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PART» II, CHAPITRB VIU

fois que les expériences étaient bien faites , je n'avais jamais de signes déterniinés et constants d'un courant dérivé.

J'ajouterai encore, qu'avec les propriétés que nous connaissons à l'électricité , et par les lois de sa propagation, il nous serait impossible de concevoir l'existence d'un courant électrique renfermé dans les nerfs. Un courant électrique assez intense pour aller d'un bout à l'autre du système nerveux , un courant dont l'intensité devrait être comparable à celle d'un véritable courant électrique qui excite dans les muscles des contractions semblables à celles qui y sont produites par la volonté, ne resterait pas renfermé dans un nerf, à moins de le comparer à un fil métallique couvert de vernis , ce qui est bien loin de la vérité.

Un courant électrique qui, par l'acte de la volonté, irait en suivant un nerf du cerveau aux muscles , ne serait pas arrêté par la ligature ou la section du nerf, comme nous le voyons arriver pour cette espèce de courant pu* lequel se propage la force inconnue du système nerveux.

La circulation de l'électricité dans les nerfs nous amènerait encore à admettre une disposition dans la structure du système nerveux, telle, qu'elle serait nécessaire pour former un circuit fermé. Les travaux des anatomistes allemands , tout remarquables qu'ils sont, sont bien loin de nous prouver, avec toute l'évidence désirable, l'existence d'une telle disposition dans le système nerveux , et surtout dans ses ramifi-

âaO DES PUÉNOMBNES ELfiCTBO-PHYSIOlOGIQOES.

cations dans les muscles. J^ai fait souvent ifne expérience qui aurait pu prouver d'une manière indirecte^ si le système nerveux forme un circuit fermé pour le courant électrique. Je découvre sur un animal vivant un nerf sciatique dans deux points différents de sa longueur, le plus éloignés possible , tels que le haut de la cuisse et Textrémité de la jambe. J'ai introduit le membre dans une spirale qui est comme celle décrite tout à l'heure , en communication avec une autre spirale plus petite, contenant un cylindre de fer doux dans l'intérieur. Alors je touchais les deux points du nerf mis à découvert, avec les extrémités d'une pile pour y faire passer un courant. Je n'ai jamais •obtenu aucun signe bien constant d'un courant d'induction dans la spirale; pourtant cela aurait dû arriver en admettant que le courant électrique eût parcoura les espèces de spirales par lesquelles on a supposé que les nerfs se ramifiaient dans les muscles. Le courant électrique n'existe donc pas dans les nerfs d'un animal vivant; les lois de sa propagation exigent des conditions qu'on ne trouve pas dans le système nerveux; la propagation de la force inconnue du système nerveux est arrêtée par des causes qui ne peuvent pas produire cet effet, et qui ne le produisent pas dans le courant électrique. Cette force inconnue du système nerveux n'est donc pas le courant électrique. Mais quel rapport y a-t-il donc entre ces deux forces? Je résumerai en peu de mots la seule conséquence positive, qu'après mes longues études sur les phénomènes électro - physiologiques des animaux ,

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ii me semble permis de déduire en réponse à cette question. Il existe entre le courant électrique et la force inconnue du système nerveux une analogie qui , si elle n'est pas du même degré d'évidence, est pourtant du même genre que celle qui apparaît entre la chaleur, la lumière, l'électricité. Nous avons vu dans tous les phénomènes des poissons électriques que la faculté dont ils sont doués, de produire de l'électricité , était sous la dépendance directe du système nerveux; il y a donc dans les animaux une structure , une disposition telle, de certaines parties de leur oj^anisme , que par l'acte de la force inconnue du système nerveux, il peut se dégager de l'électricité» Le parallélisme que nous avons montré clairement exister entre la contraction musculaire et la décharge électrique des poissons ne fait que nous prouver que ces deux fonctions dépendent immédiatement de celles du système nerveux.

