‹ Traité des opérations de bourse et de changeChapitre 2 sur 155 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le Traité des opérations de bourse et do change de M. Alph. Courtois est un ouvrage classique à demi séculaire.

Son auteur, secrétaire perpétuel de la Sociélé d'Economie Politique, est décédé en 1899. Ce savant éminent, au cœur ardent et généreux, savait, tout en observant la plus méticuleuse précision, faire passer dans l'étude des questions financières — questions jalouses, si Ton peut s'exprimer ainsi, car tout ce qui ne se rapporte pas rigoureusement à leur examen semble porter atleinte à la valeur du développement et de la solution — une doctrine libérale, une expression humaine, qui rendaient ses travaux attachants comme les plus nobles plaidoyers. Ainsi l'attestent ses nombreux ouvrages, sa courageuse Etude sur T Agiotage (1852), Les Finances de la

Finance, de 1814 à 1870, Y Histoire des Banques en France (1881), Banques Populaires (1890), notamment; ainsi l'atteste la haute récompense que lui décerna quelques jours avant sa mort, Y Académie des Sciences Morales et Politiques quand, en lui attribuant le Prix Wolowski, à l'occasion de son livre Banques Populaires, c'est en réalité toute l'œuvre d'Alphonse Courtois qu'elle couronna! En effet, suivant l'expression du Président, le regretté M. Arthur Desjardin, rien n'interdisait à l'Académie de « couronner un homme en couronnant un livre ». La première édition du Traité des opérations de bourse et de change d'Alph. Courtois remonte à 1850. Dix éditions remaniées au fur et à mesure des changements de toutes sortes survenus depuis celte époque n'en ont point épuisé la vogue. C'est l'ouvrage qui est épuisé, disait un jour plaisamment l'éditeur. Les remaniements nécessaires à la douzième édition, ont nécessité, cette fois, une refonte complète. Les usages suivis sur le décret du 7 octobre 1890 et le Règlement des agents de change de 1891, modifié en 1898 et 1899, la loi d'impôt sur les opérations de bourse de 1893, modifiée en 1895 et en 1898, la série des mesures qui ont consommé au cours de cette même année 1898, ce que l'on a appelé la réorganisation du marché financier, nombre de

dispositions fiscales, la réforme de la loi sur les sociétés en 1893, ont peu à peu substitué aux usages anciens des procédés nouveaux.

Pour si considérables qu'aient pu être ces remaniements, l'ouvrage reste ce qu'il était. C'est la méthode et la doctrine qui font le livre. Le surplus est affaire de détail.

Aussi le livre de M. Courtois restet-il — ou plutôt, doit-il rester, dans l'intention de celui qui a procédé à la publication de la douzième édition — le livre de M. Courtois, et le respectueux disciple qui le présente à nouveau, considère-l-il comme un grand honneur de voir son nom sur un ouvrage à côté du nom vénéré de son maître.

Emmanuel Vidal.

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