PARTIE II, CHAPITRE IV
un nerf moteur sur un animal vivant ou récemment tué, et qui continue à passer dans ce nerf pendant un certain temps, en modifie l'excitabilité de manière à le rendre iusensiblc à son passage , tant qu'il le parcourt dans la môme direction; mais l'excitabilité du nerf reparaît sous l'influence de ce même courant, dirigé en sens contraire : lors donc qu'un nerf a été modifié par le passage d'un courant, de la manière que nous venons de dire, on peut lui rendre l'excitabilité qu'il a perdue en le faisant traverser pendant quelque temps par un courant dirigé en sens contraire de celui qui lui a fait perdre l'excitabilité et par lequel on veut la lui rendre. C'est ainsi que, dans l'expérience que nous avons décrite, on voit, à chaque changement dans la direction du courant, le membre qui auparavant ne se contractait que lorsqu'on fermait le circuit, devenir capable de se contracter à l'interruption de ce même circuit.
Marianini, qui a beaucoup étudié le phénomène des alternatives voltianes, a commencé par s'assurer qu'il était indépendant de la variation qui a lieu dans l'intensité du courant, lorsqu'on tient fermé le circuit de la pile pendant un certain temps. On sait que le courant d'une pile s'affaiblit toutes les fois qu'on tient son circuit fermé, et qu'ensuite il reprend son intensité lorsqu'on laisse le circuit ouvert, Marianini a vu que les alternatives voltianes se vérifiaient également avec un courant d'intensité constaute : l'expérience était très-facile à faire pour
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arriver à ce résultat sans avoir un courant do force constante. 11 n'y avait qu'à laisser passer le courant il' une pile pendant un certain temps dans une grenouille, jusqu'à ce quelle ne donnât plus de contractions, et qu'à faire passer ce courant de nouveau et toujours dans le même sens : on voit alors les contractions reparaître, si Ton dirige ce courant dans la grenouille en sens inverse.
Passons maintenant à l'exposition des lois des alternatives voltianes.
M, m, mini s'est assure que la durée, ou le nombre total des alternatives qu'on peut observer sur uno munie grenouille, est d'autant moindre que le courant électrique employé est plus intense. Ainsi, en comparant deux grenouilles dont l'une est soumise à un courant de quatre-vingts couples, tandis que pour l'autre ce courant n'est que de huit couples , on voit que la première de ces deux grenouilles ne présente plus le phénomène des alternatives après quatre heures d'expérience, c'est-à-dire que son nerf, modifié par le passage du courant, ne reprend plus son excitabilité parle passage du courant inverse. La seconde grenouille présente le phénomène des alternatives pendant un espace de temps presque double de l'autre. L'influence de la plus ou moins grande intensité sur la durée totale des alternatives, estime conséquence nécessaire d'un autre phénomène que nous avons déjà étudié dans le premier Chapitre : nous avons vu que le passage d'un