‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 38 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE V

cuisses, ou des éléments de la pile. C'est ainsi que j'obtiens à mon galvanomètre, 15°, 20°, 30°, 40°, (k)°, etc., selon le nombre des demi-cuisses, et en supposant d'avoir employé des grenouilles également vivaces; j'obtiens 3° ou 4° avec deux éléments, G° à 8° avec quatre éléments, 10° à 12°, avec six éléments, et ainsi de suite.

Le courant est toujours dirigé dans la pile de la partie interne du muscle à la surface. Les nombres (pie j'ai donnés sont obtenus en employant de l'eau distillée pour le liquide des cavités extrêmes, et pour y tenir plongées les deux lames du galvanomètre. Ces nombres deviennent beaucoup plus faibles, si l'on tient les lames du galvanomètre qui sont plongées dans les cavités extrêmes, éloignées des parties musculaires de la pile. 11 faut que l'épaisseur de la couche liquide entre les lames et les extrémités musculaires de la pile soit la plus petite possible. Si l'on emploie au lieu d'eau distillée, cette même eau, après y avoir ajouté quelques gouttes d'acide sulfurique, les déviations, avec le même nombre d'éléments, augmentent considérablement; c'est ainsi que huit demi-cuisses qui me donnent 15° avec l'eau distillée, en donnent 50 avec la solution acide.

Avec une solution légèrement alcaline, ce même nombre d'éléments me donne 35° ; c'est à peu près le même nombre que j'obtiens avec de l'eau légèrement salée. La direction du courant est dans tous les cas la même, et les différences observées, doivent évi-

demment être rapportées à la différence de conductibilité des liquides employés.

Hn laissant le circuit fermé, l'aiguille du galvanomètre se fixe à une déviation de 5°, G 0 , 10°, 12°, selon le cas, et dcins une certaine proportion avec la première déviation. L'aiguille continue à descendre , en tenant toujours le circuit fermé , et ce n'est qu'après un certain temps qu'elle revient à zéro.

Je crois inutile de dire que j'ai répété ces expériences quelques centaines de fois, et que les résultats ont été constamment les mêmes.

Nous exposerons dans le Chapitre suivant les lois du courant électrique musculaire, et on verra alors suivant quelles circonstances l'intensité de ce courant varie.

Rien n'est plus facile que de s'assurer de l'existence de ce courant dans toutes les masses musculaires prises sur différents animaux à sang chaud ou froid récemment tués. 11 n'y a pour cela qu'à disposer l'expérience comme nous venons de la décrire , avec les demi-cuisses de grenouilles. J'ai pris une anguille d'eau douce vivante, je lui ai arraché la peau , et je l'ai ensuite coupée en morceaux longs de trois ou quatre centimètres. Pour n'employer que des masses uniquement musculaires , j'ai choisi , pour composer la pile , les morceaux de la moitié de l'anguille du coté de la queue. La disposition des éléments est la même que celle des demicuisses de grenouilles, c'est-à-dire que la surface

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