CHAPITRE PREMIER
LOIS GÉNÉRALES DES CONTRACTIONS ET DES SENSATIONS EXCITÉES l'Ail LE COUDANT ÉLECTRIQUE DANS LES NERFS MOTEURS ET SENSITItS l»ES ANIMAUX VIVANTS OU RÉCEMMENT TUÉS.
Lorsqu'on applique les pôles d'uno pile d'un certain nombre de couples sur des parties quelconques du corps d'un animal vivant ou récemment tué, on le voit toujours saisi par des convulsions plus ou moins grandes : ces convulsions sont quelquefois si fortes et si générales qu'on pourrait presque croire que l'animal est rappelé à la vie. On lit encore , dans
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les annales do la science, des expériences faites à l'époque de la découverte de la pile, qui étaient dirigées dans des vues d'une bien haute prétention. Jl y eut, à cette époque, des savants tellement hardis * qu'ils crurent avoir saisi le principe de la vie, et s'en être emparés, par cela seul qu'ils voyaient les grimaces que le courant électrique produisait dans les muscles faciaux d'un malheureux décapité.
Heureusement pour la science, cette espèce d'engouement ne dura pas longtemps, et on se mit, au contraire, à l'étude sérieuse des jihénomènes électro-physiologiques. Je commencerai par l'exposition de ces phénomènes dans leur généralité. Lorsque c'est une pile de quinze ou vingt couples, au moins, qui produit le courant qu'on fait agir sur un animal vivant, on le voit se contracter, courber son dos, et on l'entend crier. 11 faut, pour tout cela, qu'une graude partie de son corps soit parcourue par le courant, et qu'on ait eu soin de faire entrer le courant par un point quelconque du système nerveux. Une fois que ces phénomènes se sont produits au moment où le courant a commencé à passer, on voit l'animal se rétablir dans son premier état, quoique le passage du courant continue; ce n'est que lorsque ce courant est trop fort que les signes de la douleur persistent pendant son passage. J'ai entendu , pendant plusieurs minutes, crier un lapin, quoique le circuit fut bien fermé. M. de Ilumboldta prouvé sur lui-même que la sensation du courant électrique per* sistait pendant son passage. Si l'on vient à ouvrir le
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circuit, à faire cesser le passage du courant, on voit se reproduire au même degré tous les phénomènes qui s'étaient produits quand ce courant a commencé. En agissant sur les animaux récemment tués, on obtient, dans les premiers instants après la mort, des phénomènes qui ne diffèrent de ceux observés sur l'animal vivant que par les signes delà douleur, • qui doivent certainement manquer sur l'animal tué. Parmi les animaux qu'on a soumis au passage du courant, c'est la grenouille qui a été reconnue comme la plus sensible aux courants électriques les plus faibles; cet animal a été toujours employé après l'avoir préparé à la manière de Galvani (fig. 3 ), que nous avons décrite bien des fois.
Nobili a voulu comparer la sensibilité de la grenouille, comme moyen électroscopique, à celle des galvanomètres les plus sensibles : il a pu s'assurer que toutes les fois qu'il y a dans la source électro-motrice, ou dans le circuit, une portion liquide, la grenouille ne le cède en rien au galvanomètre. Afin de simplifier l'élude de ces phénomènes, il fallait commencer par établir l'action du courant transmis par le seul système tierveux. Nous devons aux travaux de Lehot, de Bellingeri, et surtout à ceux de Nobili et de Marianini, que nous avons déjà cités dans l'introduction historique , toutes nos connaissances sur ce sujet. Malgré cela nous verrons, en exposant avec plus de détails les conclusions qu'en ont tirées ces deux derniers savants, qu'on ne parviendrait pas à en déduire les véritables lois. Je me suis