‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 113 sur 187 · PARTIE II , CHAPITRE II. Si · texte numérisé non relu

PARTIE II , CHAPITRE II. Si

vu, en effet, dans le Chapitre précédent , que la sensibilité du nerf se retire vers ses extrémités , à mesure que la vitalité s'affaiblit, lorsqu'il s'agit de produire la contraction dans ces muscles. Mais j'ai inutilement tenté l'expérience : un nerf qu'on a coupé et qu'on soumet au passage du courant électrique , dans la portion qui est depuis quelques jours séparée du système central, a perdu la propriété d'éveiller les contractions quand môme on fait agir ce courant sur les points du nerf les plus reculés dans les muscles.

4e suis arrivé à ces mêmes résultats en agissant sur des grenouilles que j'avais soumises à l'action d'un poison narcotique. J'ai employé pour cela une certaine quantité d une solution d'extrait alcoolique de noix vomique que j'introduisais dans l'estomac d'une grenouille. Lorsque cet animal était complètement narcotisé et qu'il ne montrait plus aucun mouvement, je préparais la grenouille et j'agissais sur son nerf sciatique avec un courant de huit à dix couples. En prenant la grenouille lorsqu'elle avait fini de se contracter à la moindre excitation portée sur son corps , je n'ai jamais obtenu aucune contraction , lors même que je faisais passer le courant sur les points du nerf les plus rapprochés de ses extrémités. En appliquant ce même courant sur deux points d'un muscle de cette grenouille, je le voyais toujours se contracter et d'autant plus que j'agissais sur les muscles des extrémités. Il me semble donc juste de conclure: 1°. que la propriété que la fibre

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musculaire vivante a de se contracter, lorsqu'elle est soumise à des actions externes appliquées, ou sur la fibre elle-même , ou sur les nerfs qui y sont ramifiés , lui e6t inhérente; 2". que les nerfs moteurs, irrités d'une manière quelconque, produisent la contraction dans les muscles où ils sont ramifiés, en éveillant la propriété inhérente au muscle ; 3°. que ces nerfs perdent cette propriété, par l'action des poisons narcotiques, par leur séparation convenablement prolongée des parties centrales du système nerveux, par une ligature interposée entre les points du nerf qui sont irrités et les muscles, par la continuation de l'action excitante, indépendamment de toute altération permanente et substantielle du nerf, ce qui est prouvé par la propriété qu'a ce nerf de reprendre avec ie repos, ou par des actions qu'on peut appeler contraires , sa faculté primitive; 4°. et qu'enfin il faut, pour que l'irritabilité do la fibre musculaire continue , conserver daus cette fibre l'action simultanée des nerfs sen si tifs et organiques, et du sang par laquelle sa nutrition est entretenue.

Ces principes me semblent suffisants pour concevoir à priori quelle doit être la direction du courant électrique qui traverse une masse musculaire et dans lo même temps tous les filaments nerveux qui y sont ramifiés. Si cette masse musculaire est parcourue par le courant, dans une direction parallèle à celle des troncs nerveux principaux qui y sont répandus, il me semble évident que la contraction qui en résulte devra être plus forte que celle qui se serait produite par le

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