PAK1IE I, CHAPITRE IX
maux les plus rapprochés de la grenouille, des salamandres, des anguilles, des tortues, ne m ont jamais donné que le courant musculaire : dans fous les cas, il a fallu invariablement, pour obtenir les signes d'un courant électrique, avoir dans le circuit l'intérieur du muscle et sa surface. Dans la seule grenouille on trouve en même temps le courant musculaire et le courant propre qui existe, sans altérer le muscle, sans mettre à nu sa partie interne, et qui est dirigé de la surface du muscle à son nerf dans l'animal.
En comparant entre elles les circonstances qui influent sur ces deux courants, on peut dire qu'elles se ressemblent entièrement : ce qui augmente ou affaiblit V intensité de l'un de ces courants produit sur l'autre le même effet. La seule différence remarquable qui existe entre les deux courants est celle de la persistance plus grande du courant propre après la mort de l'animal. Une pile d'un certain nombre de demi-cuisses de grenouilles ne donne plus de courant musculaire, longtemps avant qu'une autre pile d'un même nombre de grenouilles entières ou de jambes de grenouilles cesse de montrer les signes du courant propre.
Comment peut-on trouver, dans une demi -grenouille, la cause d'un courant électrique? comment rapprocher l'origine quelconque de ce courant de celle du courant musculaire ?
Les explications qu'on a données du courant propre de la grenouille peuvent se réduire à deux. Dans
l une on admet que ce courant est dû à l'inégale température du muscle et du nerf; cette inégalité serait due à la différence de l'évaporation dans ces deux parties de ranimai. Le courant propre deviendrait ainsi un courant thermo-électrique. Quiconque a parcouru avec un peu d'attention ces recherches, s'apercevra bien aisément qu'il est impossible de donner du courant propre une explication plus contraire aux faits. Un courant qui n'est sensible qu a un galvanomètre à long fil, qui traverse des couches liquides assez épaisses, qu'on obtient en faisant toucher muscle à muscle, qui se produit en tenant les parties animales plongées dans l'eau , ne peut être certainement un courant d'origine thermo-électrique. Daus l'autre hypothèse, on admet que le courant propre est dû à une action électro-chimique , et il faut pour cela supposer que la jambe de la grenouille soit chargée d'alcali ou de sels , tandis que la cuisse ou le nerf lombaire contiendrait de l'acide ou de l'eau moins salée. Mais quelle est l'analyse chimique de ces parties de la grenouille qui nous autorisera à faire ces hypothèses? Ht ensuite commententendre dans cette explication électro-chimique du courant propre de la grenouille l'influence que nous avons trouvée de l'hydrogène sulfuré, de l'état tétanique, du froid, de l'état d'inflammation, etc., sur ce courant même? Comment expliquer l'existence de ce courant dans la seule jambe, la durée, toujours courte, de ce courant?
Nous pouvons donc chercher encore la cause du
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courant propre et de son rapprochement du courant musculaire. Il m'est impossible, en effet, de faire une réponse à ces cpiestions. Je me bornerai à une seule remarque, dans le but de détruire une espèce d'opposition qui n'est qu'apparente entre le courant musculaire et le courant propre de la grenouille. Dans la demi-cuisse de la grenouille, qui est prise du coté de la jambe, le courant musculaire est dirigé de la tète aux pieds : en prenant la demi-grenouille ou la seule jambe , le courant propre est dirigé des pieds à la tête. Enfin, si on prend la demi-cuisse supérieure du côté du bassin, son courant musculaire sera dirigé des pieds à la tête.
Dans le premier exemple du courant musculaire, on pourrait voir une direction contraire à celle du courant propre; mais dans l'exemple de la demicuisse supérieure prise du côté du bassin, le courant musculaire se trouve dirigé comme le courant propre. L'opposition dans la direction des deux courants n'est qu'apparente, et en parlant le langage des faits, on doit dire que le courant musculaire est toujours dirigé daus l'animal de l'intérieur du muscle à la surface.
En voulant rapprocher l'origine du courant propre de celle que nous avons admise pour le courant musculaire, nous devrions supposer que, par une liaison qui nous est tout à fait inconnue, et qu il appartient peut-être à l'anatomie de découvrir , la surface tendineuse qui compose la plus grande partie de la jambe de la grenouille, représente l'intérieur
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du muscle; mais tout cela doit rester daus le domaine des vagues et pures hypothèses.