‹ Traite des OperationsChapitre 69 sur 70 · OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA GLANDE LACRYMALE

L'opération de la fistule de la glande lacrymale, ne présente pas d'autres difficultés que celles d'obtenir d'une manière définitive, l'oblitération du trajet fistuleux. On s'est servi dans ce but de sondes munies de nitrate d'argent fondu, et d'aiguilles chauffées à blanc introduites dans la fistule.

On a tenté également la méthode galvanocaustique, des injections corrosives dans le trajet et la réunion de l'ouverture fistuleuse par des sutures, après l'avivenient ou l'excision des bords. M. Bowman (3) a obtenu une fois

(1) Voy. Annales a'oculistique, t. LV, p. 236,

(2) \oj. Compte rendu des séances delà Société ophthalmologique de lieidelberg (session de 1868) dans les Annala doculistique de janvier- février 1869, p. 63.

(3) Voyez îjondon Ophthalmic Hospital Reports^ I, p. 288.

fin succès complet, en établissant une ouverture artificielle à la surface conjonctivale de la paupière supérieure. 11 procéda de la façon suivante : un fil de soie simple fut armé d*une aiguille à chacune de ses extrémités; l'une de ces aiguilles fut introduite par l'orifice fistuleux de la face externe de la paupière et dirigée un peu en haut, puis on lui fit traverser la paupière et la conjonctive, de manière à la faire ressortir, en entraînant une extrémité du fil, à la face interne <le la paupière. La même manœuvre fut exécutée avec l'autre aiguille en traversant la conjonctive, à la distance d'un demi -centimètre à peu près de la première et un peu plus près du bord adhérent de la paupière. Les extrémités ^u fil furent ramenées en dehors sur la commissure externe, et fixées à la tempe. Dix jours après, introduction d'un fil plus gros qui amena un peu plus d'irritation que le premier. Enfin, on ferma l'ouverture extérieure de la fistule, en excisant la petite portion de peau qu'elle traversait, et on rapprocha la plaie au moyen de deux serres-fines. Quatre jours après, le fil fut retiré et la plaie •était cicatrisée.

V extirpation de la glande lacrymale est nécessitée par le développement ^es tumeurs dans la glande elle-même ou dans son voisinage, et par l'hypertrophie et l'induration de cette glande ; enfin elle a éié conseillée et pratiquée "dans ces derniers temps, pour obvier à un larmoiement rebelle à tout autre traitement {Z.Laurence) (l).Lorsqu'ilexiste une hypertrophie ou une tumeur, l'opération commence par une incision de la peau pratiquée au-dessus de la tumeur parallèlement au bord de l'orbite ; elle doit être assez longue pour mettre à nu la partie antérieure de la tumeur que forme la glande altérée. On peut aussi avant rincision attirer la paupière fortement en bas, et porter le couteau dans la peau du sourcil soigneusement rasé. Si la grandeur de la tumeur l'exige, on peut fendre, d'après le conseil de Velpeau, la commissure externe jusque vers la tempe, en mettant ainsi à découvert les deux tiers externes de la circonférence orbitairc. La glande ainsi mise à nu doit être saisie avec un crochet ou une pince à griffe, attirée en avant et séparée de ses adhérences avec le bistouri ou des ciseaux. En cas d'induration de la glande, il est préférable <Ie la dégagera laide des doigts et du manche du scalpel. Après avoir enlevé la tumeur, il faut soigneusement explorer avec le doigt, la cavité où elle était contenue, afin de s'assurer s'il ne reste aucune induration. Lorsque le sang a cessé de couler, on nettoie la plaie de tous les caillots, et l'on en rapproche les l)ord3 par des sulnres. Un bandeau compressif ramène le globe à sa position normale, et rapproche les parois delà cavité qui contenait la tumeur.

Le procé lé de M. Laurence pour rexlirpation de la glande lacrymale saine rsi le suivant : après avoir complètement anestliésié le malade, on divir^e la

{I) \'ou'/. Coi/i/>l>! rendu (lu co/iyrès oi>}ii}i(tbnoh>fjinue de Paris de 18G7, \). 35.

i^^SATHMiS PKATIQOÉES SEK LA ULUiDE LACRTMALT. tJt

peauarecun solpd étroit et loi^.iaiiDédiateiDaitau-dessusdubonlortùiairedans soo tiers âxterne. Od incise eosnite le fasda et l'<m pénètre dans l'oriûle

à l'endroit de la glande lacrjinale. Cette dernière peut être sentie facileuieul, sous forme d'an corps lisse arrondi et consislaut, lorsqu'on glisse le petit doigl le long du plancher de l'orbile. Si l'on éprouve quelques difficultés à sentir la glande, M. Laurence conseille de diviser ta commisâure externe par une incision horizontale qui se rc^unirail h la première; on forme ainsi un lambeau cutané triangulaire doiil le ^ouiuiet est tourné eu dehors et l'on découvre bien plus facilemer.t la glande. Celle-ci dût être saisie alors avec un crochet double, allirée en avanl et détachée avec ïairéiaiié ûu scalpel. L'hémorrhngîe qui suit celte opération doit élre arrêtée par une irrigation d'eau fraîche, et ce n'est que loi^sque le sang a cessé découler, que l'on doit réunir les lèvres de la plaie par t|iieliiiies sutures.

Page 1