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OPÉRATIONS D’EXTRACTION

Nous avons à étudier successivement l'extraction des corps étrangers arrêtés dans l'urèthre, et celle de ceux qui sont dans la vessie. Enfin, nous devons décrire l'extraction des corps étrangers de la vessie el de l'urèthre chez la femme. Ici lorganisation toute spéciale des parties, la facilité avec laquelle l’urèthre et la vessie sont explorés facilement avec le doigt, entratnent des manœuvres et des moyens tout spéciaux.

Dans chacun de ces chapitres, nous avons à décrire l'ex- Lraction des corps étrangers les plus divers; parler successivement des moyens et des manœuvres propres à chacun, outre les longueurs énormes que cela entratnerait, ce serait s'exposer à de fréquentes et inutiles répétitions. Aussi ai-je dû chercher à classer les corps étrangers ; réunissant dans le même groupe ceux qui nécessitent des procédés d’extrac- Lion analogues.

Ainsi, le premier groupe comprend : les corps étrangers, arrondis ou oblengs pouvant être morcelés, cassés, coupés, si leur volume ne permet pas de les retirer entiers : pois-chiches, haricots, fèves, pépins d'oranges; noyaux de cerises, de prunes, petite bille de terre, caillou, morceau de porcelaine, petite balle de plomb.

Deuxième groupe : les corps étrangers, longs, souples, pou-

rotation en même temps qu’on incline les becs écartés vers le corps étranger, qui se trouve ainsi entre les mors. On ferme la pince, une légère traction fait reconnaitre si l'on

saisit la muqueuse, On fixe les deux

branches l'une sur

l’autre avec le tenon. Le corps étranger tenu ainsi (fig. 132),

les tractions sont faites lentement, doucement, évitant d'accrocher l’urèthre avec l'extrémité antérieure du corps étranrge.

Si, en raison des rugosités, des saillies de l'extrémité du corps étranger, on éprouve de la difficulté à faire l'extraction du corps pris comme nous venons de le dire, alors on ouvre légèrement la pince, et, en saisissant à chaque instant le corps étranger, comme pour ne pas le quitter, on retire les mors peu à peu pour les placer juste sur l'extrémité ; qui, ainsi cachée ou dominée par les becs de la pince, n’accroche plus l'urèthre.

Je crois qu'il est plus facile d'arriver à placer les becs sur l'extrémité d'une tige longue, à extraire, en commençant à la saisir par son corps, que de placer d'emblée ces becs sur cette extrémité.

Naturellement, les tractions doivent

Fr. 48. — dge

être faites en raison de la direction droite ou courbe que présente la lige. Ainsi, dans le cas de sonde rigide, il faudra faire le mouvement de sortie propre à la courbure de

la sonde.

Il peut arriver que le corps étranger ait un volume plus

seur basculeur, tel que jesfai fait faire (fig. 133). Alors, quand on tient l'épingle près de sa pointe, en dégageant celle-ci des issus, on pousse le curseur, qui en applique la pointe contre la tige de la pince. Et l'extraction est terminée facilement.

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étant écartés, l'extrémité À du

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Les épingles doubles sont bien plus difficiles à extraire; et j'ai vu ouvrir l’urèthre en avant des bourses pour retirer

PAR LES CORPS ÉTRANGERS. 659 la bien connattre, il suffit de se reporter à ce que nous avons dit à propos de la lithotritie uréthrale. La section faite, on extrait chacune des épingles simples avec la pince (fg. 133) en suivant les préceptes décrits.

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Nous venons de décrire, k propos des principaux types de corps étrangers engagés dans l'urèthre, les différentes manœuvres d'extraction par les voies naturelles ; sauf dans

lera de l'air; ou bien on pourra encore faire la manœuvre de préhension à sec : L'instrument ouvert dans la vessie vide, le bec femelle déprimant la paroi vésicale postérieure, on imprimera une secogsce an bassin en percutant avec la paume de la main gauche sur l'épine iliaque droite du malade (voy. p. 473).

Lorsque le corps étranger a élé morcelé, les fragments sont retirés par les injections éracuatrices faites comme nous l'avons dit page 502, ou sortent entrainés par l'urine.

Deuxième groupe. — Les corps étrangers longs, souples, peuvent étre pliés, eoupés. Sondes et bougies de gomme, lien de cuir, etc.; rouleau de papier, de cuir. Comme nous l'avons déjà dit, ces corps, d'une matière souple, peuvent s'imbiber : de là augmentation de leur volume. Certains, comme les deux derniers, peuvent se déformer en se déroulant : de là leur volume considérable, bien différent de celui qu'ils avaient au moment de leur introduction.

