‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 22 sur 118 · PARTIS I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIS I, CHAPITRE III

d'eau pure, le courant allait de l'eau acidulée au sang dans la mèche , c'est-à-dire en sens contraire du courant, obtenu entre le sang et l'eau. Le cou* traire a lieu avec de l'eau alcaline au lieu de l'eau acidulée y c'est-à-dire que le courant va du sang à l'eau alcaline , comme il allait du sang à l'eau.

Les résultats que nous venons de rapporter nous prouvent qu'il faut user de grandes précautions lorsqu'on fait des expériences sur les animaux avec un galvanomètre très-sensible , et ils nous expliquent encore une foule de conclusions erronées tirées d'expériences mal faites. •

Nous sommes maintenant dans le cas d'indiquer encore une autre règle qu'il est bien nécessaire de suivre , quand on ne veut pas être trompé dans la manière de faire des expériences. Cette règle est tracée par les expériences mêmes que nous avons rapportées. Il faut toujours commencer par laisser les deux lames de platine du galvanomètre plongées ensemble dans un liquide. Il doit être de la même nature que celui dans lequel elles seront plongées lorsqu'on fait l'expérience. Et si cette expérience ne permet pas que les deux liquides soient identiques, il faut au moins tacher qu'ils se ressemblent le plus possible , dans la composition et dans le degré de conductibilité. Quand les deux lames du galvanomètre sont ainsi plongées dans le liquide, on ne peut commencer une expérience , sans que l'aiguille soit à zéro, et avant de la commencer on doit les sou-

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lever deux où trois fois pour les replonger tout de ôuite : Tûiguille ne doit pas bouger.

Je suppose maintenant qu'une première expé^ rience ait été faite, et qu'on veuille passer à une seconde; nous avons encore à prendre des préoau-* tions qu'il ne faut pas négliger.

Lorsqu'un courant électrique quelconque a été transmis dans un liquide par deux lames du même métal, il arrive qu'en fermant ensuite le circuit avec ces deux lames , laissées dans leur liquide ou portées dans un autre, il arrive, dis-je, qu'un courant électrique se produit, dirigé dans le liquide en sens contraire au précédent, c'est-à-dire que la lame qui communiquait au pôle positif devient celle dans laquelle le courant entre en venant du liquide. C'est ce courant, découvert par Ritter, que nous appelons courant secondaire. Le métal qui produit mieux que tous les autres ce phénomène, c'est le platine.

Il résulte de là, qu'en passant d'une expérience à Vautre, il faut bien s'assurer d'avance que le courant secondaire soit fini, ce qui arrive en laissant les deux lames plongées dans un même liquide pour un certain temps.

Il est utile , dans lés recherches de ph;ysiologie électrique, de pouvoir comparer entre elles les intensités de deux courants, produits par deux électromoteurs différents. Pour faire comprendre plus aisé^ ment la méthode qu'on doit suivre dans ce but, je suppose avoir (fig. 10) deux couples voltaSquea A et B : l'une de ces couples est formée d'une

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lame de zinc et d'une lame de platine , tandis que l'autre se compose d'une lame d'argent et d'une de platine. Si l'on veut maintenant connaître la diffé*renée d'intensité des courants développés par ces deux couples différentes, on les oppose Tune à l'au* tre. On prend, pour cela, trois capsules égales qu'on remplit du même liquide. On réunit deux à deux ces capsules avec les deux couples, de manière que dans la couple du milieu plongent la lame d'argent et celle de zinc : de cette manière, dans les deux capsules extrêmes, se trouvent les deux lames de platine. L'expérience réussit également si on renverse la position des deux couples, de manière que dans celle du milieu se trouvent la lame de platine et le zinc, et l'argent dans les capsules extrêmes. Les choses étant ainsi disposées^ on fait plonger les extrémités en platine du galvanomètre dans le liquide des capstdes extrêmes. Deux courants circulent dans le galvano<mètre y mais comme ils sont dirigés en sens contraire, la déviation qu'on obtiendra ne peut être due <{u'à la différehce des deux courants, et ou aura ainsi la comparaison de leur intensité. La déviation obtenue en opérant de cette manière est due au courant qu'on appelle différentiel.

11 est bon, enfin, de rappeler dans ce Chapitre les lois des courants dérivés. Je suppose avoir une masse liquide parcourue par un courant : si on vient à plonger dans ce liquide les deux lames du galvar nomètre^ on obtient une certaine déviation due à un courant qu'on a appelé dérivé. Je rapporterai ici

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les lois de ce phénomène, telles que je les ai déduites par Texpérience dans un de mes mémoires. Le courant dérivé est dirigé dans le galvanomètre, de manière que la lame par laquelle le courant entre dans le fil de l'instrument, est toujours celle qui est la plus rapprochée du pôle positif du courant qui parcourt le liquide. Si ce courant est pris d'une force constante, on trouve que le courant dérivé est d'autant plus grand que les deux lames du galvanomètre plongées dans le liquide sont à une plus grande distance entre elles. Ce courant dérivé, varie encore avec Tétendue des lames du galvanomètre , qui est plongée dans le liquide. Si on fait passer le courant à travers un canal liquide composé de deux liquides, d'une conductibilité différente, séparés entre eux par une membrane, on trouvera un courant dérivé différent; toutes les autres circonstances étant égales, en plongeant les lames ou dans l'un ou dans l'autre des liquides , les intensités de deux courants dérivés obtenues dans les deux liquides seront exactement en raison inverse du pouvoir conducteur de ces deux liquides. Le courant dérivé le plus fort se trouvera par conséquent dans le liquide moins conducteur.

Quand la section de la masse liquide parcourue par le courant est trè&-étendue, en comparaison de la surface des deux pôles de la pile, on trouve que les courants dérivés obtenus en plongeant les deux lames du galvanomètre en différents endroits de cette masse varient d'intensité dans les différents points,

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