CHAPITRE PREMIER
IIYPERESTIIESIES DES NERFS SENSITIFS CEKEimo-nVCIIlDIENS
ou NÉVRALGIES EN GÉNÉRAL.
'. — CiiAUSsiEA. — Tabie synoptitiue de la nnraîtjiCf de. Paris,
1803, in-fol.
Martinet. — E$$ai .%ur les névralgies, tliôs? de rari>, 1818. i. SaiTT. — Canes of dolorous tic and othv fortin of n^nia'tjifi. Londres, 183t. Pt. RowLAND. — A t réalise on nenralgin. i^ondrcs, 1838. Valleix. — Traité des névralgies tm affections douioureuses des nerfs. Paris, I8il,
I ToL in-8.
IL HcNT. — On the nature and trcahn^nt of dol. tic.f scint, and other ne*o'(dfiic.
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3 l NÉVROSES DE U SENSIBILITÉ.
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méd., I8i7). — Mnnoire sur les lésions fonetionndlcs t/ni sont sons la dépendance des 9iécralgies (Archives générales de méd.y 1851). !Mks<»v5. — Senralgia : histonj, nature and treatment, in American Journal of
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talion spinale (187:2). Voyez aussi Observ. de Duplouy {Bord, méd., 187()). Vehneiil. — Des névralgies traumatiques secondaires précoces {Arch., de med., 187 1). Vï:i.pian. — In Préface du traité des lésions des nerfs et leurs conséquences, par
M. \V. Mitcheil, 187i.
A. (l.viiTAZ. — Des névralgies envisagées au point de vue de la sen.sibilité récurrente:
pathogénie et traitement. Thèse de Paris, 1875. Oi'«i»KNSKY. — Essai sur la pathologie des névralgies (Progrès méd., 187G).
Voir en outre les articles consacrés à la N'évralgio et à la Douleur en général, dans les traités de pathologie interne, les ouvrages sur les maladies nerveuses et |iurticulièrenient dans ceux déjà cités de Homberg, de Henle et de Hasse (17(i8).
Î)kkimtI()N. — Affrdion iIouIouinîuso des nerfs (MMvbi'o-rarliiditMis, avcM' (''3U(î |)arliciilarilc que, le plus souvent, la soufTianee est ou parait «Hre dans ces nerfs eux-mêmes, eiieonserile au trajet d(; leurs troncs, branches ou rameaux.
Divisions. — Pour donner une idée de la multiplicité des espères de névrelijies que les auteurs ont décrites, il nous sulïira de ra|»peler que Joseph Franck admettait les suivant(»s : Névralgie traumaticpie, inflaiiilualoire, rhumatique, inétaslatique gastrique, arthritique, careinoinateuse sypliilitiqiic, nerv(Mise. La division adoptée aujourd'hui est celle en névralgies sYinj>loiiialique, sympathique et idiopathique.
Symptômes. — Le symptôme essentiel et souvent unique est la doa-
leur, La description remarquable qui suil est emi^runlêe à Valleix ; elle est exacte pour IMmniense majorité des ras :
H importe, dit cet auteur, dans la névralgie, plus que dans toute autre affeclion, de distinguer la douleur spontanée de la douleur i\ la pression.
Douleur spontanée. — On doit distinguer deux espères de douleur spontanée : la première esiconUnue^ la seconde iniermitlente. La douleur coHlinue sans être violente est trés-inrommode ; les malades la conipart»nl ordinairement à une tension, à une pesanteur, 6 une pression forte, ou bien à la souffrance que produit une contusion; il est bien rare que relte doukur disparaisse dans l'intervalle des accès. I/)rsque ralTection (Si franchement périodique, toute espèce de douleur cesse ordinairement dans i'intei"valle des ac(*és répuliei*s.
Li douleur inlermitiente se montre sous forme d'élancements, de «Wiirements, de piqûres, ordinairement trés-aigués, durant très-peu de lemps et se reproduisant à des intervalles variables. Tantôt les malades nVn éprouvent qu'un ou deux en un quart d'heure, et tantôt ils les senl»»nl renaître plusieurs fois par minute. O sont toujoui's d»»s douleurs lancinantes qui composent les accès de névi^algie ; c'est pourquoi on y a en presque exclusivement égard. Dans les névralgies bien cariictérisées, on voit, en effet, ces élancements se reproduire à des intenalles trèsrapprochés, pendant un temps qui varie entre quelques minutes et plusieurs heures, et alors les malades sont dans une anxiété très-grande, jusqu'à ce que le calme se rétablisse peu à peu ou brusquement. Puis, au bout d'un temps plus ou moins long, la même série de phénomènes se reproduit. — Ces élancements ont une violence très-divei^se suivant les cas. Les malades les comparent à des tiraillements, à des arrachements, à des piqûres. Quelques-uns parlent d'une commotion électrique; d'autres éprouvent un sentiment de brûlure, etc.
Ce qu'il y a de remarquable dans ces élancements, c'est qu'ils ont <les foj/ers d'où ils partent quelquefois pour se porter d'im point a un autre, Uuidis que parfois aussi ils restent fixés dans vci!^ foyers, se produisant à la fois dans plusieui'S points du trajet du nerf souvent très-éloignés Vnn de l'autre. Or, ces foyers douloureux sont pi écisément les points circon- ?M:rits que la pression fait découvrir et dont il va être question tout à rheure. Ilest vrai de dire néanmoins que, soit que les malades n'aient pas noté ces points avec assez d'attention, soit que réellement l'élancement n ail pas de point de départ fixe, im peu plus de la moitié des sujets se contente d'indiquer d'une manière générale le trajet des nerfs comme étant le siège des élancements.
Dans les cas où les élancements se portent d'un point à un autre en parcourant une certaine étendue des nerfs, la direction n'est pas lou-
jours la même; cependant dans une très-grande proportion des cas ils suivent le trajet du filet nerveux affecté. Assez rarement ils ont une direction contraire, et Ton a voulu avec cette particularité déjà signalée pai* Cotugno, faire une espèce particulière de névralgie, sous le nom de névralgie ascendante. Mais cette distinction n'a aucune importance.