Sonde de gomme. — Quand elle est d’un petit diamètre, il suffit de la saisir dans la vessie avec un petit brise-pierre à bec plat. Bien fixée, on l'attire dans l’urèlhre, où elle pénètre appliquée de chaque côté du bec du brise-pierre, ct doublée. Mais dès que la sonde a un certain diamètre, celte mauœuvre n’est plus possible : alors elle fait de chaque côté du bec du brise-pierre une saillie telle qu'on ne peut pas l'attirer dans l'urèthre, Si l'on a la chance de saisir ln sonde par son extrémité, alors elle peut être retirée, Nous verrons plus loin comment il est possible d'arriver à saisir un corps droit, rigide, par son extrémité, Celle manœuvre, quoique plus difficile quand il s'agit d'un corps long ct flexible, peut cependant être lentée.

Lorsque la sonde de gomme est d'un volume ordinaire, on peut se servir avec avantage de l’instrument de M. Mercier (fg. 135). Il a la disposition générale du brise-pierre. Le

l'extraction, il faut le morceler, le couper en fragments avec l'instrument de M. Caudemont (fig. 136).

Cet instrument ressemble beauconp au brise-pierre dit porte à faux. Le bec femelle présente la même grande fepêtre rectangulaire; seulement, les deux bords du bec n'offrent pas de dents : l'un d'eux est une arête tranchante

Fin, 198, — Séeurr de Caulemont © 8, be mile montrant x pur ensspegnant l'extnmiu du bee laut uo eût, € ra

rest pas feet an tranrhant, — À, bec femelle; on pourtour ra

ueux 08 le rancbant.

sur laquelle la lame du bec mâle vient faire ciseau, et le reste du pourtour de la fenêtre reclangulaire est rugueux.

lorsque le bec est arrété dans le col par la saillie latérale du corps étranger, on écarte légèrement les deux mors suffisamment pour permettre au corps étranger de se retourner, mais sans le dessaisir, pour qu'il ne puisse pas sortir de l'instrument.

Ici encore on pourra couper la tige de bois ou autre en morceaux ussez pelits pour être évacués.

On pourra aussi chercher à retirer la tige entière en fa sant les manœuvres spéciales au quatrième groupe.

‘ Quatrième groupe. — Les corps étrangers, longs, rigides, ne peuvent être ni cassés ni coupés. Tiges de fer, tiges de verre, etc.

Pour extraire par l’urèthre ces corps étrangers, il faut que, saisis, ils soient placés dans l'axe du bec de l'instrument employé. De là les manœuvres propres à prendre la tige par son extrémité avec le brise-pierre à mors plat, el à la placer dans l'axe du bec qui la tient; de là aussi les instruments spéciaux offrant chacun un mécanisme qui fait basculer la tige pour la mettre dans l'axe du bec.

Brise-pierre à mors plats.—M. Caudemont, dans la Gazette des hépitaur, 1849, a décrit longuement les manœuvres qu'exige l'extraction de ces corps étrangers longs et rigides, faite avec le brise-pierre ordinaire à mors plats,

Le corps étranger saisi avec ce brise-pierre, on attire le bec vers le col comme pour l'y engager, et cela en tenant l'instrument aveé deux doigls placés de chaque côté de la masse de la branche femelle, pendant que le pouce est appliqué sur l'extrémité de la branche male. Pendant ce temps, le corps étranger, pris en un point de sa continuité, s'applique transversalement de chaque côté sur le col vésical et sur la paroi antéroinférieure de la vessie. De Ià la rési tance, l'arrêt très-net perçu par la main qui lient et attire le brise-pierre. M. Caudemont a très-justement observé les

neue. as

plat, on ait saisi une tige, et qu'on sache de quel côté du bec est la plus courte portion : comment fera-t-on pour aller saisir la tige par son extrémité la plus rapprochée du bec? Le bec ramené dans le plan médian, tenant toujours la tige, on le pousse directement jusque contre la paroi inférieure de la vessie. LA on ouvre le brise-pierre en agissant sur la branche mâle seule ; ainsi ouvert, on ineline les becs du côté de la courte portion de la tige, maintenant autant que possible la face antérieure du mors femelle contre le corps étranger; puis on ferme le brise-pierre, ses becs étant inclinés vers l'extrémité du corps étranger, en tenant fixe la branche femelle et en poussant la branche mâle. Alors on fait à nouveau la traction de l'instrument, ramenant le bec et le corps étranger vers le col,.et l'on observe le mouvement de rotation que la traction imprime au brise-pierre. Dès que la tige est tenue par son extrémité, au moment où le Lec du brise-pierre arrive dans le col vésical, celui-ci s'incline du côté opposé à la tige, pendant que celle-ci, poussée par le col, se redresse et se place dans l'axe du bec. Il va sans dire que, pour faire cette manœuvre, il ne faut pas fermer avec force le brise-pierre au ioment où le corps étranger se redresse dans l'axe du bec, pour que ce mouvement suit possible. ;

