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10 janv. 1891
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ment de ces rentes dans des mains résolues à les er: le mode qui conduit le plus vite à ce résultat est meilleur; c'est pour cela que nous avons préféré la cription directe et individuelle à l'adjudication; c'est rcela également que nous préférons à l'adjudication cte celle avec publicité et concurrence. Nous savons i qu'on a souvent reproché à ce dernier mode d'être inncé par des opérations faites à l'avance et permettant lissimuler au gouvernement, au profit de la Compa- ,k financière ou du banquier intermédiaire, le vérie état du marché ; mais ces opérations elles-mêmes peuvent être efficaces que grâce à des sacrifices irent énormes, ou bien à des risques légitimes, et, s ce cas, nous ne voyons rien à y redire, même au it de vue des intérêts des contribuables. Le gouvernent n'est pas institué pour spéculer à la Bourse, > pré texte d'émettre des emprunts, mais bien pour •r les affaires communes de tous ; il doit donc laisser bénéfices obtenus, à l'aide de risques souvent fort ds, à des Compagnies qui veulent en courir les ces, et ne s'occuper que de laisser librement la conînce améliorer ses conditions, ou mieux, recourir, De nous l'avons dit, à la souscription directe et indicé tii.
us avons dû donner, dans cette partie relative aux
rs sur lesquelles s'établissent les opérations à
l v a encore le procédé de vente au jour le juin-, yav j'entreiu parquet des agents de change, jusqu'à épuisement du à écouler. C'est ce procédé qu'emploient les Compagnies de ns de fer français pour le placement de leurs obligations; c'est jui a été mis en application par M. Léon Say pour l'écoulédu premier 3 0/0 amortissable.
terme, une part prépondérante aux titres de crédit, blic. Il y a à cela deux raisons. La première est malgré le désir très sincère des Etats d'amortir dettes, l'augmentation des attributions de l'État néraî les oblige tous à faire face à des charges de en plus nombreuses, de plus en plus lourdes, desquelles l'emprunt est la suprême ressource. Lai conde est que, si l'on considère, avec M. Alfred marck (1), qu'il a été créé et mis en circulation, en rope seulement, pour plus de 400 milliards de moi de papier appelées valeurs mobilières, répartis enl à 20 millions de porteurs de titres, les dettes public européennes seules constituées en rente dépassent^ milliards, les emprunts des villes et communes \ départements ne s'élèvent pas à moins de 100 mil]
Cela dit, résumons-nous en disant que les valeursj lesquelles s'établissent les opérations à terme sont, les valeurs mobilières, celles qui, par leur nombi l'importance des capitaux qu'elles représentent, pei tent r utilisation du crédit personnel de l'opérateur. j première ligne viennent donc les fonds d'État et les très de crédit public, désignés usuellement parlev< Effets publics. Viennent, d'autre part, les titres de dit privé : actions, obligations, parts de fondateurs banques, sociétés de transports, de mines, de mani tures diverses ayant pour objet l'alimentation, l'hi ment et, d'une façon générale, tout ce qui sert aux soins de l'homme.
Les conditions d'émission de titres de crédit
(1) Rapport sur l'organisation clos travaux du Congrès int
tiquai des valeurs mobilières de 1900. •
prient des conditions dans lesquels peuvent se consoles sociétés par actions. Comme on sait leurs titres |»QS sont des titres de crédit privé. Leurs obligations
itentdes emprunts qu'elles contiennent.
[erminote par qu.elqu.es brèves données statistiques ki fixeront approximativement tant sur le développent la fortune mobilière de la France que sur l'imice qu'occupent parmi ces valeurs celles qui se néît à terme. A la lin de Tannée 1800, 10 valeurs fait inscrites à la cote officielle. Le 30 décembre 18ir>, en avait ô. L»e 31 décembre 1830, nous en trouvons ,dont 28 françaises et 2 étrangères. Le 30 décembre ),on en compte 90. En 1880, 466. Le 31 décembre ), nous en comptons 1,038 à la cote officielle, dont sont cotées à terme. A ces 1,038 valeurs, il convient ajouter 416 négociées hors le parquet des agents de îge, c'est-à-dire en banque, dont 63 à tenne, ce qui, l'ensemble du marché parisien, représente 2, i.Yi va- ;. On évalue à environ 80 milliards les valeurs nio- Bères possédées en France.
§ IV. — Philosophie de la Spèadaiion.