Douleur à la pression. — Une pression laigement exercée avec la paume de la main n'exaspère pas ordinairement la douleur et la calme le plu^ souvent; mais si Ton presse avec l'extrémité d'un ou de plusieurs doigl^ et suivant le trajet du nerf malade, on trouve un ou plusieurs points sur lesquels cette pression causé une douleur variable, souvent fort vive. Si l'on presse de plus en plus fort, et toujours de la menu* manière, la douleur augmente et devient insupportable même dans les cas où elle était d'abord légère; dans un grand nombre de cas, elle est tellemi»nt vive que les malades se soustraient à l'exploration par des mouvements très-brusques, et en manifestant, par la contraction de leurs traits, une souffrance extrême. Mais il arrive assez frécpiemment qu'après avoii* exercé ainsi la pression, si on la renouvelle sin* le point qu'on vient de trouver si douloureux, on constate qu'elle est devenue momentanénu^nt supportable, ou même qu'elle n'est pas du tout douloureuse. — Par la pression exercée comme il vient d'être dit, non-seulement on exaspère la douleur continue^ mais encore on produit assez souvent des élancements en tout semblables à ceux qui se produisent spontanément.
A l'aide de la pression, on reconnaît l'existence, l'étendue et le d(»{rré de sensibilité des points douloureux. Ceux-ci sont parfois nombreux et rapprochés sur le trajet du nerf, d'autres fois on n'eu trouve qu'un j)c4it nombre et Irès-éloignés l'un de l'autre ; bien plus rarement on n'en trouve qu'un seul. Les points douloureux peuvent n'avoir que 1 ou 2 centimètres de diamètre ; ordinairement néanmoins ils ont un peu plus d'étendue et parfois ils occupent un espace giand connue la main et plus. Il est rare que tout le trajet du nerf soit douloureux, et lorsqu'il en est ainsi, on reconnaît encore l'existence des points douloureux, à la j)lus grande sensibilité que la pression réveille à leur niveau. SouvcmiI ces points douloureux sont si 6t6'n circonscrits quà 1 ou i millimètres de distance près on détermine ici une douleur des plus vives et là on ne trouve pas la plus légère sensibilité morbide.
C'est dans les points où se manifeste une douleur spontanée que Ton produit aussi la douleur à la pression ; seulement il peut arriver (|uc dans certains cas la douleur à la pression ne s(i fasse pas remarcjucr, bien que le malade y éprouve une <xM*laine souffrance:
Presque dans tous les cas, on voit que l'intensité de la douleur a la pression est en rapport avec la douleur spontanée, au moins dans quelques points. Il y a néanmoins des exceptions ù cette rèjîle; mais co
qui prouve qu'elle a une împorlance r<?elle, r'est que : i* l*aflertioii ayant (les accès plus ou moins marqués, la pression devient sensiblement plus douloureuse pendant ces accès de douleur spontanée ; f" dans les cas où les paroxysmes sont très-tranchés, cette douleur à la pression peut disparaître pi^sque complètement dans les intervalles; et 3* enfin, dans It^scas où^il y a une périodicité incontestable, la partie affectée devient d'ordinaire complètement indolente pendant rinter>aUe.
Douleurs causées ou exaspérées par divers actes du malade. — Les causes de ces douleurs sont variables, mais elles tiennent toutes h des mouvements plus ou moins brusques des parties affectées. Ainsi, dans la srialique, la marche; dans la névral«;ie trifaciale, la mastication ; dans la n^Talfrie intercostale, les grandes inspirations déterminent et exas-» ptnmt ces douleurs, et souvent de manière à rendre le mouvement insupportable. Dans quelques cas particuliers, le contact des corps chauds ou froids prockiit le même effet.
Li description de Valleix peut sei-vir de type ; mais il ne faut pas s'jitt'^ndre à la trouver exacte dans tous les cas de névralgie ; les symptômes ofTrenl d'assez nombreuses variétés qui trouveront leur place & Téludc lie la Physiologie pathologique.
SvMPTOMES CONCOMITANTS. — Eu mèiue temps que la douleur, on obst'ne, dans le cours des névralgies, d'autres phénomènes moins confiants, qui doivent être distingués en ceux qui accompagnent les paroxysmes aigus et en ceux qui résultent de la longue persistance de lafferiion.
Pendant les accès, on constate assez fréquemment, soit dans la région même qui est le siège de la douleur, soit dans le teste de réconomie, des troubles plus ou moins marqués. Ainsi, l'on voit la paitie malade pâlir d'abord, puis s'injecter au point de faire croire à un état phlegma- >ique; la sécrétion lacrymale, celle du mucus, celle de la matière sébacée ou de la sueur, se faii'e avec une activité insolite; des mouvements convulsifs accompagner les élancements douloureux (tic de la face, crampes daus la sciatique). En môme temps, les malades accusent dans diverses parties du corps des sensations incommodes; ils sont dans un élit d'agacement pénible; quelques-uns éprouvent des vertiges, un léger obscurcissement de rintclligence ; ils rendent à la fin des accès une urine incolore et abondante.
Lorsqu'une névralgie a persisté pendant plusieurs mois ou plusieurs années, il n'est pas rare de voir les phénomènes qui accompagnent les acci^ douloureux amener par leur répétition des changements durables dans la nutrition des parties (hypertrophie de Tune des moitiés de la face, suite de névralgie ancienne du trijumeau), dans leurs sécrétions
3H >É>l;(/5L< DE L\ SL\ynALllL
(scilivatkiD, bfffioknieDt, rhu»*r à/s «îj^r^rui o'j aIî-ntlI'>D d^^ l^ur? qualité.*')- La -aiil*' ii^n^rA*:, qii 1^ plu^' ^^u^^-dI «r^î r'rîiiii«ji?iMrrij*'iit l»it*n
tn5Uf>, sf:DMhl»r* aui 'au**-* ixi^»f<iJ^ l»-s [»!■!> l»-^'*'iv>: il> !^,»Dt fâ» 1^'iiseuyni \uï\iri'y>\f}nw'^ \Ar Ir* %ariatir*a«^ aU/i':»*p?j*rnque> ; il ?<r iiianil»->tp un «Hat ï\*ti'\^\i\ ;f»''D*'i'aj, 1'-^ dige>ti«>a'« >** ft»nt Hiàl, la iiir'U-lr'ualioii m* il/'iTifi;;^', ft rhez qij^lqii*-^iin* uiM? h)jH> hondiieou uûe lyjM^rnrinie v»M*il:<|ih.* ytt d*''V<'lojipff à la loopj^.
