, p. 718-719;.
Klhn. — Modifications de Vurine dans Vépilepsie {Deutsch. Arck. fur klin, Ifed ,
t. XXII, p. 226, 1878).
S Bahham. Traitement de Vépilepsie (Philad. med. and surg. Report., 18<xi.
A. Lacour. — De Vétat actuel de Vassist^ince des épileptiques indigents et de la m-
cessité de les hospitaliser (Lyonméd,, sept. 1878). G Bencke. — Pathogénie de Vépilepsie (Hospitals-Tidende, n« 12, 1878). Garimond. — Contribution à l'histoire de Vépilepsie dans ses rapports avec ralii-
nation mentale (Ann, méd.-psych., janvier 1878). A. RoBERTSON. — Convulsions partielles ou épilepsie jacksonnienne, et de la ptr-
cussion crânienne au niveau des régions cérébrales supposées intéressées, conm
moyen de diagnostiquer le siège de la lésion {Brit.med.joum., p. 707, 1878». n Heurr. — Etude sur Vétiologie de Vépilepsie (In. dist. Breslau, 1878). Hemker — Atrophie et sclérose de la corne d'Ammon chez les épileptiques \ MU
gem. Zeitsch, f, i^^jM- XXXiV, n» 6, 1878). ViARD. — Épilepsie d'origine syphilitique (Thèse m. Pans, 1878). Tl'CKWELL. — Guérison spontanée d*un cas d'épilepsie à attaques subintrante^
(Lancety mars 1879).
Sturge. — Épilepsie partielle semblant due à une altération de Vun des centrn
vaso-moteurs du cerveau (Lancetj 1879).
H. Martin. — De V alcoolisme des parents considéré comme cause d" épilepsie ckrz
leurs descendants {Ann, werf.-psj/cA., janvier 1879). V. Legrand. —De la maladie épileptique vraie. (Tlièse in. Lille, 1879). Le Rolland. — Considérations surVinfluence de la grossesse sur la marckc l
Vhystérie et de Vépilepsie (Thèse. Paris, 1879). Mac Bride et A. James. —Epilepsy, vertigo and eardisease (Edinb. med. Joum.
jgoA\
H. Clarke. — Heredity and crime inepileplic criminal (Brain, p. i01,1880>. L. Pflcger. — Beobaehtungen ûber Schrumpfung und Sclérose des Ammonskorne^
bei épilepsie (Allg. Zeitsch. f.Psych., 1880). Chirone et LuciANi. — Un mot sur la pathogénie de Vépilepsie {RaccoyUtr^rt
merfico, vol. XUl, 1880).
William A. Hammond. — On thalamic epilepsy {Arch. of médecine, ediied U
Seguin. New- York, août 1880).
W R Gowers. —Gulstonian lectures on epilepsy (Lancé-f, p. 315, 353, 31)1, i3<1.
j EoN. — Paralysies dans Vépilepsie (Thèse in. Paris, 1880). M, Maunier. —Considérations sur Vabsinthisme (Thèse in. Montpellier, IN^" Spitzk. — Sur quelques formes peu connues d'aliénation mentale liées à VepUij^f
(St'Louis clin. Record, 1880).
Lacolr. — Rapport sur le service des épileptiques de V Antiquaille (Lyon »: i .
19 septembre 1880).
R. Lépine.— De Vépilepsie sui^enant à la suite d'écarts habituels de régime c^:
des individus très sanguins, et de son traitement {Revue mens, de med.et ch^r..
p 573, 1878). — De Vépilepsie congestive {Revue de méd., 1881). Meschede. — Cas d'épilepsie accompagnée de mouvements et de conceptions «r •^
sistibles; sclérose d'un hémisphère cérébelleux (Virchow's Arch., I880ct.l' •
de neurologie, p. 471, 1881).
^ ^p;^M. Insuccès dans le traitement de Vépilepsie chez les aliénés nbev' .
Nancy, 1881).
Li'MER. — Des épileptiques; des moyens de traitement et d'assistance qui Uitr * •
applicables. Paris, 1881.
J Seglas. — Influence des maladies intercurrentes sur la marche de Vfytly
(Ihèse in. Paris, 1881).
}\,\\v)i\.t. — Recherches cliniques et thérapeutiques sur Vépilepsie [Tocse •
Paris, 1881). H. PoMMVY. — Contribution à Vétude de Vépilepsie gastrique {Reçue d^ ^ -
10 Juin lîi81).
S.KiQHOS, '^Epilepsie de surmenage {Deutsche fned, lFbcA.,n*3i, 1881). Stofella. -- Diagnostic différentiel de Vépilepsie et de VhystérO'épilepsie {Wien.
med:Woch.,n'i\,\dS\).
£. MoRLOT. — Sur une forme grave de Vépilepsie (Thèse in. de Paris, 1881). £. CouLBÂULT. — Des lésions de la corne dWmmon dans Vépilepsie (Thèse in. de
Paris, 1881).
J Pasternatzky. — Sur le siège de Vépilepsie corticale et des hallucinations
{Arad. dessciences, 1881).
Définition. — L'épilepsie est une affection chronique dont les accès inlermittents sont essentiellement caractérisés par une perte complète de connaissance et le plus souvent par des mouvements convulsifs.
Synonymie. — Le terme d'épilepsiSy dont en retrouve le sens étymologique dansle nom vulgaire de haut'mal{tm ^dessus ; XapiCcodac, être saisi), neservailprimilivementqu'àexprimer la soudaineté des attaques, sans dési;çner une maladie particulière. Morbus sacer, caducus^ herctdeiis, dinnmy comitialiSy major^ sonticuSy sceleslus^ demoniacus^ deificus, astralis, lunaticus; mal de Saint-Jean, mal de Saint-Gilles, mal de Saini-YalentiHy mal de terre, mal caduc, telles sont les principales dénominations imposées successivement à Tépilepsie (1 ) ; elles rappellent les unes quelques symptômes de cette maladie, d'autres sa gravité, d'autres encore les idées superstisieuses auxquelles ont donné lieu de loul lemps sa singulière violence, l'obscurité de ses causes et les difficullés de son traitement.
Divisions. — On a proposé un grand nombre de divisions de l'épilepsie.
Suivant que la cause des convulsions a son siège réclou supposé dans e cerveau, la moelle ou les nerfs périphériques; suivant la nature de «s causes; quelquefois en se fondant sur la prédominance de tel phéloniène particulier, les auteurs ont établi autant de genres et d'espèces Tépilepsie. (Kxemple : épilepsie cérébrale, spinale, par affection des lerfs; épilepsie atonique, traumatique, rhumatismale, métastatique, le cause morale ; épilepsie apoplectique, cursive, giratoire.) Ces disinctions, admises par les uns, rejetées par les autres, trop souvent déceanlespour le thérapeutiste, présentent encore un médiocre intérêt au oint de vue de la pathologie.
Les espèces, épilepsie symptomatique, idiopathique et sympathique, 3nlàpeu près les seules dont nous ayons à tenir compte. Nous nous ornons pour le moment à les indiquer, sauf à en discuter la valeur uand nous traiterons des causes de Tépilepsie et de sa physiologie athologique.
(2) Voyez un travail de Josat : Recherches historiques sur Vépilepsie. Paris, 1856.
77i NÉVKOSES COMPLEXES.
Symptômes. — L'épilepsie est composée d*atlaqiies et d'inlerval^s libres.
I. Les attaques épileptiqiies sont loin de se ressembler chci tous tes malades, el chez le même sujet elles diilerent é^lemenl les unes de^ autres. D'où la nécessité, pour en faire une description méthodique, d'adopter une sorte de type artificiel qui retrace les phénomènes deTaicè? le plus violent, el de noter comme autant de variétés les accès où IVa constate, soit l'absence de quelques caractères importants, soit la préseijce de troubles insolites.
A. Prodromes. — L'invasion de l'attaque est précédée, chez certains sujets, de désordres particuliers, tantôt durant quelques secondes ou quelques minutes {prodromes prochains), tantôt pendant plusieurs heures et même plusieurs jours (prodromes éloignés). Les auteurs varient beaucoup relativement à la fréquence de ces phénomènes prérur- <eurs : on les rencontrerait, d'après Georget, cinq fois seulement sur cent malades; dans la moitié des cas, selon Beau et Billod; dans presque tous les cas, au dire de Piorry.
Quoi qu'il en soit, lorsque l'accès est annoncé par des prodrome^, répileptique éprouve dans diverses parties du corps des sensations iocommodes ou douloureuses : formication, engourdissement, froid, chaleur ; il accuse une lassitude générale, des étouflements, despalpitatioiiN un lesserrement pénible de la gorge et de la poitrine, des douleur> à l'estomac, de l'anorexie, quelquefois un appétit vorace ; il a la tête lourde» il y éprouve des battements, les artères temporales sont soulevées [»3r des pulsations manifestes, la face est congestionnée, il y a desépistaxis; il exi>le des tintements d'oreille, des éblouissements ; on a noté aussi le strabisme, la cécité.
Certains épileptiques ont de véritables hallucinations au moment de leurs attaques : ils perçoivent des saveurs douces, des odeurs fortins, des images fantastiques parfois très compliquées : chez un malade ractv débutait par la vue d'une roue dentée au centre de laquelle était uo^ tète hideuse; — un jeune épileptique voyait venir au galop un carros?*dans lequel se trouvait un petit homme en bonnet rouge (1); craigoau d'être écrasé, le malade tombait roide et sans connaissance; — lO autre voyait venir à lui une femme noire couverte d'un cuir, et il tom-
|fl) D'apri>s Iiu;;hlings Jackson (Bristish med. Journ., février 1876), il y aurait àrtf-' chromatique» ou hyperexUiésies chromatiques dans lesqueUes la vision de la couleur t •' est la première perçue, de même que dans Vachromatoptie ou anetthéne chromait^ cécité des couleurs commence parle rou^^c pour s'étendre progressivement jusqu'à U i violette du spectre. Cette ass«;rtioa mérite confirmation, d*autant plus qae te miiti'' • peut, le plus souvent, rendre compte de ces prodromes qui devancent les accès ai i**' de se confondre avec eux, d'autant plus encore qu*tl existe de nombreuses ob»ervjtii .> des épileptiques ont vu les objets en bleu, en veK, etc. Cependant Hamroond a fait i Jackson, la remarque que dans la plupart de ses observations, le rouge était la «euiC leur dont les malades eussent conscience (Hammond, loe. eil, p. 777).]
bail quand elle l'approchait. Ces perceptions morbides se rattachent i la modification profonde que les fonctions encéphaliques subissent à ce moment; en effet, l'invasion du mal est fréquemment aussi signalée à lavance par Tinsomnie ou un sommeil plus profond que d'ordinaire, par la perte de la mémoire, par la morosité, le pressentiment de Tat* taque (les enfants, à l'approche de l'accès, se jettent dans les bras de leurs mères), une humeur irascible, des idées de suicide, quelquefois, au contraire, une grande sérénité d'esprit.
A ces changements survenus dans les facultés intellectuelles et morales, à ces désordres de la sensibilité générale et des sens spéciaux, s'ajoutent quelques légères altérations de la motilité : tremblement, convulsions partielles. Les fonctions de la vie végétative elles-mêmes sont diversement troublées, ainsi que l'atteste chez certains malades l'excrétion d'urines copieuses, pâles, parfois sanglantes, de fèces extrêmement fétides. Il en est quelques-uns dont les crises sont annoncées par des phénomènes d'excitation génitale, telles que pollutions nocturnes et érections diurnes (Voisin).
Parmi les prodromes prochains, il en est un, signalé par Galien sous le nom d'aura^ et qui a été l'objet de longues controverses. La sensation proprement dite d'un air froid {aura quœdam frigida) , se dirigeant des extrémités vers la tête, est assez rarement accusée par les malades dans la proportion de 1 pour 100, d'après Herpin. Des observateurs bien placés pour voir un grand nombre d'épileptiques disent n'avoir jamais rien noté de semblable. En outre, cette sensation vague qualiiiée d'a{/ra,au lieu de prendre naissance dans les doigts, les orteils, les hypochondres, les lombes, pour monter peu à peu vers l'encéphale, affecte assez rarement une marche inverse, descendante. Exceptionnellement elle est à la fois ascendante et descendante, comme Th. Bonet en a cité un exemple remarquable;raura débutait par une sensation de chatouillement, dégonflement à l'aine, qui descendait assez lentement dans la cuisse ou le pied et de là remontait rapidement vers la tète; dès que le malade se sentait pris, il avait soin de lier fortement la cuisse et arrêtait ainsi la crise imminente.
[Le plus souvent tout se borne à un frémissement plus ou moins pénible des muscles ou à une crampe douloureuse, à des troubles de la sensibilité générale ou spéciale, à des sensations diverses de fourmillenient, d'engourdissement, de froid ou de chaleur dans les membres, à un sentiment de douleur dans les différentes parties du corps, dans un pied, dans une main, dans une des dents molaires (Herpin) ; c'est-à-dire que l'aura est un mélange de sensation et de mouvement, et comme le prélude des contractions plus étendues et plus fortes qui vont se manifester pendant l'attaque. Ce qui le prouve, c'est que le trajet suivi
776 NEVROSES COMPLEXES.
par Taura est parcouru souvent par des frémissements, des secousse? musculaires, que le malade peut ressenlir, mais dont il peut n'avoir aussi aucune conscience. Un jeune homme observé par Trousseau éprouvai! immédiatement avant l'attaque une vive douleur dans le pieJ ; on le découvrait aussitôt et Ton voyait le pied, puis la jambe agitas dt; secousses convulsives bientôt suivies de perte de connaissance el de convulsions.
On appelle auramotricCy l'impulsion aveug^le au mouvement que présentent quelques épileptiques au moment où leur accès est sur le poinî de débuter : on les voit s'élancer en avant, ou reculer, ou tourner en rond, avant de tomber convulsés.
Les troubles hallucinatoires dont nous avons parlé tout i Fheure ^e^vent aussi de transition avec les désordres psychiques qui peuvem se produire : les malades ont des conceptions délirantes, ils commellenl subitement des actes insensés, inexplicables, dont ils perdent lesouvenii. l'un, jouant aux cartes, se lève brusquement de table, renverse toutes qui s'y trouve el tombe ; l'autre prend un verre et le jette au loin; d'autres prononcent des mots sans suite ou sont pris d'un a^cès de colère subite ; quelques-uns se mettent à courir précipitamment, renversant tout sur leur passage, ou descendent rapidement les escaliers et toruL'rnî ensuite (Voisin).
Ainsi donc, en résumé, l'aura est presque toujours ascendante, trt ravemeni descendante ; suivant la nature des phénomènes qui la cviuposent, elle peut être motrice, sensitive on psychique ; suivant ra>po t qu'ellelprésente parfois, elle est appelée gyratoire^ cursative, etc. ; sui\.inl son point de départ etson siège également variables, elle peut être /ht/'/'/kriqtie ou viscérale. Exemples de celte dernière : éructations fréquentes nausées, vomissements, sensation de pression pré-stomacale {aura gn<' trique) ; de spasme pharyngé au point d'empêcher la déglutition de la salive (aura pharyngée) ; constriclion du ventre avec ténesme vésical c: rectal (aura abdominale); spasme du larynx, accès de dyspnée (auv thoraciqne) ; sensation de reptation qui peut remonter du creux é|»ig.i5- Irique au cou et simuler le phénomène de la boule hystérique; \ii>lentes el folles palpitations (aaracarrftaf/ite); etc., etc.
L'aura viscérale, lorsqu'elle constitue pendant un temps plus on moins long, la seule manifestation de l'épilepsie, peut être confondu avec un grand nombre d'états morbides. Il suffit à ce sujet de citer N fait de cet enfant regardé et traité comme dyspeptique, qui était prisubitement, quatreà cinq fois par jour, de pression pré-stomacale, av: vomissements suivis d'un violent étourdissement et d*une pâleur cadavéreuse de la face ; ces accidents durant chaque fois une minute, ftiren* remplacés au bout d'une année par de grandes attaques d'épilep?;' '^rousseau).]
6. Symptômes proprement dits de V attaque épileptique. — L'abolition soudaine et complète de rintelligence et de la sensibilité, ou, pour ooQs servir du langage des anciens, Toblitération des sens eiternes et iflteroes, tel est le caractère constant de Tépilepsie. Sans doute il existe quelques faits rares ou la connaissance est en partie conservée, mais ce M)nt là des exceptions comme la clinique en présente et Ton peut à bon droit en faire abstraction. Or, suivant que la perte de connaissance txisle seule ou qu'elle s'accompagne de mouvements convulsifs, on distingue les attaques en petites et en grandes.
a. La grande attaque^ ou attaque complète (grand mal épilepsia ma^ y <), se produit de la manière suivante :
Après avoir ou non éprouvé les prodromes indiqués plus haut, le sujet pâlit subitement, pousse un cri et tombe comme foudroyé; à partir de ce moment les excitations les plus violentes, piqûres, incisions, brûlures profondes; la lumière la plus vive, le bruit le plus intense, les plus pénétrantes odeurs, rien ne provoquera de sa part le moindre signe de perception, de présence.
[La pâleur de la face arrive si subitement, elle est souvent de si courte durée, qu'elle peut être méconnue ; elle est même remplacée si rapidefnent par la rougeur, que certains auteurs ont pu à tort regarder cette lernière coloration comme celle du début de la crise. On est bien plus ians la vérité en disant, avec Trousseau etRadcliiTe, que la pâleur de la 3(6 est un phénomène presque constant, et qu'il est le premier dans ordre d'apparition des symptômes de l'attaque à son début. Cette pâleur ^l souvent horrible i voir, livide, cadavéreuse; le malade pousse un cri lotôt aigu, tantôt grave, souvent guttural, et il tombe aussitôt avec ^rce, le plus souvent en avant, plus rarement en arrière ou sur le côté, lus avoir pu, à cause de la perte de connaissance qui est simultanée, bisir un endroit propice pour la chute, ce qui peut occasionner des aumatismes ou des accidents très graves : contusions, fractures verses, luxations, brûlures, submersion, etc. Ainsi donc, les symptô- <'S du début de l'attaque, presque simultanéSy — dont Tun d'eux peut anquer, comme le cri par exemple — sont constitués par quatre iénomènes : pâleur de laface^ cri^ perte de connaissance y chute.] Bans rinstant même qui suit la chute, des conti*actions se mani* ^tent sur quelques points et se propagent rapidement à tout le corps : sont des contractions toniques^ qui immobilisent les parties et leur nnent une situation fixe : le malade est étendu sur le dos, la tète renrsée en arrière ou Oéchie ou inclinée sur Tun des côtés, la langue ndante, la bouche s'emplissant de salive. A mesure que cet état tétalue se prolonge, et sa durée n'excède pas quelques secondes, la face, pâle devient graduellement pourpre, livide.
Alors, à celte roîdeur générale du tronc et des membres, on voit >nr. céder d'abord des secousses brèves, violentes « semblables à aoust •!' commotions électriques, puis des convulsions cloniques de plus en piss étendues, presque toujours plus marquées dans une moitié da rorpî la tète est étendue, fléchie, tournée, inclinée en divers sens ou reoim entre les épaules, c comme chez ceux que Ton traîne par les chevem \ (Arétée). Les yeux roulant dans les orbites, par moment fixes et ioad^. ne laissent le plus souvent apercevoir que la sclérotique ; les popil.-. quand on peut les examiner, apparaissent inégalement ressemV^ « dilatées, et complètement immobiles ; les paupières i demi rerin*^*^ « c parfois agitées par un clignement incessant. Le plissement du front, i^ mouvements des lèvres qui sont allongées en bec ou retirées v^r^ '* oreilles, la distorsion de tous les traits, joints à la turgescence vein^^ de la face et du col, rendent la physionomie hideuse et y imprimer masque de la colère, de l'épouvante ou de la douleur. [La face^ Ai i^-* qu'elle était tout à fait au début de l'attaque, est devenue tnr;-: pourpre, violacée, quelquefois elle est d'un jaune pile i la fin il* ^ période tonique, la peau rougit par places, et même dans deux ns r'.par A. Voisin, elle a pu se colorer d'un véritable rash sur toute la * • face du corps.] Les mâchoires s'écartent ou se rapprochent atec wy^ les dents grincent, se brisent quelquefois, et si la langue se trouv** a:* sie entre les arcades dentaires, elle est mordue plus ou moins prof- cÀment ou même séparée en deux. Du sang se mêle alors à la sali^t" ?(> meu e, et infecte chez quelques-uns, qui est rendue par jets sao-a>-' des mucosités sortent en même temps des narines. Le tronc jetr* o i côté à l'autre, les membres agités de secousses continuelles et {*!•' alternativement dans la pronalion, la supination, la flexion. Testées i peuvent àgrand'peine être maintenus par les assistants; les doipt^ s>^ contractés, les pouces fléchis dans la paume des mains, les pied> U' * € trépignent violemment comme chez les taureaux qu*on égorge ».ur * se contournent au point d'amener parfois le gros orteil an roou • • talon. Tout à l'heure, pendant les contractions tétaniques, k poiîr r était immobile, et la sufibcation paraissait imminente; mainieniL respiration se rétablit, mais elle est convulsive, inégale, rAlaote, c>^ de sanglots, de cris, de mugissements. Le cœur bat avec force, 1^ p est désordonné.
