PARTIE | 9 CHAPITRE III
l'acide acétique , qui est un des plus faibles que Ton connaisse en chimie. En employant l'acide sulfurique, l'acide phosphorique , l'acide hydrochlorique, j'ai toujou' s trouvé la même direction dans le courant. Le courant va, daus le liquide, de la lame plongée dans l'acide à l'autre lame. 11 ne faut pas confondre cette manière d'opérer avec celle décrite dans les mémoires de MM. Becquerel et Nobiii, qui donneut des résultats différents. Eu employant , au lieu d'eau acidulée, pour mouiller une des deux lames du galvanomètre, une solutiou de potasse ou d'ammoniaque, on a eucore un courant très-fort, et dirigé comme le précédent, c'est-à-dire de la lame mouillée dans l'alcali à l'autre. Je ferai observer , que si les solutions acides employées dans ces expériences , sont un tant soit peu concentrées, on tombe dans des anomalies très-grandes dans la direction du courant qu'on obtient. La seule manière d'arriver à des résultats les plus constants possibles , c'est de s'assurer d'avance qu'il n'y a aucun courant en plongeant les deux lames dans l'eau.
Un liquide, que j'avais intérêt d'essayer dans ces expériences, au lieu de l'eau acidulée ou de l'eau alcaline , c'était le sang ou son sérum .
J'ai pris du sang humain, dont la coagulation avait été empêchée en l'agitant aussitôt tiré de la veine. J'ai commencé par bien m'assurer que les deux lames du galvanomètre, plongées en même temps dans l'eau distillée, ne me donnaient aucun courant; nous verrons par la suite comment on par-
vient à le savoir. Ensuite j'ai retiré les deux lames de l'eau, et au même instant, j'en ai plongé une dans le sang et l'autre dans de l'eau semblable à celle dans laquelle étaient les deux lames. Quelques secondes après, je retire ces deux lames, Tune du sang et l'autre de l'eau , et je les plonge ensemble dans l'eau. À l'instant j'obtiens au galvanomètre une déviation remarquable, due à un courant qui va dans le liquide de la lame mouillée de sang à l'autre lame. J'ai voulu varier l'expérience, afin de me mettre, autant que possible, dans les jnémes conditions où l'on peut se trouver en faisant les expériences de l'électricité animale. J'ai pris, pour cela, une mècbe de coton longue de 5 à G centimètres que j'ai imbibée, pour une moitié d'eau distillée, et pour l'autre moitié, de sang tiré d'un pigeon et qui avait été agité pour en empêcber la coagulation. J'ai employé la mècbe, ainsi préparée, à étabiir'un arc de communication entre deux capsules, une desquelles était pleine d'eau distillée, l'autre du même sang de pigeon. -Enfin j'ai fermé te circuit avec les deux lames du galvanomètre , qui ne donnaient aucun courant étant plongées dans l'eau. J'ai obtenu un courant qui a été de 12°, dans mon galvanomètre , toujours dirigé dans la mèche du sang à l'eau. J'ai continué pendant trois jours à renouveler de temps en temps les expériences, toujours îivec le même liquide : le courant n'a varié ni de direction ni d'intensité, au moins d'une manière bien sensible. Si j'employais de l'eau acidulée avec de l'acide sulfurique au lieu