CHAPITRE VIL
01 ;S KEBF8 DANS L*ORGiUfS tLtCTIti^l t.
Nous avons vu dans le Chapitre précédent que les nerfs qui vont à l'organe électrique sont : I". Un gros tronc de la cinquième paire ; '2°. trois des plus grands troncs de la huitième; 3°. une petite ramification de la huitième paire.
Jacopi avait déjà observé les très-gros troncs de la huitième paire. Carus, le premier, a Irouvé la ramification de la cinquième paire, et nous avons vu !a ramification du quatrième groupe.
Nous avons déjà démontré que tous ces nerfs prennent leur origine par des fibres élémentaires à double contour répandues dans les lobes électriques, lesquelles, réuniesdans un nombre correspondant de faisceaux à la partie inférieure de ces lobes, traversent les pyramides latérales en sortant de la moelle allongée. Ces libres m ont paru au microscope parcourir, sans subir aucune altération, chacun des faisceaux, et se diviser en plusieurs faisceaux toujours plus minces pour se distribuer enfin dans les différents prismesde l'organe. 11 n'y a pas de ganglious sur ces nerfs, et ce l'ait très-intéressant n'est pas seulement démontré pai* leur homogénéité et par leur apparence nacrée , mais je m'en suis assuré directement par l'observation microscopique. Le défaut de ganglion dans les nerfs électriques est donc leur caractère constant, et en effet toutes les ramifications de la cinquième paire qui vont aux follicules muqueux , comme celles de
1>K LA rOlU'Il.Lfr; , ( IIAI'IIHK VII. 311)
la liuiiième paire qui sont destinées aux branchies et à l'estomac, et à former le nerf latéral, ont tontes des ganglions.
Ces deux premières séries des nerfs de L'organe, après avoir traversé l'enveloppe cartilagineuse cérébrale, et après avoir passé entre les cavités branchiales, pénètrent entre le prisme de l'organe électrique, se resserrant dans le sens horizontal, et s étendant dans le sens vertical , sous la forme d'un ruban , de manière à ne pas trop se dilater et à laisser la place au prisme de l'organe. Le faisceau secondaire qui se dirige à droite et à gauche de l'organe, a la même forme , et se distribue également eu partie en haut et en partie en bas Pl. I, /ty. 2),de manière à distribuer ses fibres sur tous les diaphragmes dont les prismes sont composés. Le seul nerf que nous avons vu se détacher du dernier groupe de la huitième paire, n'entre pas immédiatement dans l'organe; avant d'y pénétrer, il le côtoie par un espace assez long.
Nous avons déjà vu comment les nerfs destinés à l'organe électrique, en pénétrant entre les prismes, parviennent jusqu'à chacun de ceux auxquels ils appartiennent. H m'a été impossible jusqu'ici de découvrir comment les filaments nerveux passent sur chacun des diaphragmes dont les prismes sont composés, mais j'ai vu très-nettement qu'il n'y a pas un seul faisceau nerveux qui pénètre le prisme, et que ce sont seulement les fibres élémentaires de ces nerfs qui s'y distribuent ; et j'ai très-bien observé
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comment ces fibres se comportent. Cette observation est délrcatc et difficile; aussi je crois devoir décrire la méthode que j'ai suivie pour parvenir à la faire.
Ces fibres élémentaires, s'appuyant sur chaque diaphragme du prisme, il faut avoir sur le porte-objet du microscope un de ces diaphragmes bien isolé. Il ma été presque impossible d'y parvenir, à cause de leur trop peu d'épaisseur et de la substance muqueuse qui les enveloppe : lorsqu'on coupe horizontalement une portion de l'organe, la section du prisme n'est jamais plane , mais toujours courbe et gonflée. 11 faut donc se contenter d'observer des parties d'un diaphragme en prenant une lametrès-mincc de ces prismes qui contiennent le moins possible de ces diaphragmes. Je coupe pour cela une tranche très-mince et horizontale de l'organe, en suivant un plan parallèle à sa surface ventrale ou dorsale. On obtient ainsi une section de chaque prisme qui apparaît comme une espèce d'hémisphère, ce qui est du à la pression supportée par l'intérieur du prisme; je coupe alors avec une paire de petits ciseaux à lame courbe, un de ces hémisphères, et je le plonge dans de l'eau, où je le laisse pendant quinze à vingt minutes. 11 se gonfle dans ce liquide, et alors je le prends par le bord avec des pinces, et je l'agite fortement. De cette manière, les morceaux du diaphragme qui ont été coupés se séparent les uns des autres, et il arrive toujours que quelqu'un se détache, ou en totalité ou en grande partie. C'est ce morceau détaché (pie je cherche à porter sur les verres du compresseur