Sous l'influence de la gène qu'éprouve la circulation, le saair t^-* s'échapper par le nez, les yeux, les oreilles, les bronchesd)^ d n-' ■ s'épancher dans la trame des organes; parfois une apoplexie céni^ a lieu.
(1) D*atttrei hémorrhagiet m produiteDi cbei les 4pU«ptiq«e* ptr m différent (voyes le mémoire déjà cité de Parrot sur la Suewtéë sMf fl Im vropëthiqueê, dans la G», hebdom. , IS50),
Chez certains épileptiques, Turine sort en jet, des flatuosités parcoarent bruyamment l'abdomen, ii ya du hoquet, des vomissements, une excrétion involontaire des matières alvines; chez d'autres, le pénis s'érige, les testicules se rétractent vers les anneaux et il se produit des pollutions.
Enfin, après une ou deux minutes au plus, cet orage s'apaise : les convulsions deviennent plus rares, moins fortes, et le pouls plus régulier; la respiration, profonde et large comme pour suppléer à l'arrêt qu'elle vient d'éprouver, s'accompagne d'un ronflement sonore qui rappelle la stertor des apoplectiques ; une sueur abondante, et parfois fétide, apparaît principalement à la tête, au cou et à la poitrine; la face se décolore, se décompose, devient cadavéreuse ; le malade tombe dans un profond assoupissement.
Au sortir de ce sommeil, qui se prolonge pendant trois à huit minutes, quelquefois pendant des heures entières, nul souvenir de ce qui vient de se passer : Tépileptique ne se rappelle ni le cri qu'il a poussé, ni la chute qu'il a faite. Quelques-uns se disent soulagés, manifestent un sentiment de bien-être et une humeur enjouée ; mais ce cas est des plus rares: presque tousse sentent brisés de fatigue, surtout quand il y a eu émission de sperme; ils accusent de la céphalalgie, des étourdissenients; sont honteux, slupides, sombres, irritables. Puis bientôt ils se rétablissent, et l'on est frappé de les voir, à la suite d'une si grande perturbation, revenir promplement à leur état de santé habituelle et reprendre leurs occupations de tous les jours. D'autres, à leur réveil, sont pris de symptômes nerveux particuliers, d'hydrophobie par exemple; d'autres de mélancolie avec penchant au suicide, ou d'un délire furieux. Ils conservent souvent pendant plusieurs heures et même un ou deux jours, de l'aphonie, de l'aphasie.
[Cette aphasie postépilepiique Si été notée par différents auteurs , Forbes et Winslow, Moreau (de Tours). Elle est ordinairement transitoire, mais elle peut devenir permanente, ou du moins durer plus ou moins longtemps, revêtir des caractères particuliers comme chez le malade de Moreau (de Tours) qui pouvait prononcer tous les mots spontanément et qui cessait de pouvoir les articuler volontairement dès qu'on lui en faisait la demande. On a observé même parfois ce symptôme avant l'attaque (aphasie pré-épileptique) ; mais il faut bien se garder de con- Tondre l'aphasie véritable avec ces pseudo-aphasies lesquelles résultent uniquement des troubles intellectuels profonds qui précèdent ou suivent une attaque. Dans tous les cas on ne saurait nier l'existence d'une aphasie d'origine épileptique, puisqu'on l'a observée à l'état isolé (1), dans
11) fa\rei{Areh. de méd. 1864; —Forbes et Winslow, Obteure diseMêê ofthehrain^i^eO; - Moreau (de Tours), Gm. dèi hâp,, 1864).
rintervalle de la crise comiliaie, et qu'on l'a même vue alterner avec dp^ attaques convulsives. Ainsi, M. Delasiauve a raconté l'histoire d'unt* femme épileptique qui était aphasique dans l'intervalle des accès et qui recouvrait le pouvoir de la parole dés que survenait une attaque convulsive. Dans un fait cité parŒdmansson (1), l'aphasie précédai! i suivait pendant un temps plus ou moins long les crises d'épilepsie.
D'autres épileptiques ont des troubles transitoires et même permanents de la sensibilité et de la motilité ; c'est ainsi qu'ils conservent i l'anesthésie limitée à un membre, qu'ils sont frappés de parésieje paralysie du mouvement pouvant avoir une durée de quelques heure» à quelques jours; et, chose remarquable, ces troubles de la sensibilil-: et de la motilité n'existent pas toujours du côté où les convulsions ont été le plus accentuées; quelquefois, c'est une véritable hémipléjo' bornée exactement aux membres d'un même côté ; plus rarement, ^ contractures s'observent à la suite d'une attaque convulsive.
Tous ces troubles de l'intelligence, et surtout de la sensibilité et i la motilité, sont dus à des lésions qui se produisent dans les cenlrei nerveux sous l'influence de la stase sanguine, et qui sont constiiuéej, comme Trousseau l'avait imaginé et comme les recherches dt MM. Luys et Voisin l'ont démontré, par des dilatations vasculairef. par des congestions, des ecchymoses, de petits foyers hémorrhagiqutj dans la pulpe cérébrale. Ces diverses lésions doivent être rapproché'^> des éruptions particulières qui naissent, pendant l'attaque convul<i\''. dans les régions de la face, des tempes, du cou et des épaules, et q i: sont également dues à la stase sanguine existant pendant la péri-»'!asphyxique. Les éruptions consistent, les unes en taches érylh»*Muâteuses qui ont l'apparence de piqûres de puces, d'autres en lacli'i d'apparence franchement hémorrhagique et qui consliluem un piqueté extrêmement lin. On peut même, par la présence de iv? diverses éruptions et de ces taches sanguines, reconnaître qini!. malade a eu pendant la nuit un accès d'épilepsie, comme il t*<* également possible de le voir par les morsures de la langue et ra>p*Nî mâchonné qu'elle peut présenter, ou encore par les Iraumalisiiir*^ plus ou moins violents qui ont pu se produire au moment d»^ t chute et de la convulsion. On a observé des cas où la langue éîi' presque complètement divisée, ainsi qu'Arélée et Turner en ont r.' des exemples (2). Le plus souvent, lorsque les accès ont étésouv îî répétés, l'organe est déformé, irrégulier, gonOé et très douloureux, ipoint d'apporter de la gêne dans la mastication des aliments.
(1) Cité par Bateman. De V aphasie dans les maladies cérétfraU* (traduit par Villari Ga*. hebd. de Paris, 1869).
(2) Tissot, Œuvres complètes p. 5, édit. Halle, 1813.
Certains auteurs, parmi lesquelsS.Rabow,Seyfert,Huppert, deWitt(l), prétendent que Turine des épileptiques devient toujours albumineuse aprèschaque crise ; il est plus exact de dire avec MM. C. Bazin, Otto, Sturge, Karrer, eic.y que cette albuminurie transitoire^ très peu abondante, peut suivre dans certains cas seulement les violentes attaques d*épilepsie, surtout lorsqu'elles se succèdent par séries. Elle ne présente généralement que très peu d'importance au poiut de vue clinique, comme le prouvent les dernières recherches d'un médecin allemand, le D' Kleugden. Cet auteur, analysant les urines par un nouveau procédé qui permet d'y déceler les plus faibles quantités d'albumine, a trouvé celle-ci en très petite quantité dans les urines d'épileptiques, non seulement à la suite, mais dans l'intervalle des attaques convulsives ; bien plus encore, il en aurait trouvé chez divers aliénés, et même de temps en temps chez des individus absolument bien portants qui n'étaient ni aliénés ni épileptiques. Pour lui, des traces d'albumine peuvent appai'altre dans les urines à l'état de santé, chaque fois que le poids spécifique de celles-ci s'élève.
Il en est de même de la glycosurie temporaire qui a été signalée par Revnoso et Heller.
L'excrétion de l'acide urique, de l'urée et surtout des phosphates subit diverses modifications. On sait que certaines maladies du système nerveux activent l'élimination des phosphates par les urines, et que le travail intellectuel, suivant les recherches de Byasson, augmentent Félimination de l'acide phosphorique. Or, d'après Zapolsky (2) et Kiihn, les phosphates diminueraient dans l'urine après les attaques épileptiques, tandis que pour MM. Lépine et Jacquin, pour Lecorché et Talamon, on observerait au contraire une augmentation d'acide phosphorique et d'urée avec diminution de l'acide urique.
Le poulsy la température des épileptiques, offrent au moment de leurs accès des modifications importantes à connaître. Depuis longtemps Jéjà, on avait remarqué — et Tissot avait particulièrement observé — jue le pouls est fréquent, petit au début d'un accès et qu'il acquiert de la orce à mesure que celui-ci avance. M. Aug. Voisin a démontré scienti-
(1} Seyfert. Dvhlin quarterly Journal ofmed., lK5i.— Huppert(i4rcA.t;oii Virchow, vol. 09, I. 367. — Kleugden, de Bunziau {Arch. f. Psychiatrie XI, lA. 2, p 478-506, 1880-1881). Sazf'n. De Valbuminerie dans l'épHepaie. Thèse de Paris, 1868. — De Wilt (Amer,, ourn. 1875). — Karrcr. Zur albuminurie bei Epilepêie {lier lin. KL VVocA., 1875). — OUo. 'ur albuminurie aU iymptom des epileptischen anfals {Berl. Klin. VV'ocA., 1870). — S. Kabow. eUrag iur Ketmtniss der Bescltaffenheit des Harns bei Geisteskranken. {Arch. f, Psijch. u. trvenk). — Sturge, cité par Mlle E. Bawell dans sa thèse in. de Paris sur les accidents de épilepsie, 1877. — Mabille (Ann mèd.-psijch,. iH juin 1880 et nov. 1880). — Christian. J' 't-il de ralbutnine dans les urines des épileptiques? {Ann, méd.'psych., mars 1881).
fi) Zapolsky [Jahresbericht, p. 198, 1870). — Kuhn {Deutsche Arch. f. Klin med., t. XXII,
:fil, 1879). — Lépine et }aLCqmn.Surl'e.ccrêtion de V acide phosphorique par Vurine{Uevue ensueile de snéd, et decMr., p. 718, 728, 1879).^ Lecorché et Talamon. Études médicales,
7g2 NÉVROSES COMPLEXES.
fiquement quels sont les changements que le pouls peut subir : deui à trois secondes avant Tattaque il devient plus rapide, plus serré, et le tracé sphygmographique donne des courbes moins hautes, plus arrondies, plus rapprochées. L'attaque survenue, on voit une série it cinq à six petites ondulations disposées suivant une ligne asceodaote, puis une suite de courbes peu élevées; ensuite ces courbes s'accealuent davantap^e, la ligne d'ascension s'élève, quelques minutes après Faitaque elle finit par former avec la ligne de descente un angle plus ou moins aigu ayant tous les caractères du dicrotisme. Cette forme «k pouls peut durer d'une demi-heure à une heure, mais elle ne s'observe pas seulement dans la grande attaque, elle se voit presque à qd aussi liaut degré dans le petit mal que nous étudierons plus loin.
La température subit également quelques modifications : sous Tia* fluence d'un accès épileptique de moyenne intensité, elle s'élève à:t8 ou âS^'yS pendant et après l'accès ; si celui-ci est intense et se termine par la mort, le chiffre thermique peut monter jusqu'à 40^ et mémeao delà, surtout dans le cas d'état de mal épileptique, comme les recbercties intéressantes de M. Bourneville l'ont démontré (1). D'après \V. ie\n Lewis, l'accès convulsif serait même précédé pendant un temps asseï long par une élévation graduelle et constante de la température, laquelle traduirait déjà l'exaltation de l'activité nutritive des cellub motrices (^2). — Dans les accès incomplets, dans les vertiges et b absences, l'état de la température ne change pas.
Vexamen ophthalmoscopique pendeLUi etsurtoutaprèsTaccèsadonot lieu à des résultats très différents. Pour Brown-Séquard, Kusmaul -i Tenner, les artères de la rétine sont amincies et contractées, pendaa: l'aura, au même titre que le sont celles de l'encéphale, et H. Jacboc avait voulu même faire de l'anémie rétinienne la cause de certaines auras visuelles et le point de départ de véritables épilepsies rétiniennes Kôsll et Niemetschck (3) ont également noté une anémie avec pâleir de la rétine et pouls veineux du fond de l'œil. Tebaldi, sur 20 épil-'itiques, ayant reconnu un étal de pâleur delà papille avec développemer: variqueux des veines, pensait que l'accès épileptique résultait d*u^ anémie artérielle du cerveau et d'une hyperhémie veineuse. — Maisdntrès auteurs ont vu un étal tout opposé de la circulation rétlniot:'^
(1) Bourneville. Études cliniques et thermomélriques sur les maladies du sffftème w "- Paris, 187â, p. i46. — Camploii avait déjà observé dès 1806 chei un épileptique, aa w de Ta^^onie, une température de i0%6 (Température in acule Diseases). — Gibteo /■"•cases lUustrative of Ihe value of the tfiermometer as a means of diagnasis iti DiseaM» nervuus tystem.inJourn. of. ment. sc.ty'ol,\ïï[),eiCiou9ion{0bservaliaHSimtkeiempr*.»' o[ the Dody in tfie insane, même recueil, vol. XIV) avaient déjà, d'après M. Bours^'«> signalé quelques cns d'rlévalion thermique après les accès d'épilepsie.
(^2) W Ui'van Lewis {Med, Times and Ga*ette, 18 mars 1876;.
(3) Prag. Vjechr., 1870.
pendant OU après Taccës d'épilepsie. Ainsi^CAlbult, aprèsavoir trouvé de raflémie papillaire dans Irois examens faits pendantou avant l'accès, a constaté au contraire chez trois autres malades, une hyperhémie rétinienne avec gonflement grisâtre de la papille. Galezowski (1) a noté un état congestif avec stases veineuses parfois plus marquées d*un côté que de l'autre ; Magnan (2), dans ses expériences sur Tépilepsie absinthique, a toujours remarqué que le premier stade de Taccès, correspondant à la raideur tétanique des muscles et à la perte de connaissance, s'accompagne instantanément de congestion de Tencéphale et d'un état de turgescence variqueuse des veines du fond de l'œil, avec injection des gros vaisseaux du centre et des petits vaisseaux de la périphérie de la papille. Mais, fait d'une grande importance, on ne constate pas dans répilepsie vraie de lésions permanentes du fond de l'œil, telles que la névrite optique ou l'atrophie papillaire, pas plus que de lésions choroldiennes. La présence de ces altérations permettrait même d'éliminer l'épilepsie essentielle et de faire le diagnostic d'épilepsie symptomalique d'une tumeur, de la syphilis, d'un traumatisme, etc.]
Durée de Vattaque complète. — A l'exemple de Beau, nous admettrons dans une attaque complète quatre phases bien distinctes :
Premier stade : état tétanique; il dure de cinq à trente secondes.
Deuxième : convulsions cloniques; elles se prolongent pendant une ou deux minutes ;
Troisième : stade de ronflement ^ de trois à huit minutes;
Quatrième : r^^oiirdela sensibilité et de l'intelligence. Il n'est complet qu'au bout d'un temps variant de dix à trente minutes.
Ce qui porte pour une attaque complète le maximum de la durée ha- )ituelie à plus d'une demi-heure, et à dix minutes environ la durée des symptômes convulsifs de l'attaque (tétaniques et cloniques) réunis au orna qui leur succède.
b. Attaquas composées. — Loin de parcourir toutes lesphases de cette volution régulière, l'attaque peut être à peine terminée, le coma avoir peine succédé à l'agitation du système musculaire, que déjà un nouel accès se produit, puis un autre, et ainsi de suite. C'est l'attaque omposée ou paroxysme^ ou encore, comme on dit dans les hospices epileptiques, Yétat de mal.
[Cet état de mal épileptiqae a droit à une mention spéciale. Il est uactérisé par une série d'attaques qui se succèdent sans interruption iltaques imbriquées), ou qui s'enchevêtrent les unes dans les autres
(\) Cité dan» la thèM de BoweU, p. 55, 187).
(i) Arch. de physioL, p. 115, 1873. Voyez aussi A. Robin. Des troubles oculaires dans les
tladieê de VencéfihaU (Thèse d*agrég. Paris, 1880).
(attaques subinlrantes). Celles-ci peuvent être en nombre plus oumoioN considérable qui varie de 15 à 20 en 24 heures (Beau); qui peulraèm» s'élever au chiffre de 120 (Leuret); ou même de 150 et 200 (Bourneville). 11 est à ce sujet important de faire remarquer, avec M. Delasiauve. que c'est moins Tintensité des accès que leur succession rapide el leur excessif rapprochement qui crée le danger, en continuant et en prolongeant la congestion des centres nerveux.
Cet étal de mal dont nous empruntons la description à MM. Delasiauve et Bourneville, est caractérisé par les symptômes suivants :
1"" <L La répétition en quelque sorte incessante des accès qui souvent deviennent subinlrants ;
2° Par un coWapsits, variable en degré, pouvant arriver jusqu'au coiiii le plus absolu, sans retour de la lucidité;
S"" Par une hémiplégie plus ou moins complète et passagère ;
4" Par h fréquence du pouls et de la respiration ;
b" Et surtout par une élévation œnsidérable de la température^ ë^vation qui persiste dans les intervalles des accès et s'accroît même alor? qu'ils ont cessé. »
Les symptômes de l'état de mal se succèdent suivant deux périodi^- \2i période convulsive et \r période méningitique. La première est moquée par la répétition rapide et fréquente d'attaques imbriquées « subintrantes ; dès le début, la température s'élève au chiffre de W.il et elle peut même atteindre 42*; le pouls est petit, serré, précipité;!' respirations sont fréquentes et pénibles, les pupilles restent dilatée^ .': insensibles à la lumière; les lèvres, les joues se cyanosent, les narin^^ deviennent sèches et pulvérulentes, etc. Lorsque les accès se sont m cédé en grand nombre, on peut observer une hémiplégie de l'un ou • l'autre côté, une hémiplégie faciale du côté paralysé, une parésie r flaccidité de tous les membres, el môme la rotation de la face el la ■ viation conjuguée des yeux vers le côté sain. La sensibilité et TiDlt! gence sont abolies, quelquefois il y a des contractures des muscles i mAchoires et du dos. Entîn, la température s'élève progressive», jusqu'à la mort, qui peut arriver avant le stade méningitique, ou tombe si la guérison doit survenir.
Lorsque la période méningitique succède à la période convulsi\f. accès deviennent plus rares, ou cessent; mais alors les malades .^ plongés dans une profonde hébétude, dans un véritable état coma: auquel peuvent faire place des accidents de manie on d'excitati'C. rébrale accompagnée d'hallucinations, et caractérisée par une d' j sion des forces qui contraste singulièrement avec la dépense de ' musculaire nécessitée par les accès maniaques. Cette dépressi»».. forces se traduit souvent par des lésions de décubitus, qui peu^»" montrer i des degrés divers, depuis la simple tache énlliémalrn- ,
EPII^PSIE. 785
qu'à uDe eschare plus ou moins profonde, et qui dans tous les cas n'ont pas la fixité de celles que l'on observe après le ramollissement et Thé* morrhagie do cerveau (Boumevilie), car elles peuvent se rencontrer aux régions sacrée, fessière, trochantérienne, etc. — La température ceDlraie, qui avait momentanément diminué après les accès convulsifs, monte de nouveau. Si la guérison survient, le coUapsus et les phénomènes de dépression diminuent, le chiffre thermique s'abaisse et revient progressivement à l'état normal. Mais aussi les symptômes de stupeur et de coma peuvent augmenter, et le malade succombe souvent sans avoir repris connaissance.
La durée de Tétat de mal épileptique peut être de trois ou neuf jours, la période convulsive pouvant se prolonger pendant deux à trois jours (1).]
c. Attaques convulsives incomplètes. — Nous avons décrit l'acrès convulsifde l'épilepsie dans toute sa violence; mais ce type ne se retrouve pas toujours en clinique, composé qu'il est de tous les phénomènes possibles de l'attaque. Souvent l'un ou l'autre de ces phénomènes est absent, ou présente des modifications.
Ainsi le cri peut manquer totalement ou être remplacé par une exclamation : une malade de J. Frank s'écriait c Jésus ! » au commencement de chaque accès, elle ne gardait aucun souvenir de ce cri en quelque sorte machinal ; une épileptique observée par M. Foville, avant de tomber, faisait plusieurs signes de croix en s'affaissant sur elle-même, et ne se rappelait plus ces gestes automatiques quand elle revenait à elle, etc.
Beaucoup de malades ne tombent pas; ils restent debout pendant toute la durée des convulsions, et généralement celles-ci ont alors une TaiLle étendue. Chez d'autres, on voit les convulsions débuter par l'esomac, parla vessie : une épileptique citée par Tissot, se trouvait tout icoup obligée de rendre son urine, et perdait tout de suite connaissance. D'autres faits nous montrent une sorte d'alternance entre la conulsion des parties extérieures et celle des or^Mues internes : ainsi chez in homme, dont parle Maisonneuve, les membres étaient dans le relâhemeni quand la suffocation et les efforts de vomissement avaient lieu.
