‹ Traite des OperationsChapitre 52 sur 70 · EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS DE LA CORNÉE

Lorsqu'un corps étranger se trouve logé tout à fait à la face antérieure de la cornée, il est généralement facile de l'enlever & l'aide d'une ctuette de Daviel. Lorsque le malade est tranquille, il suffît de faire tenir la tële du malade par un aide ou de l'appuyer contre le dos d'une chmse, d'écarter les paupières avec le pouce et l'index de la main gauche, et de fixer fùnsi le globe de l'œil, en exerçant sur lui une presàon modérée & travers les paupières ; mais, pour peu que le malade manque de volonté et ne puisse tenir son ceil immobile, il vaut mieux ne pas renouveler des essais inutiles et pénibles, et se servir de la pince à fixation pour immobiliser le globe de l'œil. Une précaution toute particulière est nécessaire dans le choix de la position à donner à la tête du malade ; elle est déterminée par la direction dans laquelle le corps étranger est le mieux visible, et il est souvent utile, avant l'opération, de se rendre compte, bien exactement, de la situaUon du corps étranger, à l'aide de l'éclairage oblique.

Lorsque le corps étranger se trouve dans les couches profondes de la cornée, nousjisquons, en essayant de l'enlever, de l'enfoncer de plus en plus dans la cornée, et même de le faire entrer dans la chambre antérieure. Ce danger est encore plus grave, si le corps étranger proéniiiie déjà dans la chamiwc

DE L'ABRASION DE LA CORKËE. '1- fW

antérieure. Dans ce cas, on peut, si le corps étranger dépasse la surface antérieure de la cornée, le saisir avec des pinces fines (1), Cependant il est toujours préférable, même dans ce cas, et il devient même indispensable, lorsque Je corps étranger ne proémine pas assez pour être saisi avec des pinces, de passer préalablement un petit couteau lancéolaire derrière le corps étranger pour l'euipêcherde s'enfoncer davantage et de tomber dans la chambre antérieure. Lorsqu'il est nécessaire pour atteindre notre but de pénétrer avec ce couteau dans la chambre antérieure même, il faut l'enfoncer très-obliquement pour empêcher la sortie prématurée de l'humeur aqueuse. Une fois le corps étranger fixé contre la lame du couteau, on peut l'enlever à l'aide d'une aiguille à cataracte ou des pinces fines. L'instillation d'atropine, l'application de compresses fraîches ou d'un bandeau compressjf devront suivre l'extraction.

Si malgré toutes ces précautions le corps étranger tombait dans la chambre antérieure, il faudrait, quand cette dernière renferme une quantité suffisante d'humeur aqueuse, pratiquer une incision de quelques millimètres, & l'aide d'un couteau lancéolaire, à la périphérie de la cornée, et laisser s'écliapper rapidement l'humeur aqueuse, dont le courant pourrait chasser le corps étranger de l'œil. Mais s'il y reste, on sera obligé de pratiquer l'excision de la partie de l'iris sur laquelle il repose; car, en agissant autrement, on pourrait exposer l'iris à une inflammation traumatique bieii dangereuse.

Page 1