PARTIE I, CHAPITRE III
lame de zinc et d'une lame de platine, tandis que l'autre se compose d'une lame d'argent et d'une de platine. Si l'on veut maintenant connaître la différence d'intensité des courants développés par ces deux couples différentes, on les oppose l'une à l'autre. On prend, pour cela, trois capsules égales qu'on remplit du même liquide. On réunit deux à deux ces capsules avec les deux couples, de manière que dans la couple du milieu plongent la lame d'argent et celle de zinc : de cette manière, dans les deux capsules extrêmes, se trouvent les deux lames de platine. L'expérience réussit également si on renverse la position des deux couples, de manière que dans celle du milieu se trouvent la lame de platine et le zinc, et l'argent dans les capsules extrêmes. Les choses étant ainsi disposées, on fait plonger les extrémités en platine du galvanomètre dans le liquide des capsules extrêmes. Deux courants circulent dans le galvanomètre, mais comme ils sont dirigés en sens contraire, la déviation qu'on obtiendra ne peut être due qu'à la différence des deux courants, et ou aura ainsi la comparaison de leur intensité. J.a déviation obtenue en opérait de cette manière est due au courant qu'on appelle différentiel.
11 est bon, enfin, de rappeler dans ce Chapitre les lois des courants dérivés. Je suppose avoir une masse liquide parcourue par un courant : si on vient à plonger dans ce liquide les deux lames du galvanomètre, on obtient une certaine déviation due à un courant qu'on a appelé dérivé. Je rapporterai ici .
les lois de ce phénomène, telles que je les ai déduites par l'expérience dans un de mes mémoires. Le courant dérivé est dirigé dans le galvanomètre, de manière que la lame par laquelle le courant entre dans le fil de l'instrument , est toujours celle qui est la plus rapprochée du pôle positif du courant qui parcourt le liquide. Si ce courant est pris d'une force constante, on trouve que le courant dérivé est d'autant plus grand que les deux lames du galvanomètre plongées dans le liquide sont à une plus grande distance entre elles. Ce courant dérivé, varie encore avec l'étendue des lames du galvanomètre, qui est plongée dans le liquide. Si on fait passer le courant à travers un canal liquide composé de deux liquides, d'une conductibilité différente , séparés entre eux par une membrane , on trouvera un courant dérivé différent; toutes les autres circonstances étant égales, en plongeant les lames ou dans l'un ou dans l'autre des liquides , les intensités de deux courants dérivés obtenues dans les deux liquides seront exactement en raison inverse du pouvoir conducteur de ces deux liquides. Le courant dérivé le plus fort se trouvera par conséquent dans le liquide moins conducteur.
Quand la section de la masse liquide parcourue par le courant est très-étendue, en comparaison de la surface des deux pôles de la pile , on trouve que les courants dérivés obtenus en plongeant les deux lames du galvanomètre en différents endroits de cette masse varient d'intensité dans les différents points,