‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 119 sur 187 · PARTIE 11, CUAP1TAE IV · texte numérisé non relu

PARTIE 11, CUAP1TAE IV

nouille est parcouru par le courant direct, tandis que l'autre l'est par le courant inverse. Nous savons également que lorsque le courant commence à passer, les deux membres se contractent à la fois, et que la même chose arrive lorsque le circuit est interrompu. Nous avons vu que les contractions ne sont pas également intenses dans les deux membres, et que c'est toujours celui qui est parcouru par le courant direct qui se contracte davantage au commencement, ce qui arrive à l'interruption pour les membres parcourus par le courant inverse. En faisant l'expérience avec la grenouille préparée et disposée comme je l'ai dit (fuj. 31 ), la différence dont je parlais peut encore se voir par les palpitations qu'on remarque ordinairement au commencement de l'expérience, dans le membre parcouru par le courant direct, et qui se prolonge pendant quelques secondes, quoique le circuit soit fermé. A mesure que la vitalité du nerf s'affaiblit, nous savons encore que le courant n'excite pas plus la contraction qu'au commencement lorsqu'il est direct , et à l'interruption lorsqu'il est inverse.

Je suppose qu'on laisse passer le courant d'un certain nombre de couples dans la grenouille (fiy. 3 1) pendant vingt-cinq ou trente minutes : on trouve alors, en interrompant le circuit et en le fermant un instant après, que la grenouille n'offre plus aucune contraction , ni dans uu cas ni dans l'autre. Suivant la force de la pile et le degré de vitalité de la grenouille, le temps nécessaire, pour que le passage du

Û'2% DES PHÉNOMÈNES ÉLKCTBO-rH YSIOI.OGIQI ES.

courant produise le phénomène dont nous parlons, est plus ou moins long. Quand la grenouille est réduite au point de ne plus donner de contractions, si on renverse la position des pôles de la pile , ou bien si Ton retourne sur elle-même la grenouille, de manière que pour chacun des membres le courant vienne ensuite à y être transmis dans un sens contraire au précédent, on aura alors de nouveau les contractions, en fermant le circuit, pour le membre dans lequel le courant est direct et en l'interrompant pour l'autre. Si maintenant on laisse le circuit fermé , dans celte seconde position de la grenouille on trouve , après un certain temps , qui est toujours plus court que celui qui a été nécessaire d'abord , que la grenouille ne donne plus de contractions ni en ouvrant ni en fermant le circuit. Ola étant obtenu, il faut renverser de nouveau la position de la grenouille ou celle des pôles de la pile, et feiMner le circuit. On conçoit facilement que la grenouille se • trouve ainsi parcourue par le courant comme elle Fêlait au commencement de l'expérience. On voit alors la grenouille se contracter de nouveau en fermant le circuit pour le membre parcouru par le courant direct, et en l'interrompant pour l'autre. Ces alternatives se prolongent, pendant un certain temps , toujours en s'affaiblissant, les contractions devenant toujours moindres avec le laps de temps nécessaire pour passer d'une alternative à l'autre.

On» peut exprimer le fait que nous étudions d'une manière bien simple : le courant qui traverse

Page 1