‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 55 sur 187 · PARTIE I, CBAPITRB VH · texte numérisé non relu

PARTIE I, CBAPITRB VH

tiés , lesquelles restent jointes par les deux nerfs spinaux réunis organiquement, dans le morceau de la moelle épinière ( fig. 17 ). En disposant cette grenouille sur le plan isolateur, et en tenant bien séparées les deux cuisses et les nerfs étendus , il est trèsfacile d'observer, qu'en touchant avec une jambe l'autre cuisse, les contractions ont toujours lieu, tandis qu'elles manquent en touchant les jambes entre elles. On peut aussi les obtenir en touchant des parties diverses des jambes mêmes avec un arc de coton ou de papier imbibé de liquide salé. On obtient ces contractions encore plus fortes dans une des jambes en repliant les nerfs de l'autre, de manière que le morceau de la moelle épinière vienne à toucher les muscles de la cuisse. A la suite de cette disposition on a, avec une grenouille très-vivace , des contractions en touchant une jambe avec l'autre.

On observe souvent la contraction , dans un des membres lorsqu'on ferme le circuit, et dans l'autre lorsqu'on ouvre le circuit.

Si l'on se sert du galvanomètre pour avoir le courant de la grenouille ainsi préparée, en touchant avec une lame la jambe et avec l'autre la cuisse, on a le signe du courant de l'intensité ordinaire et dirigé toujours de la jambe à la cuisse, et de celle-ci par les nerfs à l'autre cuisse. Ces mêmes phénomènes de contractions et de courants au galvanomètre, on les obtient encore en séparant la grenouille entièrement à moitié, et en plaçant ses deux nerfs spinaux l'un sur l'autre , ou bien en les met-

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tant en contact avec un morceau de papier humide, ou en les faisant plonger dans le liquide d'un petit verre.

11 arrive, dans ces expériences, si la grenouille est vivace et si l'on s'en sert aussitôt qu'elle est préparée, qu'en touchant les muscles d'une cuisse avec ceux de l'autre jambe, on éveille dans les deux membres des contractions, aussi bien en ouvrant qu'en fermant le circuit. Mais dans une grenouille qui n'est pas si vivace , ou en l'employant quelques instants après l'avoir préparée , le seul membre dont on touche les muscles de la cuisse, se contractent en fermant le circuit, tandis que l'autre membre reste tranquille. En ouvrant le circuit, le contraire a lieu, c'est-à-dire que la contraction arrive dans le seul membre de la jambe qui était en contact avec les muscles de l'autre cuisse. Ces résultats sont constants, pourvu qu'on ait soin, lorsqu'on place un membre sur l'autre, de ne pas replier le filament nerveux sur les muscles de la cuisse dans lequel il est ramifié. Il est également nécessaire de placer la grenouille sur un plan bien isolant. Ces faits sont une conséquence de l'action du courant à exciter les contractions, que nous verrous varier suivant la direction dans laquelle il se propage dans le nerf. A la suite de ces expériences, il me semblait exact de conclure que chacun des membres d'une grenouille pouvait être considéré comme un élément électromoteur complet. Il résultait de là, que, dans la grenouille préparée de la manière dont j'ai parlé, et em-

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