C'est un préjugé très répandu, surtout parmi 1rs permîmes qui fréquentent peu la Bourse, que la loi principe des opérations de bourse est le hasard. Pour cerins, pour beaucoup, le parquet des agents de change île carreau de la coulisse est quelque chose d'analogue i tapis vert de la table de cercle, et si, dans le langage iuel, l'opération de bourse est dite jeu de bourse, c'est le preuve de plus de la généralité de cette idée.
Assurément le hasard entre parfois, dans ces o] tions, soit que certains agissent au hasard, soit événement imprévu né du hasard dérange dans* sens quelconque une combinaison due à une sj lation, c'est-à-dire à une pensée, à un travail; mail plus souvent, les spéculateurs font tous leurs el pour disputer au hasard ce qu'ils peuvent très raisoi
blement lui arracher. Etudiant leurs spéculations, f cherchent à saisir les causes qui peuvent raréfier ou abonder la valeur sur laquelle ils spéculent; ils apj cient si, à telle époque, les capitaux disponibles moins disposés qu'à une autre à entrer dans une val Quelques-uns même ont poussé si loin l'excès de k calculs, qu'on les a vus se ruiner pour avoir trop généraliser leurs idées et tout prévoir, sauf l'impi sauf le hasard précisément, qui dérange toutes les binaisons humaines.
Examinons donc quelles sont les idées, les princi] sur lesquels les hommes de bourse s'appuient pour trer en lice.
Certes, le hasard est l'un de ces éléments, mais on' l'avoue pas toujours; on se plaît même quelquefois àl déguiser sous le nom de combinaison plus ou moins il nieuse. Ainsi, celui qui met à la loterie, sur un nui qui n'est pas sorti depuis longtemps, se croit plus
que celui qui prend le premier numéro venu. Il opère'l
hasard. *
Cependant qu'est-ce que le hasard? C'est l'absence < lois; c'est le vide dans le monde moral .: vouloir assuji tir le hasard à des lois, c'est un non-sens.
Il est vrai que des hommes supérieurs que la Frai!
ière de compter parmi ses enfants, non contents de entrer le hasard dans les sciences mathématiques, le nom de probabilités, y ont même compris les ements résultant de la volonté humaine. Ils ont fordés lois dont l'illustre auteur de la Méranique cèa ainsi établi les bases philosophiques : fous les événements, ceux même qui, par leur peti- , semblent ne pas appartenir aux grandes lois de la •e, en sont une suite aussi nécessaire que les révolu-
du soleil Une intelligence qui pour un instant
?, connaîtrait toutes les forces dont la nature est he et la situation respective des êtres qui la composa d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre s ces données à l'analyse, embrasserait dans la même île les mouvements des plus grands corps de l'uni- *t ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain elle, et V avenir, comme le passé, serait jirésent à ses l. *
.lirré tout le respect que nous professons pour le : des créateurs de cette science, et pour l'intelligence neure des hommes éminents, à plus d'un titre, qui nt suivis dans cette voie, il nous est impossible de *s protester contre cette extension des lois mathéç[ues et naturelles.
t-il possible d'admettre une doctrine qui a la préon de renfermer, dans une formule, le passé, le pré et l'avenir, de préciser par avance ce que je ferai, le je déciderai.... à moins que je ne sois pas libre? ctor Cousin, avait déjà réclamé, dès 1810, dans des
Essai philosophique sur les probabilités, par de Laplace t., 1840, Paris, page 2.
leçons, qui eurent, à cette époque, un grand retenti ment, contre cet empiétement des sciences mathc tiques.
« C'est à r imitation de cette arithmétique morale des mathématiciens, qui n'étaient pas philosophes, la malheureuse idée d'appliquer le calcul des probi à des quantités morales, aux actions des hommes, jugements des tribunaux, etc. En pareille matière, mil a lieu qu'à des prévisions générales et non pas àdes< culs précis. Sur cent hommes qui jugent ou agi* est certain que tous sont faillibles, il est vraiseml que plusieurs se tromperont ou agiront mal ; mais bien et dans quelle proportion ? Impossible de le pi Sur cent hommes placés en telles circonstances, il se] que nul ne se trompe, quoique tous soient faillibli sur cinq hommes placés dans les mêmes circonsl tous les cinq peuvent se tromper. Quelle moyenne et où toutes les quantités sont essentiellement variabl La liberté et le calcul s'excluent (1). » Nous ne troui à ajouter à ces paroles si justes que ces mots qui en rivent nécessairement : le hasard et le calcul s'exel également.
