PARTIE I, CHAPITRE M
d'eau pure, le courant allait de l'eau acidulée au sang dans la mèche , c'est-à-dire en sens contraire du courant, obtenu entre le sang et l'eau. Le contraire a lieu avec de l'eau alcaline au lieu de l'eau acidulée, c'est-à-dire que le courant va du sang à l'eau alcaline, comme il allait du sang à
1» > eau.
Les résultats que nous venons de rapporter nous prouvent qu'il faut user de grandes précautions lorsqu'on fait des expériences sur les animaux avec un galvanomètre très-sensible , et ils nous expliquent encore une foule de conclusions erronées tirées d'expériences mal faites.
Nous sommes maintenant dans le cas d'indiquer encore une autre règle qu'il est bien nécessaire de suivre , quand on ne veut pas être trompé dans la manière de faire des expériences. Cette règle est tracée par les expériences mêmes que nous avons rapportées. 11 faut toujours commencer par laisser les deux lames de platine du galvanomètre plongées ensemble dans un liquide. 11 doit être de la même nature que celui dans lequel elles seront plongées lorsqu'on fait l'expérience. Et si cette expérience ne ' permet pas que les deux liquides soient identiques, il faut au moins tacher qu'ils se ressemblent le plus possible , dans la composition et dans le degré de conductibilité. Quand les deux lames du galvanomètre sont ainsi plongées dans le liquide, on ne peut commencer une expérience , sans que l'aiguille soit à zéro, et avant de la commencer on doit les sou-
lever deux ou trois fois pour les replonger tout de suite : l'aiguille ne doit pas bouger.
Je suppose maintenant qu'une première expérience ait été faite, et qu'on veuille passer à une seconde ; nous avons encore à prendre des précautions qu'il ne faut pas négliger.
Lorsqu'un courant électrique quelconque a été transmis dans un liquide par deux lames du même métal | il arrive qu'en fermant ensuite le circuit avec ces deux lames , laissées dans leur liquide ou portées dans un autre, il arrive, dis-je, qu'un courant électrique se produit, dirigé dans le liquide en, sens contraire au précédent, c'est-à-dire que la lame qui communiquait au pôle positif devient celle darîs laquelle le courant entre en venant du liquide. C'est ce courant, découvert par Hitter, que nous appelons courant secondaire. Le métal qui produit mieux que tous les autres ce phénomène, c'est le platine.
11 résulte de là, qu'en passant d'une expérience à l'autre , il faut bien s'assurer d'avance que le courant secondaire soit fini, ce qui arrive en laissant les deux lames plongées dans un même liquide pour un certain temps.
Il est utile, dans les recherches de physiologie électrique, de pouvoir comparer entre elles les intensités de deux courants, produits par deux électromoteurs différents. Pour faire comprendre plus aisément la méthode qu'on doit suivre dans ce but, je suppose avoir ( /?</. 10) deux couples voltaïques A et B : Tune de ces couples est formée d'une