‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 25 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE

le galvanomètre est exacte, afin de ne pas se tromper sur la direction du courant : cette précaution est surtout nécessaire après qu'on a arrangé son système aimanté. La chose est très-facile à faire : on lie un fil de platine à un des deux bouts du fil du galvanomètre et on plonge les deux extrémités, platine et cuivre, dans de l'eau distillée ou de source. Si le galvanomètre est très-sensible, on aura une déviation assez grande, due à un courant dirigé dans le galvanomètre du platine au cuivre, et par conséquent du cuivre au platine, dans le liquide.

On sait que les déviations de l'aiguille du galvanomètre ne sont proportionnelles aux intensités des courants, que pour des angles compris entre 0° et 20° ou 30° au plus. Au delà de ce nombre, l'intensité du courant, pour produire une déviation donnée , doit être d'autant plus grande que cette déviation s'élèvera à des degrés supérieurs. Je ne m'arrêterai pas à décrire les différents procédés qui ont été donnés, pour obtenir des tables de proportionnalité. Dans les expériences que nous aurons occasion de rapporter, nous aurons difficilement des nombres plus élevés que 30° et dans tous les cas, nous nous contenterons de comparer entre elles les intensités des différents courants, mesurées par les déviations , sans remonter aux forces auxquelles elles sont dues.

Quand ou fait des expériences avec le galvanomètre, il est nécessaire, d'avoir cet instrument posé sur un plan fixe. 11 faut pour cela avoir fixé dans le

mur, un plan de marbre ou de bois. Il faut encore avoir soin de ne pas s'approcher du galvanomètre avec des morceaux de fer ou d'acier.

Un autre instrument, qui peut être très-avantageusement employé dans les recherches électro-physiologiques, nous est offert par la grenouille convenablement préparée. Il faut pour cela commencer par préparer la grenouille, choisie parmi les plus vivaces , comme le faisait Galvani : on coupe la grenouille à peu près aux deux tiers de son corps et précisément au-dessous de ses pattes supérieures , on jette la tête avec toutes les entrailles, et on arrache la peau aux deux tiers de la grenouille, qu'on a conservés. On a ainsi un morceau de moelle épinière, avec le bassin, et les deux membres inférieurs. Enfin, en introduisant les ciseaux entre les nerfs lombaires et le bassin, et en coupant celui-ci en deux endroits, on finit par avoir la grenouille, qu'on appelle ordinairement préparée à la manière de Galvani ( fig. 3 ). Pour employer la grenouille à l'étude du courant électrique, il faut faire passer le courant dans le seul filament nerveux de la grenouille. On coupe pour cela à moitié la grenouille préparée à la manière de Galvani, et avec une préparation trèsfacile on parvient à enlever sur une demi-grenouille l'os et les muscles de la cuisse en conservant intact son nerf. De cette manière on finit par avoir une jambe de grenouille à laquelle est attaché un long filament nerveux , composé de la portion lombaire du bassin, et de la portion crurale de la cuisse. 11 n'y

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a plus qu'à introduire cette jambe dau9 uu tube do verre verni , pour avoir un instrument très-sensible au passage du courant électrique. Pour employer cette espèce de galvanoscope ( fig. 4 ), on prend le tube de verre par le bout opposé à celui par lequel ou a introduit la jambe de la grenouille, et on fait toucher le filament nerveux, qui tombe eu dehors du tube, avec les deux points de l'élément électro-moteur qu'on veut étudier. Si le filament nerveux est en effet parcouru par un courant électrique, on voit à l'instant la jambe se contracter. Si on pouvait craindre que le contact direct du nerf avec les points de l'élément électro-moteur irritât le nerf, indépendamment du courant électrique, il n'y aurait qu'à ajouter sur les deux points de l'élément électro-moteur deux bandes de papier mouillées d'eau, et à fermer ensuite le circuit en touchant les deux bandes avec le filament nerveux.

La grenouille employée de cette manière , que j'appellerai désormais grenouille galvatwscopique , est certainement l'appareil le plus sensible que nous possédions, si l'on vient à le renouveler de temps en temps. Ce même instrument est encore très-exact dans ses indications, si on a soin de bien dépouiller le nerf et de fermer le circuit avec le seul nerf sans jamais y comprendre aucune portion de muscle delà jambe- La grenouille galvanoscopique , non-seulement nous indique l'existence du courant électrique, mais encore, avec un très-grand degré de probabilité, elle peut nous servira déterminer la direction de

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ce courant. Quand la grenouille est un peu affaiblie, on voit presque constamment se contracter la jambe, quand le circuit est fermé, et ce membre rester immobile, quand ce circuit est ouvert, si le courant est dirigé dans le nerf du nerf vers la jambe. Lorsque ces phénomènes marcheront en sens contraire , c'est que le courant sera dirigé de la jambe vers le nerf. 11 n'y a donc qu'à fermer le circuit avec le nerf de la grenouille galvanoscopique, et à l'ouvrir un instant après pour établir dans lequel des deux instants la contraction a lieu. Pour confirmer l'indication d'une première expérience, on renverse la position du nerf de la grenouille galvanoscopique; si la première indication était exacte, la jambe devrait se contracter dans ce second cas , quand elle restait trauquilledans le premier.

Il peut arriver dans les expériences électro -physiologiques de vouloir rechercher l'existence de l'électricité de tension. Je ne dirai que deux mots de l'élcctroscope qui peut être employé le plus utilement. C'est une cloche de verre (fig. 6) véYnie dans toute la partie supérieure, munie d'un trou à son centre par lequel ou introduit une tige de laiton fixée au trou avec du mastic. Le bout de cette tige qui sort de la cloche est terminé par une petite boule de ' laiton : sur l'autre bouton colle une feuille d'or trèsétroite , et longue de cinq à six centimètres. La cloche qui est ouverte à sa base pose sur un plan en bois dans lequel sont fixées perpendiculairement, et visà-vis l'une de l'autre, deux piles sèches disposées de

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