(i) Voyez sur C6 sujet les auteurs suivants : Dolasiauvc. Traité de Vépilepsie. — Bourneilie. Revue photographique des hôpitaux de Paris, et Bull, de la Soc. anat., 18GJ. De la ^rmométrie dans les affections cérébrales. Thèse, Paris. 1870. Éludes clin, et therm. sur 'S mal. du système nerveux. Recherches cliniques et thérapeutiques sur Vépilepiie et hystérie, 1876. — J. Chrichloii Browii. Death in ihe status epilepticus (Joum. of mental Se, \Ti). — Obcrsteiner {Wien medi*. Wochens, 1873). — D. Coggin. Epilepsy ina Child; Death Uaton med,, Joum., 187-i). — B. Levis. On the thermal changes in epilepsy and epileptic. <ilu. (The med. Times and Ga*., 1876.) — A. Leroy. De Vètat de mal épileptique. Thèse de iris, 1880.
AXENFELD. 5')
et cet état cessait quand les convulsions s'emparaient des muscles du tronc et des membres, etc.
Le plus souvent, c'est sur l'intensité et la durée des contraction? spasmodiques que portent les variations de l'accès ; celui-ci peut se réduire aune roideur générale, à un tremblement, à une secousse unique de la tête et des membres, à la projection d'un bras ou d'une jambe, à la clôture des mains, à un serrement des mâchoires, à une grimace, à un clignement ou à quelque autre mouvement de ceux qu'on qualifie de tic. C'est dans ces cas surtout que l'on notcl'absence du cri,delachul<, d'un coma prolongé ; cependant on remarque encore assez souvent un peu d'écume au coin de la bouche chez des malades dont les convulsions sont très partielles et d'une très courte durée. Constamment k caractère épileptique de ces accès incomplets se trahit par la pâleur q'ii couvre subitement la face et par Vabsence de tout souvenir au raomenl où les malades reprennent connaissance.
On conçoit qu'il serait facile d'établir une sorte d'échelle des aa^^ depuis le plus fort jusqu'au plus faible, et d'imposer des appellalioD? particulières à ces différents degrés d'intensité. Les noms d'accès inam. plets, d'accès intermédiaires^ et même, ce qui est un tort, le nom <lt. vertiges, sont employés pour marquer la participation de moins ec moins gi'ande de la motililé à l'attaque épileptique, et l'isoleraenl »!•: plus en plus complet de l'autre élément de cette attaque, savoir la peu de connaissance.
[Ilerpin (de Genève) a étudié sous le nom de préludes des aco/^ incomplets ou avortés qui se manifestent souvent dans l'intervalle tl^> attaques et se confondent avec l'aura dont ils reproduisent les allure?. Une attaque d'épilepsie se composant, d'après lui, de trois ordres d^ phénomènes (convulsion des muscles volontaires, spasmes viscéraux, abolition des sens et de la connaissance), un accès peut débuter par I'ikj quelconque de ces symptômes; il en résulte que ces attaques avorttvpeuvent être constituées par des contractions brusques et partielles d -^ muscles des membres ou de la face, par des crampes, des fréraissem^Di' et des secousses musculaires dont le malade peut avoir conscience.
On peut et on doit certainement adresser à cette description I** reproche d'être trop compréhensive, c'est-à-dire de comprendre des ai dents qui n'appartiennent pas en propre au mal comitial el qui ne peuvf : '. jamais suffire à le caractériser, puisque les accès complets ou incompi' ^• de l'épilepsie sont tous constitués par la perte de connaissance.]
Dans la petite attaque (petit mal, epilepsiamitior on minor^atlcj'^ vertigineuse, vertige épileptique), l'isolement de la perte de conw:^ sance est frappant. C'est aux travaux modernes que l'on doit priûci.' lement la connaissance de cette forme importante de l'épilepsie.
Le type du vertige esl l'état que Calmeil a décrit sous le nom d'absence^ el le nom de vertige épileptique devrait même être exclusivemeot réservé à Vabsence^ dans un langage rigoureux. Nul prodrome : c'est au milieu de la santé la plus parfaite en apparence, au moment où le malade s*y attend le moins, que tout à coup son intelligence, ses sens se trouvent annihilés, et cela quelquefois pendant un instant si court, que, revenu à lui, il n'a pas conscience de cette subite éclipse du moi : si c'est au milieu d'un entretien que l'arrêt a eu lieu, il achève la phrase, le mot interrompu. < Il n'est pas tombé, n'a rien vu, rien entendu, rien senti; lia été isolé du monde extérieur, il a été absent. » (Legrand du Saulle). Un moment sa face a pâli, son regard est devenu fixe, sa physionomie nulle, puis tout est rentré dans Tordre. Et cependant si profonde est dans ces cas la perte de toute conscience, que durant le vertige on a vu des épileptiques être précipités d'un lieu élevé, se faire des brûlures et des blessures mortelles.
En clinique, on comprend habituellement sous le nom de vertiges non seulement les absencesj mais encore les attaques dans lesquelles la perte momentanée des facultés se trouve associée à quelques convulsions très légères ; ici se rapportent quelques-unes des variétés que nous avons indiquées tout à l'heure en parlant des accès incomplets. On doit y ranger également ceux qui, à peine signalés par quelques secousses dans les muscles ou par un peu de trismus, sont néanmoins suivis d'un coma très long (c'est ce que certains auteurs ont appelé ipilepsie apoplectique ou encore apoplexie nerveuse).
[Ainsi donc, le vertige s'accompagne ordinairement de quelques phénomènes convulsifs, de quelques spasmes parfois très limités, ({ui atteignent certains muscles de la face (trémulation convulsive des lèvres, des paupières, mouvements de mâchonnement, de déglutition, etc., convulsion des muscles sterno-masloïdiens, convulsion des muscles du larynx donnant lieu au phénomène du cri (1) au moment même de la perte de connaissance) .
Mais le vertige, outre ces phénomènes moteurs, peut aussi préîenter quelques symptômes d'ordre psychique : l'épileptique perd subitement connaissance, l'œil est fixe et hagard, la face d'une rrande pâleur à laquelle va succéder une rougeur quelquefois intense; nais au milieu de cette éclipse partielle de raison, de volonté et de libre irbitre, il peut continuer par une espèce d'automatisme régulier les mouements qu'il avait commencés ; témoins les cas : de ce diacre qui continuait
(1) D*après Herpin, le cri du vertige est moins fort, moins prolongé, moins déchirant que ans les crises complètes. Les parents 1^ qaaliflent de gémissements plaintifs, de petits cris ^pélés imitant les sanglots, de cris de douleurs ou de frayeur, de cris gutturaux, de cris tuques. Dans quelques cas, le cri initial imite le rire, et Trousseau cite mérne le cas d*UD alade qui était pris de vertiges caractérisés par des éclats de rire saccadés. (Herpin, >c. cit. y p. 147; Trousseau, C/in. méd., A* édit.» t. Il» p. 109.)
à encenser Tévêque officiant lout en tournant la tète d'une façon singulière (Trousseau), sous l'influence probable d*UDe contraction d'un des muscles slerno-mastoïdiens; de ce musicien qui continuait à jouer dn violon avec mesure; d'un architecte qui se mettait brusquement à courir sur les échafaudages en proférant quelques cris; de ce malade qui se promenait dans la chambre de long en large sans suivre une direction déterminée (Hammond). Quelques malades peuvent même répondre incomplètement, mais sans en garder le souvenirj i des paroles qui leur sont adressées; ou au milieu d'une conversation, ils prononcent des mots mal articulés, souvent inintelligibles; au milieu d'une lecture, ils répètent à plusieurs reprises la dernière ligne qu'ils ont lue et se livrent à quelques actes désordonnés. Qui ne connaît l'exemple cité par Trousseau, de ce magistrat qui, un jour en pleine audience, se lève, marmottant entre ses dents des mots incompréhensibles, passe dans h chambre du conseil et revient sans avoir le souvenir de s'être absenté; un autre jour il se lève et urine en pleine chambre du conseil; un autre jour encore, pendant l'audience, il quitte son siège et adresse à l'auditoire un langage incohérent.
Le vertige peut être accompagné ou suivi d'une espèce de dtTif"* très court des actions et des idées : le malade est pris de vertiji', cherche à s'échapper et veut frapper ceux qui veulent le retenir. —In homme jouant aux cartes, les prend et les brouille rapidemenl; d'autres fois sans aucune provocation il se lève, fait des signes d»^ croix et se relève brusquement; en écrivant, il se met à tracer de^ arabesques et des mots sans suite sur le papier; ou encore il se K*\e au milieu d'une conversation et va ofîrir un siège à un assistant iu»a?inaire. — Dans un wagon de première classe, dit Legrand du Saulle d'. huit personnes voyageaient un jour sur la ligne de l'Ouest. Un quart d'heure avant d'arriver à Paris, un homme dequarante ansenvironse ièr-^ tout à coup, vide sa poche, dépose sa montre dans son chapeau, j^^U^ ses lunettes par la portière, urine sur les genoux d'une petite (ill^. puis se rassied sans avoir l'air de comprendre l'indignation, les infnaces, les reproches des voyageurs. A l'arrivée du train, il est airêi' i la gare, conduit au poste, puis dirigé sur le dépôt de la Préferi:r' sous la i)révention d'outrage public à la pudeur. — M. Lasègueaci' des cas absolument semblables dans son étude si intéressante sur 1'^ exhibitionnistes et sur les vols à r étalage (2). Ces actes déliclu»* '. sont toujours les mêmes, se reproduisent inconsciemment avec une «r.*formile constante. Ce sont là de véritables accès d'automatisme cl de somnambulisme (3) qui durent toujours un temps très court H j:
(1) Lc^înind du Saiilh\ Ktude médico-légale sur les épiteptiques. Paris, 1877, p. 17
(2) LaM.«i:m'. Les e.rhibitinnisleft {Unton méiL, 1877). — Le vol aux étalage!' (fVn"» ' 1879, ot Arch. de ruéd., 188U).
(3j V«»y. arliclc Somnamiui.ismf, par Bail ot (:iianibard(f)icr, enctjcl.des fC. mrd . I*""
peuvent, â un moment donné, être remplacés par de véritables accès convulsifs (1). Herpin cite des exemples de malades traversant une rue sans s'en rendre compte, haranguant une Toute, quittant une pièce et rentrant dans une autre sans le savoir, comme plus haut le malade de Trousseau.
Mais un caractère dominant de ces verliges, de ces absences et qui se retrouve dans toutes les maniTestations du mal comitial, c'est la perte de connaissance y c'est le défaut de tout souvenir. Pendant tous ces accès, l'être intelligent, pensant ou sentant fait défaut, l'être physique seul subsiste et il se produit une véritable lacune dans sa vie intellectuelle; comme le dit si bien Herpin, < c'est une interruption de la vie intellectuelle, la vie animale continuant >.
Ces vertiges accompagnés de délire partiel sont eux-mêmes cai-actérisés sous des couleurs diverses par les malades : il s'agit, dit l'un, d'un trouble purement intellectuel, je n'ai ni éblouissements, ni vertiges, je puis lire encore les mots, mais je n'en comprends plus le sens; c'est un état des plus pénibles, et il me semble qu'une partie de mon intelligence assiste à l'égarement de l'autre. C'est à peu près la même idée exprimée par un autre patient : c II y a en moi deux personnes dont l'une jouit de la raison et Taufre déraisonne (^). »
£n résumé donc, ces vertiges sont essentiellement caractérisés par leur instantanéité^ par leur courte durée (quelques secondes à une ou deux minutes au plus), et surtout par le défaut de souvenance ou la perte de connaissance. Ce dernier caractère explique rindi/fêr^nce avec laquelle ils parlent ordinairement de leurs accidents, ne ressemblant nullement en cela aux vertigineux non épileptiques qui eux, assistent enpleine connaissance à leurs vertiges et s'en préoccupent outre mesure; il explique aussi pourquoi le vertige épileptique n'engendre jamais les idées hypochondriaques^ contrairement à ce qui arrive pour lous les autres vertiges. — EnAn, le vertige épileptique se présente sous trois aspects différents suivant les symptômes qui l'accompagnent. i* Vertige simple ou absence, dans lequel on n'observe que la pâleur de la face avec fixité et immobilité du regard, et perte de connaissance;
(1) M. A. Robertson, qui a publié un travail intéressant sur Vautomatisme dei épileptiques \BrUUh med. Jaumaly 'ii avril 1877), a cité un fait où les actes automatiques avaient duré une dcmi-beure. U s'agit d'une femme ([ui se leva brusquement, se dirigea vers un buffet, en retira un paquet de nappes qu'elle étendit sur les tables d'un réfectoire ; elle descendit Qu escalier en articulant des mots incompréhensibles, se rendit à l'office où elle prit des «ailiers qu'eUe plaça ensuite sur les tables. C'est alors qu'interpellée par une personne, «lie jeta sur elle un regard fixe et étrange. On l'assit sur un fauteuil où elle se mit à dé. faire un bas de laine. Revenue à elle au bout d'une demi-heure, elle ne conserva aucun souvenir de ce qui s'était passé. — Robertsoa fait remarquer à ce sujet, avec raison, que les actes inconscients se rapprochent le plus souvent de ceux auxquels se livrent habituellement les malades dans leurs moments de lucidité.
(3) Herpin, toc, cit , p. 111.
2** Vertige avec troubles moteurs y ou convulsions jMrrttelles des muscles (trémulation convuisive des lèvres ou des paupières, mâchonnement, bruit de déglutition, spasme pharyngé ou laryngé, contraclion de quelques muscles du cou, etc.) ;
S'' Vertiges avec troubles psychiques^ donnant lieu à des actes déso^ donnés, automatiques, et pouvant ressembler dans certains casa ceuidu somnambulisme.
d. État mentalj troubles cérébraux^ délire des épil^tiques. — Ce serait une erreur de croire que Tépilepsie conduit toujours fatalemenlà la déchéance intellectuelle, car le mal comitial n'est pas incompatible avec le développement d'une puissante intelligence. L'histoire rapporte que Jules César, Pétrarque, Newton, Mahomet, Pierre le Grand et l'un de ses petits-fils, Paul I", notre grand comédien Molière, etc., étaient sujets à des attaques convulsives et vertigineuses; Napoléon I" lui-même n'aundl pas échappé à cette névrose, et pour citer un fait plus récent, le dernier pape qui a occupé si longtemps le trône pontifical a été sujet, dans une grande partie de son existence, à des accès de mal caduc ! Mais ces e;cemples sont des plus exceptionnels, et il est plus juste de faire remarquer que le mal comitial altère, dans la majorité des cas, d'une façon ?ariable les facultés intellectuelles et les sentiments affectifs. Sur 348 épileptiques, M. Voisin n'en a vu que 40 dont rintelligence fût dans un état (le pondération parfaite. Cette statistique incomplète n'exprime qu'une partie de la vérité, et il est évident que les épileptiques sains d'esprit sont en plus grand nombre.
Dans tous les cas, avant même de passer en revue toutes les altérations de rintelligence que peut produire le mal caduc, il est nécef?saire de montrer dans une rapide description, les mœurs et le caractère de quelques épileptiques.
Ils sont d'un caractère sombre et taciturne; maussades, irascibles, jaloux, ils sont renfermés en eux-mêmes, parlent à peine, sont peu expansiiV € L'irritabilité et la colère, dit Morel, sont les traits saillants du tempérament deces malades. » Aussi suffit-il de la moindre cause pour les irriur. pour les porter instantanément à une grande intempérance de langa^^ ils insultent, maudissent, injurient, profèrent des menaces; alors, pou' que l'orage de leur colère s'apaise, il suffit souvent d'un seul mol fla • teur et bien placé pour que subitement ils passent à de meilleurs sédiments et pour qu'ils considèrent leurs ennemis de tout à l'heure coocleurs meilleurs amis. Ils deviennent ensuite doux, confiants, s*approclh*2 de vous, vous font part de leurs secrets et vous parlent bas i roreiii • Cette manièie de parler jusque dans la figure des autres, d'appnocfc.' de vous d'un air patelin, est assez caractéristique chez les épileptiquc? (Morel). Ils sont exagérés dans leurs effusions d'amitié, comme tt>ut i
ÉPILEPSIË. 791
rheure ils l'étaient dans leurs récriminations acerbes. Leurs lettres sont tendres^ils appellent de tous leurs vœux leurs amis, leurs parents; puis, le premier moment de Teffusion passé, ils s'abandonnent aux menaces, aux injures. Ainsi, ce qui marque leur caractère, c'est la mobilité. Aujourd'hui doux, dociles, obéissants, obséquieux, travailleurs el laborieux; demain, violents, indisciplinables, insoumis, malhonnêtes, paresseux et inactifs. Ils sont menteurs, défiants, perfides, disent du mal des médecins quiles soignent, évitent les autres aliénés, recherchent de préférence leurs semblables, sont serviables entre eux, ce qui a fait dire si justement à H. Legrand du Saulle, que les aliénés se repoussent et que les épileptitiques s'attirent. En s'attirant, ils font des projets d'évasion, de vengeance, fomentent dans les asiles des révoltes qui peuvent aboutir à un moment, comme nous le verrons plus loin, à des meurtres de médecins ou d'infirmiers. Ils deviennent alors haineux, rancuniers; et malgré leurs actes de violence, leurs accès de colère qui sont si souvent en désaccord avec leurs habitudes sociales et leur éducation, ils sont craintifs, ombrageux et poltrons. Esquirol a donc pu dire avec raison : ( un ami épileptique n'est pas un don du ciel. >
Lorsqu'un épileptique présente ces profondes modifications de caractère, ce n'est déjà plus un homme raisonnable, il est sur la pente qui le conduit à l'aliénation mentale. Mais les désordres de rintelligence (épilepsie intellectuelle) varient d'intensité et d'importance.
Mci c'est unesimpleéclipse deraison,brusque, subite, quiaccompagne el constitue en quelque sorte le phénomène de Vabsence. Nous en avons déjà cité quelques exemples. Bornons-nous à rappeler que, pendant cette absence d'une durée de quelques secondes ou de quelques minutes, le malade, l'œil fixé, le visage hébété et hagard, profère des paroles incohérentes ou inintelligibles, se livre à un acte déraisonnable ou déplacé dont il n'a pas conscience et dont il ne conserve pas le souvenir (tel ce magistrat observé par Trousseau qui, pendant une délibération de ses collègues, se levait tout d'un coup pour aller uriner au milieu de la salle), etc.
La preuve de l'intime connexion qui existe entre toutes ces formes symptoroatiques, de Y équivalence du délire d'une part, des vertiges et des convulsions de l'autre, celte preuve, on la trouve dans les faits où les attaques vertigineuses, convulsives, délirantes, au lieu de s'isoler et d'alterner entre elles, ce qui a lieu quelquefois, se mêlent et se combinent diversement, ce qui est beaucoup plus fréquent. Chez tel malade le délire ouvre la scène, et comme pour en démontrer la signification, on voit à sa suite des accidents convulsifs éclater; chez tel autre, c'est le délire qui succède aux convulsions; chez un troisième, il se surajoute aux vertiges. Ce dernier cas est loin d'être rare : Beau Ta rencontré 76 fois sur 219, et le décrit dans les termes suivants ;
792 NÉVIIOSES COMPLEXES.
« L'individu a le temps de s'asseoir, OU bien iltombeouflécbil;lafao: est pâle, immobile, les yeux sont fixes et hagards, ou bien il y a quelques légers tremblements des membres supérieurs et de la fac«. Il ^e^le ainsi pendant quelque temps; peu à peu il s'anime, il se lève d'un air étonné, cherche autour de lui, fait des paquets, veut se déshabiller, prononce souvent des paroles mal articulées et essaye de se débarrasser de? personnes qui le retiennent; si on le laisse aller, il se promène d'un air égaré, a une démarche un peu choréique et bat quelquefois ceux qui se trouvent sur son passage. Enfin, l'intelligence reparaît; l'individu e>l fatigué et honteux et conserve seulement la mémoire d'une partie de«'e qui s'est passé. Cet ensemble de phénomènes dure de deux à trois minutes; le délire dont je viens de parler est toujours sombre ou même furieux. Le vertige est dès lors un ensemble de symptômes d'épilep-i«* et d'aliénation mentale; le délire qui se manifeste aussitôt après la perle de connaissance, rappelle l'état nerveux que l'on observe dans certaine^ fièvres sous le nom de carphologie, »
2** Ailleurs, c'est un désordre mental plus compliqué, un délire furieux,
d'une violence affreuse, avec impulsion aveugle au suicide, à Tinrendie, au meurtre; une profonde prostration intellectuelle y succède, et, levenu à lui, le malade ne se rappelle rien. Là encore on retrouve h marque de l'épilepsie dans la brusquerie du début, dans l'intensiU' excessive de la perversion cérébrale suivie de coUapsus, dans son caractère transitoire et dans la netteté même de l'intermission (épilei'yii larvée de Morel). Ces faits, d'une haute portée médicale et soi^ial^. ont été très bien étudiés dans ces derniers temps, notamment par Jules Falret, Cavalier, Legrand du Saulle, etc.