Si nous nous reportons actuellement à la bourse, et nous y appliquions ce qui vient d'être dit, on recoi aussitôt l'erreur dans laquelle tombent fort souvent» qui croient enlever des chances au hasard en basant)
là
(l) Cours d'histoire de la philosophie moderne, première tome IV, quinzième leçon, page 173, note, nouvelle édition, Pi 1N46. Dans son Essai sur les lois du hasard (Paris, 1862), M. de Courcy, dont personne ne récusera la haute compétence, aux. mûmes conclusions que nous, après avoir cité, à l'appui cette opinion, M. Cournot [Exposition de la théorie de* chi
binaisons sur des probabilités. Un fait n'a pas eu depuis longtemps ; on est tout de suite porté à supr qu'il y a de grandes chances pour qu'il arrive dans >urt délai, et on agit en conséquence: Hasard, pur rd ! cependant on agit. Si le fait arrive, on crie vic- ! et s'il n'arrive pas, on se dit que ce n'était qu'une ibilité et non une certitude, et l'on recommence à >uveaux frais.
3ôté du hasard et à un plus haut degré d'importance, iusement, se range, dans les idées originaires des itions de bourse, la connaissance du cœur humain s lois économiques qui régissent la société. C'est là t le côté sérieux de la bourse. Des hommes admimt pour tout le monde les affaires sociales, d'autres ant telle ou telle impression de la direction suivie es premiers, les grandes lois qui régissent le monde )mique agissant, que les hommes les pénètrent ou s pénètrent pas, voilà le domaine de l'homme de ?e, le plus beau, le plus enviable, après celui du it désintéressé ! Juge et appréciateur de tout le le, gouvernants et gouvernés, travailleurs et capi- ,es, aucune question n'est indifférente à l'homme de se. Il doit connaître et les mœurs de la nation et le itère du peuple au milieu duquel il vit, en en mot le érament de ses concitoyens ; il doit saisir les rouages mvernement, en comprendre le mécanisme, la raison, rtée, être presque un homme universel, ssi, un grand spéculateur, sachant profiter des fautes ns, mettant par son génie les qualités des autres à sposition, est-il un homme rare. Il doit se posséder e plus qu'il ne possède les autres ; sans quoi il est
perdu, quelles que soient d'ailleurs ses hautes cap* Je sais bien que, pour le public qui fréquente p bourse, un spéculateur n'est qu'un joueur, pi us oui heureux ou adroit, si ce n'est pis ; mais ce serai méconnaître la nature humaine que de s'arrêter à opinion. Non, certes, quoique l'envie et la jalousie puyées sur l'ignorance, puissent verser leur venin i tels hommes, il faut, quand ils possèdent la qualité de ravir au hasard tout ce qu'il nous est possible < enlever, quand ils remplacent ses lois aveugles pi prévisions basées sur la connaissance du cœur hi et la nature des choses, il faut le reconnaître, ce se grandes intelligences (1).
(1) Nous trouvons, dans un auteur du dernier siècle, une ; ciation du spéculateur, qui se rapproche trop de la nôtre que nous ne la reproduisions pas ici : « Un commerçant, nous, est un homme qui fait le commerce de spéculatioi seulement dans la ville dont il est habitant, mais partout c une correspondance suivie, ils entretient des liaisons d'intén opérations peuvent avoir deux objets, savoir: le trafic de chandises proprement dites et le commerce de papier... I dans Tune et dans l'autre de ces opérations rien de bas, i mécanique; tout, au contraire, y porte V empreinte de la deur comme celle du génie. De quelles vastes connaissan< pas besoin un commerçant qui veut faire de grandes entre| Il doit, pour ainsi dire, connaître toutes les nations qui 1 commerce, en quelque genre que ce soit ; saisir le momen cours des événements y entraîne des variations pour en pr prévoir même les révolutions politiques, afin d'être prêt à e avantage dans l'instant qu'elles arrivent. En un mot, le chi ses opérations, c'est le monde entier. Le commerce en granc de grandes lumières, et par conséquent beaucoup d'étude e plication. Celui gui le fait avec distinction a donc drox plus grande considération ; pour la lui refuser, il faut pas de notre siècle et tenir encore à des préjugés à pein donnables dans des siècles de barbarie».
