PARTIE I» CHAPITRE III
vance la direction de ce courant, d'aulant plus quô nous n'en connaissons pas parfaitement^ et dans tous lescas^ Torigine. Les courants ainsi obtenus, seraient beaucoup plus forts si on employait^ pour liquide, de l'eau salée ou de l'eau acidulée. Nous connaissons un certain nombre de circonstances , dans lesquelles orï peut prévoir la direction du courant, obtenue en opérant de la manière décrite précédemment. Ce sont ces circonstances qu'il faut étudier avec beaucoup de soin.
Je suppose que j'ai plongé les deux lames de platine du galvanomètre dans l'eau distillée , et que j'ai attendu quelques minutes; après ce temps, l'aiguille est ordinairement revenue à zéro. Alors , je retire une des lames du liquide, je la laisse ainsi pendant quelques secondes, et puis je la replonge de nouveau avec l'autre qui n'a pas bougé. On est sûr de voir l'aiguille dévier, et la déviation sera proportionnelle à lasensi-* bilité du galvanomètre, et , avec le même instrument, elle variera avec la conductibilité du liquide, avec la durée de la séparation des deux lames, et avec leur étendue. Ce courant a une direction constante, c'està-dire qu'il va toujours dans le liquide de la lame qui a été retirée à celle qui est toujours restée dans le liquide. Le courant obtenu dans l'expérience que j'ai décrite, sera encore plus fort, si on essuie, avec un corps quelconque, la lame qu'on a retirée du li-^quide , et plus encore si on la chauffe : sa direction ne varie pas. J'ai tenté cette expérience, en employant au lieu d'eau distillée , des solutions dans l'eau de sul-
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fate de cuivre, dépotasse, d'ammoniaque^ de l'eau acidulée avec de l'acide 8ulfurique ou de l'acide nitrique 9 ou de Teau à laquelle j'avais ajouté du sérum de sang ou de lait. Dans tous ces cas^ le courant obtenu a été dirigé dans le même sens^ c'est-à-dire do la lame retirée du liquide à l'autre.
Il faut donc, dans toutes les expériences électrophysiologiques, suivre exactement les règles suivantes : llfaut employer, pour les extrémités du galvanomètre, deux lames de platine, d'une étendue égale de surface, et constamment la même, et toucher dans le même temps, avec ces deux lames, les parties animales dans lesquelles on cherche le courant électrique. Toutes ces règles sont très-faciles a suivre, avec un peu d'habitude, en employant les deux lames préparées comme je les ai décrites. On tient les deux manches avec les mains , et Ton acquiert facilement l'habitude de les porter dans le même temps, en contact d'un corps quelconque.
Revenons encore au phénomène dont nous sommes partis, c'est-à-dire à celui du courant qu'on obtient en plongeant dans de l'eau , les deux lames du galvanomètre, faites de platine, et préparées comme je l'ai dit. Si avant de plonger ces deux lames en même temps dans l'eau, on mouille une de ces lames dans Une solution acide , et si ensuite on la plonge dans l'eau avec l'autre lame, on est sûr d'avoir une déviation qui sera de 30^ ou 40°, suivant la sensibilité du galvanomètre et la densité de la solution acide. L'expérience réussit en employant, pour aciduler l'eau,
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l'acide acétique , qui est un des plus faibles 'que Tou connaisse en chimie. En employant Tacide sulfu-ï rique^ l'acide phosphorique , Tacide hydrochloriquei, j'ai toujours trouvé la même direction dans le courant. Le courant ra, dans le liquide ^ de la lame plongée, dans l'acide à l'autre lame. 11 ne faut pas confondre cette manière d'opérer avec celle décrite dans les mémoires de MM. Becquerel et Nobili » qui donnent des résultats différents. En employant , au lieu d'eau acidulée^ pourmouiHer une des deux lames du gal^ vanomètre, une solution de potasse oud'ammoniaquci on a encore un courant très-fort i et dirigé comme le précédent, c'est-ànlire de la lame mouillée dans l'alcali à l'autre. Je ferai observer » que si les solutions acides employées dans ces expériences , sont Un tant soit peu concentrées^ on tombe dans des anomalies très-grandes dans la direction du courant qu'on ob-* tient. La seule manière d'arriver à des résultats les plus constants possibles , c'est de s'assurer d'avance qu'il n'y a aucun courant en plongeant les deux lames dans l'eau.
Un liquide y que j'avais intérêt d'essayer dans ces expériences^ au lieu de l'eau acidulée ou de l'eàu alcaline f c'était le sang ou son sérum. .
J'ai pris, du sang humain , dont la coagulation avait été empêchée en l'agitant aussitôt tiré de la veine. J'ai commencé par bien m'assurer que les deux lames du galvanomètre, plongées en même temps dans l'eau distillée , ne me donnaient aucun courant; nous verrons. par la suite comment on par»
vient à le savoir. Ensuite j'ai retiré les deux lames dé Teau, et au même instant^ j'en ai plongé une dans le sang et l'autre dans de l'eau semblable à celle dans laquelle étaient les deux lames. Quelques secondes après, je retire ces deux lames, l'une du sang et l'autre de l'eau , et je les plonge ensemble dans l'eau. Â l'instant j'obtiens au galvanomètre une déviation remarquable, due à un courant qui va dans le liquide de la lame mouillée de sang à l'autre lame. J'ai voulu varier l'expérience, afin de me mettre, autant que possible, dans les mêmes conditions où l'on peut se trouver en faisant les expériences de l'électricité animale. J'ai pris, pour cela, une mèche de coton longue de 5 à 6 centimètres que j'ai imbibée, pour une moitié d'eau distillée, et pour l'autre moitié, de sang tiré d'un pigeon et qui avait été agité pour en empêcher la coagulation. J'ai employé la mèche, ainsi préparée , à établir un arc de communication entre deux capsules , une desquelles était pleine d'eau distillée , l'autre du même sang de pigeon. Enfin j'ai fermé le circuit avec les deux lames du galvanomètre , qui ne donnaient aucun courant étant plongées dans l'eau. J'ai obtenu un courant qui a été de 12"^, dans mon galvanomètre, toujours dirigé dans la mèche du sang à l'eau. J'ai continué pendant trois jours à renouveler de temps en temps les expériences, toujours avec le même liquide : le courant n'a varié ni de direction ni d'intensité, au moins d'une manière bien sensible. Si j'employais de l'eau acidulée avec de l'acide sulfurique au lieu