PARTIE I| CHAPITRE V
tation du courant musculaire est tout à fait inexplicable dans cette hypothèse , puisque l'action du sang et de l'eau n'est toujours que dans un seul point, quel que soit le nomhre des éléments.
Et du reste comment expliquer dans cette hypothèse la direction constante du courant en employant des liquides différents , acides, alcalins, salins, dans les cavités extrêmes de la pile musculaire ? comment expliquer qu'en renversant la disposition des éléments, la direction du courant est à l'Instant renversée, tout en conservant la même intensité qu'auparavant ?
L'importance de la conclusion que j'ai tirée de mes expériences pourra me servir d'excuse pour avoir voulu pousser à bout les objections qu'on aurait pu y faire en les interprétant différemment.
A défaut de toutes les expériences que j'ai décrites et faites avec le galvanomètre, il y a une expérience que tout le monde peut faire très-facilement, et qui tranche toutes les difficultés. Cette expérience se fait en employant la grenouille galvanoscopique, au lieu du galvanomètre. Je dispose sur la planche dont j'ai déjà parlé, ou sur tout autre plan isolant, uue pile des demi -cuisses de grenouilles d'un certain nombre d'éléments. J'ajoute à chacune des deux extrémités de cette pile une bande de papier mouillé. 11 faut disposer ces bandes de manière que leurs extrémités libres se trouvent a une distance de 2 ou de 3 centimètres. Si alors on ferme le circuit avec le filament nerveux de la
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grenouille galvanoscopique (fig. 4, .">), en touchant avec deux points de son nerf les deux extrémités des deux bandes, on verra la grenouille se contracter. Si on attend que la grenouille s'affaiblisse, l'indication de la grenouille suffira à montrer la direction du courant. On peut faire l'expérience de manière que l'usage du galvanomètre devient insuffisant, tandis que la grenouille galvanoscopique persiste encore dans ses indications. Si on fait l'expérience que je viens de décrire, en employant des bandes de papier de la longueur de 8 à 10 centimètres et si l'on touche avec les lames du galvanomètre les extrémités de ces bandes, l'instrument reste muet , quoique la pile se compose de plusieurs éléments. Au contraire, en fermant le circuit avec le nerf de la grenouille galvanoscopique, en touchant dans les mêmes points des bandes sur lesquels ou avait porté auparavant les lames du galvanomètre, la contraction ne manque jamais. On voit encore, en employant des bandes plus ou moins longues, qu'il faut un plus grand nombre d'élémeuts pour faire contracter la grenouille. Ces expériences nie semblent tout aussi simples que convaincantes.
Comment le courant musculaire s'affaiblit-il eu tenant le circuit fermé?
Lorsqu'on ferme le circuit d'une pile musculaire la déviation de l'aiguille est due d'abord , comme avec toutes sortes de courants, à un mouvement d'impulsion, lequel étant fini, l'aiguille revient sur elle-même, oscille, et enfin s'arrête à un certain