Cette citation est extraite (page 31, tome I) du plus bel 01 théorique et pratique en cette matière qu'ait produit le < siècle: Traité général du commerce, Amsterdam, 1781, p
PÉ&ATIQNS DBS BOURSES DE COMMERCE 189
oncf le hasard» qu'on trouve en toutes classes , la connaissance du cœur humain et des lois éco- , voilà ce que nous trouvons au fond du creuset èl nous avons soumis la spéculation à l'analyse ique.
ce que la spéculation : qu'est-ce que l'agiotage Y >culation est un travail dans lequel la pensée éûce tend à la réalisation de ce bénéfice au 'une opération. Par extension c'est l'opération e. L'agiotage dans son sens propre, est une on sur l'agio (1). Le sens s'est corrompu et le tage signifie dans le langage courant, une spéexcessive ou de mauvais aloi dans laquelle le 3 pensée n'entre pour ainsi dire pas.
iu premier empire la matière de la spéculation minait le caractère répréhensible (2) . On comalors sous le nom d'agiotage toute opération, tant aussi bien qu'à terme, sur papiers de comnatières d'or ou d'argent ou denrées alimena différence des prix se ressentait naturellement
ird. La première édition de ce remarquable ouvrage recommencement du dix-huitième siècle.
» signifie différence de prix. — Sur l'agiotage voy. Die-
du commerce de l'industrie et de la Banque publié rectionde MM. Yves Guyot et Raffalovich. Y0 ayiotaye nmanuel Vidal.
nt Louis XVI l'agiotage était le commerce dos espèces l'argent au comptant seulement; sous Louis XVI, on
guère plus agiotage que les spéculations au comptant me sur les blés; en 1-793, les spéculations au comptant ssignats ou les espèces d'or ou d'argent. Depuis cette époque on a appliqué cette épithète aux opérations de •n. quelles qu'elles fussent, pourvu que ces spéculations cause quelconque fussent impopulaires. Voir à cet égard de V agiotage par M. Benoit Malon, ouvrage inachevé.
des préjugés ou de l'ignorance du public à ce sujet ; variait plus ou moins, selon que Tanimad version laire s'attachait, plus ou moins, à tel ou tel objet.' péril de l'opération, la tâche qu'elle infligeait aloi ceux que, à tort eu à raison, l'on soupçonnait de livrer, contribuaient doublement à imprimer au prix, < oscillations brusques et tentantes, par conséquent;; petit nombre de ceux qui bravaient Popinion publique les fureurs de la populace, ne s'y adonnaient que l'appât d'un bénéfice considérable. Les économu éininents du dix-huitième siècle, Turgot en tête, montré combien cette situation exceptionnelle emjMl le mal, forçait les différences de prix et, en fin compte, augmentait le malheur public. On ne s'ai pas alors, comme aujourd'hui, à la question de ci l'objet lui-même sur lequel on spéculait et la diffè) des prix constituaient V agiotage. C'est ainsi que IV entendu Savary (1), Mirabeau (2), et les autres aul qui ont traité de ces matières jusqu'au commencei de ce siècle. Quant aux marchés à terme, Savary décrit sans exprimer approbation ni désapprobation, les vendeurs ou acheteurs aient, ou non, la volonté, la puissance de réaliser leur marché au jour fixé, autÉ ment que par une contre-opération. Ainsi la spéculfl tion à crédit était licite dans l'opinion publique à ceA) époque, c'est-à-dire après la chute du Système (3) etk désastres qui l'ont suivie.
(1) Dictionnaire universel de commerce. — Paris, 1723, ai mots Agiotage, Agioteur.
(2) Dénonciation de V agiotage au roi et à l'Assemblée des fi> tables.
(3; On appelle ainsi l'ensemble des idées financières de Law,
OPERATIONS DES BOURSES DE COMMERCE l'Ji
Depuis le consulat, il y a eu progrès dans l'esprit puï. L'opération au comptant dont l'utilité incontestable tit été si victorieusement démontrée, principalement Ifoccasion des denrées alimentaires, par les publicistes iplus éminents du siècle qui venait de finir, fut innoitée de l'inculpation d'agiotage, et l'on réserva cette lénomination, que Ton continuait à vouloir rendre ini'aîte, pour l'opération à terme. Spéculer à crMit sur fia hausse ou la baisse devint le principe de l'agiotaire, ^quelque fût d'ailleurs l'objet de l'opération, marchandises ou fonds publics. Nous ne nous occuj>erons de l'afgiotage que sous cette dernière forme, la seule qui intéresse la génération actuelle, la seule qui puisse être ■utilement envisagée, une fois que l'on ne s'attache pas à ; Phistoire économique du pays.
