‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 127 sur 187 · PARTIE 11, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE 11, CHAPITRE IV

J'ai trouvé par ceB différents moyens d'expérimentation, commoM. de Humboldt l avait fait bien longtemps avant moi, que le gaz acide carbonique, l'azote et le chlore n'affaiblissent pas l'excitabilité du nerf soumis au courant électrique ; on peut en dire autant de l'hydrogène sulfuré. L'un des poisons qui affaiblit le plus l'excitabilité du nerf, est l'acide hydrocianique. Cet acide commence par exciter des contractions tétaniques dans les grenouilles qui, préparées dans cet état et soumisesau courant électrique, ont encore des contractions , surtout si le courant parcourt dans le môme temps les nerfs et les muscles ou les muscles seulement. Mais si les grenouilles empoisonnées par ce corps sont soumises au courant électrique quand elles ont cessé de montrer les contractions tétaniques dont nous avons parlé , on obtient alors très-rarement les contractions en agissant avec le courant d'un couple sur leurs nerfs lombaires. Un courant plus fort n'y produit que de très-faibles contractions et l'excitabilité disparaît tout à fait après quelques instants. Quand même on chercherait à agir avec le courant sur des points de ces nerfs plus rapprochés des extrémités, on n'obtiendrait pas de contractions. Mais si, au lieu d'agir avec le courant sur les nerfs seulement, on le fait passer ou par les muscles ou par les nerfs et les muscles , on a encore les contractions. Puisque cet effet manque lorsque le courant n'agit que sur les nerfs, il faut bien admettre que les contractions produites en faisant passer le courant par les nerfs et les mus-

des, sont dues à l'action du courant sur les fibres musculaires.

La mort par la décharge électrique détruit presque entièrement l'excitabilité du nerf soumis au courant électrique. J'ai tenté souvent l'action du courant sur les nerfs de grenouilles tuées avec un cerjain nombre de décharges électriques de six grandes bouteilles chargées à saturation; je n'ai jamais obtenu aucune contraction, mémo avec une pile de dix à quinze élémeuts. Et si quelquefois il y en avait de très-faibles, le passage d'un courant par les nerfs, pendant quelques secondes, en détruisait tout à fait l'excitabilité. Les grenouilles ainsi tuées n'avaient pas perdu l'irritabilité de la libre musculaire : le courant électrique y excitait encore la contraction.

Je n'ai plus qu'à parler de l'influence des poisons narcotiques. J'ai employé pour cela des solutions d'extrait d'opium ou de noix vomique, que j'introduisais dans l'estomac des grenouilles vivantes. L'empoisonnement a lieu , et présente une série de phénomènes qui se succèdent plus rapidement pour la noix vomique que pour l'opium. La grenouille narcotisée, après environ quinze, vingt, trente minutes, montre l'état de surexcitation dans lequel , comme on s;iit, la plus faible contraction suftil pour agiter tout l'animal. Après cet état, viennent les contractions tétaniques; le dos de la grenouille se courbe, ses membres se roidissent et la grenouille reste soulevée du plan , en s'appuyaut sur l'extrémité de ses

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