PARTI B I, CHAPITRE VI
appartenant à une tanche qu'on avait gardée dans de l'eau à 12°.
Sur les animaux à sang chaud, l'influence du froid sur le courant musculaire apparaît moins grande que sur les animaux à sang froid. J'ai vérifié cela sur un pigeon que j'avais tenu dans un milieu froid, à 2° ou 3° au-dessous de zéro, pendant l'espace d'une demi-boure. Une pile formée avec les muscles de ce pigeon , n'était pas plus faible qu'une pareille pile composée avec les muscles d'un pigeon semblable, et qu'on n'avait pas refroidi.
Je dois encore rapporter ici un fait que j'ai eu occasion d'observer en étudiant l'action du froid sur le courant museuîaire. J'ai commencé par refroidir brusquement un certain nombre de grenouilles que j'ai retirées après quelques minutes du milieu froid, pour les passer ensuite dans de l'eau à -h 15°. Les grenouilles ont tout à fait repris leurs mouvements, et on aurait pu les juger plus vivaces qu'auparavant. Une pile composée avec les demi-cuisses de ces grenouilles, m'a toujours donné un courant plus fort que celui produit par une pile du même nombre d'éléments formés avec des demi-cuisses de grenouilles qui n'ont été soumises à aucun changement de température.
11 faut donc que l'action du froid se prolonge sur les grenouilles pendant un temps suffisamment long, afin d'affaiblir l'intensité du courant musculaire. Cette action du froid est d'autant moins grande que l'animal appartient à un rang moins élevé dans l'échelle.
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Dans les grandes chaleurs de L'été, les grenouilles sont en général moins robustes que dans toutes les autres saisons. Les muscles de ces grenouilles sont blanchâtres, sans consistance, et on trouve ordinairement entre leur peau et leurs muscles, une espèce d'épanchement séreux. On a beau préparer rapidement ces grenouilles, on ne les voit jamais prises de ces convulsions tétaniques qu'on observe si souvent sur les grenouilles qui sont robustes. Les signes du courant musculaire sont bien plus faibles dans ces grenouilles, que j'appellerai malades. En général, en faisant un très-grand nombre d'expériences et en préparant quelques dizaines de grenouilles en un jour, on est à même de constater que le courant musculaire est d'autant plus fort que les muscles de ces grenouilles sont plus rouges et plus consistants.
J'exposerai maintenant les résultats obtenus en étudiant l'influence du système nerveux sur le courant musculaire. Je me borne à rapporter ici quelques-unes des expériences, car, quoique très-variées et répétées plusieurs fois, elles m'ont toujours conduit aux mêmes résultats. J'ai préparé vingt grenouilles, que j'ai ensuite coupées à moitié en rassemblant en deux groupes les deux moitiés de chaque grenouille. J'ai enlevé avec le plus grand soin tous les gros filaments nerveux des muscles d'un des deux groupes, et après j'ai composé deux piles de dix éléments opposées chacune l'une à l'autre. Dans une de ces piles tous les muscles avaient