PARTIE I, CHAPITRE I
très-grande de la torpille. C'est encore à Galvani que Ton doit les premières observations sur l'influence du cerveau et de la circulation du sang sur la décharge de la torpille.
Galvani seul , lutta contre les attaques du physicien de Corne. Aldini, Valli, etc. , lui furent d'un bien faible appui. Et quand on pense que la théorie de la force électro-motrice de Volta, qu'on voulait substituer à celle de l'électricité animale de Galvani , et qu'effectivement on lui substitua presque généralement, est aujourd'hui vigoureusement attaquée et en général abandonnée , tandis que l'idée de Galvani est entrée désormais dans le domaine de la science , il faut bien croire au génie de l'auteur de la première découverte.
Volta fut le premier à répéter les expériences de Galvani, et à admettre avec lui l'existence d'une électricité animale dans les muscles. Dans une lettre, écrite par Volta au professeur Carmenati , le 3 avril 1 792 , il expose toutes les expériences qu'il a faites pour démontrer la sensibilité de la grenouille pour la décharge électrique. On voit clairement, d'après cette lettre, que Volta avait découvert qu'une décharge électrique très-faible peut encore exciter la contraction d'une grenouille, si elle est dirigée du nerf au muscle, tandis qu'elle ne produit pas ce phénomène si elle est dirigée dans le sens contraire.
Après avoir étudié, dans la grenouille, la sensibilité des nerfs qui excite la contraction des muscles, lorsqu'ils sont parcourus par le courant électrique ,
Volta commença l'étude de l'expérience, faite par Galvani, de l'arc métallique excitant les contractions dans la grenouille préparée; on peut dire qu'il n'y a pas un phénomène de physique qui ait été étudié, sous toutes les faces, et retourné de cent façons, comme le fut, par Volta, celui de l'influence exercée sur les muscles de la grenouille par Tare métallique.
Ce physicien commença par s'assurer que les contractions de la grenouille avaient lieu en touchant simplement, avec les extrémités de l'arc métallique, deux points du filament nerveux. Volta découvrit encore qu'on pouvait, avec l'arc métallique, produire tantôt la sensation de la lumière , tantôt une sensation de saveur, en agissant avec un arc métallique sur les nerfs de l'œil ou sur ceux do la langue, et il tira, de toutes ses expériences, cette conclusion rigoureuse : que , dans toutes les expériences de Galvani et dans les siennes, la contraction des muscles était produite par l'irritation des nerfs; que cette irritation pouvait produire tantôt des sensations, tantôt des contractions; et qu'enfin cette irritation avec l'arc métallique était due à un courant électrique, développé par cet arc. Volta imagina que, dans le contact quelconque de deux corps conducteurs hétérogènes , se développait une action, par laquelle ces deux corps se trouvaient chargés d'électricités contraires, lesquelles pouvaient se décharger à travers un troisième corps qui n'était pas doué de cette action sur les deux autres.
Lorsqu'on opposait à cette hypothèse de Volta,