‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 29 sur 118 · PARTIE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE VI

deux piles. Au contraire, en prenant au hasard un certain nombre de grenouilles ou d'autres animaux , en choisissant les mêmes muscles , pour les modifier, et en laissant d'autres intacts, on peut être sûr que le courant différentiel des deux piles opposées, sera bien l'effet de la nouvelle circonstance à laquelle ont été soumis tous les éléments d'une des piles.

De cette manière , la différence entre la vivacité des grenouilles ou des autres animaux soumis à l'expérience, due à leur sexe, à leur âge, n'a plus d'influence sur les résultats. Dans tous les cas où cela m'a été possible , j'ai poussé ma méthode à toute la perfection permise dans ces sortes d'expériences, en séparant d'abord chaque grenouille à moitié , et en modifiant tous les muscles d'un de ces groupes.

Dans toutes les expériences, dont j'exposerai les résultats , j'ai commencé par rechercher le courant différentiel, et ensuite j'ai déterminé séparément le courant des deux piles opposées. Je n'ai jamais noté que des courants différentiels de 5° au moins, et j'ai toujours employé de l'eau de source , pour liquide des cavités extrêmes de la pile. En employant des liquides plus conducteurs, les déviations deviennent tfop grandes, et les plus petites différences entre les courants des deux piles, deviennent considérables. Toutes ces précautions que j'ai décrites , peut-être avec trop de soin , conduiront à des résultats constants.

Le premier fait qu'on découvre , en étudiant le courant musculaire sur des muscles appartenant à

^0 DES PHÉNÔlIlBN&à ÉL^C^rRÔ- PHYSIOLOGIQUES.

-des animaux différents, est celui de la durée différente de ce courant.

Je suppose qu'on prépai'e rapidement^ et au moyen de plusieurs individus, un même nombre d'éléments musculaires appartenant à des grenouilles, à des pigeons et à des lapins. Il faut ensuite préparer trois piles, composées d'un même nombre d'éléments, dans chaoune desquelles il n'y ait que des muscles du même animal. J'essaie ces trois piles séparément, l'une après l'autre , et en perdant le moins de temps possible, tantôt en commençant par la pile formée avec les muscles des lapins , tantôt par celle des muscles dé pigeon ou par l'autre. Les déviations données par chacune de ces trois piles , qui sont égales quant au nombre des éléments , sont très-différentes entre elles : la moindre est celle dont les éléments sont tirés de l'animal le plus élevé dans l'échelle. Voici une des expériences, faite avec trois piles, chacune de huit éléments : la pile du muscle de lapin donnait 8"^, celle du pigeon 14'', celle des grenouilles 22"*.

11 est inutile de dire que ces déviations sont beaucoup plus grandes si l'on emploie de l'eau légèrement salée dans les cavités extrêmes, au lieu d'eau distillée ou de source. Quinze minutes après la posmière expérience , on trouve une déviation de 4° pour Ja première pile , de 1 0° pour la seconde, et de 1 ô^'pour la troisième. Une heure après, les signes du courant électrique ont totalement disparu avec les muscles de lapin , on a à peine 2® ou 3° avec les muscles de pigeon , et 8° à 1 0** sont encore donnés par les muscles

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