PABTIB II, CHAPITRE IX
mouvement ou de la sensibilité^ ou de c*es deux facultés à la fois.
Quelles sont les données sur lesquelles on doit se fonder pour appliquer le courant électrique à la guérison des paralysies ?
Nous avons vu comment le passage du courant électriquCi continué pendant un certain temps , parvenait à détruire la sensibilité du nerf : en appliquant le même courant sur le même nerf, il n'y a plus de contractions. En faisant l'expérience sur Fanimal vivant, on voit que le membre dont le nerf a été, durant un temps assez long, soumis au pasàage d'un courant d'une certaine intensité, est devenu incapable de tout mouvement : il est donc paralysé. On voit par là qu'un nerf qui, par l'action prolongée du courant, n'est plus excité par ce courant , est devenu également incapable d'obéir à la force du système nerveux mis en jeu par la volonté. En laissant en repos l'animal tourmenté par le courant électrique, on trouve qu'après un certain temps , proportionnel à l'intensité et à la durée du courant, son nerf est devenu de nouveau excitable au passage du courant, et peut également obéir de nouveau à la force nerveuse mue par la volonté.
' Supposons maintenant avoir fait passer dans un nerf d'un animal vivant un courant , jusqu'à ce qu'il ait perdu son excitabilité : en faisant passer par ce même nerf un courant en sens contraire à celui qui a détruit l'excitabilité, nous savons que le nerf est devenu de nouveau excitable par le courant dirigé
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comme celui qui avait détîruit boH excitabilité. C'est là le phénomène des alternatives voltianes.
Mais , de même que le nerf par le passage du courant en sens contraire de celui qui a détruit son excitabilité^ la reprend y il est devenu capable d'obéir à la force nerveuse. Le membre paralysé par le passage d'un certain .courant cesse de l'être par le passage du courant contraire* De cette manière , ce qui n'arriverait avec le repos qu'après un certain temps a lieu dans un temps bien plus court, par le secours d'un courant électrique dirigé comme nous l'avons dit.
Nous avons vu également que si les nerfs d'un animal vivant sont soumis au passage du courant électrique , renouvelé à de courts intervalles , on éveille dans cet animal des contractions tétaniques. En prolongeant pendant un certain temps ce traitement^ les nerfs perdent entièrement leur excitabilité.
Voici donc des faits qui^ indépendamment de toute idée théorique , ou de toute hypothèse sur la force nerveuse, peuvent nous guider dans l'application thérapeutique du courant électrique aux paralysies. En effet , nous pouvons admettre que dans quelques cas de paralysie, ks nerfs du membre malade sont altérés d'une manière analogue à celle qui y serait produite par le passage continu. d'un, counant électrique. Nous avons vu que pour rendre à un nerf qui a perdu par le passage du courant son excitabilité pour ce courant, il faut agir sur lui avec un courant dirigé en sens contraire. De même, pour faire cesser la paralysie, on devra faire passer un courant en
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sens contraire à celui qui aurait pu la produire. On Yoit par là que nouB supposons que la paralysie qu'on doit soumettre au traitement électrique est de mou-* vement ou de sensibilité séparément. Ainsi , pour une psu^alysie de mouvement, c'est le courant inverse qui sera appliqué, tandis que pour une paralysie de sentiment , on devra appliquer le courant dirçct.
Dans le cas de paralysie complète , il n'y a plus aucune raison pour se décider à appliquer le courant plutôt direct qu'inverse.
Il y a encore une règle dans cette application , qui nous est enseignée par la théorie : c'est de ne jamais prolonger le passage du courant, pendant un temps trop long, afin de ne pas augmenter la maladie qu'on veut guérir. Le temps du passage du courant doit être d'autant plus court que ce courant est plus in* tense. Et comme nous avons vu que le passage du courant électrique dans les nerfs , répété à de très* courts intervalles de temps, affaiblit considérable-^ ment leur sensibilité, lorsqu'on le continue pendant longtemps, il faut se garder de passer d'un excèsà unautre. La théorie nous conseille d appliquer le courant électrique d'une intensité qui dpit varier avec le degré de la maladie , et de faire passer ce courant pendant deux ou trois minutes, à des intervalles de quelques secondes. Après ces deux. ou trois minutes, pendant lesquelles on aura donné de vingt à trente secousses, il faut laisser le malade en .repos pour un certain temps , après lequel on pourra renouveler le traitement.
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Je ne m'occuperai pas trop longtemps de la description des appareils à Taide desquels on pourra faire l'application du courant électrique aux paralysies. Une pile de Volta, à colonne dont les couples auront de cinq à dix centimètres de diamètre, peut très-bien servir pour cette application. 11 serait difficile de trouver des cas où l'on ait besoin déplus décent couples. Le liquide qu'on peut employer pour mouiller le carton n'est autre que de l'eau salée ou légèrement acidulée. On peut encore très-avantageusement se servir d'une pile à couronne de tasses, dont les éléments soient réunis ensemble dix par dix, de manière à pouvoir les retirer en même tems du liquide. Afin de pratiquer régulièrement l'interruption et la fermeture du circuit, on fera usage d'un appareil analogue à celui de la roue de Masson. Dans ces dernierd temps, M. Màgendie a employé , au lieu de pile , la machine électro-^magnétique de Clarke, dont on peut modérer rintensité du courant avec une barre de fer doux, appliquée sur les deux pôles de l'aimant. Pour faire arriver le courant sur les deux parties du membre paralysé, on se procure deux bandes de lame de plomb ou de cuivre , couvertes aux deux extrémités d'un morceau de drap qu'on imbibe d'eau salée , et qu'on applique sur la peau également mouillée de ce liquide. 11 est utile, dans quelques cas , d'introduire des aiguilles à acupuncture, pour porter le courant le plus près possible du nerf paralysé.
Je rappellerai ici quelques-unâ des résultats les plus heureux et les mieux constatés de l'application