Makciik^ biHKK. nh%iSM^}^>. — Un ron«['oil rr»niLi»-n ♦'11^> diflT-renl V'Ion qii#' la nt'xmh/îé* «M pir^^iniu- jiar W-llf ou l»lle «-a 11^. I^q»f*ntlanl It^ ron>nl«^i^lion* *ui\anl»->.'-'apjiliqij«'nl au j»lu> '^i-und D«»jiiliri' <1^> ras. ^r^4 uiw. opinion ;r'''n«''nil»'nM'n( n'-iiaiiilu»* qut^ h' drhul d»'^ n»''M-al;iii*> <"»l lr«*'î-?/MJV^'nt bruwjijé'; Vallt-ix, au ronlitiiiv, a parDut»*m^'nt i-tahli qur% dan> la (>lu|iart de^ «-îi^, ell*f> s^ d»''\«'lo[q>*'nl d'un^* inani^iv jn\'idu#'ll«% mai- plu> ou moins nipid^f. C*t que les malad'-s rprouvent d^alKHdf vffni une >^'n>alion plus gênanU* que i«'ellem^nt dnulourêuso; puiH la douleur am\e, \a en augmentant, et arquiert enlin un haut de^M*é d*inlifn>ilé- Klle éolali; pix>^jue toujours >ous forme d'tiâè^ d'une durée variable, et trê>-irréj:ulier'» dan^ leurs retours: queUpi»*lois on obseni* uw* périodieili* \raie, et la n«''vralgie >e romixirie alors eomnie les fièvres inlermittenti>.
!>•• névral;ries |>^'uvent dispandlre en quelques jnui's, même nihs I*inten^'Ution d*aucuu Iniilemenl; d'autres foi> elles per>i>tent en dépit de tous le> eflorts du médeein pendant des mois et même des années entière*, I>an> ee^ dernier> e-as, qui heureusement >onl h'> plus rares, la m2il;idie touiin^'nte hudiiluellement les sujets pi'ndant un temps variable, pui^ -^e ^U'^pend [>end<'ait unr* période qu'on ne peut |ms préciser davanlajre, et qui e>t loin d'être toujours la même entre rhaqiie atteinte, et ee» alternatives s^? répètent parfois juscju'à la mort, causée par iin«» autre maladie. Kntre ces deux extrêmes de névraljrie fu^^'lce et de né- ^ral^'ie rebelle, on trouve une foule d'intermédiaires qui seront mentionné»* dans l'histoire des névraljjies particulières.
Ijî terminaison n'est jamais mortelle, à moins de complication. Il existe d'asM»z nombreux cas de ^lérison spontanée, soit que la maladif* diim'nue et disparaisse d'elle-même au bout d'un temps assez court, soit qu'elle finisse pars'ii^^r à la lonjrue, comme on dit vulgairement; c'eM-a-dire que, sans se ressentir notablement des médications employées, elle diminue d'intensité et finit par s'évanouir. C'est à tort qu'on a considéré cet clTacement graduel comme une terminaison ordinaire chez les malades qui avancent en ûge. — La disparition des névralgies parait s'effectuer quelquefois sous Tinfluence de phénomènes considérés comme critiques, tels qu'éruptions cutanées, diarrliées, flux
d'urine, etc. ; d'autres fois elle a lieu dans le cours d'une mciladie intercurrente; mais souvent alors la névralgie revient quand relle-<*i est à soo déclin. Enfin, il est des cas où une névralgie ce^^nt, on voit se manifester d'autres maladies que certains médecins regardent comme k produit d'une métastase. Mais tous ces modes de terminaison demandent i être examinés plus rigoureusement que cela n'a été fait jusqu'ici. L«\< récidives sont on ne peut plus fréquentes dans les névralgies.
Étiologie. — 1** Causes prédisposantes. — Sous le rapport de la disposition aux névralgies, une première différence à noter est celle des divers âges. Tout à fait exceptionnelles dans l'enfance, ces maladies s'observent surtout de vingt à soixante ans, et deviennent de nouveau Irés-rares à un âge plus avancé; il faut tenir compte, en outre, de l'espèce particulière de névralgie, la prédisposition n'étant {kis la même h loutos indistinctement aux diverses époques de la vie.
Le sexe féminin constitue une autre prédisposition, omis moins manifeste qu'on n'est porté à le croire. Tout d'abord, sur un nombre donné de oévralgieSy on trouve plus de femmes que d*hommes jusqu'à trente ans; après trente ans, les cas se trouvent répartis d'une manière prescpie égale entre les deux sexes. Il n'en est plus de même lorsqu'on examme isolément l'histoire des névralgies inten*ostale, sriatiqui', etc., où la prédisposition attachée à chaque sexe ap|mrait d'une manière plus évitlonte.
(Juantàla constitution et au tempéi^ment^ le vague qui règne dans I appréciation de ces données introduit nécess«'iirement iN^aucoup d'inrertitude dans les résultats énoncés par divers observateurs; il pai*ait diflicile d'arriver à une généralisation utilt' pour les névralgies considérées dans leur ensemble, quand on voit d'une part la sciatique sunenir chez des individus robustes, et d'une autre les sujiHs faibles, nf*n*m\, être fréquemment affectés de névralgies intercostah', lomlxKibdoini nale, etc. On ne saurait méconnaître une prédisposition chez d(*s p4*r- <onnes lymphatiques, irritables, anémiqiK's, dyspeptiques, éprouvant acluellement, ou ayant antérieurement subi des perturbations du système nerveux; on ne saurait nier que ce ne soient là des conditions quelquefois transmises par hérédité qui entretiennent et perpétuent les névralgies; mais il est positif que celles-ci se rencontrent également, et mAme assez souvent, dans des conditions tout opposées. Li com|>arai- M)n des professions, des conditions de logement et d\iliinentation, etc., ne conduisent non plus à aucun résultat génénil. [Cependant il faut citer d'après Rennes (Arch. de nUd.y 18;}<i)les professions qui exposent aux variations fréquentes et brusques de la température; c'est ainsi que, parmi Si malades affectés de névralgie faciale, cet auteur a remarqué que plusieurs étaient cuisiniers.]
Certains actes physiologiques, tels que la menstruation, la grossesse,
i'i >ÊVhO>ES DE U SE>SiLiLlTÉ-
M r^J;iijt l<"i [ifiui»'!- niol- ^«jflo'jl. la la^-t;<ti«-n, <ii-{r"»-^'Cil a--»-z mani- U'A*'Ut*'Ui aux rj*'^\ril;.'i'*r.
