‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 143 sur 187 · PARTIE II, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE IX

mouvement ou de la sensibilité, ou de ces deux facultés à la fois.

Quelles sont les données sur lesquelles on doit se fonder pour appliquer le courant électrique à laguérison des paralysies ?

Nous avons vu comment le passage du courant électrique, continué pendant un certain temps , parvenait à détruire la sensibilité du nerf : en appliquant le même courant sur le même nerf, il n'y a plus de contractions. En faisant l'expérience sur l'animal vivant, on voit que le membre dont le nerf a été, durant un temps assez long, soumis au passage d'un courant d'une certaine intensité, est devenu incapable de tout mouvement : il est donc paralysé. On voit par là qu'un nerf qui, par l'action prolongée du courant, n'est plus excité par ce courant , est devenu également incapable d'obéir à la force du système nerveux mis en jeu par la volonté. En laissant en repos l'animal tourmenté par le courant électrique, on trouve qu'après un certain temps, proportionnel à l'intensité et à la duréa du courant, son nerf est devenu de nouveau excitable au passage du courant, et peut également obéir de nouveau à la force nerveuse mue par la volonté.

Supposons maintenant avoir fait passer dans un nerf d'un animal vivant un courant, jusqu'à ce qu'il ait perdu son excitabilité : en faisant passer par ce même nerf un courant en sens contraire à celui qui a détruit l'excitabilité, nous savons que le nerf est devenu de nouveau excitable par le courant dirigé

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comme celui qui avait détruit son excitabilité. C'est là le phénomène des alternatives voltianes.

Mais , de même que le nerf par le passage du courant en sens contraire de celui qui a détruit son excitabilité, la reprend, il est devenu capable d'obéir à la force nerveuse. Le membre paralysé par le passage d'un certain courant cesse de l'être par le passage du courant contraire. De cette manière, ce qui n'arriverait avec le repos qu'après un certain temps a lieu dans un temps bien plus court , par le secours d'un courant électrique dirigé comme nous l'avons dit.

Nous avons vu également que si les nerfs d'un animal vivant sont soumis au passage du courant électrique, renouvelé à de courts intervalles, on éveille dans cet animal des contractions tétaniques. En prolongeant pendant un certain temps ce traitement, les nerfs perdent entièrement leur excitabilité.

Voici donc des faits qui, indépendamment de toute idée théorique , ou de toute hypothèse sur la force nerveuse, peuvent nous guider dans l'application thérapeutique du courant électrique aux paralysies. En effet, nous pouvons admettre que dans quelques cas de paralysie, les nerfs du membre malade sont altérés d'une manière analogue à celle qui y serait produite par le passage continu d'un courant électrique. Nous avons vu que pour rendre à un nerf qui a perdu par le passage du courant son excitabilité pour ce courant, il faut agir sur lui avec un courant dirigé en sens contraire. De même , pour faire cesser la paralysie, on devra faire passer un courant en

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