PARTIR II, CHAPITRE I
les contractions des muscles inférieurs deviennent plus faibles, tandis qu'elles subsistent pour les muscles du dos, et qu'on a toujours l'agitation des oreilles et très -souvent le cri; quand ce courant commence, les effets sont limités aux contractions des muscles inférieurs. Pour le courant inverse , les contractions des muscles du dos , les battements des oreilles, et presque toujours le cri , ont lieu à son commencement, tandis que les contractions des muscles inférieurs sont à peine sensibles. A l'interruption de ce courant, les contractions des muscles inférieurs subsistent, et celles du dos, des oreilles, et le cri, ont disparu.
11 me serait impossible, malgré un très-grand nombre d'expériences , de préciser dans quel ordre commencent à disparaître les phénomènes dont nous avons parlé.
On doit donc réduire à deux' périodes seulement l'action du courant électrique qui excite les nerfs d'un animal vivant : dans la première période, l'excitation du nerf est transmise dans tous les sens , à sa périphérie, comme à son centre, au commencement de l'excitation comme à son interruption, et tout cela indépendamment de la direction du courant dans le nerf; dans la seconde période, l'excitation du nerf se porte vers ses extrémités par le courant direct qui commence, ou par le courant inverse qui est interrompu; au contraire l'excitation du nerf est transmise vers le cerveau lorsque le courant direct est interrompu , ou quand l'inverse commence à pas-
2ôi DES PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-PIIYSIOLOGIQUES.
ser. On peut exprimer ces résultats en des termes peutêtre plus simples : le courant, dans la seconde période, agit dans le sens de sa direction quand il commence, ou dans le sens contraire à sa direction lorsqu'il cesse.
Mais de quelle manière le courant électrique peutil produire des contractions dans les muscles du dos et de la tête, lorsque ce courant agit sur un nerf qui ne se ramifie pas dans ces muscles? Comment se fait-il qu'en opposition aux idées généralement admises, la contraction musculaire soit produite par l'excitation du nerf en sens rétrograde?
Une expérience très-simple me semble répondre à ces questions. Je prends un lapin parvenu à la seconde période , et je lui coupe la moelle épinière, en ayant le plus de soin possible de ne pas causer trop d'hémorragie. On peut répéter cette expérience, comme je l'ai fait, sans attendre cette période; de même on peut la varier en coupant la moelle épinière dans des points différents. Dans tous les cas, après que la moelle épinière a été coupée , on arrive toujours aux mêmes résultats : les contractions des muscles supérieurs au nerf excité n'affectent plus que les muscles inférieurs, au point où la moelle épinière a été coupée, et qui sont compris par conséquent, entre le point excité et le point où la moelle a été coupée; si on coupait la moelle tout à fait à son extrémité, il n'y aurait plus de contraction sur aucun point supérieur au nerf excité. Les phénomènes produits par le passage du courant électrique se réduisent alors à la contraction des muscles inférieurs, qui a Lieu au