I//'t;4l d»? 1'h\'uo^i»\ï^i*^ jfHj#^ «l.in^ la j»rvMjij. ii..n d*- qii*'lqïj#*^un»'N !**'«( f^ eI^'^ un loi*' ifj' orjt»*>îal»l»f : l«-^ rn««i^ k-> j«i*jf fn»!*}'- «I'* l'ann»'»» ^pfoi^r, {*^\ti*ir, tanv^, nowniltv**, d*'«-''rxjl»r»M ^<^»nt re>i\ où ••il»*? drlui- U'ïii Ut pîii»» «^iiiv^'n!; cfA •''î:;jlem^nl |>'ir J»^ l»-f!j[»^ fr»»iJ> e^l hunii«l»'s ijijf' |/'* rn;i|;jd'** ^'fi s^^nl le plu»» tounn» Dt»^. hwn «l»* |M»>itif quanl ù la di-liihiilion jf/'^'idjifiiqu^' d»' re* riial.'nli«*>; |»lij>it'iJi> ;Hit»iJi> ariii'iii«/nt qij^'llf'w abondent dan> !•-> [»ays inaiy^a^'^Mix.
i* Omses deteriniunnies. — F]!l«-s sont li»**>-n«niiliivu>«*>; nou> It^s iJi\i*< ron»^ ''n : relies qui îi^ri^senl ^u^ la porlinn jM''ri|ili»'Miijih' il«*> n^Tf*; '''Iles qui inl/'n*^>rnl lr> ientr«*> n»*n«Mix; rillt»> «Joul 1»» mode d'ariion e>l ind/'h'rniiné (Ha>>«M **l qui nnu^ |»ai'ai»énl rfj»cndanl U*\ï\r h une all/'iation du >an;r: enliu rill./s qui a^M>>eut à di.*L'in'e ou par action ivllox*» (fiifrab.
A. Causes périphériques, — a. Dans une j»ri'nii«'Te cal<*<rorie, se trouvr*nt h*s alt/'f-alions mal<'ri<*lles (h*< n^Mfs eux-nienies. T**II«'S sont !<*> h*«^ions traumatiques : piqûres, drrliinirrs, eonhisions, rompressious, ri rinflainmation ron>milive à (y*s divers modes de ti*aumalisine.
Nous rapprorhons de ees n^vraljries traumatiques rell<»s qui survi<*nnr*nl apr/'s le travail laborieux d'un aiToueliemenl, surtout loisrprij a fii*('('»\{i\ une intervention cliirurgirale, ainsi une version, une apfdiraiion de foreeps, etc. C'est ainsi qu'on a souv4*nt noté U'^ e\<'m|il<*s de sriatique, de névraljrie crurale survenues dans cette cirron-tanc(*, cette dernière pouvant survenir, ainsi que DulK)is en a cil/* des exemples (t), sous l'influence d'une lésion très |cîj:cre des Jilr'N l^'rminaux d'un nerf, par exemple d'une déchirure très-limitée d<"^ p<*lilcs lèvres. Il en esl de mcMUO de la saignée où la simple piqûre d'un filet nerveux peut retentir sur les nerfs du bras et devenir le point de dépari d'une» névralgie parfois intense. L'histoire des névralgies traumatiques a élé parfaitement étudiée dans <*<»s derniers temps et nous ne saurions mieux faire que de les signalei* â propos de chaque névralgie et de renvoyer aux divers mémoir^^s <pii en ont fait une élude approfondie. Nous verrons plus loin i\\w d'autres névralgies traumatiques doivent être classées dans le groupe des névralgies réflexes. A côté de ces causes traumatiques, il ne faut pas oublier rinlluence du froid, d'un vent glacial frappant une partie du cor|)s et principalenienl la face.
l/irritation des liliMs nerveux par des corps étrangers apj)arlient à la même catégorie de causes. La névrite est considérée par quebpiesauteuis
i\) Gai. hfhd. tfe méd., IHOI.
DBS NÉVRALGIES EN GÉNÉRAL. Il
comme Tune des conditions de la névralgie. Il faiil y ajouter Thyperlro- ' phiedunévrilème, la dilatation variqueuse des petites veines, les kystes, les tumeurs tibroides ou cancéreuses occupant la gaine nerveuse ou placées entre les fibres elles-mêmes; les cicatrices qui viennent faire adhérer les nerfs aux parties adjacentes, à la suite de plaies, d^inflammalions, de fractures; enfin les tubercules douloureux et les névromes.
ft. Toe deuxième classe de causes périphériques est composée des allprations organiques siégeant non plus dans les nerfs mêmes, mais dnns leur voisinage.
De ce nombre sont d'abord les maladies du squelette : inflammation, rarie, exostoses, etc., qui agissent sur les nerfs à leur passage h travers les Irous et les canaux, sur les l)ords ou les saillies des os; dans la plupart de ces cas les parties molles voisines, le périoste, les ligaments >onl également congestionnés et épaissis, de sorte qu^une partie consiilérable du trajet des nerfs se trouve emprisonnée au milieu des tissus ndades. La distension des veines, la dilatation des artères, la rigidité (lc> parois vaseulaires à la suite d*altérationsathéromateusos, sont autant i\o conditions particulièrement défavorables pour les nerfs qui ti*aver- N^nl dfM5 canaux étroits où ils ne peuvent guère échapper à la compression, au tiraillement, etc. Les mêmes effets résultent du voisinage d*un «oips étranger, de la compression exercée sur les nerfs sensitifs par di- U'i-ses tumeurs, principalement des tumeurs anévnsmales ou des canins. L'augmentation de volume de certains organes (reins, foie, ovaires, ijtmis distendu par le produit de la conception) agirait quelquefois de la même manière; les amas de matières d«ins le gros intestin sont bien rarement le point de départ de véritables névralgies.
B. Causes intéressant les centres nerveux (cerveau, moelle, gan* priions). — Ce sont les tumeurs intra-eràniennes ou intra-rachidienncs, le>l/*sions de l'encéphale et de la moelle ou de leurs enveloppes (ranuillissements, irritations de la substance nerveuse, produits morbides occupant les méninges).
