PARTIE 11, CIIAl>ITftE I
les deux demi-grenouilles de la figure 30 , pourvu qu'on ait soin d'employer le courant , toujours direct pour une, inverse pour l'autre. Avec ces dispositions dans l'expérience , tous les points du nerf sont si bien isolés, et on peut toucher, avec les extrémités du couple voltaïque , des points du nerf tellement éloignés de leur insertion dans le muscle , qu'il est impossible de conserver le moindre doute sur l'existence d'une partie du courant qui, se 'propageant derrière , vient à parcourir le nerf dans un sens opposé à celui du courant qui circule directement entre les deux extrémités du couple. J'ai varié bien des fois ces expériences , j'ai toujours obtenu les mêmes résultat». Dans la première période de la vitalité du nerf, on obtient la contraction du membre appartenant au nerf irrité, soit au commencement, soit à l'interruption du courant, quelle que soit sa direction. Dans la période suivante, lorsque le nerf est devenu moins sensible, la contraction ne se produit plus qu'au commencement du courant direct et à l'interruption du courant inverse.
Parvenu à cette seconde période, il est possible de reproduire encore les phénomènes de la première période : il faut pour cela, ou augmenter l'intensité du courant, ou faire agir le courant primitif sur de nouveaux points du nerf pris vers ses extrémités.
Ces deux moyens suffisent pour un espace de temps qui est toujours d'autant plus court que l'intensité du courant a été plus forte. ...
Nous n'avons plus qu'à exposer quelques observations très-importantes que Marianini a faites eîi étudiant la contraction qui se produit à l'interruption du courant, Marianini a prouvé qu'on pouvait obtenir la contraction à l'interruption du courant sans avoir obtenu celle qui a lieu à son commencement. Il est très-facile de concevoir comment il fait l'expérience. 11 faut d'abord préparer la grenouille comme dans la figUFe 17 : ensuite, au lieu de fermer le circuit directement^ on plonge une des extrémités du couple et ou tient l'autre avec la main ; tandis que l'autre main est plongée dans la seconde capsule. De cette manière le courant s'établit peu à peu , à mesure que la peau s'imbibe du liquide , et devient plus conductrice, et c'est alors, qu'en ouvrant le circuit, on obtient la contraction qui a manqué au commencement de l'expérience, à cause de la faible intensité du courant qui pouvait passer d'abord.
Marianini s'est également assuré qu'on pouvait obtenir la contraction due a l'interruption du courant sans détruire le circuit, et seulement en détournant en grande partie du corps de la grenouille le courant à l'aide d'un meilleur conducteur. Si lorsque le circuit est fermé avec la grenouille préparée et en plongeant les deux * extrémités du couple voltaïque dans les deux verres où sont les deux pattes de la grenouille (/îg^. 31 ), on vient à introduire un arc métallique , le courant abandonne la grenouille pour prendre la voie du meilleur conducteur, et la contrao* tion a lieu , comme si le circuit était détruit. Nom
FART1B 11» CUAPlTttB I. 311
devons encore au même physicien d'avoir démontré que la contraction qui a lieu à l'interruption du courant est d'autant plus forte que le circuit a été fermé plus longtemps.
Marianini dit qu'il faut au moins de huit à dix secondes de passage du courant inverse pour obtenir la plus grande contraction à l'interruption du courant.
Je reviendrai , dans un autre Chapitre , sur TeX'* plication du phénomène de la contraction qui a lieu à l'interruption du circuit. Marianini avait conclu , de ses expériences, qu'il fallait admettre que, pendant le passage du courant dans un nerf, dans le sens de sa ramification , il y avait une partie de l'électricité qui s'accumulait dans ce nerf, laquelle, lors de l'interruption du circuit, se déchargeait par-courant le nerf en sens contraire , ce qui donnait lieu à la contraction produite par le courant inverse qui cesse de passer.
Malgré tout mon respect pour le physicien qui a imaginé cette hypothèse , il m'est impossible, avec les connaissances que nous avons maintenant sur le pouvoir conducteur de la substance nerveuse, et sur la manière de se propager du courant dans un m'usde, d'admettre que l'électricité a accumule dans les nerfs pour circuler enfin en sens contraire de celui du courant primitif. Du reste ^ rien ne prouve Texift* lenoe de cette accumulation de l'électricité dans. J^s mrh pendant le pusaage du courante
212^ D£S PHENOMENES ÉLECTRO-PHYSIOLOGIQOES.