‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 144 sur 187 · PARTIE II, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE IX

sens contraire à celui qui aurait pu la produire. On voit par là que nous supposons que la paralysie qu'on doit soumettre au traitement électrique est de mou* vement ou de sensibilité séparément. Ainsi, pour une paralysie de mouvement, c'est le courant inverse qui aéra appliqué, tandis que pour une paralysie de sentiment , on devra appliquer le courant direct.

Dans le cas de paralysie complète , il n'y a plus aucune raison pour se décider à appliquer le courant plutôt direct qu'inverse.

Il y a encore une règle dans cette application , qui nous est enseignée par la théorie : c'est de ne jamais prolonger le passage du courant, pendant un temps trop long, afin de ne pas augmenter la maladie qu'on veut guérir. Le temps du passage du courant doit être d'autant plus court que ce courant est plus intense. Et comme nous avons vu que le passage du courant électrique dans les nerfs , répété à de trèscourts intervalles de temps, affaiblit considérablement leur sensibilité, lorsqu'on le continue pendant longtemps, il faut se garder de passer d'un excès à un autre. La théorie nous conseille d'appliquer le courant électrique d'une intensité qui doit varier avec le degré de la maladie, et de faire passer ce courant pendant deux ou trois minutes, à des intervalles de quelques secondes. Après ces deux ou trois minutes, pendant lesquelles on aura donné do vingt à trente secousses, il faut laisser le malade en repos pour un certain temps , après lequel on pourra renouveler le traitement.

Je ne m'occuperai pas trop longtemps de la description des appareils à l'aide desquels on pourra faire l'application du courant électrique aux paralysies. Une pile de Volta, à colonne dont les couples auront de cinq à dix centimètres de diamètre, peut très-bien servir pour cette application. 11 serait difficile de trouver des cas où l'on ait besoin de plus décent couples. Le liquide qu'on peut employer pour mouiller le carton n'est autre que de l'eau salée ou légèrement acidulée. On peut encore très-avantageusement se servir d'une pile à couronne de tasses, dont les éléments soient réunis ensemble dix par dix, de manière à pouvoir les retirer en même tems du liquide. Afin de pratiquer régulièrement l'interruption et la fermeture du circuit, on fera usage d'un appareil analogue à celui de la roue de Masson. Dans ces derniers temps, M. Magendiea employé, au lieu de pile, la macbine électro-magnétique de Clarke, dont on peut modérer l'intensité du courant avec une barre de fer doux , appliquée sur les deux pôles de l'aimant. Pour faire arriver le courant sur les deux parties du membre paralysé, on se procure deux bandes de lame de plomb ou de cuivre, couvertes aux deux extrémités d'un morceau de drap qu'on imbibe d'eau salée, et qu'on applique sur la peau également mouillée de ce liquide. Il est utile, dans quelques cas , d'introduire des aiguilles à acupuncture, pour porter le courant le plus près possible du nerf paralysé.

Je rappellerai ici quelques-uns des résultats les plus beureux et les mieux constatés de l'application

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