Dans cet ordre de causes, s^ rangent les névralgies ou douleurs pseudonévralgiques qui suniennent dans la compression lente de la moelle si magistralement étudiée par M. Charcot*
{C. Causes dont l'action est indéterminée. — Des névralgies dialhésiqws et dyscrasiques. — Il est très-prolmble que, dans tous les cas que nous allons cit t, les névralgies sont produites par une altération (lu sang plus ou moins bien déterminée. C'est pourquoi il nous seni- 1)1»* qu'on peut leur donner avec raison le nom de névralgies dt/scra- ^iqxieSy toxiques et dialhésiques. Au premier rang des névralgies dyscra- ^iques, nous trouvons celles qui naissent sous rinfluence de l'anémie,
it 5É\T<0>ES DE U aXSlfclUTÉ,
de la chloro^, de trMil»*> \rs ^a* lj«^xi^, L:»rvjue le san^r, ce mi>l»'i*alèur des nerfs, esl privé d'un certain nombre de î:lMbulr>, par le fait de la chlorose ou de l'anéniie sunenue dans d^-s «ondilions diverses et multiples, il porte s<in action sur \*:> u^if^ et d-'t-imine Texallai ion de l^-urs propriétés. Ce^t ainsi qu^* l'on d^ii «oinprr^ndr** b'S névralgies de la rhiorose, de lanémie, des lai he\i*-^, de la cunva- IfSi.ence des maladie> ;rraves, d^- la prossess**, de rallailement. On obser%e aussi dans la maladie de Bri^'hl et >urtôui dans la forme de néphrite inter>tili*'lle, d»rs d<»ul»-uis qui s*^ monlr»*nt souvent >ur le trajet des nerf< fiontaui. — Sianhal de Calvi <l) a relaté h» fait d'une s^iatique qui aurait paru en même tr-mps que l»*s premiei^s a*<idents diaU'^tiques. C'est là un «-îis isolé qui ne p»-rniet fias, bien rei taineménl, d'admettre l'existence de névral;:ies dialrétiqu^s. — Parmi les pyre\i»'s, nous trouvon> la roujjreole dont l'influence >ur l'apparilion ib's névi*al;îi»'S faciales aurait été bien démontrée fumv M. Imbert-Gourbeyre ii); mai>, ces faits demandent confirmation. Il n'en est pas de même de la jîrippe ou fièvre catarrhale qui le plus souvent, pendant ou apré> les épidémies, exerce une influence marquée sur la production de diverses névraljdes >unenant souvent périodiquement et justii'iables de l'emploi du sulfate de quinine. Il est évident qu'il ne faut pas confondre et que nous ne confondons pas cer^ névralgies avec les douleui's de léle quelquefois trés-vives que les malades éprouvent au début de la maladie et qui doivent être mises sur le compte ou du coryza ou de rinflammation d''s NÎrius frontaux. Encore faul-il ajouter que même sous l'influence de ( i-lle rauM?, c'est-à-dire d'une inflammation vive de la muqueuse piluilaire, il peut survenir de véritables névralgies, dont les exemples sont loin d'être rares ; ce qui permet de ranger les névi*al^it»s de la grippe sous deux chefs difl'érents. Il est évident, d'un autre côté, que cerlaine> épidémies de névralgies dont quelques auteurs ont publié l'histoire, doivent bien plutôt être mises sur le compte de la constitution médicale et attribuées le plus souvent à la grippe, épidémie régnante. — Ajoutons aussi que Griesinger (3) a noté dans la fièvre jaune des douleui*s violentes occupant les rameaux de la cinquième paire, et toute la longueur
f\iss membres; mais il est permis de se demander s'il s'agit bien là de névralgies.
La sy[diilis (i) peut affecter tous les nerfs et parmi eux surtout le nerf trijumeau. Les névralgies syphilitiques sont précoces ou tardives ; celles-là pouvant survenir quelques jours après Tapparition de la roséole, ainsi
d» RerhercheM sur le* accidents diabétiques ^ 1864.
(tfj S'ote sur L'influence étiologique de la routjeolf sur les névralgies de la face «.4 MU, méd. de la Flandre occidentale^ 1857, 5« livraison).
(W) Grif'sirif^fr, Traité des mal. infectieuses ^ trad. par Leraattre, 18f)8.
(\) i'fTfi% et Ltnrercaux, Affections nerveuses syphilitiques, 18(>r>. Zambaco, Idem, 18(i^.
s NÉVRALGIES EN GÉNÉRAL. 43
que Zambaco eo a cité des exemples; celks-fi, pi^ndanl le cours des {périodes set oodain* ou tertiaire. Les preniièi*es sont-elIt»> dues à quelque processus ivn^eslif ou hy[>erplasîque afleolaut le nêvrîl«''nie, ou faul-il supposer que le ^irus syjihililique ajril sur les élrm**nts nencux (Rijrah? La réponse à cette question esl bien diflicile. Quant aux stMiuides, elli*s n**>ullent, ou de la compression des neiis par des tumeurs, des périoM^»y*<.des exo>tos#*s, — et alorsellesne renireut |>asdan> celle «la»**, — <»u Alc> sont produites par une altération du sang, et alors elles s<.mt réellement de nature dyscrasique.
Mentionnons ausf^i certaines intoxications, reuipoixuint'inent par le plomb, par le mercun*; par les miasmes maivmmaliques: il i*st «lénumtrê que dans certains cas, les névi*alj;ie> ne sont autre clu^e que l'une des liKioifestations, l'un des modes symptumatiques de ce dernier enqxùxtnneaient et con>tituent de véritables firvres larvées ; elles empruntent 'àV*r< aux fièvivs hVitimes une péricHiicité franche, et H»nl connue elles ]n>lieiables d'une médication spéejlique. Mais il s'en faut que toute nt'»u-.il^Me intermittente et piérissant par 1«* quinquina ail préciM''nient une part^ille origine, ainsi que Marrotle l'a du re>te démontré dans son m/'- Mjuire sur les névralgies [)ériodiques ( I ). Ainsi, Trousseau a déci il une tuvralgie solaire sunenant en été et se traduisant, en dt^hoi-s de toute influence marécaîreuse, chaque malin par di^ névnlgies vi(»li>nles {^),
L'abus du tabac est-il capable de produire des névnilgies diverses iua>tralgie>, néxralgies faciales, intercostales, siialiques, etc.), ainsi que Van Lair Ta établi? La question n'est pas douteuse pour nuu>, et nous avons vu un grand nombre de névral^ries qui n'avaient pas d'autre cause. Le trijumeau est le plus souvent atteint, et il est «i remarquer que ces névralgies sont de nature cong»^>tive, c'est-à-<lire qu'elles s'accompagnent presque toujom^ d'une vive rotigeur de la faee ; enfin le tabac produit également des gastralgies, des névralgies intercostales, et aussi Tangine de poitrine, ainsi que les reehen^lies de B< au l'ont établi.
Oo observe assez souvent dans la goutte des névnilgies onlinairement reMles qui atteignent le sciatique, certains organt»s viscéraux, tels que Tt^stomac, qui peuvent se montrer à toutes lespéiicHles de la maladie ou être même la première manifestation de la diathèse. Tantôt, elles sont dues à l'anémie qui sunîent si fréquemment chez les vieux goulteux, tantôt elles ivjèvenl d'une altération du sang par les produits uriques. Les névral- ;ries diatbésiques pourraient être rangées à bon droit dans la classe des névralgies dysci-asiques. — Les névralgies rbumatismales(:>)ne sont point l'ares; elles précédent, accompagnent ou suivent les déterminations arli-
(il Marrotle, Anà. de mrd,, \H.\i, fi. Oim. ma., p. 475, 4« édiL, t Ul.