k Nous appellerons donc spéculation l'opération soit à ■ tenne soit au comptant (ce sera dans la grande majorité des cas une opération à terme) ayant pour luit la • réalisation d'un bénéfice. Nous appellerons <i<iiot<mr une spéculation excessive. L'opération au sujet de laquelle le spéculateur aura en Y intention de ne pas prendre livraison de ce qu'il achète, de ne pas livrer ce qu'il vend pourra parfois rentrer dans cette catégorie, mais sans que ce soit une nécessité, car l'achat pour revendre, la vente à livrer suivie d'un rachat pour effectuer cette livraison, sont des opérations essentiellement commerciales.
Mais qu'il soit bien entendu que nous ne comprenons pas plus sous la dénomination d'agiotage les faux bruits
l'application qu'il en fit à la France sous la minorité de L«»ui>XV. ■Vuir Histoire des Banques en France par M. Alph. Courtois.
et autres moyens frauduleux, quels qu'ils soient, spolier autrui, que Ton ne comprend sous celle de co: merce les fraudes commises par quelques négociai indignes de ce nom, soit sur la quantité, soit sur la q lité des objets vendus. Les uns et les autres sont d< vols que la justice est appelée à réprimer directement par tous les moyens que la société met à sa disposition ni l'économiste, ni le moraliste ne doivent tenir com de ces faits exceptionnels, que tout le monde juge de même manière.
Depuis bien longtemps, les opérations, impropreme; dites jeux de bourse (1), ont été l'objet de la malédicti des écrivains qui ont traité ce sujet ; à presque tou les époques, dans presque tous les pays, le pouvoir'! cherché à empêcher ce qu'il trouvait d'immoral dans transactions, et jamais, quelque draconiennes qu'ai été ses dispositions réglementaires, il n'est parvenu but qu'il se proposait. Loin de là, les époques où les loi furent le plus sévères coïncident avec celles où l'agiot prit la plus grande extension.
Comment expliquer ce phénomène social? Serait-ce parce que la fureur des spéculations aventureuses, kk.i passion de mettre au sort ses moyens de bien-être etj souvent d'existence, sont en raison directe des peines : infligées à ceux qui s'y livrent ?
(1) Nous trouvons dans le Traité théorique et pratique d'Eco-* nomie politique de M. J.-G. Courcelle-Seneuil, ouvrage bien re-' marquable pourtant, la conclusion suivante : « L'agiotage et les »< jeux de bourse exercent sur l'industrie générale une funeste ina ttuence, parce qu'ils absorbent inutilement des capitaux et des «hommes. L'autorité pourrait y mettre fin par une prohibi- « tion absolue des marchés à livrer, non autrement. » Paris, 1858, tome II, page 277.
OPÉRATIONS DES BOURSES DK COMMEItCK 193
cela était, loin d'interdire l'agiotage, loin moine îster indifférent, le gouvernement devrait s emprese lui accorder toutes les sécurités désirables, de urer de toutes les garanties possibles, niais il est vraisemblable que l'excès de spéculation vienne ément de la défense du législateur, armé des plus les sanctions pénales. C'est plutôt qu'à certaines es troublées, les capitaux et les capitalistes ne nt s'employer utilement dans le commerce et dans jtrie, vont demander à la spéculation ce qu'ils point : le travail et le bénéfice. La spéculation a entèle ordinaire qui s'accroît d'une clientèle sion plus ou moins considérable selon les cir- .nces.
îffet, on a remarqué que les époques où l'agiotage )and davantage sont celles où le pays est moins îille et moins prospère que de coutume.
lors le remède le plus simple, le plus court, le adical, n'est-il pas de travailler à rétablir la tran- 'i dans le pays, et à augmenter son bien-être moral tériel?
qui va suivre permettra de répondre à cette quesar l'affirmative.
