PARTI B II, CHAPITRE VII
de nouveau tous les phénomènes qui se sont produits au commencement. A mesure que la vitalité de l'animal s'affaiblit, et que le courant continue à passer, les phénomènes qui en résultent n'ont plus aucune analogie avec ceux qui appartiennent aux autres corps stimulants. Nous avons vu que, dans ce cas, le courant électrique agit d'une manière bien différente suivant sa direction relativement à la ramification du nerf. C'est ainsi que l'animal éprouve une sensation quand le courant inverse commence, et une contraction lorsqu'il cesse, et que le contraire a lieu pour le courant direct. Nous savons également que , quel que soit le corps stimulant , appliqué sur un nerf, il n'excite jamais de contractions que dans les muscles dans lesquels ses branches sont ramifiées. Le courant électrique, nous l'avons vu, produit, dans quelques cas, des contractions dans les muscles supérieurs, et exerce ainsi une action qu'on pourrait appeler rétrograde. Nous avons prouvé que ces phénomènes dépendent d une action réfléchie par la moelle épinière, laquelle ne se manifeste avec les autres corps stimulants qu'en mettant l'animal dans des conditions particulières et anormales.
Une différence encore plus remarquable que celle que nous avons citée, entre l'action des corps stimulants, chaleur, irritation mécanique, chimique, etc., et celle de l'électricité , consiste dans le pouvoir dont le courant est doué de conserver plus longtemps que les autres corps stimulants l'excitabilité du nerf,
et je dirai , de plus, de rétablir, dans certains cas, l'excitabilité perdue. Le courant électrique peut traverser pendant très -longtemps les nerfs d'un animal vivant ou récemment tué, sans faire perdre à ces nerfs l'excitabilité mise en jeu par un courant dirigé en sens contraire; et lorsqu'un nerf a perdu cette faculté par le passage prolongé d'un courant, on peut la lui rendre en le soumettant au passage d'un courant contraire.
De quelque manière qu'un des agents stimulants que nous avons cités soit appliqué sur un nerf, son excitation ne manque jamais, et les contractions et les sensations suivent toujours. La différence qu'on peut trouver dans ces phénomènes n'est que dans leur degré, qui varie suivant l'intensité de l'action stimulante et l'étendue du nerf qui y est soumis. Le courant électrique est seul incapable d'exciter un nerf, tout en le traversant; ce qui a lieu, quand le courant est transmis normalement à la longueur du nerf. ;
Si on compare l'excitabilité du système nerveux sur un animal narcotisé, on trouve que, de tous les corps stimulants, celui qui perd le dernier la propriété d'éveiller l'excitabilité du nerf, c'est le courant électrique, quelque faible qu'il soit.
Quel est, enfin, le corps stimulant à l'aide duquel on peut à volonté paralyser un animal ou le tétaniser? Quel est le corps stimulant qui, appliqué sur les nerfs d'un animal qui a été d'avance paralysé ou tétanisé, peut rétablir ces nerfs ou dans leur