'3> Voj4*f aos<i : Étmde rhnique %ur in névralgie rhumatismale, pir Leu**i**r, th»***» de t^iris. 1868.
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Ouanl ai ririil^n» •• cl»' r.-^jj^*-. rnoni!''<, t'-H'-'^ qu'iiD'* in-antl»* fra\»Mir, un»* h\\()\\hr\ \\\('. (V'\ n'-nfi^i-rn*-, rl^* I'1j\-1» ri»* ^«ir In j»!«Mln. lion dr> n»'vral;ri^"'. ^!i^ ^-f irJ'^lhi^'^^f!^•. M'ii^ l»'tir v^^iitible niol»^ |»alli«»i.'»!*niquc e>l '.-n'or^' in'l*'f^rmin»'',
ï), Cnmef. afpxKnnt à dlsUince. yevralgie$ dit»*? réflexes. — Sous ri'lt*' d'rjomifia»ion qu^; nous ron>r'rvon> encore pour nous conformera Vu^t'/tt <ri qui remplace .si mal le mol plus anci»^n et plus vnii de wévnibjien nifmpnlhupw.n, — puisqu'il est parfait^-ment démontré d'aprrs la pliywiolo^rie qu'on ne doit pas plus admettre de névral^'ies que de parai j-ie«» ou d'atropliifsn'IU'xes, — nous ranjffons les névralfries qui parais- )<enl prodiiif^'* par la maladie d'un orjrane plus ou moins éloijrné, mémo lorsque ci'lte maladie n'est pas accompagrnée de d(udeur. Dv3 ce norrdu'^', *»ont h's névraljries lombo-alidominale, crurale, scialique, inU'no^falr;, qui sVdisiMvent si souvent dans les affections utérines (I ), i*\ aii^'i dans les orchi-épidydimites, comme un travail récent vient de h* défriontrer. M, Mauriac a, en effet, établi que cf^i^^ névraljjies réflexes î-oni b* pbm souvr*nl unilatérales, mais que parfois elles sont bilatérales el con«>tihjéf's par une névral^rie lombo-abdouunale double; quelaracbialkI'*, la plus fréquente drs irradiations réflexes, a deux foyers, l'un supé*ri^ur oir rénal, raulii» irdérieiir ou sacro-sciatique ; que les douleurs peiivr'Mt (^an/mrir dans b's mend)res le nerf crural ou le nerf scialique,
0; V'»v Afin, Uçfmn tlmiqucM sur lex maltuties de Vutérus et ses annexes, p. '^tSO el 5lK). i<<#TMii, /vft/ii Mitr la wvnihjie des nerfs intercostaux^ thèse de Paris, IKiU. 1 m-rralf/i^n tomho-ahdinmnalen considérées comme sijmptumatiques des maladies de Ml lin wnl , iH:Ati, mniti, Stundijn'» den plexuH lombaire et sacré (Arch. méd., 1858).
DES NÉVRALGIES EN GÉNÉdAL 43
et que parfois ell»^ peuvent se montrer à une plus grande di>lanre sur le trajet des nerfs intercostaux ( I ). L'ovaire, qui, rhrz la femme, est tm organeanalogueau testicule chez rhomme,év(*ille, lorsqu'il est entlammé, !>'> mêmes sympathies, et il y a déjà longtemps qu^Aran avait fait la remarqii»*que la sensation douloureuse reste rarement fjxêt» dans la fi»>se iliaque, qu'elle irradie € tantôt en avant vers lYpigastre, tantôt en arrière \»T>la ivgioQ lombo-sacrêe, sur le trajet des neifs coirespondanls ; l;mlùt onlin et le plus généralement, le long de la cuisse ; quelquefois jusqu'au genou. » — La M'ialique peut au»i sur\cnir dans le coui*sdc la l>ii'unorrliagie, comme M. Fiuirnier Ta démontré (i). Les maladies de riirèlhre, de la prostate deviennent jKirfois le point de départ de né\ral- ^'ii'sdivei-ses, et il suftira de rappeler le cas rapporté par Anstie, d'une n»\ralgie lombo-alKlomioale violente causée par un calcul arrêté ilans lunthre {S). C'est par le mém* mécanismtî é«;alement qu'une lé>ion il -Qtaire même indolente peut devenir aussi le point de départ de doul<*urs >arl*' trajet des divei-ses branches du trijumeau, qu'une colique hépatique présente parfois les points douloureux de la névralgie intercostale, uun-seulement à droite, mais aussi à gauche, fait qui irxpliquerait Ir cas uli«'r\é par M. Willemin, où ces coliques hépatiques ont paru >ié;:i'r •ians l'hypocondre gauche (i). Cette explication n't»>t-i*lle pa> également applicable à l'ohsenation relatée |ku* l]a;:livi, et dans laquelle il >'a;:il «lune femme qui, après avoir succoml)é aux attaqm^s les plus violt*ntes d'une colique néphrétique du côté droiiy suivie très-proliahlemenl de >ymptômes urémiques, avait présenté à rautop>ie un calcul volumineux dans le bassinet et l'uretère du côté j/^nir/K»? C'est ainsi que de simples emlKirras gastriques peuvent retentir sur les nerfs thoi*aci(|ues i*{ donner lieu à tous les symptômes de la névralgie interco>lale (.">); «pi*» d'autres alVertions de l'estomac, que les gastralgies présentent aussi la coexi>tence dv' douleui's névt*algiques dans les derniers neifs interco>laux (ti); que l('> maladies de l'oreille s'accompagm^nt si souvent de névralgie faciale ou remco-occipitale, etc., etc. Il e>i inutile de nuiltipli«*r les exemples qui se retrouvent, pour ainsi dire, a chaque piis dans la pathologie, et dont la connaissance est des plus importantes, puisqu'elle p4*rmet dedis- 'vrner l'origine, la nature du mal, et d't»n déduire les indications théra- |M*utiques.Que conclure de tous C'^s faits, sinon que « les névralgies \is-
')) Etude $ur Ui nriro/farx reflex^^t t*fmptomatnfues de torchi-êitidi'itjmitf blenuonlia^ gique, ^ Ch. Mauriac. Paris, 187<L
<i< Xottreeu diclionnaire de métl. et chir.^ arliclc BLE5?(0liliaAGic. .'i. Loc. fir., p. 131.
fi) Des culiqmes kêpaÎHftiet et de leur traitement par le» eaux de IV Ay, pir Willeiiiiii* p 13i, ^ édition, 1874.
tô. Bcrilkmt Le Sérrêlgie imtere<^tale et rembarra» gnMtrtqtie Gai. de» hôp,^ 187^:.