Un cristal de tourmaline qui étant chauffé développe de l'électricité , annonce bien une relation plus ou moins intime entre la chaleur et l'électricité; une relation semblable entre la force inconnue du système nerveux et l'électricité nous est prouvée par les poissons électriques. L'électricité n'est pas plus pour cela la force inconnue du système nerveux que la chaleur n'est de l'électricité; l'un se change en l'autre dans un cas par la forme des molécules intégrantes du cristal; dans le second cas , par la structure des organes électriques. Tous les joufô la physique avance vefs une plus grande simplification de ses hypothèses,

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OU plus e^^actement vers une hypothèse unique qui explique tous les phénomènes de la chaleur, de la lumière, de rélectrieité. Quelle hypothèse est en effet plus digne du rang auquel on s'efforce de réleyer que celle d'un corps qui, capable dune foule de mouvements différents , susceptibles de se transformer les uns dans les autres, et représentant ainsi des phénomènes très-différents entre eux? Les caractères les plus essentiels de ce corps , tels que rimmense rapidité dans la propagation de ses mouvements, cette espèce d'insaisissabilité matérielle , la transformation d'un de ses mouvements dans un autre, appartiennent à la force inconnue du système nerveux, comme à l'électricité, à la lumière, à la chaleur. La relation entre deux de ces mouvements de Yéther^ mouvements que nous avons l'habitude d'appeler corps impondérables, devient beaucoup plus intime lorsque non-seulement un de ces corps peut se transformer dans un autre, mais quand celui-ci à son tour peut se transformer dans le premier.

Avons-nous cette réciprocité entre la force inconnue du système nerveux et le courant électrique? En un mot, le courant électrique se transforme-t-il dans la force inconnue du système nerveux?

L'expérience nous apprend qu'un nerf parcouru par un courant électrique dans sa longueur est excité de manière à produire ou la contraction ou la sensation. Il faut pour cela que le nerf soit parcouru suivant sa longueur, que le nerf n'ait pas été séparé depuis longtemps des parties centrales du système

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nerveux , qu'on n'ait pas trop prolongé sur lui le passage du courant ou Faction de certains agents stimulants. '

La chaleur, une action mécanique ou chimique, peuvent, comme le courant électrique, éveiller l'excitabilité du nerfet produire ainsi la contraction et la sensation. Conclurons-nous de là que ces actions chimiques, mécaniques, calorifiques, agissent sur les nerfs, transformées en courant électrique, qui seul serait doué du pouvoir d'exciter un nerf ?

Rien ne prouve que les actions stimulantes que nous avons nommées, lorsqu'elles sont appliquées sur des points du système nerveux, produisent un courant électrique : nous pouvons aussi bien l'admettre que le nier; et quand nous voudrions supposer cela avec un certain degré de probabilité, nous ne pourrions le faire que pour la chaleur et pour les al-* calis, mais aucune analogie ne nous le permettrait pour l'action mécanique. Quel est le corps qui, étant coupé, peut par cela seul développer un courant électrique? Pourquoi l'action chimique de certains acides ne suffit-elle pas à exciter un nerf, comme l'action semblable de& «alcalis, qui pourtant doit cOnmie celle-ci dégager de rélectricité?

Quel JBst le corps analogue à un nerf qui, étant échauffé, produit des phénomènes thermo-électriques?

Après tout cela, j ajouterai que, puisque nous avons prouvé que la force inconnue du système nerveul n'est pas le eourant électrique, rien ne nous conduit

à conclure que Taction des corps stimulants, chaleur, action chimique ou mécanique, produit un courant électrique appliqué sur les nerfs.

Concluons donc avec MuUer, et comme je l'ai dit dans mon Essai sur les phénomènes électriques des animauxy que le courant électrique qui traverse dans certaines conditions un nerf y détermine ce même changement qui y est produit par la force inconnue du système nerveux, lorsqu'il est excité ou par des actions extérieures ou par l'acte de la volonté.

Il me semble pourtant naturel et juste d'admettre que ce changement amené dans la disposition des organes élémentaires du nerf, soit par un acte de la volonté, soit par le courant électrique et par les autres agents stimulants, est accompagné dans tous les cas, d'une espèce de courant de la force inconnue du système nerveux. Cette force que je représenterai par l'éther, afin d'expliquer par une seule hypothèse tous les phénomènes des corps impondérables et l'analo-* gie de la force nerveuse avec ces corps, cette force, dis-je, consisterait daris un mouvement particulier de l'éther.

Tous les savants sont d'accord maintenant sur l'im* possihilité d'expliquer la vitesse immense de la propagation de la lumière, de la chaleur rayonnante, de l'électricité, sans recourir à un mouvement vibratoire. La force inconnue du système nerveux ne se propage pas moins rapidement que les impondérables que nous avons nommés.

L'éther, répandu dans tous les points du système

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