DU €BOIX DE L% MÉTHODE OPÉRATOIRE
Le choix de l'une ou l'autre de ces méthodes, dans un cas donné, dépend de l'âge du malade, de la variété de la cataracte et des différences que nous y rencontrons par rapport à la consistance du cristallin opaque.
11 existe en général une relation assez intime entre l'âge de la personne atteinte de cataracte et la consistance de cette dernière, circonstance qui nous
yeux a la fois parce que nous ne saurions pas remplacer cette méthode, même en cas d'insuccès sur le premier œil opéré, par une autre plus sîire.
(1) Les opérations de cataracte auxquelles on a ajouté la section de Tiris, ont reçu le nom d'opérations modifiées ou d'opérations combinées. Je pense que leur dénomination gagnera de clarté et de précision si l'on indique directement la combinaison en ajoutant simplement aux noms classiques des procédés les mots : avec iridectomie ; par exemple : Extraction à lambeau avec iridectomie^ discision «yec iridectomie^ etc.
permet de rattacher aux différentes périodes de la vie les remarques suivantes, qui n'ont certainement pas pour but de donner une description détaillée de toutes les variétés de cataractes, mais plutôt de motiver le choix de la méthode opératoire (1).
Si nous faisons abstraction des opacités capsulaîres, nous rencontrons dans la première période de la vie trois formes de cataractes, soit comme cataractes congénitales, soit développées dans les premières années. La cataracte lentement progressive^ débutant au centre du cristallin, est caractérisée par une opacité grise, quelquefois blanchâtre derrière la pupille, et présente le plus d'intensité vers son centre. Lorsqu'on dilate la pupille par l'atropine, et que l'on examine attentivement à l'ophthalmoscope et à l'éclairage latéral les parties périphériques du cristallin, on y reconnaît des opacités diffuses et pointillées qui s'avancent jusqu'à la capsule. Un pu deux ans suffisent pour amener cette cataracte à la maturité. La meilleure méthode pour l'opérer est la discision. — Une autre forme bien différente est la cataracte zonulaire. Elle est caractérisée par une opacité cristallinîenne peu intense, de 5 à 7 millim. de diamètre et nettement limitée \ les parties périphériques du cristallin sont transparentes. Ce dernier symptôme, qui ne manque jamais tant que cette cataracte reste stationnaire^ assure le diagnostic contre toute erreur. Si la tache cristallinienne n'est pas très-opaque, la vision du malade est relativement bonne ; lorsque, au contraire, l'opacité est très-intense, l'état de la vision varie selon la largeur da la pupille. Avec une pupille dilatée, les malades lisent souvent une écriture fine, tandis qu'ils ont de la peine à se conduire lorsque leur pupille est étroite. La faiblesse de leur vue oblige ces malades à rapprocher de leurs yeux les objets fins sur lesquels se porte leur attention, et devient ainsi assez fréquemment la cause d'une myopie réelle. Lorsque cette cataracte est complètement stationnaire et la vision du malade suffisante pour ses occupations, il n'y a pas lieu d'opérer. Lorsque, dans les mêmes conditions, le malade ne peut lire facilement qu'autant que sa pupille est dilatée, nous agissons d'après les conseils de M. de Graefe en pratiquant une iridectomie ; celle-ci permet aux rayons lumineux de traverser les parties périphériques du cristallin restées transparentes. Lorsque la cataracte a trop d'étendue pour permettre cette manière d'agir ou qu'elle présente les signes d'une cataracte progressive, on l'opère par discision (v. plus loin). — La troisième forme de cataracte chez les enfants consiste dans le ramollissement total du cristallin, facile à reconnaître par l'opacité blanche laiteuse, quelquefois pointillée, qui s'avance jusqu'à la capsule. Le cristallin, d'abord légèrement gon-
(1) Nous ne donnons ici qu'un abrégé des travaux classiques de M. de Gracre sur ce sujet, traite plus particulièrement dans un article de VArchiv faer Ophthalnofogie. 1854, I, 2, p. 219.