PARTIR I, CHAPITRE V
J ai fait creuser sur une planche en bois (fig. 12) , assez épaisse, à des dislances différentes, plusieurs petites cavités : j'ai couvert d'une couche de vernis toute la planche et ses petites cavités. On pourrait employer également de petitescapsules en foncées dans l'épaisseur de la planche. L'expérience est très-facile à faire avec une telle disposition. Je suppose qu'on ait placé la planche tout près du support du galvanomètre, dont les deux extrémités en platine sontpréparéesde la manière que j'ai décrite. Ces deux lames du galvanomètre doivent être depuis longtemps plongées dans l'eau qui devra être distillée, si le galvanomètre est très-sensible. Avec un galvanomètre moinssensible il faut employer de l'eau légèrement salée. Avant de commencer l'expérience, il faut toujours attendre que le galvanomètre soit arrêté au zéro, et il doit y rester tout en soulevant les deux lames du liquide et en les replongeant après toutes les deux dans le même temps.
On prépare alors cinq ou six grenouilles, et un plus grand nombre encore, si l'on veut obtenir des déviations très-grandes ; on coupe à moitié ces grenouilles préparées à la manière de Galvani , et ensuite on enlève toutes les jambes, en ayant soin de faire la désarticulation le mieux possible, de manière à ne pas blesser la masse musculaire.
lùifin on coupe les cuisses à moitié , et l'on obtient ainsi un certain nombre de demi-cuisses (fi g. 13). 11 faut maintenant commencer par poser sur la planche que j'ai décrite une de ces demi-cuisses, de
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manière qu'elle soit eouchée sur les bords d'une des petites cavités creusées sur la planche. Alors, à la suite de cette première demi-cuisse, on dispose toutes les autres , toujours de manière que chaque demi-cuisse touche la suivante et qu on ait tourné du même côté la face interne obtenue en coupant la cuisse à moitié. On aura ainsi à la fin de cette série, une de ces demi-cuisses, qui devra être comme la première, couchée sur les bords d'une antre cavité de la planche. On voit (fig. 13) la disposition de cette pile de demi-cuisses. On voit que dans chaque point du contact des deux demicuisses voisines, c'est d'une part l'intérieur du muscle, et de l'autre la surface, qui se touchent ensemble; de même il arrive, par cette disposition, qu'une des extrémités (B) de la pile est formée par l'intérieur du muscle, tandis que l'autre (A) est formée par la surface d'un muscle. On verse dans les deux cavités, avec une pipette, de l'eau , ou bien une solution semblable à celle dans laquelle sont plongées les deux lames du galvanomètre. On soulève ces deux lames du liquide, et on les porte ensemble sans qu'elles se touchent dans le liquide d'une des deux cavités de la pile musculaire. Si, après cette opération, l'aiguille reste à zéro , on doit soulever de nouveau les deux lames , et ensuite les replonger en même temps dans les deux cavités extrêmes de la pile , de manière à fermer le circuit. A l'instant la déviation de l'aiguille a lieu , et l'on s'aperçoit bientôt «pie cette déviation varie suivant le nombre des denii-