PARTIE I, CHAPITRE II
trouve au-dessus de l'aiguille , son piMe austral est dirigé à l'occident, lorsque le courant va du sud au nord y dans la position du fil parallèle et rapprochée de l'aiguille ; au contraire , la déviation du pôle aus* tral est à l'orient si la direction du courant est du nord au sud. Tout se passe en sens inverse si le fil conducteur du courant est placé au-dessous de l'aiguille ; on conçoit par là très-aisément que si l'aiguille se trouve entre deux courants, l'un au-dessus, l'autre au-dessous, et toujours parallèles, elle n'éprouvera aucun mouvement, si la direction des deux courants est la même : au contraire, sa déviation sera double, et l'effet des deux courants s'ajoutera, si la direction est opposée dans les deux courants. Un courant circulaire ou polygonal, agit donc par tous ses points pour faire dévier dans le même sens l'aiguille qu'il entoure. Si au lieu d'un seul circuit ou fil rectangulaire dans lequel le courant circule, on en prend deux, parallèles entre eux, dans lesquels le courant soit également dirigé et de la même intensité, la déviation de l'aiguille doublera; et en général la déviation augmentera avec le nombre des circuits que le courant parcourt, en conservant dans tous la même intensité. Il est inutile de dire qu'il faut que ces circuits soient séparés entre eux par une substance qui ne conduise par le courant, afin d'empêcher ce courant de sauter d'un circuit à l'autre.
La construction d'un galvanomètre est donc trèssimple, et son usage est très-facile à concevoir. On prend un fil de cuivre couvert de soie, et on l'enroule
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plusieurs fois autour d'un châssis en bois ou en cuivre bien pui^; une aiguille aimantée est suspendue dans rintérieur du châssis^ qui est disposé dans le méridien magnétique afin que le plan de Taxe dé Taiguille soit parallèle aux différents circuits qui l'entourent. Les deux extrémités du fil sont réunies aux deux pôles ou extrémités de l'élément éleotro** moteur. L'aiguille se meut sur un cadran gradué^ dont le zéro est dans le même plan que Taiguille.
Pour les expériences électro^physiologiques, le gal«* vanomètre est d'autant meilleur que son fil fait un plus grand nombre de tours autour de l'aiguille | on en construit maintenant avec 3 000 tDurs. Le fil n'a qu'un sixième de millimètre de diamètre^ et il est formé d'un cuivre très-pur.
Nobili a imaginé le premier l'usage du système asiatique au lieu d'une seule aiguille, ce qui a béau-^ coup augmenté la sensibilité du galvanomètre* On prend pour cela deux aiguilles aimantées qui doivent être le plus identiques possibles sous le rapport de leurs dimensions^ du degré de leur trempe, et d» leur aimantation ; on fixe ces deux aiguilles dans uUe tige très^égère de laiton ou dans un brin de paille etao* tement dans le même plan et avec leurs pôles inver^ ses en regard. L'une des aiguilles fte trouve dans l'in^ térieur du châssis, et l'autre en dehors, au«dessus de son côté supérieur. Tout le système aâtatique est suf^ pendu à un fil de cocon. Si on pouvait parvenir à faire deux aiguilles parfaitement égales dans leur degré d'aimantation, certainement le système astatique que
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l'ofl composerait avec ces deux aiguillesi serait tout à fait insensible à l'action magnétique de la terre, qui lutte toujours avec l'action du courant pour ramener Taiguille à zéro. Le galvanomètre construit avec ce système aurait nécessairement la plus grande sensi** bUité possible, c'est*«a-dire que le courant le plus faible produirait une déviation très^rande. Mais on conçoit aisément qu'avec un tel instrument on ne pourrait jamais comparer entre eux des courants d'une intensité différente ; le système serait en équi*libre dans toutes les positions, et une fois dévié il ne reriendrait pas au zéro quand le courant aurait cessé d'agir. Et comme il faut toujours commencer une expérience en ayant l'aiguille au zéro du cadran , il faudrait chaque fois changer la position du châssis. Il fout donc laisser au système astatique une petite portion de force magnétique pour se diriger, ce qu'on fait en prenant une des aiguilles plus aimantée que l'autre. Dans les galvanomètres {fig*\) d'une construction parfaite , se trouve un très*-simple mécanisme avec lequel on fait faire au châssis un certain mouve* ment de rotation à l'aide duquel l'aiguille supérieure est toujours ramenée exactement au zéro du cadran.
On peut toujours juger de la sensibilité d'un gai-vanomètre par la lenteur des oscillations de son système aimanté ; le galvanomètre a déjà une sensibilité suffisante lorsque son système fait, une oscillation dans une minute*
Il arrive souvent qu'où voit s'affaiblir la sensibilité d'un galvanomètre, après un certain temps; un
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courant trop fort qu'on a fait passer dans le galvanomètre, la présence de quelque barre aimantée trop près du galvanomètre, la réaction du magnétisme des deux aiguilles, la différence dans leurs dimensions et dans la qualité de leur acier, sont des causes qui suffisent pour altérer le système astatique. 11 est bon de savoir rendre par soi-même sa première sensibilité au galvanomètre. On enlève pour cela le système du cbâssis et on, le suspend par son fil de cocon à un support quelconque. La première opération à exécuter est de faire osciller le système en consultant une montre à secondes, afin de connaître la durée d'une oscillation ; en enlevant ensuite tantôt l'aiguille supérieure, tantôt celle inférieure , on parvient facilement à juger quelle est la plus faible des deux aiguilles; si le système persiste dans sa position , quand une des aiguilles a été enlevée , on est certain que l'aiguille enlevée est plus faible que l'autre; au contraire, si l'aiguille qui reste se retourne sur elle-même, il est démontré que l'aiguille enlevée était la plus forte. On pose alors l'aiguille la plus faible sur une table , on la tient pressée avec un doigt et on lui passe parallèlement, et en allant d'un bout à l'autre, un petit barreau aimanté. Il ne faut jamais s'arrêter ni revenir sur son mouvement avec ce barreau; parvenu à la fin de la course, on soulève le barreau et on le reporte au premier point d'où l'on était parti, et on lui fait faire une seconde course. Le pôle de l'aiguille vis-à-vis duquel on a commencé la course du barreau, doit être du même