'<M Guénrau de Massv. Cliniq. méd.
cérales sont très-souvent accompagnées de névralgies cérébro-rachidiennes » , ainsi que depuis longtemps déjà M . N. Guéneau de Mussy le professe ? Il y aurait même, d'après cet auteur, un certain nombre de névralgies que nous attribuons exclusivement à rhystérie ou à la chlorose et qui, tout en dépendant de ces affections, sont bien plutôt en connexion avec des troubles viscéraux (4).
Dans un cas observé par M. Gubler (2), il s'agissait d'une otite purulente gauche qui, propagée à la région parotidienne et au tronc nerveux de la septième paire, avait donné lieu à une paralysie faciale, puis au bout de quelques jours à une névralgie de toutes les branches du trijumeau correspondant. Pour cet auteur, l'inflammation du ti'onc du facial est devenue la cause excitatrice d'un ébranlement qui s'est propagé jusqu'aux extrémités des nerfs moteurs et s'est réfléchie de là dans les nerfs sensitifs pour produire une névralgie réflexe. M. Gubler avait déjà démontré que le changement du courant sensitif en courant moteur, dans les mouvements réflexes, paraît se faire dans la substance grise de la moelle formée en grande partie de cellules multi|)olaires. S'appuyant sur l'existence de cellules semblables vers les extrémités périphériques des nerfs, il émit l'opinion que ces cellules, démontrées par Remak et d'autres anatomistes, ont pour fonction de servir d'intermédiaire entre les deux ordres de filets nerveux et qu'elles constituent, à la périphérie du corps, une sorte de moelle dissociée et diffuse. Nous pouvons ajouter aussi que la disposition des fibres récurrentes qui, des extrémités du nerf trijumeau, passent dans les filets du facial, peut également rendre compte de la propagation de la douleur dans le nerf sensitif. Dès lors, il serait peut-être permis de contester la nature réflexe de cette névralgi<\
C'est aussi dans cette classe que doivent être étudiées les névralgies traumatiques secondaires précoces dont M. Verneuil a donné le premier une excellente description.
Il appelle ainsi des névralgies qui sont le plus souvent indépendantes de toute lésion matérielle appréciable (inflammation, corps étrangers, etc.) ; qui apparaissent plus ou moins longtemps après la cessation de la douleur primaire due à l'action vulnérante; et qui, se montrant dès les premières phases du travail réparat(Mir, diflèrent ainsi drs névralgies tardives qui se développent après le travail de cicatrisation, névralgies désignées sous les noms de cicatric<»s douloureuses, névralgies des cicatrices et des moignons. Ces douleurs plus ou moins vives, aflectant le caractère névralgique et le type intermittent (type quotidien
(1) Voyez Leçon sur la seiisibUitè réflexe, in Clinique médicale, 1874, t. I p. 175. Thèses de Ducrot (IHOi) et Gancalon (1867) sur la sensibilité réflexe et le mémoire de
M. Tripier sur la pathogénie d'une classe peu connue d'affections douloureuses : algie» cen* traies et réflexes iArch. de tnéd., 1809).
(2) Gai. méd. de Parix, l8oU et 1804.
ou tierce) ne sont calmées que par remploi du sulfate de quinine ; suneoant dans le coui^ du premier septénaire, elles s*acrompa{i:nent parfois de phénomènes concomitants du côté du système musculaire, des vaisseaux, exceptionnellement des viscères. Ces phénomènes sont caractérises pour le système musculaire, pai* des contractions cloniques, de la coDlrarture, de Timpuissance simulant la paralysie incomplëti* ; du côté des vaisseaux, par de la contrestion pouvant aboutir à des eccliymos<»s, dt's hémorrha^es des bourgeons charnus, etc., et enfm par des pliénoluènes généraux, rarement la lièvre, mais par de la dyspnée, des vomissements, des frissons, des sueurs, de la rétention d'urine. Parfois, la blessure présente un aspect diphthéroîde sur lequel M. Venieuil a déjà in??iste. Relativement à son siège, cette douleur peut être classée en plusieurs variétés :
I* Douleur locale limitée au foyer traumatique ;
t Douleur locale avec irradiation périphérique ;
•t Douleur locale avec indolence périphérique et manifestation à dislance ;
i* Douleur locale, périphérique et distante lout à la fois;
.V Indolence locale, douleur uniquement à distance.
Ainsi, pour ne citer que plusieurs exemples : dans une plaie de la n'yion temporale, la névralgie à dislance débuta |)ar un point circousrril, situé au niveau du bord antéri(*ur du massclcr, s'étendant a loule la joue, mais restant séjwrée du foyer temporal par les régions nialaire et jugale absolument indolentes; dans un autre cas, a la suite d^me simple contusion circonscrite du sein droit, on vit apparaître, a partir du quatrième jour, des douleurs locales violentes, une hyperesthésie locale continue avec turgescence non inflammatoire de la mamelle, puis des souffrances étendues à la partie correspondante de la poitrine, à Taissellc, au bras, à Tépigastre, à Tutérus, le tout accompagné de frissons, fièvre, vomissements, lipothymies, etc.; dans le cas de Fextirpation d'une tumeur parotidienne profonde, la plaie reste indolente, mais il survient une névralgie dentaire Irés-vioIente. Sans doute, il existe pour l'explosion de ces douleurs névralgiques des prédispositions réelles, consistant, chez le malade, dans rexistence de douleurs locales antérieures, d'un état névropalhique existant depuis un temps plus ou moins long, d'un impaludisme récent ou ancien, peut-être aussi de la syphilis ; mais en dehors des cas très-rares ou un corps étran- S;er, rinflammation du foyer, la lésion des bourgeons charnus, la névriîj^ elr., peuvent être invoqués pour expliquer la production de c(»s acres, on est bien forcé d'admettre que l'action réflexe joue un grand rôle dans la manifestation des iiradiations éloignées de la souflrance.
