PARTIE I , CUAMTHE I
qu'un arc métallique homogène, était suffisant pour exciter des contractions dans la grenouille, Yolta répondait que la plus petite différence entre les deux extrémités de l'arc était assez pour développer le courant électrique , et que le courant le plus faible pouvait irriter les nerfs de la grenouille et y exciter les contractions. C'est ainsi que Voila trouvait qu'un bout de l'arc homogène réchauffé et l'autre non , un bout poli et l'autre non, étaient assez hétérogènes pour exciter le courant. En vain Galvani , Humboldt, Valli , Aldini opposaient à Volta que . sans aucun arc métallique, la grenouille se contractait en repliant sa jambe mise en contact de ses nerfs lombaires : Volta se bornait à répondre qu'il n'avait qu'à généraliser sa théorie de la force électro-motrice; il n 'avait qu'à dire que les nerfs et les muscles de la grenouille agissent comme les deux métaux de l'arc, pour expliquer le fait opposé par les partisans de Galvani.
Jusqu'à ce moment, le développement de l'électricité par les deux métaux hétérogènes était encore une hypothèse de Velta. C'est dans le mois d'août 179G que Volta obtint, au condensateur, les premiers signes de l'électricité développée dans le contact de deux métaux, et que la pile fut découverte.
L'influence de cette découverte sur toutes les sciences, et la rapidité avec laquelle elle se répandit, firent tomber dans l'oubli toute l'opposition de Galvani, et cinquante ans s'étaient écoulés, que l'on
n'osait plus, même dans des articles historiques, nommer l'électricité animale.
Nous n'avons pas à suivre dans ses progrès immenses la découverte de Volta; nous ne ferons que nous arrêter un instant sur les expériences électrophysiologiques du créateur de la pile. Volta découvrit que le courant électrique , dans son passage par les organes des sens, y excite des sensations correspondantes : il trouva encore que le passage continu du courant électrique , dans une grenouille , affaiblissait son action dans le sens du courant, tandis qu'elle était encore très-forte, venant ensuite à parcourir l'animal dans le sens contraire. C'est ce phénomène très-important , qu'on a appelé par la suite les alternatives voltianes.
Parmi les physiciens qui ont occupé un rang distingué dans la lutte célèbre entre Galvani et Volta, on doit placer en première ligne l'illustre baron de ITumboldt. Son ouvrage, intitulé : Expériences sur le Galvanisme, publié à Paris l'an 1799, et bien avant cette époque, en Allemagne, contient une foule d'ex* périences bien faites, et toujours remarquables. Personne n'avait, avant lui, appliqué l'arc de Galvani sur un aussi grand nombre d'animaux différents, et sur les diverses parties du corps de ces animaux. L'action du courant électrique, sur le mouvement propre des intestins et sur les pulsations du cœur, a été découverte par Humboldt. Ce même savant a eu le courage de se faire enlever la peau par des vésicatoires, afin d'appliquer l'arc métallique sur dea