DE LA PARACENTÈSE DE LA CORNÉE
interne de la cornée, eu se servant d'un instrument coudé. Dans les cas oft l'on se propose d'ouvrir un abcès de la cornée, il est préférable de pratiquer Ift ponction à la partie la plus déclive de l'abcès, afin que l'humeur aqueuse, chassée avec une certaine force de propulsion, entraîne avec elle le pus et les parties mortifiées. Il faut cependantajoutcrque, lorsque l'opérateur se propose de vider réellement un abcès de la cornée, surtout lorsque sa paroi antérieure est trés-mince, il y arrivera mieux et plus sûrement en enlevant plutAt une partie de !a paroi antérieure et en retirant le contenu de l'abcès à l'aide d'une petite curette ; maïs hâtons-nous de dire aussi que l'arrSt dans l'agrandissement de l'abcès, la plus grande rapidité de la guérison, en un mot l'influence avantageuse de la ponction de la coriiée paraît dépendre avant tout de la diminution de la tension de cette membrane.
Lorsque la paracentèse doit prévenir une perforation spontanée de la cornée, nous devons la pratiquer à l'endroit où cette perforation menace, c'està-dire k la partie la plus mince de l'ulcération qui, par sa proéminence, indique qu'elle est prête à céder à la pression venant de la chambre antérieure.
Les intruments nécessaires pour cette petite opération sont une aiguille & paracentèse (fig. iI2), une pince à fixation et un petit stylet convexe, à pointe
Fie. 113. — StyM convexe h poEnte tiinu?!i:. ' Via. l\2. — Aiguille ù parncenlfsc.
moosse (fig, 113). La tète do malade étant bien fixée et les paupières suflisamment écartées, on fera bien d'immobiliser l'œil à l'aide de la pince à fixation, toutes les fois que le malade ne sera pas capable de tenir son œil complètement tranquille ; c'est de cette manière seulement que l'on peut être SÛT d'éviter, soit les tâtonnements ennuyeux avant de réussir à ponctionner juste à l'endroit nécessaire, soit la paracentèse h un autre endroit que celui où nous aurions désiré la faire, soit enfin, une mauvaise direction de l'instrument. L'aiguille à paracentèse doit être enfoncée obliquement, de façon à faire une plaie linéaire de 3 à A millimètres de largeur. C'est en faisant pénétrer de la manière indiquée l'instrument à travers la cornée qu'on évite le plus sûrement le prolapsus consécutif de l'iris. Aussitôt que la pointe de l'instrument est arrivée dans la cliambre antérieure, on abaisse le manche de l'aiguille, afin que la pointe n'aille pas blesser l'iris ou le cristallin projetés en avant à la suite de l'évacuation de l'humeur aqueuse. En retirant l'ûguille, on voit le plus souvent suivre l'humeur aqueuse, qui, selon l'état de la pression interne de l'œil
m DES OPÉRATIONS QU[ SE PHATIOOIMT SOR LA COBMÉF.
etsuivant la direction de la plaie cofDéeniie, awtira avec, plus on mcnns de force; QUÙs il arrive ausù que rbumeur aqueuse ne sort que lorsque nousenti'onTroiis çn peu les lèvres de la peUte plaie^ soit par uiie légère pressioD avec la ptNnle de l'aigiûlle, soitï l'aide du petit stylet. Dans les cas où. la. pression intra-
oculaire est très-forte, il est toujours utile de prévenir une évacuation tumultueuse de l'humeur aqueuse, et de la faire sortir aussi tranquillement que poQÛble. C'est encore au moyen du petit stylet, dont nous appuyons légèrement ia pointe arrondie et aplatie sur le bord delà plaie, que nous pouvons renouveler, en cas de besoin, l'évacuation de l'humeur aqueuse, avant que la petite plaie de la cornée soit complètement cicatrisée. Aussitôt que l'évacuation de la chambre antérieure est terminée., on applique un bandeau compressif, qu'on enlève au bout de quelques heures, ou dont on continue l'emploi, selon les indications spédales.
Lorsqu'il s'agit d'un abcès, ou aura soin d'élargir la plue proportioaneUement à l'étendue de l'abcès au moment oii l'on retire l'instrument, de mam^ que rbumeur aqueuse en chasse, en s' échappant, tout le contenu. Dans ces cas, il vaut parfois mieux pratiquer l'ouverture avec un petit couteau lan-; çéolaire.