îs son Cours complet d'économie polit iqiic pratique, Say consacre un chapitre entier (le xv" de la huipartie), à l'agiotage, et la conclusion à laquelle
; cet illustre économiste est celle-ci :
\nis ces jeux (jeux de bourse sur les effets publics r les marchandises), qui entraînent beaucoup de îurs et dont l'industrie et la production ne profitent
jamais, pourraient, je crois, être supprimés, si i nement le voulait. »
Supprimés ! comment ? directement ou indire» par répression immédiate ou par des moyens dé Pour savoir l'opinion de Say à cet égard, il fau ter plus haut dans le chapitre, et la phrase i que nous y trouvons, laisse peu douter que c'« répression immédiate et directe qu'il s'agit :
« Il semblerait, en conséquence, cpielegouve devrait rester indifférent à l'agiotage, ou ph forcer de le réprimer. »
Quand un homme aussi clair, aussi lucide, i pourvu de préjugés que l'était ce grand éconoiï rive à une conclusion si peu précisée, il ne s'étonner que tant de gens prennent ses pan lettre et demandent à grands cris la fermeti bourse, en tant que lieu de réunions de joueurs: ments dits.
L'un des économistes modernes les plus dû M. Mac Culloch, a émis une opinion analogue à J.-B. Say. Voici le passage auquel nous fais sion :
« On a supposé que les contrats ou les obliga sultant de transactions purement aléatoires ; naient à cette dernière classe (celle des trar manifestement préjudiciables aux intérêts généi il est passé en coutume de leur refuser toute légale. La sagesse de cet usage nous semble d dence surabondante. On ne peut mettre en d< l'empire du jeu, en arrachant ceux qui s'y liv transactions de l'industrie, et en leur faisant ph
confiance dans le hasard, au lieu de compter sur l'activité et l'économie, comme moyens de s'élever dans l'échelle sociale, ne soit excessivement funeste, au point de vue général et particulier. Et nous ne sachions pas qu'on ait imaginé, pour contrarier le développement de cette funeste habitude, aucun moyen aussi facile à adopter, et en même temps aussi efficace que celui qui consiste à placer tout engagement aléatoire en dehors de la loiy et à priver les parties intéressées de toute autre garantie que celle de leur propre honneur. Il serait peut-être inopportun d'intervenir dans une limite plus étendue ; mais il ne paraît y avoir aucun motif raisonnable de penser que Vintervention du gouvernement ne puisse, avec avantage, aller jusque-là (1).
Nous espérons prouver, dans la suite de ce chapitre, que placer tout engagement aléatoire en dehors de la loi n'est pas aussi facile, ni aussi efficace que le prétend le savant professeur, et que tout en reconnaissant avec lui les funestes effets de la passion du jeu, nous avons des motifs très raisonnables de penser que Vintervention du gouvernement doit s'appliquer d'une toute autre manière que l'entend l'économiste anglais.
Au point de vue économique, parmi les reproches que les hommes qui se sont occupés de la matière adressent aux opérations de bourse, nous en remarquons deux principaux :
Elles affectent, disent-ils, le cours des rentes et par suite le crédit public, d'une manière illégitime ; en d'autres termes, elles faussent les prix de fonds publics ;
(1) Principes d'économie politique, traduction de Aug. Planche ; 1851, tome I, page 303.
Elles attirent des capitaux qu'elles retirent à la duction des richesses, pour les appliquer à des o] tions improductives.
Examinons d'abord la valeur du premier grief.
Je me suppose détenteur d'une certaine somir rentes ; je désire les vendre dès aujourd'hui, noi besoin d'argent, quant à présent du moins, mais ] que je n'ai plus autant de confiance dans le débi dans l'Etat. D'un autre côté, un acheteur se prés mais ces fonds ne lui rentreront qu'à une certaine que déterminée ; cependant il me propose d'acheter rentes sous cette condition, qu'il ne me payera cette époque, et que, en attendant, je garderai les ti Voilà une opération assurément fort licite et dont sonne ne contestera la légalité.
Supposons maintenant que l'acheteur à terme pas l'intention de garder mes rentes, et qu'il seprc de les revendre au comptant le jour même où je d< les lui livrer. Il est évident que si j'ai confiance er si je le crois capable de solder la différence en a perte, il est évident, dis-je, que l'effet économique est pas changé pour cela. Seulement la revente, au d'être faite de suite, sera encore à faire; quand elle effectuée, les effets contraires se seront produits € lancés. En fin de compte, on en sera revenu au poi départ.
Mais, dira-t-on, jusqu'au moment de la vente au o tant, on croira à un placement définitif ; puis, le mo de la livraison arrivé, on saura que ce n'était qi opération de bourse, et alors il y aura eu d'abord ha puis baisse ; par suite, les cours de la rente, et ce