En résumé, les névralgies traumatiques sont de divci^es sortes : l"* les unes résultent directement de la blessure des nerfs ou des filets
48 NÉVUOSES DE LA SENSlBlLIfÉ.
nerveux; on pourrait les appeler névralf/ies trainnatiques priiiii' lives (I); les autres surviennent dans les premiers jours qui suivent une blessure ou le plus souvent une opération; celles-ci, que nous venons d'étudier, rentrent seules dans le jjroupe des névralgies réflexi^s, elles ont été appelées secondaires précoces (i) ; enfin elles peuvent se montrer consécutivement au travail de cicatrisation des plaies, dt\s amputations, ce sont des névralgies qu'on pourrait appeler secondaires tardives et dont nous aurons plus loin à étudier la pathoj»énie.
E. Influence de la cause sur le siéije de la névralgie. — Parmi les causes si diverses que nous venons d'énuméier, il en est quelques-unes qui exercent une inlluenco réelle sur la détermination du nerf affecté. Ainsi, dans la chlorose, les névralgies ont un siège multiple, mais elles atteignent principalement les nerfs du plexus solaire (Trousseau) et surtout le trijumeau. C'est ce dernier nerf qui est intéressé dans Tinloxication palustre et aussi dans la syphilis. Les maladies utérines et en parti- (!ulier celles des organes génito-urinaires donnent surtout lieu par on! ni de fréquence aux névralgies lombo-abdominale, crurale, sciatique, inl(»rcostale. Dans la goutte, c'est la scialique qu'on observe le plus souvent. ]
Anatomie PATiiOLor.iyUE. — Sous ce rappori, les névralgi(»s doivent être distinguées en deux classes : 1" celles qui résultent de lésions ayant leur siège dans les nerfs ou les centres nerveux (névralgies synq)toinaliques); 2'' celles qui ne s'accompagnent d'aucune altération appn'ciable (névralgies idiopathiques et sympathiques).
1' En énumérant plus haut les causes matérielles qui exenent une action directe sur les nerfs eux-mêmes ou sur les centres nerv(Mix, nous avons nommé la plui)art d(»s lésions qui se remontrent dans quelques névralgies. Mais ce qui prouve (jue ces maladies, pas plus que d'autres névroses, n'ont, à proprement parler, de caiactère auatoinique, c'est, en premier lieu, que les lésions les plus disseud)lal)les peuvent leur donner naissance, et, en second lieu, qu'il n'est aucune lésion qui les produise nécessairement.
2" La classe la plus nombreuse de névralgies est préciséujent celle où l'on n(* trouve aucune modification appréciable dans les conditions analomiipies des nerfs. Peut-être les progrés de l'anatcmiie pathologicpie améncM'ont-ils à reconnaître des chingements dans la texlun* intime des fibrilles nerveuses, dans tels cas où ces élémenls nous paraissent aujourd'hui parfaitement normaux, soit dans les nerfs, soit dans les centres; cela peut être supposé pour certaines névralgies dues
(I; Voyez, à ce sujet, les Uièscs de Londo, en \HCà), de Mallcl en ISCfi; lo Traité des lésions des nerfs do Mitchdl, etc.
{ij Des névraigies traumatiqnes secondaires précoces, par Vcincuil t.lrc/*, de méd , 187 i;.
D£S NÉVRALGIES Ë^ GËNÉIIAL. iO
à Tadion do froid, pour les névralgies qui persislent opiniàlréuK'nl peodanl de longues années, qui sont suivies d'alrophie el de paralysie, ou qui accompat^nent les altérations matérielles de la moelle, etc. Mais CD est-il de même pour les névraljçies fugares, léjfêres, erratiques, |)Our celles qui se lient a Tétat clilorotique, que la souITranre de quelque viscère engendre par sympathie ?
Physiologie pathologique. — A. Dans Télude des névraljries, il est indispensable d'avoir présents à l'esprit quelques faits de physiolo^in présentés par Mùller dans autant de théorèmes (I). Parmi ces théorèmes il en est qui ont donné lieu à des disi'ussions contradictoires et souh^vé (les objections assez graves; néanmoins nous croyons utile de les reproduire ici comme résumant assez exactement le mode d'action des nerfs affectés au sentiment.
I. Lorsqu'un tronc nerveux est irrité, toutes les parties qui en reçoivent les branches ont le sentiment de l'irritation, et Teffel (»st alors le même que si les dernières ramifications de ce n(Tf étaient irrité«.»s toutes à la fois.
II. L'irritiition d'nne branche de nerfs est accompiijrnée d'une sensation bornée aux parties qui reçoivent des filets de cette branche, el non d'une sensation dans les branches qui émanent plus haut, soil du tronc nerveux, soit du même plexus.
III. Des parties différentes d(» l'épaisseur d'un nerf scnsitif produi- M'iil, quand on les irrite, les mêmes sensations que si des ramifications lerininales différentes de ces parties du tronc venaient à être irritées.
IV. Les sensations des fibres nerveuses les plus déliées sont isolées roinnie celles des troncs nerveux, el ne se mêlent point les unes avei* les autres, depuis les parties extérieures jiis(|u'au cerveau.
V. Quoique la sensation semble avoir lieu dans les parlii's externes, lorsque l'on comprime un tronc nerveux, cependant une forte compression de ce deniier paraît être sentie en môme temps dans le lieu où elle s'exerce.
M. Lorsque le sentiment est complètement paralysé dan:^ les parties extérieures par le fait de la compression ou d'une section, le tronc du nerf peut encore, dès qu'il vicnl à être irrité, éprouver des siMisations qui semblent avoir lieu dans les parties extérieures auxquelles il aboutissait.
De même, loi'sque le membre dans lt»quel se répand un tronc nt»rveuxaété enlevé par une amputation, ce tronc, attendu qu'il renferme Tenseinble de toutes les fibres primitives raccourcies, peut avoir les mêmes sensations que si le membre amputé exisliiil encore {i).
Mf Mûller, Ir.d. Jourdan, i. I, p. .'H9 : Mécanique de% nerfs MHsilifs. (t} Comp. iifém. sur les effets de la compression des nerfs, par MM Uu»(ii>n et Vulpian ^Comptes rendue de VAcad. des êcience», 1855, t. XLI, p. lOO^h.
AXEUFELD. i
Ces diverses propositioDS se résument en deux lois, ou plutôt en deux faits principes qui inteniennent fréquemment dans l'étude des névroses : V la conductibilité isolée; 2* la seftsation rapportée à la périphérie.
B. Dans les remarques qui vont suivre, nous verrons jusqu'à quel point l'observation pathologique vient confirmer ou contredire ces propositions.
Les questions de physiologie morbide que nous avons à examiner sont assez nombreuses et nous les étudierons sous les titres suivants :