Anstrument de MM. Robert et Collin (g. 187). — Il a la disposition générale des brise-pierres. Sur le côté de la masse de la branche femelle est une vis de pression destinée à fixer les branches dans la position voulue. Le mécanisme qui fait basculer Le corps étranger, pour le placer dans l'axe du bec, est dans la disposition des mors. Le mors femelle, assez large, offrant une face postérieufe, un dos rectangu-

slaire, présente d'un côté un bord saillant empiétant sur la tige, très-élevé au niveau du talon, et allant en diminuant de plus en plus jusqu'à l'extrémité du bec, où il n'est plus

Cinquième groupe. — Corps étrangers longe, rigides, mais assez malléables pour être pliés, pointus à une ou à leurs deux extrémités, ou bien offrant des saillies latérales aiguës et obliques

pouvant accrocher les parties. — Les épis, les épingles à cheveux simples ou doubles, etc.

Les corps étrangers de ce groupe qui peuvent être coupés ou broyés sont, grâce à cela, facilement extraits par petits morceaux au moyen du sécateur ou du brise - pierre.

Ainsi, pour les épis, on doit toujours les couper.

Les épingles simples à cheveux peuvent être retirées avec un des deux instruments que nous venons de décrire; ou bien, grâce à ce qu'elles sont assez flexibles pour être pliées, on peut les retirer avec l'instrument de Courty (Ag. 139), qui se compose d’un tube résistant, dont une de ses extrémités, terminée brusquement, a des bords très-forts. À l'autre extrémité est la disposition de la branche femelle d’un brise-pierre à pignon.

Dans ce tube se meut une tige d'acier droite et très-solide, présen-

Pie. 429. — Instroment de Cour.

tant à une extrémité un fort crochet, et à l'autre, sur une de ses faces, les dents crémaillères du pignon. L'instrament introduit dans la vessie, on cherche avec le crochet l'épingle. Quand on la tient, on attire Ia tige male. Alors l'épingle s'applique transversalement contre l’extré-

c'est la pince de Leroy (d'Étiolles) père (fig. 141). Sa forme

= Pince de Leroy does).

générale est celle de la pince à pansement ordinaire. Ses mors longs sont concaves et se rapprochent bords à bords.

574 OPERTINS MÉCENTÉES

leur eneavité se correspondant. D'un côté, et tout près de leurs extrémités, les mors offrent chacun une saillie qui s'applique l'ane à l'antre en s'imbriquant quand la pince est fermée. De l'antre côté, sur le bord d'un des mors, est un eurseur assez saïllant À, mû tout le long de ce mors, depuis «a hate jusqu'à son extrémité, an moyen de la tige qui est appliquée contre là branche da mors sur lequel il est, et qui se termine par un bouton B.

En raison de la dilatabilité de l'arèthre de La femme où de la dilatation existante, due aux manœuvres d'introduetion du corps étranger, la pince fermée, son curseur placé à la base des mors, est facilement introduite. Le corps saisi est transversal au mors; alors on poasse le curseur qui chasse devant lui le corps étranger jusqu'à l'extrémité de là pince; mais là, arrêté de l'autre côté des mors par leurs saillies, il bascale et se place, une extrémité entre les mors de la pince; l'autre dépasse la pince, mais est dans sa direction. Alors le corps étranger est extrait.

EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS PAR LA BOUTONNIÈRE ot LA TAILLE (4).

La cause la plus fréquente de l'impossibilité de l'extraction du corps étranger par la voie naturelle, c'est son incrnstation. Elle augmente son volume, rend sa surface rugueuse ou même constitue une véritable pierre, le corps étranger n'élant plus que le noyau. Aussi, avant de procéder aux manœuvres d'extraction par l'urèthre, est-il indispensable de savoir si le corps étranger est depuis longtemps dans l'urèthre ou la vessie, car sa couche d’incrustation est toujours en raison de la longueur du séjour du corps étranger

(4) Pour les manœuvres d'extraction après la taille, voyez page 718.

et de l'allération des urines. Ces temps derniers, j'ai été obligé de faire la taille pour une sonde de gomme qui était depuis huit jours seulement dans la vessie. Mais il y avait vatarrhe, les urines étaient fortement alcalines, et déjà la couche d’incrustation était très-notable.

Une autre circonstance oblige le chirurgien à prendre le bistouri, c’est lorsque le corps étranger s'est déformé ou a augmenté considérablement de volume par imbibition, comme dans le cas de Foucher, où il s'agissait d'une plaque de cuir roulée sur elle-même, qui dans la vessie s'était imbibée et déroulée.

Quand on fera la boutonnière uréthrale, on prendra toujours la précaution de placer dans l'urèthre une sonde de mél, son bec contre le corps étranger; ainsi elle servira de conducteur.

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