DU SYSTEME NERVEUX
11 aurait été important, après avoir établi la manière d'agir du courant électrique sur les nerfs, de poursuivre ce même sujet sur les parties centrales du système nerveux. Malheureusement , j'ai dû renoncer à une suite d'expériences dirigées comme je l'aurais voulu , faute "de connaissances suffisantes d'anatomie , et surtout d'habitude dans les vivisections. Toutefois, je rapporterai ici le peu que j'ai réussi à voir et à constaterdans quelques expériences; j'engage les physiologistes à continuer ces observations sur ce sujet.
Ayant découvert avec un trépan le cerveau d'un lapin vivant, je commeuçai par appliquer les deux
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pôles d'une pile de soixante couples sur les hémisphères cérébraux, à une distance d'un à deux centimètres l'un de l'autre; l'animal n'a pas bougé, ou bien il n'y a eu que quelques petites contractions dans les muscles de la tête* J'ai porté les deux pôles sur le cervelet , et le courant a passé sans faire crier l'animal et sans exciter de contractions. Les mômes effets ont été obtenus en faisant passer le courant dans la pulpe des hémisphères cérébraux et du cervelet. Ce n'est que quand j'ai pénétré avec les deux pôles jusqu'à la base du cerveau i^e l'animal se mit à crier et à se contracter très-rortement de tout son corps. Ces phénomènes se *ont prolongés pendant plusieurs secondes, et ne se sont pas reproduits lorsque le circuit a été interrompu. J'ai pu m'assurer aisément que lorsque la douleur et les contractions ont été excitées, le courant électrique agissait sur les corps quadrijumeaux" et les pédoncules du cerveau.
11 importe de noter que le courant électrique dans son action sur les parties centrales du système nerveux semble différer de celle qu'il exerce sur les nerfs , par le défaut d'excitation lors de son interruption. Il me semble également permis de conclure que le courant électrique agit sur les parties centrales du système nerveux, comme tous lea autres agents stimulants dont l'action a été si bien établie par les célèbres travaux de M. Flourens.
C'est à ce même résultat qu'on est conduit lorsqu'on fait agir le courant sur la moelle épinière et
sur les racines des nerfs rachidiens. En niellant à nu, sur un lapin vivant, deux points de la moelle épinièrc, et en y faisant ainsi passer un courant de quinze à vingt couples , je voyais l'animal agité par les plus vives convulsions, lesquelles avaient lieu également à l'interruption du circuit : l'animal criait dans le même temps et se courbait comme s'il eût clé saisi par d'atroces souffrances. En continuant le passage du courant, les phénomènes se présentent comme pour l'action du courant électrique sur les nerfs que nous avons étudiée.
Lorsqu'on agit avec le courant électrique sur les racines aotérieures et postérieures des nerfs rachidiens, on vérifie très-aisément la belle découverte, faite par Bell, Magendie et Mullcr, de la fonction différente qui appartient à ces deux racines.
J'ai répété souvent sur les grenouilles l'expérience que Millier décrit dans sa Physiologie, en employant un couple élémentaire pour produire le courant. Si les racines postérieures sont parcourues par ce courant, il n'y a aucune contraction excitée dans les muscles des membres inférieurs, ni au commencement, ni à la fm, quelle que soit sa direction. Au contraire, en agissant avec le courant sur les racines antérieures, les contractions qu'on obtient sont soumises tout à fait aux mêmes lois que celles que l'on a lorsqu'on agit sur les nerfs.