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leurs nerfs, tandis que les muscles de l'autre pile en étaient privés. Je n'ai jamais obtenu aucun signe de courant différentiel supérieur à trois ou quatre degrés avec des piles ainsi préparées. J'ai vérifié ce même résultat sur les muscles des cuisses de pigeon.

Le courant musculaire ne varie donc ni dans sa direction, ni dans son intensité lorsqu'on altère l'intégrité du système nerveux moteur et sensorial.

L'expérience suivante prouvera cette conséquence encore plus évidemment. J'ai introduit dans la moelle épinière de six grenouilles, et précisément dans les dernières vertèbres, un fer rouge; les six grenouilles ont immédiatement perdu tous les mouvements et toute la sensibilité de leurs membres inférieurs* J'ai laissé ces six grenouilles avec six autres qu'on n^vaitpas touchées, dans un grand bocal de verre, à la température de + 8*" à 1 0*". Après quatre jours, les six grenouilles auxquelles on avait brûlé la moelle épinière, n'avaient rien gagné dans leurs membres inférieurs. J'ai préparé rapidement les douze grenouilles et j'ai composé deux piles, chacune de douze éléments (1); une de ces piles était composée de muscles appartenant aux grenouilles

(4) Avec douze grenouilles, on peut certainement préparer qua« rante-huit demi-cuisses , mais il vaut toujours mieux ne faire les expériences qu'avec les demi-cuisses prises du côté des jambes. Les demi-cuisses du côté du bassin ne présentent jamais la surface du muscle aussi nette que celle des demi-cuisses du côté des jambes.

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paralysées^ et l'autre de muscles pris sur les grenouilles qui n'avaient rien souffert. En opposant cea deux piles ^ j'ai trouvé un courant différentiel de 16^ à IS""^ dans le sens de la pile composée avec les muscles des grenouilles paralysées. Cette pile don-nait un courant de 50'' à SS"" , et l'autre un courant de 42" à AS''. Les muscles des grenouilles auxquelles la moelle épinière avait été brûlée étaient très-sensiblement plus rouges que les muscles des grenouilles ordinaires.

L'intégrité du système nerveux moteur et sensorial d'un muscle est donc tout à fait sans influence sur l'intensité du courant musculaire et sur sa di-« rection.

J'ai préparé une solution aqueuse d'extrait d'opium et unei autre d'extrait alcoolique de noix vomique. Pour dissoudre les alcaloïdes en plus grande quantité , j'ai ajouté à l'eau quelques goutter d'acide hydrochlorique. J'ai introduit dans l'estomac d'un certain nombre de grenouilles de dix à douze gouttes d'une de ces deux solutions. Dans différentes expériences ^ j'ai employé tantôt l'une de ces solutions, tantôt l'autre. Quelque temps après, les grenouilles commencent à s'assoupir, on les voit fixées dans une certaine position , et il n'est pas rare que plusieurs d'entre elles entrent en contraction au plus léger mouvement qu'on fait autour d'elles. J'ai composé deux piles de demi-cuisses de grenouilles et je les ai opposées l'une à l'autre. Les éléments d'une de ces piles étaient pris sur des grenouilles

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ordinaires, et les élénrtnte de l'autre étaient formé» avec des muscles de grenouilles assoupies par les narcotiques. Malgré un très-grand nombre d expériences, je n'ai jamais réussi à obtenir des signes constants et assez forts d'un courant différentiel, le dois donc conclure que l'influence des poisons narcotiques est à peu près nulle ^urVintensilé du courant musculaire; j'ai môme, dans un seul cas, observe,

et d'une manière bien distincte , que l'action du poison narcotique en très-faible dose, avait augmenté les signes du courant musculaire. Il est inutile de dire qu'en prolongeant pour longtemps l'action de ces poisons, et en les employant à de trè^-fortes doses, de manière à tuer les grenouilles, on peut, alors trouver quelque diminution dans l'intensité du courant musculaire : c'est comme si l'on employait les grenouille* mortes depuis un certain temps. En opérant sur des muscles de pigeon , soumis au même traitement que les grenouilles, je suis parvenu aux mêmes conclusions.

J'ai mis sous une cloche de verre un certain nombre de grenouilles : la cloche était disposée de manière à ce que l'on pût y introduire un courant d'acide carbonique. Les grenouilles commencent par sauter, ouvrent la bouche, et après quinze ou vingt minutes, elles restent sans mouvement et l on dirait qu'elles sont mortes. Effectivement, si on ne les retire pas de l'acide carbonique, on ne parvient plus

à les sauver. .,, „

rai préparé rapidement des grenouilles au mo-

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ment même où elles restaient sans mouvement, et dans le même temps, un aide préparait des grenouilles qu'on avait laissées dans Fétat normal. De cette manière, j'ai pu comparer deux piles formées l'une avec des grenouilles à l'état ordinaire , l'autre avec des grenouilles qu'on avait tenues dans l'acide carbonique. Je ne rapporterai pas ici les nombres obtenus dans six expériences que j'ai tentées dans ce j but : le résultat a toujours été le même. Le courant ' musculaire des grenouilles assoupies dans l'acide carbonique a la même intensité et la même direction qu'a ce courant dans les grenouilles ordinaires. J'ai vérifié ce résultat avec les muscles d'un pigeon ttié dans l'acide carbonique : on avait eu soin de tuer l'autre pigeon qui n'avait pas subi ce traitement, au moment même où l'on s'apercevait de la mort de celui qui était dans l'acide carbonique.

Avec le même appareil, j'ai pu soumettre des animaux à l'action de l'acide hydro-cyanique, de l'hydrogène arséniqué et de l'hydrogène sulfuré.

M. Piria , mon collègue et ami , a bien voulu m'aider dans ces expériences; je le prie de recevoir ici mes remercîments publics. En faisant ces expériences avec des grenouilles, j'avais soin de tuer des grenouilles ordinaires au moment même où je voyais chanceler celles qui étaient soumises à l'action des poisons gazeux. J'ai trouvé que le courant musculaire des grenouilles empoisonnées avec l'acide hydrocyanique ou avec l'hydrogène arséniqué, avait la même direction et à peu près la même intensité que

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