3" Dans d'autres cas, à la suite de plusieurs accès de délire épileptiqn»', le malade s'assombrit, ses idées deviennent moins nettes, moins précises, sa mémoire s'affaiblit, son appétit génésique dégénère parf^-en salacité dégoûtante; confiné sur sa chaise ou dans son lit, il devionl gâteux, incapable d'aucun travail intellectuel, d'aucun sentiment p«»'ir ses amis ou ses parents qu'il ne reconnaît plus... en un mol, il tonil»* dans la démence.
i*" D'autres fois, lorsque l'épilepsie est héréditaireet s'est manifestât dès les premières années de la vie, le cerveau arrête son développa ment, et l'enfant est frappé d'idiotie qui peut précéder ou suivre \*:atUiques convulsives de l'épilepsie.
Du reste, le tableau suivant fera comprendre mieux dans une *'i* d'ensemble, les principales variétés de troubles mentaux qu^on p/i oh<ierver chez les épileptiques :
A. Déiireê aiguë»
1* Troubles intellectuels passagers (petit mal intellectuel) j laissant les malades jouir de leur raison dans rintervalle des attaques, pouvant précéder {aura intellectuelle)^ accompagner ou suivre la manifestation épileplique (vertige, absence, attaque convulsive).
f Délires aigus présentant quatre formes : a. forme dépressive avec symptômes de tristesse, d'hébétude, de stupeur ; b. forme expansive caraclérisée par des phénomènes d'excitation cérébrale, la loquacité, des accès immodérés de gaieté et de rires, par un besoin irrésistible de changer de place, de marcher ou de courir, etc. ; c. forme mixte avec les caractères combinés ou successifs des formes dépressives et expansives (1); d. forme maniaque {fureur épileplique^ grand mal intellectuel). Fureur impulsive inconsciente, aveugle, brutale, avec tendance à la destruction, au meurtre, etc.
Ces accès de délire peuvent remplacer les attaques ou constituer à eux seuls la maladie comitiale pendant un temps plus ou moins long, ce qui constitue Yépilepsie larvée de Morel. (D'après cet auteur en eflet, € répilepsie est une vésanie qui peut se manifester tantôt exclus!veraenipar la convulsion, tantôt exclusivement par le délire ») (2).
3° Délires partiels avec prédominance d'idées hypocondriaques ou mystiques, etc,
B. Aliénation mentale chronique,
l' Idiotie chez l'enfant pouvant précéder pendant un temps très long es attaques convulsives.
^ Démence chez l'adulte, consécutive aux attaques répétées de
lélire.
Telles sont, d'une façon sommaire, les modalités diverses que euvent prendre les troubles intellectuels chez les épileptiques. Mais esl certaines formes de délire aigu qui présentent des allures spéales permettant de le distinguer assez facilement, et dont nous 2vons nous attacher à montrer les caractères ; nous voulons parler de manie, de la folie, ou de la fureur épileptique. a. L'impulsion est d'abord le caractère dominant de ce délire. Cette ipulsion brusque, instantanée, irréfléchie, privée de deux forces moratrices, l'intelligence et la volonté, supprimant tout sentiment affectif, me d'une façon aveugle le bras qui va frapper, pousse les malheu-
K Dans ceUe forme, le malade passe dans le même accès, de la forme dépressive à la ne expansive do délire. On a cité des cas assec rares où le délire survenait avec des difinU accès avant et après l'attaque convulsive, témoin le fait de Billod dans lequel les accès >ilep8ie étaient précédés d*un état mélancolique et suivis d'un état maniaque (cité par ^alrct, in Arch. deméd., 1860. De l'état mental des épUeptiques). ') Voyes notamment sur ce sujet, an travail de M. Garimond : Contribution à Vhistoire 'épileptie dans ea rapporté avec l'aliénation mentale {sinn, niéd.-psych., n"* 1 et 2, 1878).
reux à commettre un crime ou un acte délictueux dont ils n*onli>as conscience. Il en résulte que ce délire ne présente pas cette sorte d'incubation mentale qui s'observe dans les délires en apparence \t< plus instantanés, comme dans ceux de l'alcoolisme ou de l'état maniaque, et qu'ilfait subitement explosionaumilieuducalme en apparence le plus complet, pour disparaître ensuite très rapidement. Si Ton ajouit^ que ces impulsions ont très rarement un caractère de douceur, mm qu'elles ont au contraire presque toujours des allures violentes, nocives et furieuses, on comprendra dès lors pourquoi les plus dangereux des aliénés sont les épileptiques. Ainsi, un épileptique passe avec la rapidité de l'éclair de l'état de calm.e à l'état de fureur sauvage : il se pn> menait paisiblement dans une rue en mangeant, tout à coup il pIoD|:e sans provocation le couteau dont il se sert dans le ventre d*un passant inoffensif et continue son chemin en même temps que son repa> (Tardieu). Un forgeron de caractère doux travaille avec un de ses camarades ; tout à coup il lui assène sur la nuque un violent coup it marteau qui détermine une grave blessure (Legrand du Saulle). Bi^n d'autres exemples peuvent être encore cités, et parmi eux, ceux de cvi aliénés qui, dans leur fureur délirante, ont dirigé brusquement ku: arme meurtrière contre certains médecins aliénistes.
Parfois, l'impulsion a moins de violence ou de cruauté; elle poo^^' le malade à commettre automatiquement, pour ainsi dire, des a : 5 délictueux (vols aux étalages, exhibitions obscènes, extravagances, ei» .■. ou encore elle les conduit au vagabondage. Dans ce dernier (»5. les forces décuplées pour ainsi dire par l'excitation cérébrale. 1- *: permettent de franchir des distances parfois énormes : un ouvrmenuisier quitte subitement son ouvrage, disparaît pendant h -/ jours et il revient à son point de dépari après avoir parcouru plui i quatre-vingts lieues.
Dans certains cas cependant, l'impulsion n'est pas aussi irr'-- -tible et instantanée : Un malade se sentant envahi par une e^;*d'aura épigaslrique, avait le temps de crier gare^ un instant avau: v commettre un acte de violence (Legrand de Saulle). — Parfois en r l'impulsion s'accompagne d'une certaine résistance de la toK-i; d'une espèce de délibération intellectuelle : ainsi une femme e>t r. • dée du désir de tuer sou mari, elle le lui avoue, mais rimpuH^'" ■ encore assez faible pour qu'elle y résiste, jusqu'au jour où don par elle, cette malade tue son enfant (Blanche). — Un autre s'écrie V mère, sauve-toi, il faut que je te tue. — L'épileptique qui en 1857 a t- D'Geoffroy, médecin de l'asile d'Avignon, avait résisté depuislonft-' déjà à des voix impérieuses qui lui commandaient d'assurer <* < bonheur en tuant le médecin. — On voit d'autres malades i lesqotJ^ sont pas encore mûrs pour la violence », qui se promènent quelqii^^"
ËPILEPSIE. 795
OQtes avant d'agir, et qui commettent leurs forfaits après une sorte d'hésitation inconsciente.
Daos tous ces cas, il faut chercher Tépilepsie convulsive, non pas que celle-ci soit absolument nécessaire pour établir l'existence du délire épileptique; car on sait que le mal comitial, sous forme d'épilepsie larvée si bien décrite par Morel, peut se manifester uniquement par des accidents délirants dont les caractères permettent de reconnaître la vraie nature ; on sait Clément que l'élément délire esi souvent, dans cette maladie, en raison inverse de l'élément convulsif, et que les vertigineux sont plus souvent prédisposés aux
troubles mentaux Mais il faut toujours chercher Tépilepsie convul-
sive qui parfois est exclusivement nocturne. Ainsi, un malade pendant la fluit présente une respiration stertoreuse qui effraye sa femme et la détermine à lui porter secours ; aussitôt le malade, pris d'une fureur subite, essaye de la tuer. — Un jeune officier était poursuivi après chaque accès nocturne de l'idée de se couper la gorge, etc.
c Lorsqu'un crime tout à fait inexplicable, dit Legrand du SauUe, et en complet désaccord avec les antécédents d'un prévenu qui n'est réputé ni épileptique, ni aliéné, vient à être accompli avec une instantanéité insolite, il y a lieu de se demander et l'on doit rechercher s'il n'existerait pas des accès nocturnes d'épilepsie (1). >
b. Un second caractère de ce délire, c'est la perte de tout souvenir y d'où Tabsence ultérieure de tout regret et de tout remords. On voit des malades qui viennent de se livrer aux actes les plus violents, les plus ciniels, et qui sont plongés dans le plus profond et le plus réel étonnement lorsqu'on leur en fait pai*t. La perpétration du crime amène même 'hez quelques-uns une sorte de satisfaction et de détente de l'excita* ion cérébrale. D'autres ont conservé un souvenir très vague, très conos de ce qui s'est passé, et dans tous les cas, leur volonté n'ayant pas )résidé à la consommation de ces actes, ces malades sont irresponsables. Mais il y aurait, sans aucun doute, erreur de croire constamment à 'irresponsabilité des épileptiques, et il faut toujours distinguer celui |ui obéit avec sa volonté plus ou moins intacte à l'emportement de la oière, à la méchanceté de sa nature, et celui qui, au contraire, dans le aroxysme du délire est donîiné par cette impulsion irrésistible et veugle qui détruit et annihile toute volonté, toute liberté morale. 'eux exemples empruntés à Tardieu feront comprendre l'importance e cette distinction : Un épileptique était contrebandier des plus clifs et des plus redoutés ; poursuivi et traqué par les douaniers, il n tue deux à coups de fusil. Un autre, de caractère ombrageux et isceptible, s'irrite facilement des taquineries auxquelles il est en
(1) Loc. cit., p. 68.
individu présente tantôt Tune, tantôt l'autre de ces formes, la somme des vertiges l'emporte sur celle des attaques. Les accès caractérisés par le délire sont les plus rares.
II. Intervalles des accès. — En dehors de leurs attaques, les épileptiques jouissent d'un état de santé qui étonne quand on songe aux violents et dangereux désordres qui signalent souvent leurs paroxysmes. Mais ici une question d'un grand intérêt se présente : ces paroxysmes doivent-ils être envisagés comme la manifestation interniitleDl^ et discontinue d'une condition morbide qui, elle, persisterait même pendant les intervalles de calme, ou ne faut-il y voir qu'autant d'accidents isolés, presque autant de courtes maladies, sans autre lieo qu'une prédisposition toute latente?
Nous ne parlons pas, bien entendu, des cas où l'épilepsie se rattache à une lésion organique évidente des organes de l'innervation, et où,par conséquent, dans Tintervalle des attaques on peut observer des s\ffiplômes à marche continue, en rapport avec celle lésion. Quanl i l'épilepsie sans lésion matérielle appréciable, la question que nous venons de soulever a reçu des solutions contradictoires. Pour les \m, toute la maladie consiste dans la production même des accès, ou pluH dans l'aplitude à les éprouver sous TmAuence de diverses causes. P^ip d'autres, l'épilepsie est une maladie, et l'attaque n'en est qu'un symptôme, le plus grave, si l'on veut, le plus éclatant de ses symplômt^. mais non le seul; le système nerveux tout entier de Tépileplique e^5 affecté d'une manière particulière, et ce trouble se révèle par de^ phénomènes nombreux qui, pour ne consister ni en convulsion, ni ei. perte de connaissance, n'en sont pas moins spéciaux aux épilepliqiit'>. Cette dernière manière de voir se rapproche certainement de la vcni". Il y aurait peut-être quelque exagération à assimiler l'épilepsie ^' l'hystérie, en admettant dans l'une et l'autre une production égalerc^iii continue de phénomènes morbides dans l'intervalle des acccs;nf' •moins c'est là un rapprochement utile à faire et vrai dans des lirui données; et souvent un examen attentif permettra de saisir des in»ii peu marqués, mais certains, d'une innervation anomale, là où u. observation superficielle laisserait croire à l'intégrité absolue «i fonctions pendant les périodes de calme.
Ces symptômes intermédiaires, presque toujours assez léirers, ) ^ raissent suivre une sorte de progression décroissante à la suite c^accès, croissante à leur approche; comme si l'irritabilité du sysi-t nerveux allait augmentant de plus en plus, jusqu'à ce que sur>ionn les attaques qui la dissipent et Tépuisent. C'est principalement d^: l'épilepsie invétérée que les malades présentent des accidents nen- ^ multipliés, et des modifications importantes de toute l'économie, t
ÊPILEPSIE. 799
d'abord quelques-uns parmi les symptômes de l'attaque peuvent, en persistant longtemps à sa suite, s'élever au rang de véritables maladies ; de ce nombre sont : l'aphonie, les paralysies diverses, la dysphagie, le trimus, l'ischurie, une tympanite douloureuse (Romberg). En outre on constate, comme nous l'avons vu dans les facultés mentales et aflectives de ces malades, des changements particuliers : beaucoup de ces malheureux finissent dans la démence ; forme de la folie qui n'a ici rien de spécial, et apparaît comme le dernier terme de l'affaiblissement desfacultés. Il n'en est pas de même de ce délire aigu qui éclate parfois entre les attaques convulsives, et dont les caractères indiqués plus haut dénotent un rapport si intime avec la condition organique quelle qu'elle soit qui fait le fond de l'épilepsie.
La physionomie des anciens épileptiques a quelque chose de parti* culier, qu'on explique assez naturellement par la fréquente répétition des contractions musculaires convulsives et de l'hyperhémie céphalique qui les accompagne : c La maladie comitiale est envieuse de la beauté i (Arétée) : les paupières et les lèvres s'épaississent; les sourcils sont plus arqués que de coutume, les yeux saillants, souvent strabiques ; la cornée, cachée en partie sous la paupière supérieure, rend le regard vague, incertain; l'expression du visage est l'abattement, l'hébétude, la stupidité. La démarche devient vacillante, tous les mouvements sont lents et roîdes.
D'autres faits encore ont été indiqués comme signes de la modifica* tion profonde imprimée par l'épilepsie à l'oi^nisme tout entier : les saignées mal supportées, une tolérance remarquable pour les vomitifs à haute dose; une certaine immunité à l'égard des maladies contagieuses, ou une mortalité moindre pendant le règne des épidémies; le peu de gravité des affections accidentelles, telles que phlegmasies, bémorrhagies (Romberg). Mais ces assertions manquent de preuves suffisantes.
Marche. — Durée. — Terminaisons. — L'épilepsie est une maladie ipyrétique et chronique, avec intermittence des principaux symptômes ; ela ressort suffisamment de la description précédente. Mais il convient l'ajouter un mot sur le mode d'invasion et de développement de l'affefion. Tantôt elle débute brusquement : un homme bien portant éprouve ine forte perturbation morale, et soit immédiatement, soit quelque 3mps après, on le voit tout à coup pâlir, pousser un cri, tomber, ^'autres fois, et ce cas est moins fréquent, les caractères de l'affection ajoutent les uns aux autres et se complètent graduellement : d'abord y a de simples absences^ si courtes qu'elles échappent aux malades et m assistants; ou même la connaissance n'est pas d'abord entièrement
perdue, mais de petites convulsious se manifestent : flexion du pouce, clignement, strabisme passager; enfin, un jour arrive où une attaque complète vient démontrer que ces symptômes, d'une si grande béoifuilê en apparence, étaient déjà de Tépilepsie.
Ailleurs encore Vaura seule existe pendant des mois et même des années : partant d'un point de la périphérie nerveuse, elle s'avance Je plus en plus vers la tête qu'elle finit par atteindre; alors la porte de connaissance et les convulsions s'y joignent, et l'attaque km complète.
Qu'ils se soient établis d'emblée avec tous leurs caractères, ou qa ik n'aient acquis que par degrés leur physionomie définitive, les accès se reproduisent avec une uniformité non absolue, sans doute, mais très remarquable dans une foule de cas. Ainsi, lés accès sont-ils anDODcé^ par des prodromes, les malades en auront à chaque accès, et ces sensations prémonitoires seront presque toujours les mêmes; l'aura parib du même point ; le cri sera ou non proféré ; la chute aura lieu di même côté, les mêmes muscles se convulseront.
L'intensité, qui est l'élément le plus variable, diffère elle-m^rj moins selon les accès que selon les malades. L'un a des accès noclum" seulement, l'autre seulement diurnes. S'il existe des vertiges, isoléMii mêlés aux attaques, l'épileptique en a presque invariablement lell'^ o'i elle variété; quelques-uns possèdent deux variétés qui allerneo' Quelques exemples feront mieux ressortir cette reproduction fidèle*^' comme stéréotypée des mêmes symptômes : une jeune fille IuiuImi' toujours sur l'un des côtés du corps, et, en la disposant dans sa clia;^ de façon que la chute eût lieu du côté opposé au foyer près duquel 'l'était assise, on pouvait l'abandonner à elle-même, sans craint: d'àcidents; un jour elle se place autrement; prise d'une attaque, elie>' fait de profondes brûlures aux jambes... Une malade tombait constamment la tête en arrière ; il en était résulté une tumeur sanguin*': l'occiput, et l'on fut obligé df3 lui faire porter un bourrelet pour preNH' de nouvelles contusions... Une épileptique de la Salpêlrière se luiarmâchoire inférieure dans chacune de ces attaques, etc.
Lorsqu'un accès a eu lieu et que la nature épileptique de cet aoè^^ été positivement reconnue, il faut s'attendre à le voir suivi S^"deuxième et d'une série d'autres. Mais l'époque de ces retours f-i extrêmement variable. Des années entières s'écoulent quelquelois ' ni* les premières attaques; plus le m\\\ est ancien, plus en général u*'vont se rapprochant, pour s'éloigner de nouveau avec le propi^ J l'âge. Généralement aussi, mais non toujours, leur violence e^î •= raison inverse de leur nombre.
Une y (iv\\.dih\Q périodicité est très rare (si l'on éllmioe, bienenleni les fièvres à forme épileptique). Cependant les recherches slalisHi'^'-
ÉPILEPSIE. g(H
ont donné ce résultai intéressant que le relour à peu près régulier des accès est plus fréquent que leur irrégularité absolue. Au premier abord le fait a lieu de surprendre, et il semble difficile de le concilier avec la multitude des circonstances accidentelles qui, intervenant à chaque instant dans la vie des épileptiques, peuvent provoquer de nouvelles manifestations de leur maladie. Pour se rendre compte de cette quasirégularité, il faut réfléchir au rôle borné et secondaire des causes occasionnelles productrices des accès ; loin d'être également efficaces à toutes les époques, elles peuvent trouver Torganisme tantôt dans un état d^indifférence presque complète à leur action, tantôt, au contraire! dans un état d'extrême susceptibilité, et le plus souvent elles n'agissent qu'à la condition d'être secondées par une aptitude morbide spéciale et transitoire; or, celle-ci paraît assujettie à une certaine périodicité dans ses retours. En considérant les accroissements et les diminutions qu'elle présente, on serait tenté de croire qu'il se fait dans le système nerveux des épiieptiques une sorte de saturation graduelle, que l'excitabilité s'y accumule peu à peu, comme nous le disions tout à l'heure, jusqu'à ce qu'elle arrive à une somme donnée; alors elle éclate sous l'influence de la cause la plus légère. De la vient que, lorsque la maladie est devenue habituelle, le seul fait de n'avoir pas eu d'accès depuis longtemps, constitue une prédisposition à en éprouver de nouveaux ; de là vient que certains épiieptiques, inquiets, agités, moroses, travaillés par un malaise inexprimable, souhaiti^nt une attaque, vont au-devant des émotions ou des écarts de régime qui peuvent la faire naître, et la provoquent pour ainsi direàdessein.
Le type le plus ordinaire des accès presque réguliers est le mensuel^ et cela non seulement chez la femme, où leur retour est lié à celui d'une fonction elle-même périodique, mais encore chez les hommes. — A titre de curiosité nous citerons l'observation suivante . ( Une jeune fille née à sept mois, devenue épileptique à sept ans, prr sente les paroxysmes de la maladie tous les à*6/)/ jours, et régulièremeni ksept heures du matin de chaque jour. Certes, elle eût été un sujet de choix pour démontrer l'influence du nombre sept, dans les écoles italiques et plus tard chez les cabalistes > (Josat).
Une circonstance dont il est essentiel d'être prévenu, si Ton veut éviter des erreurs de pronostic et des illusions trop fréquentes sur l'efficacité de certaines médications, c'est que l'épilepsie subit quelquefois spontanément des temps d'arrêt, de longues interruptions : sans qu'aucune cause appréciable soit intervenue, on voit des malades rester des mois et des années san<^ éprouver ni convulsions, ni vertige; il est vra* qu'à la suite de ces suspensions, les attaques reviennent presque toujours avec leur ancienne force, et quelquefois plus graves qu'auparavant.
▲XEMrELD. ^t
A mesure que Tépilepsie vieillit, les malades dont les accès sont annoncés par des prodromes, apprennent à bien connaître la signification de ces phénomènes précurseurs; aussi les anciens épileptiques ont-ils souvent le temps de s'isoler, de se cacher à l'approche des attaques, ei de se mettre ainsi i Tabri des accidents funestes auxquels leurs chuies les exposent. C'est moins l'instinct de la conservation qui les fait a^ir ainsi, qu'une sorte de pudeur, c Ainsi nous avons encore honte de notre misère I > (J. Franck.)
