VI PRÉFACE
le plusieurs grandes planches qui font partie de l'atlas.
Une question très-composée est bientôt résolue, lorsqu'elle est bien comprime, et l'exécution d'une grande épure est souvent moins longue que l'étude d'un principe exprimé par deux ou trois lignes.
D'ailleurs , ces grandes épures ne sont jamais nécessaires dans les applications et c'est précisément pour ne pas être obligé d'en faire beaucoup par la suite, qu'il faut en faire quelques-unes actuellement; si l'on emploie le compas maintenant, c'est pour se mettre en état de s'en passer plus tard.
Il est vrai que beaucoup d'artistes aiment mieux s'en passer toujours; ils prétendeût qu'ils savent tracer les ombres de sentiment. Il est fâcheux que cela ne signifie absolument rien.
C'est là une de ces phrase» d'fttelier, que l'on répète par habitude parce qu'on les a entendu dire, et qui n'ont aucun sens.
En effet, trader les ombres de sentiment^ cela ne veut pas dire, pour certains artistes, qu'ils savent opérer sans le secours du compas; cela veut dire pour eux, qu'ils sont en état de tracer les ombres sans en avoir étudié tes principes. Or on pourra bien, en éclairant fortement un modèle ou un plâtre, copier les ombres que l'on a sous les yeux, mais lorsque l'on ira reportier ces croquis sur la toile.
PRÉFACE. vu
il n'y aura plus aucun accord entre les ombres obtenues dans râtelier et la lumière qui est censée éclairer le tableau.
D'ailleurs, on n'a pas toujours un modèle conve-nable; la lumière n'est pas toujours du même côté, ni à la même hauteur. Il faut donc, par le raisonnement , et par de nombreuses études , s'exercer à prévoir les modifications qui résultent de la forme des objets, et de leur position par rapport à la lumière.
Ces études qui effrayent tant les artistes, ont moins pour but de leur apprendre à dessiner, ce qu'ils font souvent très-bien, que de leur apprendre à bien voir, et à ne pas confondre les effets avec les illusions d'optique si dangereuses dans la pratique des beauxarts.
J'ai adopté, pourries planches ajoutées à cette nouvelle édition , la notation que j'ai proposée au comnàencement de l'ouvrage que je publie sur les exercices de géométrie descriptive.
Ainsi^ je désignerai par A'Z' la trace du plan vertical de projection sur lequel tous les points sont accentués par des ' ; par A"Z", la trace du plan de projection sur lequel tous les points sont accentués ", etc. Cette notation diffère un peu de celle qui avait été employée et qui a dû être conservée sur les planches de
viii PRÉFACE.
la première édition, où les accents indiquaient Tordre suivant lequel on devait construire les projections de chaque point , tandis que, dans la notation actuelle , les accents indiquent Tordre suivant lequel les diflTérents plans de projection sont venus successivement concourir à la solution du problème.
J*ai fait disparaître de ce traité Texpression de ligne de terre, que j*avais employée dans la première édition.
J'ai dit , dans les exercices et dans le traité de géométrie descriptive, pourquoi il ne me semble pas convenable de nommer ainsi Tintersection des plans de projection.
Mais , à toutes les raisons que j'ai déjà données , je crois devoir en ajouter une qui me paraît décisive : c'est que la droite que certaines personnes désignent par le nom de ligne de terre, n'indique jamais dans les épures , la surface du terrain , mais la trace du plan vertical de projection.
En eflTet, les ingénieurs et les architectes, toutes les personnes enfin qui sont familiarisées avec les applications à^ldi géométrie descriptive, savent très-bien que dans les études d'un projet , il peut y avoir un grand nombre de profils , coupes ou élévations , et , par conséquent, autant de plans verticaux de projection ; mais il n'y aura jamais qu'ti^ seul plan horizontal