PARTIE I> CHAPITRE XIV
craindre que la décharge de l'autre vienne troubler celle de Forgane qu'on étudie.
Voici quelles sont les lois générales de cette distribution :
V. Tous les points de la partie dorsale de l'organe sont positifs , relativement à tous les points de la partie ventrale.
2^. Les points de Torgane sur la face dorsale^ qui sont auHlessus des nerfs qui pénètrent dans cet organe j sont positifs relativement aux autres points de la même faee dorsale.
3°. Les points de l'organe sur la face ventrale qui correspondent à ceux qui sont positifs sur la face . dorsale , sont négatifs relativement aux autres points de la même face ventrale.
Ces trois lois , qui sont établies sur un très-grand nombre d'expériences, expliquent très-bien tous les cas du courant qu'on £ait naître en touchant, ou une seule face de l'organe dans deux points différents, ou bien les deux organes à la fois sur la même face, pourvu que les points touchés ne soient pas symétriques.
J'ai encore déterminé de quelle manière le courant se meut dans Tacte de la décharge de la peau extérieure à l'intérieur de l'organe. Pour ces expériences, j'ai couvert de vernis mes lames de platine, de manière à en laisser à découvert seulement une bande très- ., étroite. On coupe l'organe horizontalement, on sépare avec une lame de verre les deux faces extérieures; ou bien on le coupe verticalement, et l'on y
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introduit plus ou moins profondément leg lames de platine. On varie de toutes manières ces dispositions, et le résultat général est toujours le suivant : la lame positive du galvanomètre est toujours celle qui touche la peau dorsale, pu qui est le plus près de cette partie, relativement à la lame qui touche la peau ventrale, ou la partie intérieure de l'organe qui est le plus près de cette peau.
On peut faire ces expériences d'une manière encore plus concluante. Je coupe horizontalement à moitié l'organe d'une torpille vivante, et j'introduis une lame de verre vernie pour tenir séparées les deux faces internes de l'organe, forftiées en le coupant. J'applique les deux lames du galvanomètre sur ces deux faces internes; si la décharge a lieu, je vois l'aiguille du galvanomètre dévier dans le même sens que si les deux lames étaient posées l'une sur le dos , l'autre sur le bas-ventre ; c'est-à-<lire que la lame qui touche la partie interne qui est attachée au dos est le pôle positif, tandis que l'autre est le pôle négatif. La déviation n'est que plus faible dans le premier cas. J'ai répété celte expérience toujours avec le même ré6ul«tat , en employant des lames de platine très-petites , afin de recueillir l'électricité appartenant le plus possible aux points touchés.
11 était important de bien connaître si , dans l'acte de la décharge , une portion du courant électrique est transmise par les nerfs qui vont à l'organe, et dans quelles conditions cela se fait. L'expérience était très-difficile. J'ai pour cela isolé le plus pos-
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sible, sur une torpille très^mince, les quatre nerfs qui pénètrent dans Torgane, en enlevant toutes les parties musculaires et cartilagineuses qui les enveloppent; j'ai tâché d'en découvrir de grandes portions. La torpille donnait encore de très-fortes décharges sur l'or*gane préparé* J'ai enfilé un de ces nerfs avec deux lames de platine pointues : il faut que les lames ne touchent que le seul nerf et qu'elles le touchent à la plus grande distance possible entre elles.
Sur une torpille un peu grosse , on réussit à tenir ces lames enfoncées dans le nerf à 2 ou 3 centimètres de distance entre elles. On rattache ces deux lames aux extrémités du fil d'un galvanomètre très-^sensible. L'expériwce ainsi disposée i on irrite l'organe de la torpille et on ne tarde pas à en obtenir la décharge. Si l'expérience est bien faite ^ le galvanomètre ne donne jamais aucun signe de courant.
On conçoit que si le nerf était traversé par un courant dans l'acte de la décharge , une portion serait déchargée par les deux lames ^ et on aurait les signes d'un courant dérivé. C'est là un fait que j'ai plusieurs fois constaté» et que nous verrons être d'uue grande importance par la suite.
En examinant l'intensité du courant avec le gal*^ vanomètrei on trouve qu'elle varie avec l'étendue des lames qui touchent les deux faces de l'organe.
J'ai voulu examiner encore quelle était la nature du courant de la torpille» lorsqu'on le fait passer pendant plus ou moins de temps par une couche d'eau salée, ou par cette môme couche séparée par un diaphragme
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métallique. Le principe général que j'ai découvert est le suivant : lorsque la torpille est douée d'une grande vitalité, au moment où l'on vient de la tirer de la mer, le courant qu'elle donne peut se comparer à celui d'une pile d'un grand nombre de couples , et chargée avec un liquide actif et bon conducteur. A mesure que la vitalité s'affaiblit, le courant de la torpille se rapproche toujours plus de celui d'une pile d'un nombre de couples toujours moindre. Pour m'arrèter à une déviation du galvanomètre qui pût être appréciable, j'ai procédé de la manière suivante : je pose la torpille, à peine tirée de l'eau et essuyée, sur un plat métallique qui est isolé {fig. 27); c'est le plat de l'appareil que je décrirai plus loin et qui me sert à obtenir l'étincelle de la décharge de la torpille. Un autre plat métallique qui a un manche de verre est posé sur la toipille. Des fils de cuivre sont soudés à ces plats et vont se réunir où l'on veut. Pour avoir une déviation fixe , j'irrite la torpille disposée, comme nous l'avons dit, de manière à ce qu'elle donne huit à dix décharges successives, et je prends la déviation finale à la moitié de l'oscillation. J'ôte ensuite la torpille, je la plonge de nouveau dans l'eau de mer et, au bout de sixà huit minutés, je lasoumets de nouveau à Texpérience , et ainsi de suite. Sur une torpillé femelle très-vivace, large de 0'",18, j'ai fait l'expérience suivante : en établissant un circuit tout métallique, j'ai eu une déviation de 80®. Ce même courant passant ensuite par une couche d'eau salée, longue de 0^,40, très-large et très-pro-
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fonde , introduit par des électrodes de platine de 6 centimètres carrés , était à peine affaibli. La même torpille, après quelque temps, m'a donné 50^ avec le circuit tout métallique, et 12** avec l'addition de la couche d'eau salée. Le courant d'une autre torpille, déjà faible, me donnait 30"" en passant par le fil métal*lique, et 6** en passant par la couche d'eau salée, longue de0",20, large et profonde de 0''*,02, à la moitié de laquelle se trouvait un diaphragme de platine.
Cette même torpille encore plus affaiblie m'a donné 1 2° dans le premier cas, et à peine des traces de courant dans le second cas.
Pour étudier encore mieux la nature de Ja décharge électrique de la torpille, j'ai fait passer cette décharge à travers un fil de cuivre roulé en spirale. J'ai introduit dans le spirale une aiguille d'acier. Après la décharge, l'aiguille était très-sensiblement aimantée. La direction de l'aimantation prouvait encore la direction du courant du dos au bas-ventre. J'ai répète cette même expérience en variant l'épaisseur du fil tourné en spirale, le diamètre et la longueur lie l'aiguille ; j'ai employé à faire ces expériences dés torpilles faibles et dea torpilles très-fortes. L'aimantation a été toujours dans le même sens. Cela me semble prouver qu'il n'existe aucune analogie entre la décharge de la torpille et celle de la bouteille. Les physiciens se rappellent les anomalies trouvées par Savary en faisant aimanter une aiguille par la décharge de la bouteille.
Le Père Linari a employé la balance électro-magné-