CHAPITRE V
DE l'existence DU COtRANT ÉLECTRIQUE MUSCULAIRE DANS LES ANIMAUX VIVANTS OU RÉCEMMENT TUÉS.
11 y a une expérience très-'simple et très^facile à faire , qui prouve l'existence d'un conrant électriquci développé en réunissant^ avec un corps conducteur^ des points différents d'une masse musculaire appartenante un animal vivant, ou réeemment tué« On prend pour cela , la greinouille préparée que j'ai ap« pelée grenouille galvanoseopique (fig. 4); ensuite on coupe d'une manière quelconque le mtiscle d'un animal vivimt, et on introduit , dans la blessure , le nerf de la grenouille. galvanoscopiquo« £n se bornant à cela, il arrive souvent que la grenouilU se con* toacte* Si l'on fait l'expérience avec soin , oD découvre facilement, qu'afin de réussir il faut toudier , avee deux points différents de filament nerveux, deux
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points différents de la masse musculaire. C'est ainsi qu'en touchant avec le bout du nerf de la grenouille galvanoscopique y le fond de la blessure, et avec un autre point du même filament les bords de la blessure, ou la surface du muscle, la grenouille se contracte constamment. Ceci prouve évidemment que c'est bien un courant électrique qui circule dans le nerf, puisqu'il faut former un arc dans lequel ce même nerf est compris. Que cette contraction de la grenouille soit excitée par un courant électrique dû aux points différents du muscle de l'animal vivant , c'est encore bien prouvé, quand on voit que quel que soit le liquide ou le corps conducteur avec lequel on touche deux points de nerf, on n'excite jamais de contractions.
J'ai cru de quelque intérêt de m'assurer que le sang tiré d'un animal vivant n'était, pas plus qu'un autre liquide conducteur, doué de cette propriété. J'ai versé sur une lame de verre une grosse goutte de sang tiré d'un pigeon vivant. Avec le filament nerveux de la grenouille galvanoscopique, j'ai touché, sur deux points différents , la goutte de sang , et la grenouille la plus sensible ne m'a jamais donné le moindre signe de contraction.
11 est inutile de dire qu'en employant des solutions salines ou acides , et surtout les alcalines pour mouiller les nerfs d'une grenouille préparée, les contractions les plus vives y sont excitées. Ces corps agissent chimiquement sur la composition de la substance nerveuse.