PARTIE I, CHAPITRE VII
ensuite, sur le même plan isolateur, j'ai formé les deux piles, Tune de demi-grenouilles (fig. 18) et l'autre de grenouilles entières (fig. 1G), et, comme d'habitude, je les opposai l'une à l'autre en faisant toucher ensemble les extrémités semblables de ces deux piles. J'ai répété vingt fois au moins cette expérience, en laissant tantôt aux demi-grenouilles l'épine intacte, tantôt la seule moitié de l'épine, ou en conservant le bassin, tantôt à celles partagées, tantôt à celles entières. Dans tous ces cas, en touchant les extrémités semblables des deux piles réunies et opposées avec les lames du galvanomètre , je n'ai jamais obtenu des signes bien distincts d'un courant différentiel.
Au lieu du galvanomètre, j'ai aussi employé la grenouille préparée de la manière que j'ai déjà décrite , c'est-à-dire en réunissant les deux extrémités de deux piles avec un seul trait du filament nerveux; les contractions ont été toujours à peine sensibles, et dans un cas elles ont manqué complètement. Les petits signes de courant différentiel furent quelquefois dans le sens des grenouilles entières et quelquefois dans celui des demi-grenouilles. En attendant, chacune des deux piles donnait séparément un courant de 1 5° à 20° et môme de 25°. Il suffisait d'ajouter à une des piles un seul élément de plus , pour avoir le courant différentiel bien distinct et comme si l'élément ajouté était le seul. J'ai aussi tenté cette expérience d'une manière différente : j'ai préparé deux piles de grenouilles entières, de six chacune,
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et je les ai disposées sur le plan isolateur, opposées l'une à l'autre. J'écarte l'une des jambes à chacune des six grenouilles d'une des deux piles, de manière à ne laisser qu'une seule jambe en contact avec l'épine de la grenouille qui suit, et j'obtiens ainsi une pile de demi-grenouilles. En remettant la jambe sur la moelle pour chaque grenouille , j'ai de nouveau la pile entière. En opérant de cette manière, je n'ai aperçu aucune différence sensible et bien distincte. Je dois cependant ajouter que la petite différence observée a toujours été dans le même sens. Ainsi , si d'une pile de six grenouilles entières, qui me donnent IG°, j'en fais une de demi-grenouilles, en éloignant de chacune une de ses jambes du contact de l'épine de la grenouille suivante, le courant diminue de 2°, et remettant comme auparavant les jambes, la déviation revient comme auparavant. Sur une seule grenouille on n'aperçoit pas cette petite différence. D'après les expériences énoncées, je pense que l'on doit conclure, 1°. que l'élément électromoteur complet du courant de la grenouille est formé par un de ses membres, c'est-à-dire d'une jambe, de la cuisse, de son nerf spinal et d'un morceau d'épine; 2°. que par chacun des membres de la grenouille circule le courant de l'autre membre, toutes les fois qu'en laissant intacte la grenouille, on fait communiquer ensemble et d'une manière quelconque, les deux extrémités ou jambes de la même grenouille ; 3°. que dans l'expérience par laquelle on découvre au galvanomètre ce courant de