[L'influence des maladies intercurrentes sur la marche de l'épilepsie a été étudiée depuis le premier âge de la médecine, puisque dans soo traité De morbo nacroy Hippocrate parle de la disparition des acc^s d'épilepsie pendant la durée des accès de ûèvre intermittente (1). Depuis, de nombreux auteurs ont noté l'action salutaire d'autres affections sur le mal caduc, des rhumatismes et surtout de la goutte (2), des fièvres éruptives (3), des maladies accidentelles et graves de la tète, de la poitrine, de l'abdomen, d'une brûlure (4), etc.
Sur 25 observations citées par M. Delasiauve (5), 16 fois Tépilepsie fut arrêtée dans sa marche pendant un temps variable, 6 fois, il n'y eut aucun résultat et 3 fois seulement les accès parurent plus nombreux. Il résulte d'une statistique relevée dans une thèse récente (6) que sur 33 observations les maladies intercurrentes (érysipèle, pneumonie, pleurésie, rhumatisme articulaire aigu, grossesse, brûlures, contusions, scarlatine, érythème noueux, etc.) ont eu 25 fois une heureuse influencée! 8 fois seulement elles n'ont produit aucune modification sur les accès.
On peut résumer la question de la manière suivante : 1* L'influence est exercée à un degré plus accentué parles affections aiguës et fébriles que par les afl'ections chroniques et apyrétiques {spasmos febris accedens Suivit);^ cette influence peut être nulle; 3** elle ne s'exerce qoe pendant la durée de la maladie intercurrente suspendant momentanément les accès convulsifs sans guérir l'épilepsie; 4^ elle survit pour ainsi dire à la maladie intercurrente et fait disparaître pour un temp^ plus ou moins long, ou pour toujours, ce qui est extrêmement rare, b accès du mal caduc.
L'influence des troubles utérins sur l'épilepsie a été aussi très soih vent notée ; ainsi, l'établissement de la menstruation ou l'apparition i*chaque époque cataméniale ou encore les rapports sexuels ont pu êtr^'
(1) L. Rivière appelait la fièvre quarte : « epUeptiœ vindex m,
(2) Van Swieten s'exprime ainsi : Observavi et aliquoties in proxi msîeriëm poJâçnet» nondum epileptiam vehementetn fecisne, sanatam primo podogrœ paroxynmo née iélê t^ poilea redeuntem (Alph. Boerh., t. III, p. Att). — Voyez aussi Sauvages, Ll, p- X-
(3) Portai. Oh», sur lanat, et le trait, de VépiUpsie, p. 173, S71, 3il, 8â7;. (i) Georget. Dict, de méd. et de chir. en 21 volumes, article £pu.epsie.
(5) Loc cit.
(6) J. séglas. Thèse in. de Paris Influence des maladies intercwrtnîtê mr Umênki^*^ ;)iifp&ie. Paris, 1881.
le point de départ de la maladie, ou le signal d'accès plus fréquents. Cependant, fait remarquable, répilepsie chez une femme enceinte ne prédispose pas davantage à Téclampsie, et il est important de savoir que ces deux accidents convulsifs évoluent dans la plus complète indépendance. Mais, si les accès d'épilepsie peuvent être suspendus par une grossesse intercurrente, il est des cas, au contraire, où Tétat gravide devient la cause d'accès beaucoup plus nombreux et où la plus légère excitation venue de l'utérus peut être le point de départ des crises. C'est ainsi que M. Terrillon a cité le cas d'une femme atteinte d'épilepsie héréditaire ayant débutédès l'âge de sept ans etquiàpartirdu début de la menstruation vit ses attaques convulsives revenir régulièrement et périodiquement tous les mois, deux ou trois jours avant l'écoulement menstruel ; deux grossesses survenues à plusieurs années de distance eurent toutes deux pour effet d'augmenter considérablement le nombre des accès qui se répétaient plusieurs fois dans la journée, pour ne se montrer ensuite que tous les mois après l'accouchement (1).]
L'épilepsie peut entraîner la mort : par les lésions traumatîqnes, conséquences de la chute par asphyxie, par hémorrbagie, surtout hémorrhagie cérébrale; par les lésions congestives et même inflammatoires du cerveau et de ses membranes, qui se produisent quelquefois à la suite des accès violents ; par le seul fait de cette violence enûn, car toutes les autopsies d'éplleptiques qui succombent en état de mal sont loin de montrer des altérations organiques considérables; l'asphyxie et répuisément nerveux sont les seules causes de la mort en pareil cas : des mucosités écumeuses se sont accumulées dans les voies aériennes, surtout l'attitude du malade s'opposant à leur issue, et d'autre part l'innervation s'est dépensée par une suractivité tumultueuse dont la prolongation au delà de certaines limites n'est pas compatible avec celle de l'existence.
[L'instantanéité de la chute et la violence des mouvements convulsifs peuvent produire des accidents divers, des contusions, des ecchymoses, des plaies, des brûlures plus ou moins étendues, des fractures (2), des luxations, etc. Les luxations qu'on observe le plus souvent sont celles de la mâchoire inférieure et de l'épaule, puis celles du coude et de la hanche : tantôt elles se produisent au moment de la chute et sont causées par elle; tantôt elles sont consécutives à la violence des contractions des muscles qui s'insèrent autour des articulations. Il en est de même des fractures qui présentent dans ces cas un pronostic d'une gravité exceptionnelle, surtout si les accès se reproduisent souvent, et nuisent ainsi à
il) TerriUon. Notei iur un eoi d^épilepiie itoHgine réflexe {AnnaUt de gynécologie f Jin 1881, p. 401).
(t) Bourneville et Poirîer. ÉpUepeie^ fracture du crâne, mort (Progrée med p. 80. 1879.
la consolidalioa du cal ; les deots peuvent aussi être brisées, elles convulsions si énergiques, que des ruptures musculaires en sonl ia conséquence, comme Duverney, Portai et Sédilloi en ont cité des exemples (1).
Les contractions même du cœur sont quelquefois si violentes, qu'elles ont pu déterminer la rupture de Torgane, comme Hort (3) et Lunier(oi en ont observé trois faits. Dans deux cas, la rupture s'était faite aux Jèpens du ventricule gauche et s'était produite sous Tinfluencc des efforts violents que le muscle cardiaque avait dû faire pour repousser le sm; dans les artères comprimées; dans le troisième, la lésion avait son si^;' dans le ventricule droit, parce qu'elle s'était produite conséculivemrni à un commencement d'asphyxie, et que Tobstacle au cours du saii^ existait principalement dans la circulation pulmonaire. Mais d*auti.> fois, les malades meurent par le cœur, sans qu'il soit possible de coi.stater une altération appréciable de cet organe ; c'est alors, pour bien comprendre le mécanisme de la mort, qu'il faut faire une distinlion entre les modifications circulatoires survenant pendant le staJi ionique et le stade clonique: pendant le premier stade, on constate par les appareils kymographiques une augmentation considérable de h tension artérielle, une fréquence très grande des battements du 10*1:: qui est à demi tétanisé; dans le second au contraire, la tension aiurielle s'abaisse, la systole et la diastole cardiaque s'accomplissent a>cc une lenteur extrême (Magnan). De sorte que pendant la période l nique des convulsions, la mort survient par une sorte d'état tétaniq idu cœur, tandis que dans la période clonique, le mécanisme de laui'i! par le cœur est celui de la syncope.]
Enfin la mort peut encore survenir au moment d'un accès, par cmgestion ou hémorrhagie cérébrale, par rupture d'anévrysme, etc.
Complications. — a. L'aliénation mentale est considérée comme Tu:, des complications les plus fréquentes de l'épilepsie, puisque, d'ajif'* les relevés d'Esquirol, n les quatre cinquièmes desépileptiquesoDtp'^' ou moins complètement perdu la raison > ; mais il ne faut pas oubli ' que cette statistique a pour base la population des hospices, cellt^ i' nécessairement prédominent les formes les plus graves de la maladie
6. L'hystérie est une autre complication qu'il n'est pas très raredv server. Dans ce cas, la névrose ainsi compliquée, mais qu'il ne but | -* confondre avec Vhystéro-épilepsie ou hysteria major ^ se présenta 5C*^
{\)Dei accidents produits par Vaccés épiteptique,^Ar Rengade et Reynaud, m Géi ^ (t) Médical observations and enquiry.
(3) Gû%. det hôp., 1865.
diverses formes : ou bien la même pei^onne a des attaques épilepti« ques et hystériques séparées; ou bien les attaques sont constituées par les phénomènes de Thystérie et de Tépilepsie convulsive mêlés en proportion variable; enfin le vertige épileptique peut être associé avec des attaques d'hystérie pure ou alterner avec elles (Beau).
c. Les congestions persistantes, les hémorrhagies, les inflammations des centres nerveux que Ton observe à la suite des attaques, peuvent aquérir assez de gravité pour devenir autant de complications; toutefois cela est fort rare.
ËTiOLOGiE. — Les causes de l'épilepsie sont nombreuses. On les divise en prédisposantes et en efficientes, sans qu'il soit toujours aisé de tracer la limite qui sépare les unes des autres. Il faut tenir compte, dans une troisième classe, des causes qui provoquent le retour des attaques.
A. Catises prédisposantes. — L'épilepsie peut être transmise par hérédité; mais on n'est pas encore bien fixé sur la fréquence des faits de ce ^enre : ils seraient presque exceptionnels, au dire des auteurs qui tiennent compte seulement des épileptiques nés d'autres épileptiques ; ils paraissent nombreux, au contraire, si l'on envisage les affections nerveuses quelconques des parents comme susceptibles de créer chez les descendante une prédisposition au mal caduc, etc., et si les recherches de l'hérédité s'étendent non seulement aux ascendants, mais même aux descendants {hérédité en retour) y Boerliaave ayant démontré que l'épilepsie peut sauter une génération, passant des aïeux aux petits-enfants, etc.
[Les statistiques de différents auteurs vont nous montrer, du reste, la part d'influence qui revient à l'hérédité: Elle a été constatée par Esquirol 105 fois sur 321 cas; par Reynold, dans un tiers des cas; par Herpin, 10 fois sur 68 cas ; par Delasiauve, 33 fois sur 300 ; parSieveking, H fois surlOO; par Hammond,45foissurl71 (surce nombre 21 fois l'épilepsie existait chez les ascendants ou collatéraux, et 24 fois on trouvait dans les antécédents héréditaires, l'aliénation mentale, l'hystérie, le nervosisme et les névralgies iutenses). Sur 95 épileptiques, Voisin a noté 12 fois chez les ascendants des signes d'alcoolisme chronique et 41 fois des antécédents névrosiques (hystérie, chorée, etc.). Enfin sur 35 enfants de 17 ménages dans lesquels le père ou la mère étaient épileptiques, le même auteur en a trouvé 16 qui sont devenus épileptiques, ou qui sont morts de convulsions. Nous avons dit que d'après Boerhaave, l'épilepsie peut sauter une génération, passant des aïeux aux petits- enfants, etc. Dans tous les cas, l'hérédité directe ou indirecte de l'épilepsie semble démontrée par les faits cliniques et même par Texpérimentation; car
Brown-Séquard a prouvé que les cobayes rendus épilepUques eipérimentalement pouvaient donner naissance à des épileptiques.
Si rinfluence du père a paru, pour Esquirol et Trousseau, supérieure à celle de la mère, c'est que chez le premier l'alcoolisme est plus fréquent que chez la seconde. Or, il est prouvé que Valcaolisme chroniqiiey chez les parents, et que même l'état d'ivresse au moment de la conception, prédispose les enfants à l'épilepsie. D'après M. Lancereaui, Yabsinihisme héréditaire se manifeste dès l'enfance par des troubles de la sensibilité, de l'intelligence et du mouvement (l).]
Existe-t-il une épilepsie connéCy ou congénitale, en ce sens qu'un enfant issu de parents sains doive juniquement la prédisposition ^pi- 1 optique à quelque accident survenu dans le cours de la grosses-e. à quelque émotion vive éprouvée par la mère, comme, par exemple, \\ frayeur inspirée par la vue d'une attaque de haut mal? Quelques faits, rares à la vérité, portent à croire que les choses peuvent se passer «iv la sorte.
La maladie est, dit-on, plus fréquente dans le sexe féminin ; le jeur:^ âge et surtout l'époque de la puberté en favorisent la première manifestation; elle débute rarement passé quarante ans; cependant aucun .i;.' n'en préserve complèlement, pas même l'extrême vieillesse.
Quanta la constitution el2M tempérament y quelques médecins onlûi^ de la vigueur exagérée et du développement précoce du système m i>culaire l'apanage d'une prétendue habitude épileptique : le nom A" morbus herculem, d'après l'étyraologie la plus probable, viendnil «k ce que le héros fabuleux, emblème de la force physique, aurait éi^ W.même afTeoléd'épilepsie.
[Il existe du reste une épilepsie sanguitie on pléthorique <«7>j7î^/'<' plcthorica de Sauvages, angioténique d'Esquirol, sanguine de B«'iniann, gastrique de H. Pommay) qui serait caractérisée par loul'S ^ causes qui produisent un afflux sanguin vers les centres nerveux : >t:;pression de fluxsanguins, teisque menstrueset hémorrhoîdes, insoUli'i écarts de régime et passage rapide de l'abstinence à une alimentai: n trop substantielle, stase veineuse du cer>-eau chez les aslhmaliq^'N les emphysémateux (2) et les cardiaques, etc. MM. Gibert (da Havnicî R. Lépine ont deruiérement insisté sur certaines épilepsies qui se nva- Irent chez de gros mangeurs, chez des individus pléthoriques, don.i sang est trop riche en globules sanguins, et qui peuvent être améliora' ou guéries par des saignées répétéeset par un régime débilitant li». V^'
{\) Lancereau x.Z>(r Vabsinthisme l'Communicalion i l*Ac3dêmie d« inf:l«--ioe, f^*' {i\ Kusmaul a publié dans la Ihève d'un de s« élèTes, M. Aiitoasvi«*« tlhf Hir^ ' perœmie als causal monifiU dfrepilepiie. Vurtzbur,:, 1878k Ko b««-r4ii-.»o \ ^a mAlail'* y ' d'a(ri?cli.»n du cœur a>ec c\ano-e et qui fut puêri d'atlaquc* ef»ilej»â^j*f \ir tn^ mv
(3) Lépine De VrpiUpsie survenant à In $uUe €écvU k^itmèU 4t ré^mt cW> i=< ^ndiridiu trop Mnguimy et de son trnilement [Rerue mensmelk de wtedeame H éâ eSxrx-y. ST7, p. îTJ . Snr r^yiltY^xf om^jestue Reiue de médecine, l»t. p. >J» ,
prés le D" H. Pommay, c*est moins la surcharge sanguine que la surcharge stomacale qui deviendrait la cause réelle des accidents convul<sifs. Pour lui, à la suite des écarts de régime ou d'une alimentation trop substantielle, il y aurait irritation périphérique des rameaux sensitifs du nerf vague ; or, d'après les lois de Pflâger, l'irritation des filets du nerf pneumogastrique peut se traduire par deux phénomènes opposés : ou par des symptômes de paralysie, auquel cas survient une précipitation avec arythmie des battements du cœur, ou par des signes d'excitation, des attaques épileptiques, comme l'ont démontré les expériences récentes de L an der et de Langendorff(l). Il existerait donc, d'après le I> H. Pommay, à la suite des troubles de la digestion, viïïeyméi^, d' épilepsie gastrique y qui àifférevdiii des autres épilepsies, non seulement par la cause qui la produit, mais aussi par les symptômes qui l'accompagnent, c'est-à-dire par les vomissements et des signes d'embarras gastrique (3). Ces cas peuvent être assimilés aux faits d'épilepsie survenant chez les malades à la suite de la stimulation trop grande provoquée par une alimentation substantielle succédant à une abstinence prolongée. Ainsi R. Reynold a observé des attaques d'épilepsie survenues chez 48 matelots naufragés qui, après sept jours d'abstinence absolue, mangèrent avec avidité. Voisin rapporte aussi de son côté le fait d'un enfant qui devint épileptique à l'âge de treize mois, six semaines après avoir été ramené de chez une nourrice qui le laissait mourir de faim, et après avoir été soumis trop rapidement à une alimentation substantielle.]
Mais assez généralement cette maladie se rencontre chez les individus délicats, grêles, lymphatiques et nerveux. La même prédisposition peut être acquise par le fait d'un affaiblissement accidentel de la constitution : c'est ainsi que l'état cachectique produit par la misère (3), les excès, l'onanisme, les perles considérables de liquides (hémorrhagies, flux intestinaux, salivation, leucorrhée, pertes séminales, sueurs copieuses, lactation trop prolongée, suppurations abondantes, etc.), ou déterminé par des maladies générales qui altèrent profondément les fonctions nutritives (syphilis, scrofules, scorbut, fièvre d'accès, etc.), prépare quelquefois le développement de l'épilepsie. Ce ïu'on pourrait appeler le tempérament moral exerce ici une influence 3lus évidente peut-être que celle de l'organisation physique : l'épilepsie
(l) EpUepiUdie Krcmpfe 6ei peripherer Vagwmtung {Centrabl. fUr méd. Wiuensehof' en. 1878. n» i).
{i) H. Pummay, deThApital Teniet el-Haad. Contribution à Vétudede Vépilepêie goêtrique t des relatiùnê existant entre cette épilepsie et eertainet névroieê du nerf vague (Revue de 'iéd.^ jain 1881, p. 449). Voyez auui uoe obs. de Schuttz sur le méina point : Ein fall ^on Hemmung efkleptiseher anfàlte mit nachfolgender Heilung (Berliner KUn, Wochetv- ^rift, 1877. n* 35.)
(3) Il existe chez les chevaux soumis à une diète prolongée, une affection convùiiive pileptiforme qui guérit avec la cessation de Tahstinence.
se montre souvent chez des personnes d'un caractère timide, peureux, irascible, et qui, originellement ou par suite d'une éducation vicieuse, sont promptes à sentir vivement les émotions de toutes sortes;élat des facultés affectives qui ne coïncide pas toujours, quoi qu'oa en dise, avec les attributs physiques d'un tempérament délicat.
Et comme ces mêmes conditions de mobilité nerveuse sont au&i celles qu'on trouve dans Tétiologie d'une foule d'autres névroses, il en résulte que la migraine, la chorée, l'hystérie, lorsqu'elles prècèdeal l'épi lepsie, sont enregistrées comme autant de causes de celte dernière maladie, alors qu'elles ne sont, en réalité toutes ( y compris répilepsie^ que les expressions pathologiques variées d'une même manière dVire de réconomie.
L'influence des climats et des saisons est peu connue; on a seulemeui noté la grande fréquence du mal caduc dans les pays froids (1) (pculêtre serait-il plus exact de dire : dans les pays à température excessive); et le chiffre considérable des invasions pendant le printemps.
B. Causes efficientes. — Elles sont en si grand nombre que pour te passer en revue, il nous faut étudier à part l'épilepsie symptomalifit idiopalhique et sympathique. Gardons-nous, toutefois, de supposer que telle ou telle variété d'épilepsie doive présenter toujours, de par la cause qu on lui assigne, des caractères sémiologiques propres, une marche déterminée, des indications thérapeutiques spéciales : Tobservation viendrait trop souvent montrer qu'il n'y a rien d'absolu dans «e> groupements toujours un peu arbitraires.
l'^Cela posé, l'épilepsie est dile sj/mptomattque lorsqu'elle sclieâlj présence d'une lésion matérielle des centres nerveux ou de leurs enveloppes. Les altérations les plus diverses peuvent y donner lieu. On ^ coutume de distinguer sous le nom A' épilepti formes les accès coa^uk^ qui accompagnent les maladies cérébrales avec altération organirt manifeste, mais il est souvent impossible de découvrir la moindre du» • rence entre les attaques dites épileptiformes et celles auxquell'> -a donne le nom d'épileptiques. Des symptômes convulsifs sont-ils isol•^^ et la lésion qui les occasionne demeure-t-elle d'ailleurs latente, ne .-«>• citant aucun autre trouble fonctionnel , on n'hésite pas à recoMji'i^ l'épilepsie; au contraire, que les mêmes accès apparaissent au niii ^ d'autres manifestations morbides, symptomatiques de la même i\\f^ tion des centres nerveux, aussitôt ils déchoient du rang de œiladi' pour n'être plus que des épiphénomènes et recevoir le nom ^^f «'o ^ firmes; c'est-à-dire que nous sommes réduits à interpréter divers"ment le même fait pathologique, suivant le plus ou moins d'oktu^
(it Jos. Frinckaftinue «lue l*êpilep>ie csl luoin* commane en AUeou^f quV» h'le climat est plus rigoureux.
donl ses causes sont environnées. N'oublions pas d'ailleurs d'ajouter que répilepsie symptomatique peut devenir idiopathique, quand elle a duré pendant longtemps : c'est ce qu'on voit lorsqu'une lésion curable (par exemple un enfoncement des os du crâne) ayant été la première cause delà maladie, et cette lésion étant guérie, la maladie persiste. Et d'autre part, aussi, d'idiopathique l'épilepsie peut devenir symptomatique, quand, sous l'influence des attaques répétées, l'encéphale devient le siège d'altérations congestives permanentes; celles-ci à leur tour jouent le rôle d'une nouvelle cause organique provoquant des convulsions.
