‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 30 sur 118 · PARTIE I, CHAPITRB VI · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRB VI

de la grenouille. Si je laisse passer vingt-quatre heures, à peine je trouverai 2** ou 3** dans la pile des grenouilles. Dans tous les cas , la direction du courant ne varie jamais.

Lorsqu'une fois les signes du courant électrique musculaire ont disparu , on a beau mouiller les muscles avec de l'eau pure ou légèrement salée, ces signes ne disparaissent plus.

En comparant entre elles deux piles du même nombre d'éléments, formées l'une, avec des morceaux d'anguille , et l'autre avec des demi-cuisses de grenouilles, j'ai obtenu de la première des signes qui persistaient plus longtemps.

Mais quelle est l'intensité primitive du courant musculaire dans les différents animaux ? Quelle est cette intensité dans l'animal vivant? Malheureusement on né peut pas répondre d'une manière directe par la voie de l'expérience à cette question. Si Ton voulait prendre pour définitifs les résultats qu'on obtient en faisant une blessure sur le muscle découvert d'un animal vivant, et en enfonçant une des lames du galvanomètre dans l'intérieur de la blessure, tandis que l'autre est posée sur la surface du muscle blessé, on devrait conclure que l'intensité du courant électrique musculaire augmente avec le rang occupé par l'animal dans l'échelle des êtres. En effet, danô ces expériences, qui donnent le courant dû à un seul élément, on trouve 30* à 40**, par la première immersion des lames dans les deux parties internes et externeô du muscle d'un mouton ou d'un

lapin ^ tandis qu^ Ton a à peine S^'à 6"", en opérant également sur les muscles d'une grenouille. Mais nous ne pouvons pas oublier que cette manière d'opérer ne mérite pas une entière confiance. Toutefois, il me semble qu'en nous arrêtant au résultat incontestable de la durée différente après la mort, du courant musculaire dans les différents animaux , on est amené à une conclusion analogue à la précédente.

En effet, nous avons vu que le courant musculaire s'affaiblit après la mort d'autant plus que les ani* maux sont élevés dans l'échelle, et que cet effet est plus mapquédans les premiers instants après la mort. 11 est donc permis de supposer que ce courant est au moins d'une égale intensité pour tous les animaux. Nous exposerons, par la suite, les faits qui nous conduisent à conclure que l'intensité du courant mus-culaire dans l'animal vivant augmente avec son rang dans l'échelle.

J'ai voulu étudier l'influence qu'a la masse du muscle sur l'intensité de son courant. J'ai comparé pour cela deux piles opposées l'une à l'autre : une de ces piles avait tous ses éléments formés d'une seule demi-cuisse de grenouille, tandis que les éléments dans le même nombre de l'autre pile étaient formés chacun de deux ou de trois demi-cuisses posées l'une sur l'autre. Je n'ai jamais obtenu des signes bien^distincts d'un courant différentiel. J'avouerai pourtant que ces signes, quoique très-faibles, ont été toujours dans le sens de la pile dont les éléments étaient d'une masse double ou triple de celle des éléments

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