‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 47 sur 187 · PA11TIE || CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PA11TIE || CHAPITRE VI

de l'autre pile. J'ai obtenu le môme résultat en faisant deux piles avec des muscles pris sur un lapin , et en les opposant l'une à l'autre. Les éléments d'une de ces piles étaient formés avec de larges tranches musculaires, et les éléments do l'autre se composaient de petits morceaux de ces mêmes muscles.

On doit être surpris d'un tel résultat, qui est tout à fait différent de celui obtenu avec les piles formées de plaques métalliques. La différence est toutefois moins grande, si on compare la pile musculaire à une pile composée de deux masses liquides, l'une acide, l'autre alcaline, qui réagissent à travers une membrane quelconque.

L'influence de la température sur l'intensité du courant musculaire mérite d'être signalée. Si on fait les expériences que nous avons déjà décrites, aux différentes époques de l'année, on s'aperçoit facilement, en opérant sur des grenouilles qui ont été depuis longtemps exposées au froid, que les signes de leur courant musculaire sont beaucoup plus faibles qu'à l'ordinaire. Je me rappelle très-bien que, dans le mois de novembre 1842, le thermomètre fut à Paris, pendant plusieurs jours, à zéro et au-dessous de zéro. Des grenouilles, achetées à la Halle dans ce temps , ne me donnaient presque plus aucun signe de courant musculaire, tandis que j'en avais comme à l'ordinaire, en opérant sur des grenouilles qui étaient conservées dans une chambre chaude, au Jardin des Plantes.

Du reste, l'expérience est très-facile à faire, en

mettant quelques grenouilles dans un bocal de verre, entouré déglace et rempli d'eau. L'expérience réussit encore mieux , si Ton jette sur la glace une poignée de sel marin. Quelques minutes après, il n'y a plus de mouvement dans les grenouilles, et on pourrait les croire mortes; cela arrive en effet, si on continue à les laisser dans le milieu froid. En les retirant, après quinze ou vingt minutes de refroidissement, on peut encore les sauver, en les mettant dans de l'eau légèremcnt chaude. J'ai préparé une pile de dix éléments, composés de demi-cuisses de grenouilles qu'on avait tenues dans l'eau froide au-dessous de zéro pendant trente minutes; j'ai opposé à cette pile une pile semblable , faite avec des demi-cuisses de grenouilles qu'on n'avait pas refroidies. Le courant différentiel de ces deux piles opposées , était de 35° à 40° dans le sens des grenouilles non refroidies. La pile des grenouilles refroidies, donnait 15° à 16° et l'autre 45°. Lorsque les grenouilles n'ont pas été soumises pendant un assez long espace de temps à l'action du froid , leur courant musculaire n'est pas sensiblement différent de celui des grenouilles qui n'ont subi aucune action du froid. J'ai vérifié également, sur une pile formée avec des muscles de tanches , l'influence exercée par le refroidissement musculaire.

Une pile de quatre éléments, formée avec des muscles pris sur une tanche qu'on avait tenue pour quelque temps à zéro, a donné 5°, tandis que j'en avais *2 d'une pile du même nombre d'élénients

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