Si Ton appelle symptomatique l'épilepsie qui se rattache à une souffrance matérielle quelconque des centres nerveux, il ne répugnera nullement de placer à côté des changements de texture de l'encéphale ou da la moelle, les modifications plus difficilement appréciables, mais non moins matérielles assurément, qui accompagnent les altérations diverses du sang (pléthorei anémie, etc.), ou que détermine l'absorption de certains poisons, comme la ciguë, l'alcool, le plomb, le mercure, ou l'empoisonnement dit urémique, complication de la maladie de Bright. On se rappelle que des accès convulsifs peuvent survenir pendant l'invasion des fièvres éruptives et dans le cours de certaines fièvres palustres. Mais dans tous ou presque tous ces cas, il s'agit à proprement dire d'attaques d'éclampsie plus ou moins aiguë et transitoire; seule l'into\ica(ion alcoolique qui produit dans les centres nerveux des modifications persistantes, chroniques, peut être considérée comme une cause d'épilepsie véritable.
^ La maladie prend le nom d'idiopathique quand elle résulte ou semble résulter d'une cause directe et toute dynamique agissant d'emblée sur les centres nerveux, et y déterminant soit instantanément, soit au bout d un certain temps, l'état morbide qui se traduit par la perte de connaissance et les mouvements convulsifs.
Les émotions violentes occupent ici le premier rang, et la plus fâcheuse de toutes est la frayeur : souvent c'est la vue d'un épileptique en convulsions qui est suivie de l'apparition de la maladie chez un individu prédisposé, jusque-là bien portant (mais en pareil cas il faut faire aussi la part de Yimitation). La colère, la joie, le chagrin, agissent de la même manière ; viennent ensuite l'excitation immodérée et l'épuisenient du système nerveux par les veilles, les travaux intellectuels, l'abus des liqueui*s, le coït (acte en quelque sorte spasmodique que Ton a comparé à une courte épilepsie), l'onanisme, les vives douleurs résultant d'une blessure, d'une névralgie, etc.
Les impressions sensorielles d'une intensité immodérée deviennent également et souvent des causes d'épilepsie : ainsi la vue d'une lumière éclatante, la détonation du canon ou le bruit du tocsin, les saveurs
808 NÉVUOSES COMPLEXES.
se montre souvent chez des personnes d'un caractère timide, peureux, irascible, et qui, originellement ou par suite d'une éducation vicieuj^e, sont promptes à sentir vivement les émotions de toutes sortes;élat des facultés affectives qui ne coïncide pas toujours, quoi qu'on en dise, avec les attributs physiques d'un tempérament délicat.
Et comme ces mêmes conditions de mobilité nerveuse sont aussi celles qu'on trouve dans l'étiologie d'une foule d'autres névroses, il en résulte que la migraine, la chorée, l'hystérie, lorsqu'elles précideal répilepsie, sont enregistrées comme autant de causes de celle dernière maladie, alors qu'elles ne sont, en réalité toutes ( y compris l'épilepsiei, que les expressions pathologiques variées d'une même manière dVtre de l'économie.
L'influence des climats et des saisons est peu connue; on a seuleraenl noté la grande fréquence du mal caduc dans les pays froids (1) (peutêtre serait-il plus exact de dire : dans les pays à température excessive); et le chiffre considérable des invasions pendant le printemps.
B. Causes efficientes. — Elles sont en si grand nombre que pour les passer en revue, il nous faut étudier à part Tépilepsie symptomaliqu, idiopathique et sympathique. Gardons-nous, toutefois, de supposer que telle ou telle variété d'épilepsie doive présenter toujours, de par la cause qu'on lui assigne, des caractères sémiologiques propres, une marche déterminée, des indications Ihérapeutiques spéciales : l'observation viendrait trop souvent montrer qu'il n'y a rien d'absola dans ce> groupements toujours un peu arbitraires.
l°Cela posé, l'épilepsie est dite symptomatique lorsqu'elle se lie à h présence d'une lésion matérielle des centres nerveux ou de leurs enveloppes. Les altérations les plus diverses peuvent y donner lieu. On a coutume de distinguer sous le nom A' épilepti formes les accès convuUit qui accompagnent les maladies cérébrales avec altération organique manifeste, mais il est souvent impossible de découvrir la moindre diff^ rence entre les attaques dites épileptiformes et celles auxquelles en donne le nom d'épileptiques. Des symptômes convulsifs sont-ils isol^-. et la lésion qui les occasionne demeure-t-elle d'ailleurs latente, ne sbîcitant aucun autre trouble fonctionnel , on n'hésite pas à reconoaitre l'épilepsie; au contraire, que les mêmes accès appai*aissent au milir-c d'autres manifestations morbides, symptomatiques de la même tlu'^nlion des centres nerveux, aussitôt ils déchoient du rang de maladie pour n'être plus que des épiphénomènes et recevoir le nom téfUft^^^ formes; c'est-à-dire que nous sommes réduits à interpréter diversement le même fait pathologique, suivant le plus ou moins d'obscunt^
(1) Jos. Franck afflrmc que Tépilepsie est moins commune en AUemagne quVo Uii^-^'^ ' ou le climat esl plus rigoureux.
donl ses causes sont environnées. N'oublions pas d'ailleurs d'ajouter que répilepsie syniploraatique peut devenir idiopathique, quand elle a duré pendant longtemps : c'est ce qu'on voit lorsqu'une lésion curable (par exemple un enfoncement des os du crâne) ayant été la première cause delà maladie, et celte lésion étant guérie, la maladie persiste. Et d'autre part, aussi, d'idiopathique l'épilepsie peut devenir symptomalique, quand, sous l'influence des attaques répétées, l'encéphale denent le siège d'altérations congestives permanentes ; celles-ci à leur ti^ur jouent le rôle d'une nouvelle cause organique provoquant des • onvulsions.
Si Ton appelle symptomatique l'épilepsie qui se rattache à une soufbnce matérielle quelconque des centres nerveux, il ne répugnera nullemeDt de placer à côté des changements de texture de l'encéphale ou de la moelle, les modifications plus diificilement appréciables, mais non moins matérielles assurément, qui accompagnent les altérations diverses du sang (pléthore, anémie, etc.), ou que détermine l'absorption de certains poisons, comme la ciguë, l'alcool, le plomb, le mercure, ou l'emp<>i$OQnement dit urémique, complication de la maladie de Bright. >^ se rappelle que des accès convulsifs peuvent survenir pendant l'inva- ^ion des fièvres éruptives et dans le cours de certaines fièvres palustres. Mais dans tous ou presque tous ces cas, il s'agit à proprement dire îaïuques d'éclampsie plus ou moins aiguë et transitoire ; seule l'int '\ication alcoolique qui produit dans les centres nerveux des modifiitioos persistantes, chroniques, peut être considérée comme une cause •'♦'pilepsie véritable.
^ La maladie prend le nom d' idiopathique quand elle résulte ou
^nible résulter d'une cause directe et toute dynamique agissant d'emblée
iur les centres nerveux, et y déterminant soit instantanément, soit au
lowi d*un certain temps, l'état morbide qui se traduit par la perte de
>nnaissance et les mouvements convulsifs.
Les émotions violentes occupent ici le premier rang, et la plus ^« heuse de toutes est la frayeur : souvent c'est la vue d'un épileptique 'à > onvulsions qui est suivie de l'apparition de la maladie chez un indiidu prédisposé, jusque-là bien portant (mais en pareil cas il faut faire u^ii la part de Yimilation). La colère, la joie, le chagrin, agissent de > même manière ; viennent ensuite l'excitation immodérée et l'épuiselenl du système nerveux par les veilles, les travaux intellectuels, l'abus <> liqueurs, le coït (acte en quelque sorte spasmodique que l'on a «emparé à une courte épilepsie)y l'onanisme, les vives douleurs résulmt d*une blessure, d'une névralgie, etc.
Les impressions sensorielles d'une intensité immodérée deviennent [ralement et souvent des causes d'épilepsie : ainsi la vue d'une lumière 'iataote, la détonation du canon ou le bruit du tocsin, les saveui*s
acres, les odeurs aromatiques ou fétides ou simplement antipathiques et agissant en vertu d'une idiosyncrasie particulière ; pour le sens cutané, le chatouillement prolongé, une chaleur excessive, un froid intense, l'immersion des pieds dans Teau.
[Toutes ces causes, — les émotions vives , la joie , la frayeur, Taclion d'un froid intense ou d'une chaleur excessive, etc. — avaient été admise? jusqu'à ce jour sans conteste, et dernièrement encore, le lï Gowers affirmait que « de toutes les causes immédiates de l'épilepsie, lesphs puissantes sont les causes physiques, la frayeur, l'excitation, l'anxiété i. Avant lui, Tinfluence de la frayeur avait été si bien établie que,ponr Georget, elle doit être comprise au moins pour les trois quarts dans le tableau des causes de l'épilepsie ; que pour Bouchet et Cazauviehl, la Iréquence de cette cause existe dans le rapport de 30 p. 100; pourBenu. de 45 p. 100, et pour Leuret, de 37 p. 100 ! Or, M. Lasègue vient de faire justice de ces exagérations, il fait remarquer que l'épilepsie tient le plus souvent à une malformation du crâne, qu'elle est, au coniraire, la maladie la plus rebelle aux influences extérieures, que Ton fait souvent dater d'une frayeur un mal existant déjà avant elle, que la frayeur est souvent illusoire (comme la vue inattendue d'une chèvre ou d'un chien !), et il déclare comme conclusion, n'avoir c jamais rencontr-î un cas d'épi lepsie franche qui, après enquête personnelle et sérieuse, paraisse avoir dû naissance, ni à la peur, ni à une émotion d'aucun genre (1) k]
3' Les causes que nous venons d'énumérer en dernier lieu n'agissant point directement sur l'encéphale, mais elles ébranlent presque imm'^diatement cet organe par l'entremise des nerfs sensoriaux.
Si nous passons à l'étude de l'épilepsie sympaihiqxie ou réflejf, nous trouvons que l'action pathogénique , moins directe encore, atteint les centres nerveux sans produire de commotion inslantan*^» > avec le concours du consensuSy qui relie ensemble toutes les parties d'i système cérébro-spinal et du système ganglionnaire.
[Du reste, Brown-Séquard a démontré expérimentalement la possibilité de production de ces épilepsies d'origine périphérique, f^ déterminant des crises épileptiques chez des cobayes par la secti 'î d'un ou deux nerfs sciatiques.]
Un nerf sensitif de la face ou des membres est-il blessé dans on f<^' quelconque de son trajet par un instrument piquant ou contondant. ^' il irrité par un corps étranger ou des esquilles qui tiraillent ses fibr»^. comprimé par une tumeur des parties molles ou des os du voisinage. ^ névrome se développe-t-il sur son trajet , le mal caduc pourra <^tre .* conséquence de ces divers états morbides. C'est par un raérani«n
(1) Lasègue. Pathogénie de Vèpilepsie (Arch. de méd., juillet 1880, et Union 1880).
ÉPILEPSIE. 81 i
semblable que la dentition, la carie dentaire, la présence de larves d'insectes logées dans les simis frontaux (Duménil et Legrand du SauIIe; Sauvages avait signalé dans Tétiologie de la maladie c les insectes qui picotent les sinus des narines » ), occasionnent quelquefois le développement de Tépilepsie; les excitations morbides du nerf trijumeau mériteot à cet égard une attention toute particulière, et que justifient la distribution étendue de ce nerf sensitif, la multiplicité de son rôle physiologique, ses connexions avec l'encéphale dont il est comme un prolongement direct, et surtout avec les foyers dMnnervation motrice renfermés dans la moelle allongée.
[Brown-Séquard a pu réunir Al cas d'épilepsie survenue chez des individus qui avaient eu une lésion traumatique ou une irritation du sciafiqueou de ses ramifications, et sur ce nombre, il y avait 41 amputés (1). D'autres fois, ce sont des affections des nerfs (névroses, cicatrices, blessures, etc.), qui produisent Tépilepsie. Sans doute, il faut accepter avecla plus grande réserve les cas d'épilepsie réflexe dont nous trouvons la relation dans tous les auteurs anciens qui se sont si complaisamment étendus sur les nombreuses guérisons de la maladie par la ligature du membre sur le trajet d'une aura, par la section d'un nerf, et par de? exiirpations de tumeurs. Mais ce serait tomber dans une exagération aussi regrettable que de nier la possibilité de ces faits. Pour n'en citer que quelques-uns, rappelons l'observation de Lande (de Bordeaux), relative à une épilepsie consécutive à la blessure du nerf médian par une balle ; les faits de Billroth et Schâffer, concernant des épilepsies ayant succédé à une contusion du sciatique droit (2) ; celui de Bernhardt, relatif à une blessure du nerf médian gauche et qui devint le point de départ d'attaques épileptiques toujours précédées d'un spasme clonique lu bras gauche; celui de Briand (3), relatif à un malade atteint de contusion très violente des deux nerfs sciatiques et qui, indemne jusqueà chez ses ascendants et dans ses antécédents de toute affection conlilsive, fut pris d'attaques épileptiques fréquentes; enfin celui d'une lévralgie sciatifique spontanée suivie assez promptement d'attaques onvulsives (4).
(Ij Comptes rendus de la Soc. de biol. , 1870.
(i) Voy. Letiévant. Traité des sutions nerveuses, Lyon, 1872. — BUlroth. Klin. Arch,
'' Langenbeeh, 1871. — Schftffer {AerUL intelligenM. , 1871).
(3) Briand. BuU. delà Soc. de méd, d'Angers^ p. 121, 1875.
(i) M. Du mol a rd (de Vizille) a relaté dam un travail sur la sciatiqtie intermittente {Lyon
édical, n* 22, 1880, p. 152) le fait suivant : Un malade de trente-cinq ans a eu des con-
Isions épileptiques sons l'influence de ces deux conditions : En 1872, des convulsions géné-
îes surviennent à la suite d'une forte contusion d'un doigt, et en 1879 après une entorse.
187i, les douleurs paroxystiques d'une sciatique intermittente s*accoflipagnaient de impes dans le pied remontant le long de la jambe, de la cuisse et du flanc droit et se minant par des secousses convulsives dans les membres. Ces accidents disparurent par XiUtion da bromure de potassium. Ainsi donc, dans ce cas, la névralgie du sciatique avait
la cause, sinon prédisposante, au moins dclerniinanlc des accès épileptiques.
Dans certains cas, Tépilepsie provoquée par rirritation des nerfs vaso-moteurs d'un membre, ou précédée par des phénomènes de spasme vasculaire, mérite le nom d'épilepsie vaso*motrice. Ainsi, un malade cité par Bernhardl (de Kœnigsberg), après avoir eu les pieds humides, ressentit du fourmillement dans un pied, à la suite duquel il se produisit de la pâleur, un abaissement thermique de 4à 5 degrés el une série de crampes dans les muscles de la jambe, qui se terminaient rapidement par la perle de connaissance et les convulsions (1). De m côté, Thurn a vu survenir chez les soldats en campagne des accidenL« caractérisés par la syncope, Tangine de poitrine et l'épilepsie d'origine vaso-motrice, qu'il explique de la façon suivante : Pour lui, les effort> musculaires et les marches prolongées jointes à l'irritation des nerfs périphériques (pertes de substances considérables par les pieds, varicedouloureuses, etc.), sont capables de déterminer un spasme vasculaire qui donnera lieu à la syncope, à un accès d'épilepsie, ou àuneaGgiO'^ de poitrine, suivant que ce spasme atteint les vaisseaux du cerveau, d i pont de Yarole, ou ceux du thoiax et du cou (2).
D'autres fois, l'épilepsie vaso-motrice n'est pas constituée par le spasme vasculaire, mais bien plutôt par la dilatation ou un étaldt parésie des vaisseaux. Ainsi, Bernhardt rapporte le fait d'une jeune filk exposée dans sa chambre à coucher à des inhalations d'oxyde de carbone, et qui était en proie depuis dix-huit mois à desc rises épileptifonne\ précédées toujours de douleurs de tête très vives ; grâce à la suppr.*!^sion de la cause, ces crises disparurent, mais revinrent un jour que li malade séjourna dans une cuisine remplie d'une fumée épaisse. Dan^ ce cas, il est évident qu'il se produisait, comme dans tous les empoinunements par l'oxyde de carbone, un état de dilatation parétique «J»^ vaisseaux et de congestion des centres nerveux. Du reste, nous pouvcc: rappeler à l'appui de cette thèse, les faits d'angine de poitrine u<motrice signalés dernièrement par Renault (de Lyon), à la suite d l'inhalation de vapeurs d'oxyde de carbone (3), ainsi que les trouti • intellectuels dus à l'intoxication lente par Toxyde de carbone (/ •<' des cuisiniers), sur lesquels le D' Paul Moreau (de Tours) a insisté Jj^^ un intéressant mémoire (4).]
Les nerfs viscéraux, plus encore que ceux de la vie de relation. > ' exposés à des excitations anormales très multipliées, surtout ceu\ dt-
(t) Cité par Voisin.
(â) Thurn. Syncopa. Epilepsia vasomotoria und angina pectoris voiomotori* (IVutrA^ - * litair, Zeilsch., 1875).
(3) Lyon médical., 1880.
(4) Des troubles intellectuels dus à V intoxication lente par lega^ aryde de cvha^e-^*' 1876. Ces troubles sont caractérisés par des vertiges, des éblouissemeots, dt ropt*"** des syncopes, des hallucinations de la vue et de Touïe» des concepUons délirantes. K •' sorte de vague qui enveloppe toutes les pensées d'incertitude, d'indécision, par le i*'t' -
perbécutioiis.
ËPJLEPSIE. 813
voies digeslives et génilo-urinaires ; aussi Tépilepsie sympathique at-elle souvent pour foyer ces deux appareils organiques (les organes respiratoires et circulatoires ne semblent pas exercer une influence aussi marquée): substances irritantes, aliments indigestes; chez renfant, riflgestion d'un lait trop séreux ou trop riche en principes alibiles, le sevrage prématuré ; les aflections chroniques de Tappareil digestif, la présence de vers dans Tinlestin, une constipation opiniâtre, un développement abondant de gaz, voilà autant de causes possibles d'éclampsie et quelquefois d'épilepsie sympathique. Mais dans ces cas, il s'agit bien plutôt de convulsion s leptiformes que de convulsions réellement épileptiques. Il en est de même pour les concrétions biliaires, les^ maladies du foie, Tengorgement de la rate; les calculs contenus dans la vessie, les uretères, les bassinets (1); les états pathologiques les plus divers de l'utérus et des ovaires, depuis la simple leucorrhée jusqu'aux plus graves lésions de tissu, et même les actes physiologiques qui paraissent s'accomplir sans aucun trouble local, tels que l'apparition des règles, la grossesse ; à plus forte raison devonsnous indiquer les congestions cataméniales douloureuses, les grossesses accompagnées de perturbations sympathiques plus ou moins graves.
[L'influence de la menstruation (2) sur le développement et ia marche deTépilepsie e^t une des mieux établies et des plus importantes à connaître; beaucoup d'épileptiques ont vu leurs premiers accès coïncider avec rétablissement difficile de cette fonction (il est vrai que souvent à celte cause s'ajoutent une émotion vive, un refroidissement des extré- .*ni(és par suite de l'immersion imprudente dans Feau). Les cas assez graves d'épilepsie qui surviennent chez les femmes à l'âge de la ménopause, ont été envisagés par quelques auteurs comme résultats de la svmpathic utérine. Mais tous ces faits, encore très contestables, se rap-
(1) Huscroft Caseof epileptiform convuUionM from calculus in the utinary bladder, cured l^yan opération {Xreh, of ic.andpract. med. New- York, 1873).
ii) Berthier, dans son travail : Dei névroses menstruelleSf a rapporté un certain nombre de eas d'épilepsie survenue sous rinOoence de troubles men&truels.
C. Mayer pirle d'une épilepsie qui cessa après la guérison d'une antéversion ulérioe, Piosenlhal cite l'observation d'une jeune fcmoïc qui, après quatre mois de mariage, était >nse à la suite de chaque rapprochement, de douleurs vives dans le ventre auxquelles s'aoulèrent bientôt des crampes avec perte de connaissance. Les accidents épileptiques redorent ensuit^ à chaque époqne menstruelle, et ensuite à la période intercalaire. A l'exaoeo, on constata au niveau de la partie antérieure et inférieure du vestibule du vagin un toint très sensible dont la pression, môme légère, provoquait chaque fois une attaque conuJsive. Ces attaques ne di- parurent qu'après l'excision des parties sensibles (Rosenlhal, foc. il.i p. 515). — Bernhardt rapporte un cas d'épilepsie réflexe ayant son point de départ lans une irritation de l'appareil sexuel {Deutsch Zeitsch, f. prakt, med., 1876«. Il s'agit d'une sune fille de seize ans, non réglée, qui, après le développement de douleurs très vives ans l'abdomea et la région lombaire, fut prise d'une attaque d'épilepsie. Tous les accès ui suivirent étaient précédés de la même crise douloureuse. On constata chez elle une imerfjratioa de l'hymen et une rétention complète des menstrues ; une opération leur ayants uvert une sortie libre, débarrassa en même temps la malade de ses attaques épileptique.
814 NÉVIIOSES COMPLEXES.
portent à des femmes qui présentaient déjà pour le mal caduc une prédisposition antérieure. Encore faut-il signaler l'errenr qui a dû être bien souvent commise entre Thystéro-épilepsie et Tépilepsie. Autant la production de la première sous Tinfluence de la ménopause est bien démontrée, autant celle de la seconde dans les mêmes conditions est douteuse et problématique.]
Quant à la grossesse, son influence n'a rien de constant : on la \oit quelquefois enrayer les accès épileptiques, d'autres fois les occasionner pour la première fois ou les rappeler, comme nous l'avons vu plus haut dans l'exemple rapporté par Terrillon. Ailleurs, des attaques, apparues au début de la grossesse et revenues plusieurs fois dans son cours, &*^ sent avec la délivrance. Un fait plus étrange encore est celui d'une femme (citée par van Swieten) sujette à des attaques quand elle élail enceinte d'un garçon et qui n'en éprouvait pas lorsqu'elle portait uii'^ fille dans son sein ! L'acte de l'accouchement, nécessitant des efforts considérables, s'accompagnant de vives souffrances, d'émotions morab souvent profondes, pouvant entraîner des hémorrhagies, des blessures douloureuses, semblerait, à tous ces titres, devoir souvent occasionner l'épilepsie; l'observation montre qu'il est loin d'en être ainsi; car >i l'on maintient la distinction rigoureuse de l'épilepsie et de l'éclampsie puerpérale, l'importance de cette cause se trouve réduite à des proportions minimes. Ajoutons ce fait très intéressant d'observation; ce>t que les accès d'épilepsie provoquent bien moins souvent la mort do fœtus que les accès d'éclampsie.
Chez l'homme, les blessures du testicule ne méritent pas l'importan*^'' qui leur a été accordée autrefois.
Dans les deux sexes, la continence a été accusée, mais avec moins i" raison certainement que l'excitation abusive du sens génital, dedonnei lieu au développement de l'épilepsie.
Nous devons présenter au sujet des causes qui précèdent, qnelqu-^ observations qui s'appliquent au moins à un grand nombre d'entre elb Sans mettre en doute que des affections viscéi^es puissent devenir ^'s foyer d'irradiations nerveuses et conséquemment une cause d'épile(>>it il est essentiel de reconnaître que dans bien des cas les points d*oû mal semble partir ne présentent point de lésions évidentes et incoul^ tables, et que leur situation profonde a dû plus d'une fois donner change a l'observateur. Quand le malade accuse une aura montant ti^^ mains ou des pieds vers la tète, si l'examen de ces parties n'y bit n^' constater d'anormal, on se gardera bien d'y supposer une afiteiii'morbide et d'y admettre un loyer d'irritation sympathique; nw: l'aura parait naître de l'estomac, trop souvent on se hâte decoDcIur-'' une affection de cet organe, et l'épilepsie est dite gastrique; de it'-s pour l'intestin, le foie, etc. Bien plus, si la sensation est rapporft^p
É1MLËPS]E. 815
l'épileptique à plusieurs points simullanémenly par exempleaux lombes, à l'épaule et à Testomac, c^est ce dernier organe qui volontiers sera pris pour la source principale de la maladie et qui lui imposera son nom* Il est certain que des erreurs de ce genre ont contribué à grossir démesurément la liste des épilepsies sympathiques, le seul fait de Vaura épileptique ayant fait supposer, à tort, dans l'organe d'où elle semble se diriger vers la tète, laprésence de quelque état morbide important ; combien souvent ce qui n'est qu'un symptôme a-t-il été ainsi pris pour le point de départ de la maladie !
Une autre erreur consiste à ériger en causes de simples phénomènes coocomitants : presque toujours le médecin, mis en présence d'une affection dont l'étiologie est obscure, a une extrême tendance à la rattacher à quelque état pathologique facile à apprécier ; aussi subit-il àcilement l'espèce d'illusion qui convertit une coïncidence tout indifférente en une source d'effets sympathiques.
Peut-être est-ce de cette manière également que l'on a été conduit h envisager la suppression des dartres, des suppurations anciennes, d'un exutoire, comme des causes d'6pilepsie;mais peut-être aussi y a-t-il quelque chose de réel dans Faction qu'on suppose exercée sur le système nerveux et sur la composition du sang, par la cessation brusque f une sécrétion devenue habituelle. Dans tous les cas, les exemples que 'on a donnés d'épilepsies survenant après la suppression d'éruptions liverses, de dartres, etc., prêtent beaucoup à la critique et sont des (lus contestables, comme on peut le voir notamment dans les observaions rapportées par Berthier (1).
fOn cite dans la science quelques rares exemples d'épilepsies d'o« igine médullaire, dont la possibilité nous a été du reste révélée expérilentalement par Brown-Séquard qui a produit des convulsions épilep- ]ues chez des animaux par la section d'une partie de leur moelle, nsi, Dumesnil a relaté le fait d*une épilepsie consécutive à une fracre des vertèbres cervicales et à une myélite (2). Oppler rapporte l'obrvation d'un malade qui eut des attaques d'épilepsie/rancAe(?)dan8la nvalescence d'une méningo-myélite traumatique (3). M. Gharcot, qui fait remarquer avec juste raison l'extrême fréquence l'épilepsie chez les animaux à la suite de lésions spinales comparée a rareté chez l'homme, dit en avoir observé une dizaine de cas dont moitié est relative à des lésions de la moelle cervicale déterminées r la compression (4).
) Berthier. Des névrotet diathésiques, Paris, 1875. — Caisso. Da déviations de l'herpé-
le (Un. méd. de Bordeaux),
'.) Ga^ de» hép^, 1862.
> RuckenmarkM, EpUepaie {Arch. f&r. Psyh, und Nervenk., 1874).
) Leçons sur les mal, du syti, nerpeux. Campreuion lente de la moelle, 1873, p. 137).
»z encore les exemples cités par PageauU (Thèse ioaug, de Paris, 1825); par Geddiogs
'th Amer, Areh. ofmed,andsurg. se. Baltimore, 1835, vol. 1, p. 110); par OUivier (d'An-
M) NEVp.ôStS COMfIXXES.
Westplial a pu délenDÎner des alUques épîieptiqnes th^ (ks c»:-:r. n^ d'Iode en les frappant plusieurs fois sur latèle. Ew? même chezlTiorLr..^ les Iraumalismes cérébro-<rrâniens (fracture du cràœ, diule siir .1 télé, etc.) ont pu donner lieu à Tépilepsie. Tantôt le traumatisme ui produit aucune lésion apparente du cerveau on de la boite cnni'rGi;-. tantôt il a produit une fracture ou un enfoncement des os du crari'', ri dans certains cas on a pu obtenir la guérison de la névrose par b trépanation il).]
C. Causes occasionnelles des accès. — Toutes les causes déjà èno:! réeSy par cela même qu'elles sont suscefilibles de donner lieu i^^u première attaque chez un sujet sain, peuvent à plus forte rais^^n -^ amener le retour dans Tépilepsie ancienne, et cela même quand U'ii intensité est assez faible : la moindre émotion morale, une eiciu.i q médiocre des sens, la seule continence forcée chez les personnes qci peuplent les ho:ipices, les écarts de régime et principalement ion n'y saurait trop insister) les excès alcooliques, deviennent roccasion •!. nouvelles attaques. L'époque menstruelle a sur leur apparition uo^ icfluence inconteslable. En est-il de même des phases lunaires? Cesl i: sujet qui réclame de nouvelles recherches.
Quant aux effets des variations de température, deschangemenl^l.^ l'état hygrométrique et électrique de l'atmosphère, on n'est pas en-^-: arrivé non plus, à leur égard, à des résultais bien concluants.
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans mentionner rinflueocef le sommeil exerce sur la répétition des attaques, chez les épileptiq^ .^ dont les accès sont habituellement nocturnes : si ces malades m'.ti éveillés la nuit, leurs accès deviennent diurnes (Leuret).
Anatomie pathologique. — Quoi qu'en ait dit J. Frank, alors m i que l'on soumet le cadavre des épileptiques à l'examen le plus att'C'^ très souvent on y cherche vainement une lésion matérielle du s\si>'' nerveux.
D'autres fois on trouve une ou plusieursaltérations, qu'il faudrait^: voir distinguer en primitives, c'est-à-dire ayant précédé le dévelo|j ment des symptômes épileptiques, eiconsécutiveSf paraissant n^étre .-
gers); par Rillict et Barthez, t. III, p. 589; par Bouchard (DégénèratUmi la moelUf in Arch. de méd., 18G6j.
(1) Voyez sur l'épilepsie traumatique les travaux suivants : Briaud. ÉpUepik tramn* ■" (Thèse in. do Paris, 1871. — A. Charrier. DeVépilepiie traumaiique et cotuéeutife ë»^ ' ■ de tête, et de ia trépanation comme moyen de traitement (ThèM iu. de Paris, f 875). — J . Sr ' De l'f^pilepsie et du traumatisme dans leurs rapporté réciproque* (Thèse in. d^P^r** — Azam. Des troubles intellectuels provoqués par les traumatismes du ctrrtm ' 1' "- "^ méd., févr. 1881).
ËPILEPSIE. 817
le résultat OU le produit de ces symptômes eux-mêmes. Il nous suffira pour le moment de les diviser en anciennes et récentes.
a. Pour ce qui est des altérations anciennes, il s*en faut qu'on 1 es ait trouvées semblables par retendue, le siège, la nature; rien de moins exact, par exemple, que l'assertion de Wenzel relativement aux altérations du cervelet qu'il disait être constantes chez les épileptiques. Voici le catalogue des principales lésions constatées par divers anatomopathologistes ; on verra que ce sont à peu près toutes celles dont les centres nerveux ou leurs enveloppes sont susceptibles :
Cmne petit, déformé, épaissi, déprimé avec ou sans fracture, concrétions tophacées, cxostoses, corps étrangers fixés dans les os ; — duremère : ossiùc^lions de la faux du cerveau, de la tente cérébelleuse ; épaississements cartilagineux, fongus, abcès; polype des sinus veineux; — pie-mère épaissie, infiltrée, adhérente à l'encéphale, contenant des concrétions, des tumeurs de diverse nature ; calculs, kystes des plexus choroïdes ; lamelles cartilagineuses ou osseuses de Varachnoîde céphalo-rachidienne;— encéphale : pâleur, congestion, suppuration, ramollissement, induration de la substance blanche, de la substance grise, de la surrace ou des parties centrales; développement imparfait, atrophie plus ou moins étendue des lobes cérébraux antérieurs, moyens, postérieurs; tubercules, cancer, hydatides, corps étrangers ; hydrocéphalie interne, etc.
[On a noté encore d'autres altérations que nous allons rapidement passer en revue : Tenner et Kusmaul, Solbrig, Hoffmann ont constaté une sténose ou rétrécissement de rorifice supérieur et de la partie supérieure du canal vertébral, survenant par maladie de l'axis, de l'atlas ou de l'occiput et donnant lieu à la compression de la moelle allongée. Kroon a relaté un développement anormal et asymétrique des olives avec asymétrie du bulbe, et Wenzel, une hypertrophie de la glande pituitaire.
Une lésion sur laquelle on a beaucoup et diversement insisté consiste ims Vinégalité de poids des deux hémisphères cérébraux. Pour Follet il Baume, l'intensité et la fréquence des attaques épileptiques seraient in raison directe de la différence de poids des hémisphères, et les atta- |ues elles-mêmes seraient dues à la rupture d'équilibre entre le courant lerveux. Mais Delasiauve, qui a fait aussi des pesées comparatives, l'a trouvé qu'une seule fois une différence de 80 grammes, dans d'aures cas une différence de 15 à 20 grammes seulement, et le plus souvent me différence à peine digne d'être appréciée. De son côté, Echeverria ilirme que le poids du cerveau présente toujours une augmentation due, 'après lui, à des exsudations cérébrales et à une hyperplasie de la évroglie. Pour Meynert, le cervelet est relativement moins lourd
AXElfrCLD. ^-
dicz répileptique que chez Thomme sain. Eafin, les obsenations r«^ccntes de Marie Bra font ameaé aux conclusions suÎTantes :
1** Le poids moyen du cerveau chez nos épilepliques est inférieur à la moyenne physiologique ( !).
2' Le cervelet est supérieur à la moyenne physiologique.
.'3" II existe une asymétrie fréquente entre les lobes (non spéciale à répilepsie). LY'lévation de poids siège tantôt à droite, tantôt à gauche, et régalilé est l'exception.
4*' Dans aucune forme d'aliénation mentale (si ce n'est la paraly^i-: générale qui, chose remarquable, s^accompagne aussi de crises èpileptiformes), nous n'avons rencontré d'écart aussi constant et aussi marqu'* entre les hémisphères cérébraux que chez les épilepliques.
Comme on le voit, cette inégalité de poids des deux hémisphères cérébraux et des lobes cérébelleux a été rencontrée assez souvent daib le mal caduc; mais il est juste de faire remarquer également quelle a été constatée non seulement dans la paralysie générale, mais aussi dans un grand nombre de psychoses. D'un autre côté, l'asymêlne cérébrale peut bien être l'effet des attaques d'épilepsie, loin d'en èire la cause. Ces attaques, on le sait maintenant, provoquent dans la substance cérébrale des poussées congestives qui affectent l'un des hémisphères, déterminent vers lui une nutrition plus active, d'où ooe hypertrophie de cette partie du cerveau, et aussi une augmentation de poids (1).
M. Clovis Gallopain a dernièrement trouvé dans un cas d'épileps'> compliquée d'imbécillité et terminéepardes attaques apoplectiformes ei une hémiplégie droite, un cancer encéphaloïde du lobe frontal gauch-? ayant fait irruption dans le ventricule latéral et le troisième ventricule;, avec absence de développement du pli courbe et du lobule du pli courbe du côté droit (2).
Dès 1825, Bouchet et Cazauvieilh (3), puis Lélut et Delasiauve ec France, avaient constaté souvent une lésion des cornes d'Ammon. Celle^i a été retrouvée un grand nombre de fois, et elle a toujours été caractérisée par l'induration scléreuse et atrophique de l'une des de«
(1) Voyez sur ce point les travaux : de Follet. Considérations pratiques et thèoriçueî bt 300 autopsies faites de 1833 à 1845. Paris, 1857. — Observations de Saiat-4ï«noua et i^ {Arch. de mèd. pxych., 1856 et 1859). — Baillarger, Bouchet, Delasiauve {Soc. de mùdecmg, juin 1857). — Baume. Considérations médicales sur VasUe de SahU-AthëBOse i Quv^"'' 1862. — Bourneville. Mémoire sur Vinêgalité de poids entre les kémi$phèreM eértirt^^ *•' épHeptiques (Journal des conn. méd, et pharmaceutiques, n* 17, 18, 19, de 186t>, — ^'^ tiolet. Idiotie et épilepsie. Atrophie unilatérale et croisée des hémispkères dm cerrrts « du cervelet (Ann. méd.-psych.j 1863. — Marie Bra. Du poids du eerpeau et dm eerreUt • • les épilepliques (L* encéphale, n" 2, 1881).
(t) Annales médico-psycli,, 1878, p. 344, et Sac, mat. du !23 mars 1877, dans BuH ^ Sôc. anat. de Paris, 1877, p. 557.
(3) Bouchet et Cazauvieihl. Arch. de méd., 1825. — Bouchet. ÂnmeUs mèdicihf*f*
cornes d'Ammon ou des deux h la fois (survenant par suite d'un travail d'hyperplasie conjonctive déterminant Tatrophie et même la disparition des cellules pyramidales). Rarement on a observé des tumeurs, ou un état de ramollissement de ces organes, et dans ce dernier cas il s'agissait toujours d'un ramollissement avec congestion et petits points hémorihagiques qui traduisaient ainsi la première période de la lésion. La fréquence de ces altérations serait variable, d*après les différents auteurs : elleserait de4p. 100(Snein,de10 ou14.p. 400(Bourneville)(1), de 17 p. iOO (IIemkes),de 30 p. 100 (Sommer) ; enfin quelques auteurs, Meyuert, Holier et Otto, croient ces altérations presque constantes. Mais il s'agit de savoir si elles sont primitives ou consécutives. Malgré Fopinionde Sommer (2) qui les regarde comme primitives et qui place dans les cornes d'Ammon le siège de certaines épilepsies caractérisées surtout par l'association de quelques troubles sensitifs, nous pensons qu'elles sont consécutives et qu'elles doivent être mises sur le compte des profondes modifications circulatoires produites par l'intensité et la fréquence des convulsions (3). Du reste, les données récentes de Tanatomie et de la physiologie nous donnent absolument raison ; et si, d'après Meynert et Iluguenin, les cornes d'Ammon sont des régions éminemment motrices, David Ferrier a montré que la lésion expérimentale de cesor^^anes donne lieu à une pseudo-parali/sie motrice due à la perte des sensations tactiles qui guident les mouvements (4). Enfin, les expériences de Kusmaulont prouvé que l'ablation de la corne d'Ammon chez les animaux n'avait aucune influence sur la production des convulsions, et Nothnagel, en déterminant une lésion de cet organe, n'a observé aucun accident rappelant l'épilepsie, de près comme de loin.
A côté de ces altérations, il faut noter les vices de conformation de la botte osseuse du crâne. Déjà, dès le commencement de ce siècle, Dumas (5) avait fait la remarque que la face des épileptiques était moins développée qu'à l'état normal; en 1852, Lunier(6) étudiait la conformation du crâne et trouvait chez les uns une dépression du frontal, chez les autres un aplatissement de la fontanelle antérieure, et chez d'autres encore un défaut de symétrie résultant de la proéminence de l'un des pariétaux ou encore de l'une des moitiés du frontal.
(1) Cité dans la thèse in. de Coulbaull (Paris, 1881).
(i) Sommer. {Arch. f. Piych.., t. X.)
(3j Sur 43 autopsies d*épileptiquei, Pfle{çcr a yu vingt-cinq fois la corne d'Ammon atrotiiée par sclérose. Mais il a trouvé cette altération développée au maximum et avec le plus 4le fréquence chez les épiUptiques qui avaient eu dei attaquei intensei et répétées (Allg ZeiiKch. f. Psych., t. XXVI. Analysé dans les Arch. de neurologie^ n* i, 1880, p. 290).
(4;D. Ferrier. Des fonctions du cerveau. Traduction française, 1878, p. 288.
\b) Recueil périodique de fa Soc. méd. de Paris ^ 1810.
(6) Annales médicihpsyck,, 1852.
Dernièrernenl, M. Lasègue a insisté sur une asymétrie fronto-faciaU qui serait le résultat d'un vice de consolidation des sutures de la base du crâne. Cette consolidation s'accomplissant ordinairement pendant plusieurs années, de dix à dix-huit ans, on peut dire que le momenlde sod achèvement marque le plus souvent la naissance du mal comilial. Celle asymétrie épileptogène s'accuse par une saillie plus ou moins notable d'une des moitiés du frontal, le plus souvent marquée à droite; cette saillie globuleuse occupe le plus ordinairement la région sousorbitaire, quelquefois elle se porte plus en arrière au niveau de la suture avec le pariétal correspondant, c La saillie prédominante se constate à la fois par le toucher et par la vue : par le toucher, en appliquant simultanément les deux mains sur le front du malade et en exerçant un palper répété et attentif ; par la vue, en faisant renverser la lêle en arrière, de manière que la partie moyenne du frontal se dessine comme ligne d'horizon. Si la déformation se borne là, je la liens pour douteuse. 11 faut qu'elle retentisse sur le système osseux de la face et s'y accuse par des déviations certaines. On constate à l'examen, tantôi une asymétrie des orbites, tantôt celle d'un des os malaires qui fait une saillie évidente, tandis que l'os parallèle subit une dépression, souvent toutes les deux. L'inspection de la voûte palatine me parait fournir un complément d'information indispensable. L'arête qui trace la ligne mr diane est plus ou moins oblique, et les deux côtés de la voûte du pla^r
n'affectent pas la même courbure Ces asymétries, presque toujours
manifestes même à première vue, quelquefois exigeant une recherche
méthodique, semblent répondre à deux types : ou la face a subi un
mouvement de rotation en sens inverse du frontal, ou elle est entraîné
dans la même direction. Dans le premier cas, à la saillie frontale droi!e
répond une saillie molaire gauche; dans l'autre, les saillies se dessinent
du même côté. La première forme est la plus commune(î). » (Lasègue.»
Enfm, dans quelques cas la déformation des parties molles participe
à celle des plans osseux, et les muscles du visage sont soumis à des cou-
tractions inû^ales des muscles analogues à celles qu'on observe chez le?
gibbeux: d'où un plus grand développement des plicutures de lapea::
d'un côté, la déviation d'une des lèvres, ou l'abaissement relatif de lu:
des sourcils. Il résulte donc de ces recherches nouvelles, que l'épilep^i
qui se développe de dix à vingt ans sous l'influence d'un défaut de J *-
veloppement ou d'une déformation du crâne, est moins une maladie
qu'une infirmité : elle s'établit d'emblée par une attaque dont les tarai-
tores reproduisent absolument ceux des attaques subséquentes; ell^ •fiî
remarquable parsonincurabilité, mal}»ré la puissance de certains nir :.*
camenis qui peuvent bien éloigner les crises, mais qui ne suppr:in''i.t
(1) Dans un eus rapporU* par Lecorché et Talainon {Études eliniquêf, p. ÔôO, 15!^l • < nialfornialion du cnXnc et l'asymétrie faciale étaient dues au rachitisme.
pas la déformation ; elle ne se transmet pas directement de père en fils, mais ellepuise bien plutôt son hérédité indirecte à des sources multiples, aux affections les plus diverses du système nerveux. Cette épilepsie dont le développement est presque impossible après l'âge de vingt ans, puisqu'à cette époque la consolidation de la base du crâne est consommée, diffère donc de l'épilepsie précoce qui survient après la naissance, ou dcTépilepsie tardive qui se montre à Tâge adulte ou même dans la neillesse; elle diffère encore de cette classe d'épilepsies accidentelles qui sont consécutives à des traumatismes, à des intoxications, à des tumeurs iQtra-crâniennes, etc., et qui sont bien plutôt des pseudo-épilepsies (1).]
Ne sufût-il pas de Ténumération de tant d'états organiques différents et méoie opposés pour montrer qu'on ne saurait, dans l'étude de l'épilepsie, établir une relation directe et simple entre Taltéiation anatomique et le trouble fonctionnel ? Ni le point occupé par la lésion, ni la profondeur à laquelle elle s'étend, ni son espèce, ne contiennent l'explication de la maladie. L'épilepsie peut exister avec la lésion la plus légère, telle qu*une ossification partielle de la faux du cerveau ; elle peut manquer dans les cas de désorganisation profonde, comme un vaste ramollissement cérébral ; elle peut prendre naissance à Toccasion de toutes, 6t toutes peuvent exister sans la produire; souvent on la voit sévir gravement et pendant de longues années, alors que l'examen de l'encéphale ne montre rien, du moins rien de reconnaissable à nos moyens actuels d'investigation. Faut-il en conclure que les modifications organiques des centres nerveux, lorsqu'on en constate, sont desimpies coïncidences ? Nullement ; mais ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'entre la lésion et le symptôme épilepsie se place une condition intermédiaire, un élément moins saisissable, mais seul nécessaire, toujours le même au milieu de la diversité des conditions apparentes, et pouvant se réaliser ilors que tous les autres font défaut. Ce sera à la physiologie pathoogique de nous apprendre quel est cet élément.
Nous allons maintenant passer rapidement en revue les lésions coitécuiiveSf auxquelles nous avons déjà consacré d'assez longs développenents au sujet de certaines lésions qui avaient été regardées 4t tort omme primitives.
h. Quand les épileptiques succombent en état d^ mal^ on trouve dans B cerveau et dans tous les organes les lésions consécutives récentes qui ppartiennent à l'asphyxie ; rien de spécial par conséquent.
(1) Lasègue. De Vépilepiie par tMlfarvMtUm du erdne {Areh. de méd., 1877, t. XXX). oyez encore mémoires suivants : Vielle. Conndérations tur FépiUpiie a$$ociée à certaénee ^iformatiaiu du corpe en général et de la télé en particulier (Thèse in. de Paris, 1878). — obard. Etude clinique eur VépUepêie par malformation du crâne (Thèse in. de Paris, 1878).— >rin (1^^ méd., 1878). — T. Legrand. De la maladie épHepttque vraie (Thèse in. Lille, ^1). — Voyei; quelques pages plus loin, la discussion du dugnostic.
g22 NÉVROSES COMPLEXES.
Toutefois rhyperhéoiie cérébrale avec ses caractères propres (rongeur due à ladilatalion des vaisseaux capillaires) et les changemenls de leiture qui s'y ajoutent à la longue (induration ou ramollissement, exsudai albumino-fibrineux ou graisseux, hypertrophie de Teneéphale), quoique ne pouvant évidemment être envisagés que comme les effets des attaques répétées, méritent de fixer toute notre attention. Des études récemment faites ont, en effet, conduit à ce résultat intéressant que Y\\\[kî' hémie, ainsi que les modifications organiques développées sous riufluenc^ de ses fréquents retours, a pour siège principal la moelle alloogét^. notamment les foyers de substance grise de Tisthme encéphalique; el suivant que les convulsions ont prédominé dans la distribution de tel ou tel nerf moteur, on voit les masses grises où plongent les raciDe> de ces nerfs être atteintes du maximum de dilatation vasculaire, d'induration , de ramollissement^ d'infiltration séreuse ou graisseuse. Aion. par exemple, on trouve ces altérations très prononcées, des dilatalioos des capillaires avec épaississement de leurs parois à Forigine du neif hypoglosse, chez les malades qui se mordent la langue pendant leur> accès ; on constate leur absence plus ou moins complète chez les ^fileptiques qui ne présentent pas ou présentent rarement des convulsiualinguales ; de même pour les origines du nerf de la huitième paire, Suivant que les attaques s'accompagnent ou non de signes d'asphjiie très marqués (Schrœder van der Kolk).
[Echeverria (i) a aussi constaté ces ectasies vasculaires dans h moelle allongée; il a trouvé en outre une exsudation granulo-albumineuse, des cellules granuleuses, et entre elles une grande quantité de corpuscules amylacés, une pigmentation très accusée des cellules ganglionnaires, surtout dans les noyaux de l'hypoglosse et du pneuniogiitrique. 11 a constaté des altérations semblables dans d^autres partie<d; cerveau et dans le cervelet, mais d'une façon moins constante quedâns le bulbe.
Le même auteur a de plus noté dans quinze autopsies, des lésicos du grand sympathique au cou, lésions primitives et non secondairrs d'après lui, qui sont caractérisées parla pigmentation des cellules gur glionnaires, par leur état granuleux et Thyperplasie du tissu conjou tif. Mais il est loin d'être prouvé que ces lésions soient primitif ^ et spéciales à la maladie, depuis les travaux de Lubimoff (i) et ! Meyer (3), qui ont établi que celte pigmentation des ganglions du sypathique cervical est presque constante chez les vieillards, et que. peut exister même chez des adultes atteints de paralysie générale o^» d'autres maladies.
(1) Cité par Nothnagcl.
(2) Lubimoff. Virchow's Arch,, 61 Bd).
(3) Meyer. Arch, f. Psych. und Nervenk., III Bd.
ÉPILEPSIE. 8â3
MM. Luys et Voisin ont démontré, de leur côté, que les lésions ne sont pas exclusivemet localisées à la région bulbaire, mais qu'elles sont disséminées dans des régions bien plus étendues, dans la substance propre du cervelet, dans ses fibres eflerentes, c'est-à-dire dans les pédoncules cérébelleux et aussi dans les différents amas de substance grise avec laquelle ces fibres se continuent (1).
Voisin a décrit des lésions de la substance grise corticale du cerveau, surtout lorsque l'épilepsie se complique de troubles intellecluels, de démence ou de folie. Dans une première forme, l'altération a pour siège principal les circonvolutions cérébrales antérieures et moyennes ; elle est caractérisée par des taches d'un blanc jaunâtre, ambrées, irrégulières, occupant la moitié inférieure de la substance grise corticale, ou par des zones jaunâtres, laiteuses, existant dans la partie médiane des circonvolutions, par des épanchements dans les gaines vasculaires dilatées, et aussi par des états régressifs des cellules et des tubes nerveux. Dans une seconde forme, on obsene des adhérences de la couche corticale et des méninges présentant l'aspect des lésions que Ton observe dans la paralysie générale (2). Ce même aspect est signalé par fiourneville , d'Olier et Brissaud dans quelques autopsies de sujets atteints de démence épileptique où les lésions ont été trouvées à peu près semblables à celles de la paralysie générale, avec cette différence que dans la démence épileptique l'altération débuterait par la couche profonde de la substance grise et intéresserait la couche contiguë à la substance blanche, tandis que dans la paralysie générale classique, la lésion atteint surtout et d'abord la couche superficielle de la substance grise (3).]
Du reste, toutes ces lésions ne nous paraissent pas plus caractériser la démence épileptique que l'épilepsie elle-même; elles sont secondaires, mais nullement primitives, au même titre que le sont celles que l'on constate-ordinairement après une série d'attaques nombreuses et subintrantesconsti tuant rétat de mal : ecchymoses dans divers organes, sous la peau du crâne, dans l'estomac, congestions ou noyaux apoplectiques des poumons, ecchymoses sous-pleurales, hyperhémies de la rate, du foie, des reins; injection des os du crâne, épaississement hyperhémique de la dure-mère, injection de la pie-mère avec taches ecchymotiques, adhérence de cette dernière membrane à la substance coiticale du cerveau, lésion de méningo-encéphalite diffuse avec augmentation du liquide céphalo-rachidien, état rosé et piqueté des circonvolutions, etc.
, (I) Luys et Voisin. Contribution à Vanatomie pathologique du cervelet, du bulbe et de corpi itriéi dans Vépilepsie {Arch, de med,, déc. 1869).
(i) Voisin. Dict, deméd, etdecMr. prat. Article epilepsie, 1870, p. 614.
(3; BonrneYiUe, d'OUer et Brissaud. Contribution à Vétude de la démence épileptique {Arch. de Mcvroto^tc, a* S, p. 213, 1880).
En résumé donc, toutes les altérations si nombreuses que nous avons passées en revue sont loin d'être constantes; loin de produire le mal caduc, elles sont engendrées par lui. L'épilepsie reste donc toujours une névrose, une xnaAdiàxe sinemateria.
[Épilepsie expérimentale. — A. Brown-Séquard (suivi dans cellf étude par d'autres auteurs) a démontré par des travaux nombreux d importants depuis 1850, qu'on pouvait produire l'épilepsie chez les animaux et surtout chez les cobayes, en déterminant les lésions suivantes:
i° Pour la moelle: section transversale complète ou presque coroplî-le d'une moitié latérale, surtout dans la portion comprise de ia 7" ou 8' dorsale jusqu'à la 2* ou 3* lombaire ; section transversale simultan^^e des cordons postérieurs, des cornes grises postérieures et d'une partie des cordons latéraux (1); section transversale, soit des deux cordon^ postérieurs, soit des cordons latéraux, soit enfln des cordons antérieur? seuls; section transversale complète; simple piqûre. •
2' Pour les nerfs : section du grand nerf sciatique ou du poplilé interne ; section des racines des dernières paires des nerfs dorsaui, des racines postérieures des nerfs lombaires servant à former le nerî sciatique; section du grand sympathique dans l'abdomen.
3* Pour le btilbe^ ou le cerveau : section transversale des tubeiTules natcs, et de l'un des pédoncules cérébraux; lésions du bulbe, extirpation du Y de substance grise au bec du calamus, et d'une partie de.^ deux corps restiformes (2) (Brown - Séquard). Percussion légère *^i répétée des os du crâne et de la face (Westphal); électrisation de Tud des hémisphères cérébraux par de forts courants induits et donnant lieu à des convulsions épileptiques dans l'autre côté du corps (Ferrier) (3).
Ces lésions diverses produisent ordinairement chez les animaui. selon Brown-Séquard, des convulsions épileptiques qui peuvent apparaltre après un temps variable (dans deux cas, trois jours après la pnv duction de la lésion ; dans un autre, quarante-cinq heures après, mù le plus souvent vingt ou vingt-deux jours après). Ces convulsions surviennent parfois spontanément, mais on peut en général les proToqu'T
(1) D*après Brown-Séquard, des trois grands cordons blancs delà moelle épinière,-* ti^" raux, latéraux et postérieurs, — ce sont ces derniers surtout dont la section f »t cf ■' de produire Tépilepsie.
(2) Pour démontrer que le bulbe — et non la protubérance, comme le croyait NolhoJif«< " est le véritable foyer central de Tépilcpsie, Brown-Séquard détermine de» attaquas ri«'>^~ sives chez des cobayes prives de tout l'encéplLile (hémisphères cérébraux, cervelH. pr^-** bérance) moins le bulbe rachidien.
(3 Bartliolow a cité le cas d*une femme atteinte d*ua carcinome de la voûte au <''•" gauche laissant à nuThémisphère cérébral correspondant, et^ches laquelle les courtots i>:»donnaient lieu à de l'épilepsie du côté opposé (cité par Rosenlhai, loc. cit.).
ÉPILEPSIE! 8i5
par rirritation de certaines parties de la peau, de la face et du cou, qui constituent ce qu'on appelle la zone épileptogène. Cette irritation n*a pas besoin d'èlre très vive, ni même douloureuse, pour produire ces effets convulsifs, et il ne suffit le plus souvent que de toucher cette zone ou de souffler sur elle. Cette zone, qui présente dans toutes ses parties une diminution réelle de la sensibilité, au point qu'on peut la pincer, la piquer, ou même la brûler sans déterminer de sensation, est étendue chez le cobaye à la sphère de distribution du nerf sous-orbitaire, de Tauriculo-temporal, des branches postérieures des deuxième, troisième et quatrième nerfs cervicaux; et chez un cobaye adulte, d'une étendue de 5 centimètres de longueur sur S centimètres i/i de largeur, elle est comprise entre des li|2[nes allant de l'œil à l'oreille, de l'oreille à la partie moyenne du maxillaire inférieur, et se prolongeant de ce point d'un côté jusqu'à l'œil, et de l'autre jusqu'au cou, pour atteindre enfin l'oreille par une ligne courbe. Dans les cas de section transversale complète ou presque complète de la moelle, il y a, en outre de la zone ordinaire à la face et au cou des deux côtés, une zone supplémentaire dont l'irritation est également capable de produire une attaque, et qui est située au niveau des quatre dernières vertèbres cervicales et d'une partie des vertèbres dorsales, dans la partie comprise entre les deux omoplates.
Or, cette épilepsie provoquée chez les cobayes, qui guérit rarement et qui peut se transmettre même héréditairement, présente une grande analogie avec l'épilepsie de l'homme; elle est aussi caractérisée par le cri guttural, la chute, les convulsions cloniques et par l'état comateux. Si chez l'homme, l'affection épileptique — qu'il ne faut pas confondre avec le phénomène appelé épilepsie spinale — ne se développe que très rarement à la suite des maladies de la moelle (faits d'Oppler, d'Echei^erria, etc.), on cite des cas où elle est survenue après une lésion ou une naladie du nerf sciatique et môme d'autres nerfs périphériques (Brown- )équard, Billroth, Schâffer, Dumolard, Briand^ Bernhardt, etc.), et enfin m en cite un assez grand nombre qui ont succédé à des traumatismes lu crâne, comme d'après l'expérience de Westphal (Voisin, Nothnagel, îcheverria, Azam, etc.).
Il est juste sans doute de faire remarquer l'extrême rareté de la zone pileptogène chez l'homme; mais, comme dit avec juste raison M. Vulian, il est probable qu'on la trouverait plus souvent si Ton pouvait sans crupule examiner à ce point de vue tous les points du tégument exîme. Du reste, on pourrait citer à l'appui plusieurs faits, en outre de eux de Brov^-Séquard qui seraient au nombre de trente environ: elui de Defoix (i), qui a observé une femme chez laquelle il suffisait de
(i) Cité par Lancereaux. De la maladie expérimentale comparée à la maladie ipontanée hèse d'agrég. Paris, 1872, p. 54j.
pincer l'aile du nez ou la lèvre supérieure pour provoquer une attaque; les deux cas de Weslphal (1), celui de Dieulafoy (2) relatiràun malade atteint de névralj^ie sciatique gauche par contusion violente de la cuisse, et chez lequel on provoquait par le pincement de la peau du cou et de la face du côté gauche, de véritables mouvements épilepliformes étendus à toute la moitié gauche du corps; enfin celui de Bochefontaine (3) concernant un malade dont on produisait les accès par le simple chatouillement au moyen des barbes d'une plume, pratiqua pendant une minute sur le lobule de l'oreille gauche et la région cervicale correspondante.
B. Les lésiofns directes du système nerveux ne sont pas les seules qui puissent donner lieu à des convulsions épileptiques. Car il existe enconr d'autres expériences : celles d'Astley Cooper (4), qui démontrent que sur des lapins, la ligature des deux carotides unie à la compression des vertébrales provoque une perte de connaissance, des attaques convulsive> qui disparaissent avec la cessation de la compression; expériences confirmées ensuite par les travaux si importants de Kusmaul et Tenner. et qui démontrent Tinduence de l'anémie encéphalique sur la produclioD de l'épilepsie, influence démontrée cliniquement.
Nous savons aussi que Landois et Herrmann ont donné lieu àrê[ilepsie, en produisant au contraire chez les animaux une hyperhémi: veineuse de la moelle et surtout du cerveau par la ligature des vein> caves supérieure et inférieure.
Les expériences de M. Magnan ont démontré que certaines solstances toxiques, et en particulier l'essence d'absinthe, étaient capablc> d'engendrer rapidement chez les animaux des convulsions toniqu ? et cloniques, analogues aux convulsions comitiales (5).
Enfin, leD' Poulet (6) a pu déterminer des accès d'épilepsie chez des
(I) Wcstplial, loc.y cit,
h) Dieulafoy. Progrès réalisés par la physiologie expérimentale dans la cwnmtance if maladies du système nerveux (Thèse d'agrég., 1875, p. 138).
^3) Bochcfontaine. Production d'attaques d'épilepsie par le chatouilUmeni de lapfi^ • cou chei Vliomme (Arch. de physiologie^ 1875, p. SHi).
(i) Astlcy Cooper (Guy'sUosp. Rép., 1836, vol. I, p. 465.)
(5j Ces expériences ont môme pu permettre chez les animaux l'examen de la ciroul ' • cérébrale pendant une attaque d'épilepsie : sur un chieu, M. Magnan, arec le conc «"^^ M. Jolyet (iloc. de feio/o«7i<î, 22 février 187J), pratique une injection intraveineuse dr 15'- = d'essence d'absinthe. L'attaque épileptique étant survenue deux minutes après, oac**^-'' la dilatation delà pupille, et Ton voit à l'examen ophthalmoscopique que les Taisseauidc' de l'œil s'injectent au centre et à la périphérie de la papille. Sur un second rbieii »i on a enlevé par le trépan une petite fenôtre osseuse du cr&ne, on constate apr^ Tir./ d'essence d'absinthe, dès le premier stade de l'attaque, une turgescence avec confr^'** ■' toute la masse cérébrale. Après l'attaque, on voit l'enciphale s*affuis8er lè)rèrnii^oi i" donc, ces expériences démontreraient que les convulsions toniques coïncident avec U '*' tatton pupiUaire, la congestion du fond de l'œil et du cerveau.
(6) Poulet (de Plancher-les-Mines). Recherches expérimentaUs et dinipwi mr iê ^^"^ * •' e^tne de Vépilepsie (France médicale^ 1867).
animaux auxquels il injectait des sels d'ammoniaque, et il en a conclu^ à tort, en s'appuyant sur Texistence de petites quantités de carbonate d'ammoniaque dans Turine des épileptiques un peu avant ou après les attaques, que celles-ci étaient provoquées par Taccumulation des sels ammoniacaux dans la circulation cérébrale. Mais cette accumulation ammoniacale doit être plutôt regardée comme Teffet que comme la cause des convulsions dans Tépilepsie; et si les sels ammonia* eaux, comme l'urée, et d'autres produits toxiques, peuvent engendrer des convulsions, ils sont incapables de donner naissance à la ma^ ladie épileptique.]
Physiologie pathologique. — L'analyse de l'épilepsie, au point de vue de la physiologie pathologique, est pleine de difGcuUés ; elle n'a pu être sérieusement abordée, on le conçoit, qu'à la suite d'une série de travaux ayant pour objet d'isoler l'action particulière des différents éléments qui composent le système nerveux ; travaux tous assez récents^ el dont à peine quelques-uns peuvent être considérés comme terminés. Cependant, malgré des lacunes en grand nombre et d'inévitables divergences d'opinions, cette étude a conduit déjà à quelques résultats intéressants que nous croyons devoir exposer en détail, tout en nous elTorçant de n'insister que sur les points les mieux démontrés.
Pour rendre cet exposé plus clair et plus facile à suivre, nous le diviserons en deux paragraphes. Dans le premier, nous examinerons* yattaque épilepOque^ afin de saisir le mode de production des phénc mènes qui la constituent et leur enchaînement réciproque; dans le se* cond, nous rechercherons quelle est la condition morbide d'où ces attaques dérivent,qui préside à leur apparition et souvent subsiste dans leur intervalle. Physiologie pathologique de Vaccès de Vépilepsief phymlogie du mal épilepliquey tels sont les deux problèmes dont nous poursuivrons la solution; ce qui nous conduira à discuter une troisième question, celle de savoir comment l'épilepsie doit être envisagée au point de vue nosologique, ou de connaître Idinature de Vépilepsie.